M. Hollande, votre modèle, Mitterrand, était-il vraiment socialiste ?

Il y a une grande indécence, assortie d’une grande imprudence ,que de continuer à rendre hommage à un homme qui , toute sa vie, fut l’illustration « de la discordance entre le discours et les actes » ou plutôt qui poussa le cynisme jusqu’à un point rarement égalé pour brouiller les pistes.

Une jeunesse pendant laquelle il flirta avec l’extrême-droite, la période vichyste, en acceptant la francisque, son « ralliement » à la Résistance quand il a senti que la cause à laquelle il s’était attaché, était perdue.

Son passage sulfureux au gouvernement sous la 4ème république : pendant la guerre d’Algérie, ministre de la justice, après un passage au ministère de l’intérieur, il s’est  encore une fois déshonoré en refusant la grâce de nombreux condamnés dont celle de  Fernand Yveton. , membre du parti communiste algérien. Il couvre l’exécution de 45 militants algériens .Il aurait pu ,comme certains  l’ont fait, démissionné, mais son ambition politique démesurée a prévalu :il briguait la Présidence du Conseil qui va lui échapper.

Le combat contre le général de Gaulle et la constitution de 1958 

Le 1er juin 1958 , il refuse de voter la confiance à Charles de Gaulle, expliquant ainsi son vote :

« Lorsque, le 10 septembre 1944, le général de Gaulle s’est présenté devant l’Assemblée consultative provisoire issue des combats de l’extérieur ou de la Résistance, il avait près de lui deux compagnons qui s’appelaient l’honneur et la patrie. Ses compagnons d’aujourd’hui, qu’il n’a sans doute pas choisis, mais qui l’ont suivi jusqu’ici, se nomment le coup de force et la sédition. […] En droit, le général de Gaulle tiendra ce soir ses pouvoirs de la représentation nationale ; en fait, il les détient déjà du coup de force.]. »

En ce qui concerne Mitterrand, on pourrait dire qu’il n’a jamais eu comme compagnon l’honneur et la patrie mais plutôt, le déshonneur et le mensonge.

Constitution qu’il s’est bien gardé, une fois élu, de remettre en cause ; mieux , il fut de tous les présidents celui qui resta le plus longtemps au pouvoir, 2 septennats !

Avoir voulu, toute sa vie, se présenter comme un humaniste et homme de gauche relève d’une véritable imposture. Imposture que ses proches continuent d’entretenir.

Mensonges sur son passé, mensonge, une fois élu, sur sa santé, sa vie privée, les écoutes téléphoniques, ses amitiés sulfureuses et intéressées( Bousquet)…la lise serait longue de toutes ses compromissions qui n’ont rien à voir avec le compromis..

Alors qu’approchent les prochaines élections présidentielles et législatives, ceux qui se prétendent de gauche, socialistes ,feraient bien de prendre leur distance avec celui qui leur sert de référence et ne pas avoir à son encontre toutes les indulgences.

Mais eux-mêmes sont-ils plus clairs et courageux face aux bouleversements mondiaux (les « printemps arabes » qui ont vu la prise de pouvoir par les islamistes)?

Ont-ils fait preuve de courage quand il s’est agi de défendre un des piliers de notre République, la Laïcité ?

C’est la droite qui a fait voter la loi sur l’interdiction des signes religieux en milieu scolaire. C’est la droite qui a fait voter l’interdiction de la burqa  ! Les socialistes se sont courageusement abstenus, à l’exception de 20 d’entre eux.

Est-ce cela que l’on attend d’un parti qui prétend défendre les valeurs humanistes ?

Les promesses (qui n’engagent, comme le dit le sage, que ceux qui y croient), sont faciles à faire .

La loi sur le non cumul des mandats :combien de socialistes sont-ils prêts à la voter ; une loi sur la limitation de la durée des mandats ,combien sont-ils prêts à la voter ?

La dénonciation de « trouble à l’ordre public », occasionné par les prières de rues ?Combien  de socialistes sont-ils prêts à la reprendre à leur compte ? Ils préfèrent s’enfermer dans le déni de réalité et l’autisme politique  qui leur semblent moins dangereux mais qui risquent une fois de plus de les conduire à la défaite.

Alors que l’on reparle de l’opposition entre Camus et Sartre, à l’heure où les petits marquis de l’information sévissent sur nos radios publiques, parlant avec arrogance et mépris aux invités qui ne sont pas de leur bord, celui du politiquement correct bien implanté dans la gauche et ce qui reste de l’extrême gauche française, j’ai envie de citer ce grand humaniste que fut Camus, qui ne s’est pas déshonoré pendant la Deuxième Guerre Mondiale, qui a eu sur la guerre d’Algérie la  vision de « l’honnête homme », j’ai envie de citer cette parole sur laquelle devraient méditer nombre de ceux qui   veulent faire le bonheur de l’humanité :

Ne pas nommer les choses, c’est ajouter au malheur du Monde.

Mireille Kukawka

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