Ma longue minute encore plus nature que d’habitude


Tout le monde le sait: la guerre en Ukraine nous prive d’huile de tournesol, de céréales et de phosphates pour produire des engrais, donc nous allons droit vers la famine… Notre ami Schwabby en rajoute une couche: “Vous allez tous crever de faim”…

J’ai la conscience tranquille: ça fait un bail que je vous le dis: n’allez pas dépenser votre pognon dans les îles: elles n’en ont pas besoin puisqu’elles mangent du poisson et des papayes. Achetez-vous un lopin de terre et cultivez un potager et, même, construisez-y un cabanon pour quand, en ville, cela deviendra invivable… Allez, vous aussi, vivre dans un Campagnol: vous y rencontrerez des gens intéressants, pas stressés, avec qui parler normalement et sans masque.

Mais y a un autre truc du style “c’était mieux avant”. Je vous le raconte car bientôt plus personne ne saura comment c’était et il y a des chances pour que justement on ait besoin de s’en souvenir.
Quand j’étais petite (années 1950) mes grands-parents étaient paysans. Ils géraient une ferme de taille moyenne, normale pour la région et l’époque. Nous avions un cheval, des vaches, moutons, cochons, pigeons, poules, canards, oies, abeilles, un vaste potager (mon grand-père cultivait même son tabac caché entre les betteraves pour ne pas payer de taxes) des champs, vergers, prés, bois, des étangs avec de grosses carpes… des chiens et un chenil, des chats et des hirondelles, un grenier pour conserver le blé et d’autres où pendaient des saucisses et des jambons qui séchaient, un autre avec les jarres de miel et les pots de confitures et la réserve de sabots. Mon grand-père coupait un arbre, le conduisait chez le sabotier et quelques semaines plus tard allait chercher la nouvelle réserve de sabots, de toutes les pointures et pour toute la famille. Pour le foin nous avions des fenils, des remises pour les charrettes et les charrues, étable, écurie, bergerie, porcherie et des caves pour conserver les patates ou les betteraves ou avec les saloirs pleins de rôtis, de lard et de côtes de nos porcs et bien sûr des citernes pour stocker l’eau de pluie gratuite.

Mais! nous n’avions jamais ni un week-ends, ni des vacances… Par contre beaucoup de travail, jour et nuit… Quand les vaches devaient vêler ou que les truies devaient mettre bas, on passait la nuit à leur côté. La maison était chaude sans chauffage central mais avec un poêle à charbon autour duquel nous nous réunissions le soir pendant que ma grand-mère récitait le rosaire, maison grande car à l’époque on avait beaucoup d’enfants.

Cependant l’endroit le plus utile c’était la fumière: une grande cuve comme une piscine dans laquelle, chaque matin, après le nettoyage des étables, écurie et poulailler, on jetait la litière, la paille et les excréments des animaux. La part liquide, le purin, descendait dans une citerne. Au-dessus de cette fosse à purin se trouvait un cagibi avec une planche en bois dans laquelle était découpé un cercle, qui, muni d’une poignée, servait de couvercle. C’était le WC de l’époque sauf que ce n’était pas un water closed, c’était un C.L: chute libre… Les excréments tombaient directement dans la fosse à purin…
En automne, après les récoltes, les paysans chargeaient le fumier sur un tombereau et ils allaient l’épandre sur les camps avant de les labourer.

Je ne me rappelle pas à quelle moment de l’année on vidait la fosse à purin pour aller en arroser les champs. Mais je me rappelle bien qu’on employait une très grande louche pour remplir la tonne et que l’odeur était à l’avenant…
Pendant des jours et des jours mon grand-père marchait derrière le cheval Max qui tirait la charrue qui avait un soc relativement petit qui retournait la terre en surface et l’ameublissait et laissait filtrer l’eau de pluie jusque dans la nappe phréatique.

Mon grand-père semait des céréales. Il portait le blé au moulin et avec sa farine il faisait notre pain qu’il cuisait dans notre four à bois. Ma grand-mère prenait le pain dans son bras gauche, avec le couteau, qu’elle tenait dans sa main droite, elle faisait le signe de la croix sur le fond et puis elle nous coupait des tartines que nous beurrions avec le beurre de nos vaches ou le saindoux de nos cochons et la confiture de nos fruits ou du miel de nos abeilles.

Chaque maison avait un puits artésien muni d’une pompe et notre eau était excellente et gratuite.
Là, ce que je vous raconte, ce n’était pas au Moyen-âge, c’est dans les années 1950 – 1960.
Ensuite sont arrivés les temps modernes avec leurs engrais chimiques et des tracteurs de plus en plus gros et lourds, munis de couteaux de plus en plus longs. Il en est résulté une terre lacérée de plus en plus profondément, puis écrasée et compactée ne laissant plus filtrer l’eau de pluie. Les engrais et pesticides chimiques ont fait le reste et les nappes phréatiques ont été empoisonnées et asséchées… La terre a été assassinée comme l’explique Claude Bourguignon. Prenez le temps de l’écouter!

Claude Bourguignon – La microbiologie des sols – YouTube

https://www.youtube.com/watch?v=nQRZQVuJN1M

Qu’à cela ne tienne, la modernité nous a apporté dans des tuyaux «l’eau de ville» qui goute l’eau de Javel et, pour boire, les bouteilles d’«eau minérale»… ni bonne, ni gratuite.
Cerise sur le gâteau: tous les excréments sont évacués, gaspillés dans les égouts et convoyés vers les centres de dépuration qui coûtent cher et ne rapportent rien. A chaque fois qu’on tire la chasse du WC, 10 litres d’eau potable partent dans les égouts… Bien sûr le W.C. contribue à l’hygiène… mais…
Et, bien sûr, le législateur a légiféré: au nom de la protections de la nature, le naturel est interdit: plus du fumier, ni de purin, d’ailleurs ça sent mauvais et ça dérange les citadins qui ont leur résidence secondaire à la campagne mais n’y comprennent rien. Suppression des sonnailles des vaches, interdiction aux coqs de chanter et aux cloches de sonner, etc. Vous avez déjà lu cela dans vos gazettes.
On en arrive à pousser les paysans au suicide et même à leur préférer les ours et les loups qui se servent avant les humains…

Mais voilà, chassez la nature, elle finit par revenir… Il suffit d’une guerre aux confins de l’Europe pour subir une interruption de fourniture d’huile de tournesol, de céréales et de phosphates pour fabriquer des engrais…
Notre ami Schwabby nous avertit: «Famine et misère pour tous»! car, pas d’engrais, pas de récolte et c’est la faim…

https://aphadolie.com/2022/04/03/klaus-schwab-nous-previent-famine-et-misere-pour-tous-charles-sannat-analyste-economique/

C’est une mauvaise nouvelle pour les loups et les ours car quand les humains ont faim ils font ce qu’ils ont toujours fait: ils éliminent la concurrence… Et, quand les humains ont faim, ils se réveillent… et ils commencent à se poser la question: «on faisait quoi, avant?»

Justement nous ne consommions pas d’huile de tournesol, nous n’importions pas de céréales et nous n’utilisions pas de phosphates… La radio existait mais je n’ai pas souvenir de l’avoir entendue chez mes grands-parents. Nous n’avions pas la télé, ni téléphone, ni Internet, ni voiture, ni même de supermarchés et tout le monde vivait quand même, et bien! Il y avait, au village, la fanfare, le théâtre, la bibliothèque communale, la kermesse, les fêtes champêtres et les bals et le sermon du dimanche.
Il n’y avait pas de smarfon! Les enfants jouaient dans la rivière et au docteur, les jeunes aidaient à la ferme et jouissaient des hasards de l‘escarpolette et des parfums inébriants en courant le guilledou dans les foins…

Avant, on faisait comme faisaient nos grands-parents et ça fonctionnait fort bien, sans somnifères, ni autres pilules et sans avoir besoin des Davocrates.
Un autre exemple: ma grand-mère ne s’est jamais teint les cheveux. A la génération de ma mère on a fait croire qu’elles allaient paraître plus jeunes. Aujourd’hui, au village, il n’y a plus aucune femme qui se teint les cheveux, et même, grâce au confinement, on a redécouvert qu’on est capable de se couper les cheveux. Oui mais, «ça» fait marcher le commerce… Justement, c’est vous qui avez besoin de consommateurs, nous, vos trucs on s’en passe, surtout si vous nous emmerdez avec vos virus, vaccins et Great Resets.

Ce qui est marrant, c’est que, aujourd’hui, des découvreurs découvrent l’eau chaude et le fil à couper le beurre!
Voilà-ti pas que des petits rigolos découvrent que le lisier c’est de l’engrais! Ben non, vos phosphates, on n’en a pas besoin! (je vais me lâcher, pardon pour les gros mots, mais c’est dans le thème…) Vos phosphates vous pouvez vous les … car, même si vous, les transhumains pucés, vous ne vous en rendez plus compte, nous, les cul-terreux nous continuons à faire pipi et caca et ça remplace parfaitement vos phosphates! Merde à la fin!

Y a même des vignerons qui fertilisent leurs vignes avec… de l’urine!
Non! Si! et ça fonctionne! en voici un et il n’est pas le seul!
https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/herault-de-l-urine-utilisee-comme-engrais-pour-les-vignes-7797153809

L’urine, un engrais gratuit pour le jardin (gerbeaud.com)
https://blog.hortik.com/2012/01/16/faites-pipi-dans-le-pot-de-vos-citronniers-pour-les-fortifier/#:~:text=Pour%20fortifier%20vos%20citronniers%2C%20il,c%27est%20une%20astuce%20portuguaise.

Ben tiens, ma grand-mère, elle vidait tous les matins son pot de chambre sur ses géraniums et elle avait des géraniums gros comme des choux-fleurs…
C’est quoi ça un «pot de chambre»? Olala, souvenir souvenir… pot de chambre, seau de nuit, vase de nuit, seau hygiénique… Dans la chambre de mes grands-parents il y avait encore la chaise percée de mon arrière-grand-père, en bois d’acajou avec le dossier canné à maille vénitienne, superbe meuble qui maintenant trône dans mon salon. Allez, ce week-end, tous à la brocante!

Vous voulez aller faire la guerre à la Russie, ça vous regarde, grand bien vous fasse, mais sachez que dès que les intérêts des Davocartes auront viré de bord, ils iront cracher sur vos tombes, tandis que nous, nous allons pisser sur nos laitues! (Attention, diluez: 1 litre pour 10 litres d’eau)

Anne Lauwaert

10.V.22

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13 Commentaires

  1. m’enfin, ls télés le répètent, la pénurie de tout ce que nous consommons est due au grand satan poutine en ukraine ! même lorsque les tomates locales flambent ici à La Réunion, mais comme le disait goebbels, plus le mensonge est gros plus il passe

    • Justement Anne, un autre avantage de l’épandage du lisier, c’est que ça les éloigne !

  2. Chère Madame, vous me rendez nostalgique car votre récit, c’est ce que j’ai connu chez mes grands parents. Ma grand mère nous soignait avec des ventouses, de la moutarde ou du Sloan; doliprane inconnu. Quant au C.L, il y avait un crochet façonné par le Grand Père pour y accrocher des morceaux de journaux : ça enlevait le marron mais ça laissait des traces noires c’était la marque du papier de toilettes de l’époque. Bien à vous

  3. Bonjour Anne, nous avons l’incommensurable chance d’avoir vécu comme vous cette merveilleuse époque où les Hommes étaient encore des Humains. Et nous étions….. heureux !! Paraphrasant : ce monde est malade: il m’excusera de décliner son offre. Belle journée á tous.

  4. Que de souvenirs heureux vous avez ramenés à la surface! Comme vous, j’ai vécu cette enfance en vacances chez mes grand-parents, au plus proche de la nature où nous rendions grâce au Bon Dieu pour notre pain quotidien qui n’était pas accusé de gluten-poison à l’époque! Si nos aïeux ont pu vivre ainsi nous le pourrons aussi, il faudra retrouver l’usage de valeurs aujourd’hui oubliées: courage, modestie, empathie ou bienveillance, et surtout des savoirs ensevelis sous des tonnes de facilités fallacieuses…

    • Et à dix ans je savais traire, dans le pré et sans les attacher, des vaches qui vous disaient merci en restant sages comme des images tout le temps nécessaire à l’opération. Seule interdiction, scrupuleusement respectée : pénétrer dans l’enclos du taureau.

  5. quel plaisir de vous lire !
    qui croirait que l’on puisse vivre avent toutes ces inventions ? et combien ont OUBLIE que, petits, les « cabinets » étaient soit à l’étable, soit au fond du jardin, et récupération des « produits » pour le potager
    pourquoi a-t-on tout oublié ????

  6. Dans les années 60, quand mon copain Pierrot avait soif pendant nos jeux du jeudi, il descendait dans la Chalaronne qui bordait le grand parc et buvait l’eau au creux de ses mains. Je doute fort que quiconque aujourd’hui boive l’eau de cette rivière sans traitement…

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