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M. Borloo, 48 milliards, c’est pas assez !

Mon cher, très cher Jean Louis, (à 48 milliards)

J’avoue, depuis l’annonce de votre plan banlieue,

M’étonner, n’étant pas de caractère bilieux,

De son montant mesquin, pour le moins dérisoire.

Pas même 10 milliards à consacrer par an,

Pour restaurer le vivre ensemble dans les cités,

Rendre la joie de vivre à ces déshérités,

Menfin, quelle petitesse ! Soyons fous, soyons grands !

Cette somme pour satisfaire 6 millions de Français

Soit quatre euros trente-huit par jour et par personne,

Mais quelle radinerie ! Quelle honte cette aumône !

Quel mépris pour ces chances pour la France annoncé !

Alors que l’on nous vante cet enrichissement,

L’apport que nous procurent ces différentes cultures,

Le plaisir de faire preuve, à l’Autre, d’ouverture,

De se plier, heureux, à cet accomplissement.

N’est-il pas délicieux, souvent après minuit,

De s’endormir au son de douces pétarades

Qui brisent l’odieux silence, ou sur fond d’algarades

Qui nous évoquent les contes des mille et une nuits ?

N’est-elle pas ravissante la pudeur de ces femmes

Se couvrant les cheveux, s’enrobant d’un manteau,

Par crainte du regard de ces Occidentaux

Dont la lubricité a causé bien des drames ?

Ne sont-elles pas charmantes ces ribambelles d’enfants

Aux teintes pain d’épice, du peu cuit au brûlé,

Qui s’égaillent au mépris de règles éculées

Où détonne leur couleur dans ce blanc étouffant ?

Et que dire de ces jeunes, si gentils, si aimables

Dont le langage fleuri agrémente nos journées

Quand autour d’une jeune fille en jupe, vont tourner

Pour la complimenter sur son goût impeccable ?

Que dire de leur misère, de leur désœuvrement,

De devoir patienter qu’une pauvre âme perdue

Demande sa route et de gratitude éperdue

En soit reconnaissante par quelques défraiements ?

Comment ne pas s’offusquer du taux de chômage

Alors que nos codes brident leur imagination,

Nos lois désuètes oppriment leurs revendications,

Qu’aux portes de leur immeuble, s’essouffle leur courage ?

Car ce sont des taudis que ces gens-là habitent,

Pas un seul vide-ordure, et du coup leurs poubelles

Jetées par la fenêtre par défaut, s’amoncellent,

Avec les rats, les chats errants, ils cohabitent.

Le plombier ne vient plus réparer les toilettes,

La preuve, c’est l’ascenseur qui sert de pissotière…

Qu’on ne s’étonne plus des pulsions meurtrières

A l’égard des Français aux maisons si coquettes !

Car c’est une abjection, Monsieur, ces logements

Totalement inadaptés à leurs besoins

Quand il faudrait 10 chambres, une pour chaque chérubin

Et 200 mètres carré pour tout l’appartement.

Encourager la hausse de la natalité,

Mais sans offrir l’environnement adéquat

En découle une colère, on se demande pourquoi,

Et le ressentiment envahit ces quartiers.

Faire des enfants, c’est bien, les éduquer c’est mieux !

Ne voyez-vous donc pas ces mamans débordées

Par les couches, la cuisine, le huitième à border,

Et l’aîné qui comprend, qui devient belliqueux ?

Ne pouvez-vous trouver des aides maternelles

Qui pourraient soulager la surcharge de travail ?

Ce privilège des riches serait une bonne trouvaille

Pour repeupler la France, une idée qu’elle est belle !

Et pourquoi rénover quand il faudrait construire

Des millions de maisons avec un grand jardin

A chacun son chez-soi, ce n’est pas anodin

Pour faire revivre les villages, de quoi séduire !

Menfin, Monsieur Borloo, votre esprit étriqué

Ne voit-il pas plus loin que le bout de son nez

Ne saisit-il pas à quel point ces nouveaux-nés

Seront notre futur ?  Va falloir l’appliquer !

Allons, Monsieur Borloo, un peu de cran, que diable !

Vos 48 milliards, en fait c’est une avance

Concédée à l’égard de ces millions de chances.

Avouez-le, même si c’est un peu désagréable !

Ne nous faites pas grâce de tergiversations

Quant à l’évolution de la population.

Bientôt minoritaires à défaut d’avoir fui,

Il nous faudra aussi renommer ce pays…

Oreliane