M. Valls, le coup de l’apaisement n’a pas fonctionné avec Hitler, inspirez-vous de Churchill !

Publié le 12 avril 2013 - par - 1 446 vues
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Manuel Valls explique dans le mensuel « la Vie » http://www.lavie.fr/actualite/france/manuel-valls-chercher-l-apaisement-autour-des-valeurs-de-la-republique-10-04-2013-39068_4.php , à la fois qu’il considère que le port du voile dans une crèche comme Baby Loup est bien une « manifestation à caractère politique sur la place de la femme dans la société » et non pas le seul exercice de la liberté religieuse, et d’autre part, qu’il faut pratiquer « l’apaisement autour des valeurs de la République » et se garder « des ­opérations politiques visant à créer des tensions avec l’islam ». Illustration sans doute de son refus de toute « opérations visant à créer des tensions avec l’islam », il juge utile de dire que « on peut regretter » le jugement des français dont « une majorité de Français considèrent, selon certaines enquêtes d’opinion, que l’islam n’est pas compatible avec la démocratie ».

Manuel Valls : n’avez-vous pas honte de commettre ainsi à la fois un mensonge grossier sur l’islam en niant ce qui l’oppose à la démocratie ( alors que la CEDH l’a elle-même reconnu depuis plus de 10 ans – arrêt Refahsa du 31 juillet 2001), et une insulte aux français en désavouant leur opinion majoritaire, alors que vous venez de dire que vous ne voulez pas « créer de tension avec l’islam » : autrement dit, il faut céder à l’islam mais on peut laisser entendre que les Français auraient une opinion « regrettable », regrettable pourquoi : soit par la marque de l’ignorance soit par la marque du racisme, deux accusations contre les Français aussi insultantes l’une que l’autre. Vous ne craignez visiblement pas les « tensions » envers les « Français ». Et vous avez raison, puisque quand quelques dizaines de milliers de jeunes musulmans s’insurgent en 2005 et depuis, parce qu’une bombe lacrimogène a été lancé a proximité d’une mosquée, il faut envoyer tous les CRS et GIGN pour arrêter les dépradations et les meurtres, alors que quand entre 1.4 et 1.8 milions de Français se mobilisent dans des manifestations géantes, aucune, je répète : aucune dépradation d’aucune sorte n’a lieu, et dans les manifestations qui suivent, ce sont des fleurs que cette « France bien élevée » offre aux forces publiques, qui pourtant ne les protègent même pas des voitures ( devant les locaux de la télévision où François Hollande enregistrait une interview).

Mis à part cette insulte aux Français, Manuel Valls explique essentiellement dans cette première partie d’interview (la partie publique non réservée aux abonnées) les points suivants. Il reconnait à la fois que des musulmans militent en abusant de la liberté religieuse pour des manifestations à caractère politique (sur la place de la femme dans la société, c’est-à-dire contre le principe d’égalité), aux dépens d’enfants, et qu’il faudrait se borner à une politique « d’apaisement » pour défendre les « valeurs de la République » et se garder de tout ce qui pourrait « créer des tensions avec l’islam ». Dès lors qu’il vient de dire que les militants de l’islam sont prêts à abuser de la liberté religieuse, et à prendre des enfants en otage comme témoins de leur action, pour manifester pour leurs revendications politiques, quelle action de défense de nos « valeurs républicaines » pourrait-elle selon lui ne pas « créer des tensions avec l’islam », c’est-à-dire pour être plus précis avec ces militants musulmans là ? Aucune,  bien évidemment : ces militants sont prêts à mettre la pression et réagir par une stratégie de tension et de pression à chaque mesure entravant leurs menées de mise en application de la « charia ». La signification des propos de Manuel Valls est donc qu’il refuse d’avance au nom d’un « apaisement » toute défense des valeurs républicaine qui offusquerait ces militants de l’islam, donc qu’il se pliera à leurs exigences.

Le mot employé par Manuel Valls est lourd de signification : « appeasement » fut le terme employé par les démocrates qui voulaient éviter la guerre, envers Hitler. Cet apaisement consistait à céder à Hitler. Il consistait aussi à taire dans la presse des démocraties toute information sur les persécutions des nazis contre les opposants, les juifs etc. et à accuser ceux qui en parlaient d’être des fauteurs de guerre. Or à  l’époque où l’on sortait de la boucherie de la « der des der », l’accusation d’être « fauteur de guerre » représentait le summum du « mal », à l’instar de l’accusation de « racisme » aujourd’hui, après les crimes nazis.

Je rappelle à ce sujet ce passage d’une biographie de Churchill :

« Le gouvernement britannique a désavoué de manière remarquable les rapports détaillés de deux de ses principaux ambassadeurs, en affirmant que ces derniers étaient fondés sur des malentendus, des déformations, des rumeurs non confirmées lorsqu’ils décrivaient la situation dans le Troisième Reich. (…) [le premier ministre] a assuré l’ambassadeur d’Allemagne en Grande Bretagne, Léopold von Hosch, qu’il savait qu’il ne s’était pas commis d’atrocités, de tabassages, de destructions de synagogues – que tout ce que les propres agents de l’Angleterre avaient rapporté n’était, en gros, que mensonge. (…) Le silence [du premier ministre], son refus de voir, d’entendre et de parler du mal qui couvait chez le chancelier nazi étaient caractéristiques de l’attitude de la classe dirigeante anglaise » « [Le pouvoir avait expliqué aux] aux députés Tory [conservateurs] que s’ils souhaitaient dénoncer le totalitarisme et les politiques d’agression, ils ne devaient désigner personne. Il était important d’éviter «le danger de mentionner directement l’Allemagne alors même que nous essayons de trouver un compromis avec elle». Fleet Street [les principaux titres de la presse britannique] avait alors applaudi des deux mains. Et tout le Royaume Uni avec elle. Ils étaient tous des hommes de paix. ».. « Il n’y avait pas de «persécution des religions en Allemagne», avait dit Monseigneur Headlam, à peine quelques «persécutions du fait d’actions politiques». Geoffrey Dawson [rédacteur en chef du Times] publiait alors les sermons de l’évêque en intégralité alors même qu’il mettait au panier les dépêches de son propre correspondant à Berlin qui décrivait les arrestations des religieux allemands. » (biographie de Winston Churchill).

Manuel Valls : le passage de l’appeasement à la collaboration a été très rapide, une fois que l’appeasement eut conduit, non pas bien sur à calmer Hitler, mais à l’aider à envahir les démocraties continentales. Cette politique est indigne.

Manuel Valls, j’ajouterai que votre définition de la laïcité est doublement fausse. La laicité n’est ni le « vivre ensemble apaisé » ni une « religion de la République ». La laïcité d’un Etat consiste dans ce que la souveraineté, le pouvoir de faire des lois, émane du peuple ou d’un Roi, et non d’un dieu dont les normes ne sauraient être remises en cause par les humains. L’Etat est donc séparé de l’« Eglise » qui ne dicte pas les lois qu’elle estime divines à l’Etat qu’il soit démocratie ou royaume. La souveraineté du peuple (ou du Roi) doit être préservée, protégée, Manuel Valls, quand bien même à un moment donné, cette défense « créerait des tensions » avec une partie de la population voulant imposer la dictature de sa loi religieuse, la souveraineté d’un «  Allah » aussi nommé « Al Hakim », le législateur. La laïcité Manuel Valls, exige que la démocratie soit défendue au prix de tensions contre les militants de la Théocratie qui voudraient la renverser, et non pas qu’on leur cède.

La laïcité n’est pas une « religion de la République », elle n’est pas une théorie sur les êtres surnaturels, « dieux » « anges » « démons » et autres et les normes qu’ils édictent ; au contraire, elle est le principe selon lequel l’Etat ne se plie pas à une théorie quelconque sur ces êtres surnaturels et ne se plient pas aux normes qu’ils pourraient édicter. La définition que vous donnez de la laïcité, Manuel Valls, n’est rien moins que sa négation. Brouiller ainsi les idées, les concepts, la définition de laïcité, l’anéantir conceptuellement en niant son sens clair, c’est préparer son anéantissement dans les faits et la constitution, c’est le début du processus.

En effet, pour interdire logiquement, pour empêcher, les revendications faite au nom d’une « chose », qu’il s’agisse d’une population ou d’un groupe ou d’un principe, on commence souvent, ou il est très efficace de commencer par … nier que cette « chose » existe, nier qu’elle puisse faire l’objet d’une définition précise et cohérente.

Ainsi on niera que tel peuple existe, pour empêcher que toute revendication pour lui puisse seulement être formulée. Ainsi aujourd’hui, la théorie du genre interdit elle de parler de « femmes » et donc de revendiquer pour les « femmes », des droits liés à la grossesse et la protection contre la marchandisation de la grossesse. Non ce n’est pas une blague,  aujourd’hui, non seulement le « peuple français », après le peuple juif, est censé ne pas exister et en parler serait du racisme, mais il serait hautement suspect « d’essentialisme », c’est-à-dire de « discrimination » de parler des « femmes », de considérer qu’il existe une catégorie « femme », et non pas seulement une bouillie de genre pouvant être « librement » choisi par des êtres transformables à volonté, comme les barbapapas.  Cela a commencé par un trans-sexuel aimant les femmes qui s’offusquait d’être refusé par une association lesbienne, et revendiquait d’être considéré comme une femme comme les autres, s’estimant discriminé par les « femmes biologiques » alors qu’il avait le droit de choisir le genre « femme ». Interdit de rire…  De la même façon, si la laïcité est une « religion » alors au nom de quoi peut-on refuser aux musulmans militants de modifier démocratiquement ou par des manifestations publiques politiques « la religion » de la République : n’est ce pas là un crime majeure de « création de tensions », d’atteinte au « vivre ensemble apaisé » ?

Manuel Valls devrait se décider à défendre la souveraineté du peuple, contre les théocrates.

Elisseievna

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