M. Sifaoui, le coup du racisme, cela ne marche pas avec nous

Vous récidivez et continuez donc votre diatribe contre [Riposte Laïque->http://www.mohamed-sifaoui.com/article-35825284.html. En février 2008, votre prétexte était l’éloge que Riposte Laïque avait réservé à Ayan Hirsi Ali. En août-septembre 2009, ce sont les écrits de Lucette Jeanpierre qui vous amènent à accuser Riposte Laïque de véhiculer des proses « dangereuses et parfois même nauséabondes ».
Comme à l’accoutumée, je commencerai par rappeler à nos lecteurs ce que Lucette a écrit au sujet de la pratique islamique dénommée jeûne du ramadan et qui, d’après votre dernier papier, vous a choqué. Vous exigez que nous vous répondions au sujet de ces propos et non pas d’autre chose. Comme dans les contes des mille et une nuit, je vous réponds : « j’écoute et j’obéis ! ». Revoici donc les propos que vous incriminez :
«Je trouve dramatique pour le voisinage qui n’est pas musulman de devoir subir, la nuit, pendant un mois, la vie nocturne souvent bruyante de voisins qui se rattrapent des frustrations quotidiennes.
Je serai curieuse d’avoir des statistiques sur le nombre de musulmans qui vont aux urgences, ou qui doivent se voir prodigués des soins, dans cette période… J’aimerais d’autre part de connaître les conséquences de la pratique du ramadan pour la Sécurité sociale, les mutuelles et les assurances (troubles digestifs, syncopes, accidents dus au manque de vigilance ou à la nervosité, etc.) ».

Je vous ai déjà donné des explications la semaine dernière, mais elles ne semblent pas vous avoir convaincu. Comme le dialogue est le meilleur moyen d’aller plus loin, je vous apporte les développements suivants.

Aussi bien l’islam que les musulmans sont critiquables à volonté

Nous autres Musulmans, pratiquants ou pas, nous sommes des citoyens et des êtres comme les autres. Nos pratiques religieuses et sociales sont critiquables à volonté. Nous n’avons pas plus de droits ni d’obligations que les autres. Nous ne sommes pas des indigènes dont la réserve devrait être protégée par la République. Je maintiens que Lucette Jeanpierre a fait preuve de courage civique en exprimant clairement son indignation et en posant des questions politiquement et théologiquement incorrectes.

A ce que Lucette a écrit, moi, le musulman de culture mais non pratiquant, j’aurais même ajouté que « c’est plus que dramatique pour les musulmans eux-mêmes de devoir subir (ou de s’infliger) un branle-bas de combat toutes les nuits à des heures indues : juste avant l’aube, lorsque toutes les maisonnées se réveillent (si elles n’ont pas veillé jusque-là) pour prendre le dernier repas nocturne qui permet de tenir toute la journée ». J’aurais pu verser, comme vous, dans l’apitoiement personnel et ajouter que « c’est durant le mois du ramadan que mon fringant jeune cousin, dont la santé n’était pas du tout fragile, a dû être opéré, en urgence, d’un ulcère et que, depuis, il vit avec un estomac perforé, taraudé par les sucs gastriques ».
Vous est-il si difficile, M. Sifaoui, de désavouer cette pratique d’un autre âge ? C’est bien depuis votre première diatribe en février 2008 que vous cherchiez à nous faire taire. Vous l’aviez écrit vous-même cette année : il y a longtemps que ça vous démangeait de nous dénoncer publiquement. Je vous cite : « Cela faisait des mois que je réfléchissais à l’opportunité de clarifier et de clore définitivement le débat avec Pierre Cassen, animateur du site Riposte laïque ».
Sachez donc que nos concitoyens et voisins musulmans et leurs pratiques islamiques ne sont pas au-dessus de toute critique citoyenne. Le succès de notre site et du livre collectif prouve qu’une certaine page est tournée. Face à Riposte Laïque, vous croyez toujours avoir affaire à des personnes qui culpabiliseront dès qu’un musulman, comme vous, les accuse de racisme et les traite de lepénistes. Vous vous trompez lourdement : nous n’avons rien à nous reprocher et nous nous assumons jusqu’au bout.
Sachez, cher ami, que nous continuerons justement cette critique salutaire pour tenter de vous soigner, exactement là où ça vous fait mal. C’est très bien de nous l’avoir signalé avec des « aïe, aïe, aïe ! » qui ne laissent planer aucun doute.
Vous estimez que nous sommes racistes. Nous sommes d’avis que nos questions et nos écrits dérangeants contribuent à faire réfléchir tous nos concitoyens et que cela pourrait hâter l’émancipation de nos compatriotes ou simples voisins musulmans ; en attendant qu’ils se décident à secouer leur joug religieux, plus ou moins volontaire. A l’évidence, nous avons des positions totalement opposées. Je reste persuadé que les lecteurs percevrons nos différences.

Merci pour les noms d’oiseaux dont vous m’avez affublé !

Et puisque vous m’avez gratifié de plusieurs médailles pour ne pas répondre à mes argumentations, je me permettrai de signer ce texte en arborant toutes les décorations dont vous m’avez épinglé, pardon, que vous m’avez épinglées :
Grâce à vous je suis publiquement désigné comme :
1. « Derviche-tourneur de l’ignorance qui ne sait faire autre chose que déverser sa haine pathologique de l’islam en usant de « démonstrations mathématiques » qui prêteraient à rire ». Je rappelle que vous m’avez décerné ce titre à l’issue de la bataille de février 2008.
2. Le « Mohamed de poche » de Pierre Cassen ( accrochage du 1er septembre 2009)
3. Un hurluberlu connaissant trois versets du Coran, des bribes d’histoire et deux opérations mathématiques (embuscade du 1er septembre 2009)
J’en suis ravis et vous me permettrez de continuer à vous appelez, tout simplement, M. Sifaoui.
Si vous savez lire l’arabe classique(*), je vous convie tout simplement à lire le fichier Word ci-joint. Il s’agit d’une courte histoire de l’astronomie arabo-islamique et antique que j’avais écrite en novembre 2000. Le Prof. Abed al-Jabri l’a publiée dans sa revue marocaine Fikr wa Naqd (Pensée et critique).
Au vu de mon ignorance, vous me corrigerez les versets coraniques que j’y énonce mal et les figures géométriques que j’y relate de façon erronée. Il ne s’agit là que de 58 pages A4. Je vous épargnerai ce que j’ai écrit au sujet d’Averroès et de la philosophie naturelle (physique) géocentrique à laquelle mes ancêtres arabes se sont adonnés en répétant les mêmes bêtises léguées par Aristote, leur grand maître à penser.
Dès l’Antiquité, Archimède et les successeurs d’Aristote à la tête du Lycée avaient pourtant démontré l’inanité de ses fondamentaux. Mais il a fallu attendre Copernic, Kepler et Galilée pour que le monde redécouvre, en Europe, la poussée d’Archimède, l’efficacité de sa physique géométrique et expérimentale, ainsi que la pertinence de la théorie héliocentrique que des Grecs avaient pourtant envisagée grâce à leurs observations à l’oeil nu et grâce à leurs calculs. Mes ancêtres arabes, y compris Averroès, savaient tout cela, mais ils ne l’avaient pas examiné avec le sérieux que ça méritait. C’est que Aristote et ses cieux en pelures d’oignon étaient théologiquement corrects : cela correspondait, cahin-caha, à l’idée qu’en esquisse le coran.
Mais vous, comme MM. Henri Pena Ruiz et Alain De Libera, vous en êtes encore à nous répéter « Averroès par ci, Andalousie par là !» sans jamais vous intéresser à ce que j’ai rappelé comme banalités de l’histoire des idées : la physique géocentrique d’Aristote et de son grand commentateur Averroès est bel et bien morte et enterrée. Auriez-vous du mal à faire le deuil de leur premier moteur, M. Sifaoui ?
Osez donc vous assumer jusqu’au bout et corrigez-moi là où je me trompe !
Pascal Hilout
Nouvel islam
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(*) Le 20 août 2009, lors d’un débat télévisé sur France 24, vous vous êtes excusé de la « faiblesse que vous avez en cette langue » avant d’user du dialecte algérien, qui, pour moi, est aussi respectable que toute autre langue.
Pièce Jointe : un article en arabe publié par l’auteur en novembre 2000. Il s’agit d’une courte histoire de l’astronomie arabo-islamique et antique.
Cet article est proposé pour correction à M. Sifaoui et à tous ceux qui aimeraient faire œuvre charitable de correction.

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