M. Valls, arrêtez de nous faire le coup du méchant islamisme radical et du gentil islam

Publié le 12 octobre 2012 - par - 1 790 vues
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A la suite du démantèlement d’une cellule islamique radicale,  Manuel Valls (ministre de l’Intérieur), a évoqué samedi 6 octobre 2012 sur TF1 l’existence d’une « menace terroriste » en France. Il a déclaré avec insistance : « Cette menace existe et cet islamisme radical, qu’il ne faut pas confondre, évidemment, avec l’islam de France, se nourrit de fantasmes, de haine à l’égard de notre pays ».

Monsieur le ministre, voyons si dans les jours à venir, les rues de nos villes, de la plus modeste à notre capitale, voient défiler les musulmans de France en vagues compactes et déterminées pour condamner les actes de l’islamisme radical, pour en appeler à la responsabilité citoyenne de chaque musulman – français ou pas- afin qu’il rejette par l’esprit et par l’action tous les actes terroristes de l’ Islam et ceux qui les commettent.

Si ce fait se produit, alors, il sera possible d’avoir une réflexion qui évitera de confondre islam de France et islamisme radical. Dans le cas inverse si, excepté les habituels messages d’indignation de façade de quelques représentants de la diplomatie musulmane de notre pays, rien ne se passe notre nation ne pourra que confondre ces deux islams. Car, après tout, avant son acte terroriste,  rien ne distingue un islamiste radical d’un autre islamiste. C’est donc à l’islam de France de tout mettre en œuvre pour qu’on le différencie de l’islam radical. Si l’islam de France ne fait rien, s’il n’exprime pas de façon déterminée  qu’il se démarque du radicalisme, qu’il le condamne et qu’il le combat, n’est-il pas légitime de penser que, finalement, les musulmans de France n’ont pas une farouche volonté de marquer cette frontière entre raison et radicalisme ? Jusqu’à présent, le silence de la majeure partie des musulmans de France et leur torpeur lors des récents actes terroristes qui ont ensanglanté la France et l’Europe est éloquent. Par contre, nous savons avec quelle rapidité, quel bel ensemble, cette communauté sait se mobiliser pour les moindres motifs qui l’agacent.

A une époque où les mots « amalgame » et « stigmatisation » sont aboyés par tous ceux qui souhaitent museler l’inquiétude légitime résultant du comportement de l’islam il est  temps que les musulmans de France refusent que le radicalisme s’amalgame à eux. Il est temps qu’ils stigmatisent ceux qui évoluent et se protègent au sein de leur communauté afin de mieux distiller le chaos dans notre Nation.

La République ne peut plus se contenter des prises de positions médiatiques des porte-paroles de l’islam de France : Ils nous gratifient de quelques mimiques geignardes, de déclarations de principes tièdes et molles, de condamnations qui ne condamnent guère, mais surtout se saisissent de chaque tribune pour ériger l’islam et ceux qui le pratiquent en « martyrs » perpétuels d’une France qui ne sait pas les apprécier.

En endossant successivement le costume du souffre-douleur de la France et du monde, de l’Histoire, d’un présent qui les ignore et d’un avenir qui les sous-estime les musulmans de France se forgent un profil de victimes qui prohibe toute suspicion à leur encontre. Comme il est intellectuellement plus valorisant de plaindre que de craindre et toujours plus simple de craindre que de combattre  cette politique trouve un écho auprès des esprits engourdis par l’appréhension d’assumer les réalités.

Actuellement une grande partie de la classe politique confond le manche et la lame dans les problèmes nationaux découlant de l’islam. Il est demandé à ceux qui sont extérieur à l’islam d’agir contre le radicalisme islamique en intégrant encore et encore les pratiques religieuses musulmanes au centre de la vie démocratique française. C’est une mauvaise équation qui produit un mauvais résultat.

Cette démarche ne fait qu’accentuer la puissance des radicaux de l’islam car elle les introduit et les dissimule au sein de notre société. Non seulement elle les camoufle mais elle empêche toute action nécessaire à leur éradication en s’empêtrant dans les justifications inutiles et pesantes que le système organisationnel  de l’islam de France réclame chaque fois que la Nation souhaite porter son regard et ses actes sur cette communauté.

Il serait dangereux d’affecter la menace terroriste uniquement à l’islam radical comme si l’islam radical se trouvait être totalement détaché de l’islam. C’est l’inverse, avec l’islam (de France ou d’ailleurs) nous sommes face à un bloc. Nous sommes face à une cohérence.  Refuser cette évidence, ce serait ne pas vouloir admettre le lien entre l’arbre et le fruit.

Pierre Thyde

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