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Lutter contre les éoliennes : une bataille contre des moulins à vent

« La France vent debout contre les éoliennes ! » nous dit le Figaro du 7 août. Gasp ! Certains parlent même de guerre. C’est que l’affaire est d’importance ! Il faut vite s’équiper de combinaison anti-radiations pour se protéger et construire un abri antiatomique – mais pas en béton au moins ?

Évidemment, nous devons remercier le quotidien susnommé qui dénonce ces terribles menaces que gouvernants et médias nous cachent. Elles sont même si importantes par rapport aux risques terroristes que Macron a décidé prudemment de réduire de 15 Mds € le financement de ces projets. Il a raison ! Avec toutes les nuisances précitées et pas plus démontrées que la terre est plate, on ne saurait encourager de tels dangers mortels ! Pff…

Eh oui, Macron baisse de 30 % le prix d’achat des kWh ainsi produits mais cela ne suffit pas. Peut-être préférerait-on les acheter à prix d’or comme le firent Sarkozy ou Hollande ?

Cessons un moment de railler et voyons les arguments avancés :

– Nuisance des paysages : l’argument n’est pas faux quoiqu’on devrait parler d’ajouts au paysage plus que d’inesthétisme. Ces formes ne sont pas si disgracieuses et les lignes à haute tension qu’on laissa s’installer un peu partout ne le sont-elles pas davantage ? Faudrait-il, dès lors, s’interdire de transformer le doux pays de France ? Oui ? Alors retournons bien vite au char à bœufs et aux cavernes, cessons de bâtir routes, villes et autres usines, supprimons les voies ferrées ou de circulation de nos voitures. Point de pont bétonné pour relier Ré, Oléron ou Noirmoutier au continent. Ces ouvrages en béton ne sauraient pas davantage subsister, n’est-il pas ?

– Nuisances aux volatiles et aux créatures de la mer : on conviendra – avec M. Court dans le même Figaro – que ces éoliennes sont plus faciles à contourner par les bêtes susnommées que certaines autoroutes par les habitants des forêts et des plaines. Vit-on maints cadavres ailés jonchant les champs d’éoliennes comme la piétaille d’Azincourt ou la terre égyptienne après l’invasion des sauterelles et crapauds il y a 33 siècles ?

– Du béton déposé dans un champ ou sous les eaux ? Cessons vite de construire ports et digues, centrales nucléaires, barrages et autres lieux utiles à l’homme.

– Cette électricité coûte cher : réjouissons-nous qu’on en baisse le prix, non ? 30 % ce n’est pas rien, si ?

– Il faut y adjoindre des sources de production polluantes – centrales à gaz : en premier, on objectera que l’on ne voit guère pourquoi ces moyens supplétifs doivent être obligatoirement ceux cités et non quelque ajustement de l’électricité nucléaire. En second, on se demandera quoi faire à la place ? Construire davantage de centrales atomiques ? C’est tellement plus joli… Où sont les lieux sûrs de leurs moyens de réfrigération et à l’abri des séismes ? Sans même parler des risques terroristes ou simplement en cas de guerre. Bâtir des barrages, à condition qu’ils soient en bois récupéré des chalets engloutis, puisque les pourfendeurs de l’éolien ne veulent pas de béton ? Pff…

– Les déchets, les terres rares prélevées en Chine pour bâtir ces éoliennes ? On attendra quelques études pour décider si la rareté de l’uranium qu’on prélève au Sahara est plus écologique que les matières extraites ici ou là pour fabriquer ces mécanismes aériens ou nos téléphones. On attendra… Le temps de savoir les démanteler et traiter les déchets nucléaires, par exemple.

On m’aura compris, plus qu’une bataille contre des moulins à vent, que l’on m’autorise à considérer plus utile de cristalliser le combat contre Macron au travers de ses projets envers la famille et la bioéthique, l’immigration et l’islam, l’économie et le traitement social des Français, qu’au travers de ses projets d’infrastructures.

Choisir les causes importantes, sinon dramatiques ! Plutôt que de se laisser avoir par les journaux qui jettent en pâture les thèmes et problèmes écologiques pour détourner les critiques des sujets majeurs.

Bertrand du Boullay