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M. Macron, puisque vous n’aimez ni la France, ni les Français…

LETTRE OUVERTE A CELUI QUI N’AIME NI LA FRANCE NI SES CITOYENS

Je pensais, vous pensiez peut-être, nous pensions vous et moi, sans doute, appartenir à une Nation civilisée, au pays des lumières, celui de la connaissance, de l’égalité, de la liberté et de l’esprit démocratique. Nous pensions pouvoir nous positionner avec détermination et légitimement face à la superstition, à l’intolérance et à la tyrannie. En réalité, il ne me venait jamais à l’esprit de douter de ces vertus dont je croyais mon pays le défenseur absolu, universellement reconnu pour en être paré.

Je ne niais pas bien sûr que notre histoire ait pu comporter, ici ou là, quelques imperfections, celles-ci ayant parfois jeté une ombre sur certains épisodes de notre aventure collective. Mais à l’instar de Napoléon le grand, je considérais que de Clovis au Comité de salut public je devais, je pouvais tout assumer, sans honte ni remord. N’étant pas un contemporain de l’Empereur, je me convainquis même que je pouvais sans crainte étendre le champ de ce postulat jusqu’au XXIe siècle, c’est-à-dire jusqu’à aujourd’hui.

Et bien figurez vous que nenni. J’étais dans le plus total aveuglement et si vous pensiez comme moi que la France était le pays des droits de l’homme et en tant que tel défenseur de l’intégrité humaine, vous étiez aussi dans le noir sidéral, cela étant dit, sans vouloir offenser quiconque par l’utilisation de ce substantif devenu avec le temps d’un usage sensible qu’il vaut mieux éviter.

Comment le sais-je ?…Tout simplement parce que cela a été dit ! Par qui ? Par un jeune et sémillant Président, du nom de Macron, qui nous l’a révélé, et qui a su nous ouvrir les yeux et nous faire prendre connaissance de l’immensité de la perversion qui porte et habite notre francité.

Il nous a une première fois, alors qu’il n’était pas encore désigné à la magistrature suprême, dévoilé que nous avions commis un crime contre l’humanité en Algérie. Jusqu’alors, j’avais cru naïvement que la notion de crime contre l’humanité était une violation délibérée et ignominieuse des droits fondamentaux d’un individu ou d’un groupe d’individus inspirée par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux. Ainsi j’ai découvert qu’avoir créé un pays qui ne s’appelait pas Algérie puisqu’il n’existait pas encore, en avoir fait un joyau parmi une constellation de territoires rudes et inhospitaliers, l’avoir doté des atouts structurels et des infrastructures modernes pouvait être qualifié de crime et qui plus est contre l’humanité. Comment avoir vécu si longtemps sans bénéficier de la sagesse de cette espèce de messie sorti de nulle part et apparu dans notre paysage politique par l’opération du saint esprit ?

Une fois élu Président, cet homme avisé comme s’il avait traversé les siècles et acquis la connaissance universelle, a réitéré son accusation à propos du Rwanda. Là, il est question d’un génocide dans lequel nous aurions notre part de responsabilité. Cette fois, il ne peut plus s’agir d’une erreur passagère, il est question d’une faute inhérente à cette Francité dont nous commençons à découvrir l’immonde nature et l’abyssale profondeur.

https://youtu.be/eY4ONc3UklQ

Il nous faut lui dire merci Monsieur le Président de cet éclairage historique. Merci de cette magnifique opportunité de repentance à côté de laquelle nous serions passés sans la sagacité de votre lanterne.
Merci, car comme vous nous allons désormais pouvoir haïr la France comme vous la haïssez. Nous allons pouvoir considérer les Français à la hauteur de la détestation qu’ils méritent.

Combien de fois n’avez-vous, pourtant tenté de nous ouvrir les yeux sur nos paresses, sur nos perversions de fumeurs de clope et d’utilisateur de gasoil ? Combien de fois ne nous avez-vous montré à quel point notre illettrisme était incommensurable ? Combien nous n’étions rien à côté des quelques uns de vos amis qui réussissent ? Vous nous avez permis de nier la culture Française, merci.

Et puisque nous y sommes, nous vous demandons pardon pour l’outrance de ces salopards de gilets jaunes, c’est-à-dire ce petit peuple gémissant sans cesse dont les jérémiades sont intolérables et qui ont eu l’audace de réclamer un peu plus de bien être c’est-à-dire trop de bien faits qui auraient pu être enlevés aux gens d’en haut. Pardon pour ces égoïstes.

Sans doute que dans un an, à l’instant de réitérer la confiance que vous aviez reçu, il faut le dire de manière un peu miraculeuse, dans un élan un peu féérique ou surnaturel, beaucoup (peut-être majoritaires) renâclerons et se donnerons à d’autres. Sachez qu’ils le feront par mégarde, parce qu’ils aiment la France sans savoir qu’il s’agit d’un péché honteux que vous avez dénoncé pourtant. Je vous demande pardon par avance pour cette ignominie. Mais je vous connais je sais que vous êtes perspicace et résilient. Vous saurez vous retrouver un chemin de vérité loin de ce sale pays et de son ignoble population.

Bien à vous Monsieur le Président

Jean-Jacques FIFRE