Lyon : comment les responsables musulmans utilisent une fausse profanation de mosquée

Publié le 27 septembre 2010 - par - 207 vues
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LES FAITS

Dans le 3ème arrondissement de Lyon, les fidèles d’une salle de prières découvrent une affiche placardée : “Mosquée clandestine, la France décline”. Il s’agit bien d’une affiche et non d’inscriptions : le bâtiment n’est pas dégradé. Il n’y a pas davantage d’injures, mais une simple appréciation critique que tout un chacun est en droit de porter et d’exprimer. L’affaire est pourtant dénoncée comme acte islamophobe par SOS Racisme et par les organes communautaristes, et même portée en justice.

L’EXPLOITATION D’UN NON-ÉVÈNEMENT

Azzedine Gaci président du Conseil régional du culte musulman (CRCM), sonne l’alarme dans la Tribune de Lyon :

http://www.tribunedelyon.fr/index.php?actus/societe/22927-mosquee-lyon-:-%93trop-d-actes-islamophobes-passes-sous-silence%94

Ecoutons le gémir sur ce non-événement :

« “Les fidèles m’ont aussitôt contacté. Nous avons automatiquement convenu d’un certain nombre d’actions : informer la police, déposer plainte et organiser un rassemblement lundi à 18 heures”. Il poursuit : “2010 a battu tous les records en terme d’actes islamophobes. Que ce soit dans le Rhône, la Loire, l’Ain et la Haute-Savoie, on assiste à une banalisation des actes islamophobes …la justice fait vraiment bien son travail, on a retrouvé les auteurs des trois derniers actes islamophobes. Nous avons décidé au CRCM de ne plus laisser passer aucun acte islamophobe”.

Si tous les supposés actes islamophobes sont du niveau de cette affiche, il n’y a pas de quoi crier au loup.

Gaci se plaint ensuite d’un supposé manque de caractère revendicatif de la communauté musulmane :

« “Les gens n’osent pas porter plainte pour différentes raisons : par peur des représailles, par méconnaissance, par manque de culture revendicatrice”.

Il souligne que depuis un an, le CRCM a lancé une cellule de veille téléphonique pour recevoir des plaintes d’actes racistes que Gaci trouve “trop souvent sans suite” .

Il revendique : “L’installation de caméra de vidéosurveillance.. Mais c’est un investissement que, seules, les mosquées ne peuvent pas assumer. La Préfecture, et l’Etat, pourraient nous aider à en installant devant les lieux symboliques”.

SOS Racisme porte plainte et une enquête est en cours :
http://www.mlyon.fr/47420-sos-racisme-porte-plainte-apres-la-profanation-d-une-mosquee-dans-le-3e.html

Oumma.com publie un communiqué de Mohammed Moussaoui, Président du Conseil Français du culte musulman :
http://www.mlyon.fr/47420-sos-racisme-porte-plainte-apres-la-profanation-d-une-mosquee-dans-le-3e.html

Écoutons le hurler aux « provocations ignobles » ! On se croirait au théâtre ! Rappelons que nous parlons d’une affiche simplement critique et non injurieuse :

« Le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) dénonce avec la plus grande vigueur la profanation de la mosquée « Esselem » de Lyon. Une affiche portant des inscriptions islamophobes a été découverte dans la nuit du 18 au 19 septembre 2010 sur la porte de la mosquée.

Le CFCM lance un appel pressant aux autorités publiques de mettre fin à cette série de profanations indignes qui visent des lieux de prières et de recueillement.

Le CFCM tout en appelant les musulmans de France à la vigilance, tient à saluer l’esprit de responsabilité dont ils font preuve face à la recrudescence de ces provocations ignobles. »

L’UOIF parle aussi de « cet acte ignoble » et appelle à la répression :

http://www.uoif-online.com/v2/spip.php?article759

« C’est pourquoi l’UOIF appelle à ce que de tels actes soient condamnés avec la plus grande vigueur par toutes les personnes et organisations qui, en France, sont éprises de paix sociale et de liberté.

L’UOIF réitère son appel aux autorités françaises, pour qu’elles mettent tout en œuvre afin que de tels actes soient traités par la justice, et que ceux qui en font l’apologie, ou qui attisent la haine contre les musulmans soient mis face à leur responsabilité..

Les actes islamophobes se nourrissent de l’impunité et de la libération des propos islamophobes, et il est grand temps d’y mettre fin. Il en va de la responsabilité de tous… »

L’affaire buzze un peu partout sur les sites communautaristes, certains allant même jusqu’à illustrer l’article de tags nazis qui n’étaient nullement présents sur la mosquée lyonnaise. Ainsi en est-il de Marocjournal.net et de Atlasinfo.fr :

http://marocjournal.net/monde/9714.html

http://www.atlasinfo.fr/Le-CFCM-denonce-la-profanation-d-une-Mosquee-a-Lyon_a9780.html

UN PEU DE BON SENS QUAND MÊME

On notera en revanche le bons sens du site CFCM-TV, qui ramène l’affaire à ses proportions et souligne son côté manipulatoire :

http://www..cfcm.tv/2010/09/23/islamophobie-lyon/

Ce site écrit :

« La pseudo « profanation » de la petite mosquée de quartier « Essalam », située dans le 3e arrondissement de la ville de Lyon, n’a échappé à personne.

Une affiche a été collée et retrouvée sur la porte d’entrée de la mosquée où chacun pouvait lire « Mosquée clandestine, la France décline ». On a pu y voir aussi une petite photo découpée de Nicolas Sarkozy pour illustrer cette prose complètement anodine, inoffensive et même humoristique.

Certains spécialistes de l’interprétation, des exégètes de la langue française, comme le Conseil Français du Culte Musulman (CFCM) et le Conseil Régional du Culte Musulman du Rhône Alpes (CRCM), ont décrit ceci comme étant des propos islamophobes, d’autres à l’instar de SOS Racisme, de la « poésie » raciste.

Ni racisme, ni islamophobie. Il ne s’agit là que d’une simple pièce de théâtre où les acteurs qui sont censés nous charmer, nous ensorceler de leurs jeux, ne visent en réalité que l’espoir de voir une mise en place plus rapide de cette fameuse cellule ou commission nationale statistique des actes islamophobes, promise par le président de la République au président du CFCM, Mohammed Moussaoui, et tant réclamée par le président du CRCM Rhône Alpes, Azzedine Gaci.

Il pourrait s’agir aussi d’entretenir au mieux le climat islamophobe en France afin de justifier d’éventuels budgets que l’Etat versera pour la création de ce futur centre inutile …

Ce qui est rassurant dans ce fait divers, est de savoir qu’il s’agit d’une simple affiche collée. Bien heureusement, cela évitera de gaspiller de l’argent pour repeindre la porte. Le kärcher est également inutile. »

A part CFCM-TV, seuls des sites de réinformation protestent cette montée en sauce d’une pseudo-profanation :

http://www.fdesouche.com/139948-mosquee-profanee-de-lyon-%C2%AB-une-simple-piece-de-theatre%C2%BB

http://lyon.novopress.info/10112/mosquee-du-3eme-une-simple-piece-de-theatre/

LES POUVOIRS PUBLICS DÉMISSIONNENT

La fabrication de cette pseudo-profanation, supposée s’inscrire dans une longue série d’actes ignobles, n’a pas donné lieu à une réaction appropriée des pouvoirs publics, qui ont au contraire accepté d’ouvrir une enquête.

Cette démission nous indigne et nous inquiète.

Les appels à la répression d’une simple expression d’opinion critique auraient du être rejetés avec indignation.

Les demandes de caméra devant la mosquée, aux frais du contribuable bien sur, pour prendre sur le fait celui qui apposerait une affiche, est une insulte en ces temps de restrictions budgétaires. A l’heure où les effectifs de police sont au plus bas, à l’heure où les pires actes de barbarie sont souvent impunis, on consomme les moyens de la police pour poursuivre de tels fantômes !

De plus, à l’heure où Hortefeux veut faire un suivi statistique des actes « islamophobes », il n’est pas innocent d’en créer à partir de rien. Ces statistiques se traduiront par des chiffres dont certains ne retiendront que le total. Alors, l’affichette de Lyon aura le même poids qu’un meurtre. Les chiffres seront gonflés, et la France pourra se voir épingler devant la Commission des Droits de l’Homme de l’ONU, puisque maintenant c’est le Pakistan qui y donne des leçons :

http://www.ripostelaique.com/Le-Pakistan-multiplie-les.html

L’affaire de Lyon, apparemment anodine et risible, s’inscrit dans un contexte de dénigrement de l’Occident et de tentatives pour criminaliser le « blasphème » (entendu comme tout ce qu’un musulman n’a pas envie d’entendre), voire le faire punir de mort :

http://www.ripostelaique.com/L-ONU-va-etre-saisie-d-une-demande.html

Un gouvernement responsable serait d’une extrême vigilance devant les fabrications de fausses profanations, mais le nôtre a démissionné.

Catherine Ségurane

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