Ma passion pour le bocal me coûtera-t-elle la vie ?

Publié le 11 octobre 2020 - par - 11 commentaires - 1 453 vues

Attention : le présent article comprend quelques interruptions. Je suis présentement connectée Facebook et de temps en temps obligée de répondre. Merci de votre compréhension.

Je me pose une question : puis-je encore surfer sur FB sans risque pour ma vie? Je ne déteste rien autant que d’être tracée. Au supermarché du coin, j’ai donné un faux nom pour la carte de fidélité (Angèle Cahors). Une fausse adresse aussi.

La carte au resto ?  Jamais. On passe au distributeur prendre quelques sous et on paie en cash. Je signe du même nom, on finit par s’attacher.

Mais Facebook… sans Facebook, je ne pourrais plus vendre de brocante, et ça, j’adore ! Je vends pour avoir suffisamment de trésorerie pour la brocante du dimanche suivant. Pas pour m’enrichir, en tous cas. Et me planter moi-même tout une journée pour vendre mes restes, non merci. Comme on le sait, l’ennemi est partout, surtout dans les vide-greniers, et j’en ai fait plusieurs fois l’expérience. Je reste chez moi, pépère, un impromptu de Schubert sur Spotify, et je camelote.

Rappel :

http://resistancerepublicaine.eu/2019/04/28/coup-de-chapeau-a-la-responsable-de-la-braderie-de-lille-qui-refuse-les-exposantes-voilees/

Je suis folle de brocante. Ma maison est un musée. Je devrais prendre un droit d’entrée, en fait. J’ai des collections incroyables…et ça change tout le temps. Rien de précieux, que du rétro.

Traduction : une vie sans brocante, c’est comme un crayon émoussé. Sans pointe!

Une de mes passions les plus dévorantes, cependant, ce sont les conserves ! Bien entendu, dans de jolis bocaux, tous achetés en brocante ! Agrafes originales 1897, quasi introuvables. Et le lock down me fut précieux ! Des heures et des heures en forêt à récolter des orties, de l‘égopode podagraire, des pousses de bouleau, des pissenlits, des feuilles de murier, et à couper, piler, fractionner, sécher, stériliser.

Ma bible à moi, c’est Pinterest. Jamais avant 18 heures, sinon je ne fais plus rien d’autre. Et pour compléter ma formation, je me suis affiliée à un « groupe ». Son nom : « Bocaux, confitures, huiles et vinaigres ». Attention, je ne fais pas dans la confiture, j’évite le sucre et mes enfants font les leurs tous seuls. Il y a là une « chef » qui s’appelle Marilyn et fait la police…. Jamais ne réutiliser deux fois le même couvercle (mais ça va, et le gaspi, alors ?), toujours ébouillanter les pots avant de les stériliser (un peu comme si je prenais une douche avant de prendre mon bain…). Je dois faire attention, je risque la relaxe en cas de sarcasme : elle ne rigole pas avec les haricots-beurre, Marilyn. Je ne vous montre pas sa photo, on pourrait me croire cruelle.

On peut poser toutes nos questions.

En voilà une, courte pause : Marie-Lou : Bonsoir ! Hier soir j’ai préparé une bassine de compote de pommes/poires/coing au sucre complet. Je l’ai laissée à l’abri dans le four, mais pendant la nuit, des gouttelettes vert/noires sont apparues sur le tour de ma bassine en cuivre. Je les ai enlevées à l’aide d’un sopalin. La compote semble bonne, mais pensez-vous qu’elle puisse être toxique si c’est bien du vert de gris ? Merci 🙂

Je ne recopie pas ma réponse. Je suis audacieuse, mais pas suicidaire.

Cette nuit vers 3 h, Maryvonne, elle, demandait : Avez-Vous déjà stérilisé les carottes sans eau ?

(Elle avait plus de 100 réponses, me suis abstenue)

Dans ce groupe, surtout des françaises, elles vivent dans le Gers, le Poitou-Charentes, la Dordogne, donc nous profitons de recettes de sanglier, de canard braisé, d’olives macérées, d’ail confit et de mousses de châtaignes. Pour le moment, ce sont les champignons, à crever d’envie. Jusqu’à présent, je n’en ai trouvé que deux, non comestibles.

Pardon, j’interromps une minute, Tiphaine, une accro de la marmite vient de poster. Elle demande si elle peut ajouter le fromage dans la soupe aux épinards AVANT stérilisation ! JAMAIS !

Ceci n’était que mon introduction. Je suis souvent sur Facebook, et pas que pour 5 minutes je suis donc traçable….De là mon appel : dois-je renoncer à cette infinie source de profit et de pédagogie? Mon nom est partout : à coté de presse-purées anciens, de passoires ancestrales, de cruchons shabby, de fouets de grand-mère, de recettes de potiron de courgette et de tomates. On sait qui je suis et où je vis.

Ma situation est la suivante : j’ai eu quelques démêlés avec Yvette, une authentique pétasse du Namurois qui voulait pourtant m’acheter tout un service en Royal Copenhague dont je n’arrive pas à me débarrasser. Cette inculte me demande si j’habite SUR Bruxelles. Je n’ai pas supporté et lui ai répondu poliment : pardon ? Au lieu de se corriger, l’analphabète me note : oui, je voudrais savoir si vous êtes sur Bruxelles, car je suis sur Chaumont-Gistoux. Je ne supporte pas ! J‘ai répondu : désolée, j’habite À Bruxelles, il va falloir vous adresser à l’héliport le plus proche si vous venez en autogire. Crac boum, fin de la conversation. Adieu, veau, vache, cochon, couvée. Je ne suis pas seulement intolérante, je suis mauvaise commerçante.

Si Yvette a des copains kora-nike, ne vont-ils pas venir me démolir le portrait ? Me rosser sur le trottoir lorsque je fais mes courses, attenter à mes jours ? Me suriner au niveau du larynx ? Foncer avec une voiture bélier sur ma façade ? Me menacer d’une hache, d’une épée, m’enduire d’essence avant de m’incendier ? M’enlever et me forcer à porter le voile tout m’outrageant dix fois par jour ? Me transpercer le cœur d’un sabre ? La rate d’un coupe-chou ?

Anne Schubert

P.S. : je n’ai pas dit toute la vérité. Ce matin, je n’ai pu m’empêcher de publier sur FB la photo de macron le géant face à Mariam la naine qui lui balance un Allah Akbar en pleine tronche !

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Notifiez de
Aardvark

Merci, Anne tout comme vous, je déteste l’utilisation aberrante du “sur”, à laquelle je réponds régulièrement :”sur QUOI ?,”. A la différence, que chez moi, cela devient haineux… (je n’en ai d’ailleurs pas honte !…)

zéphyrin

cette brave dame, connaisseuse du royal copenhague, voulait vous signifier qu’elle habitait le dernier étage d’une tour…voyons anne.

"à la" poubelle !

Quarante ans de chasse aux disques dans les braderies pour des milliers de vinyles des années 50s et 60s…

"à la" poubelle !

Comme vous, je ne supporte pas les cons qui disent “j’habite sur Bordeaux ou sur Clermont-Ferrand. ..”
Disent-ils aussi “je bite sur ma femme” lorsqu’ils pratiquent de l’exercice avec elle ?
Entendant ces cons, Raymond Devos aurait rallongé son sketch “J’habite sur Caen”…

Sophie Durand

Bravo Anne. Cette “pétasse de Namur” ne méritait absolument pas de posséder le service en Royal Copenhague. il fallait impérativement le lui refuser. Non mais, quoi !…

inconnue

bizrre, certains articles ont les commentaires fermés, cherchez en la cause et voyez surtout lesquels de ces articles, à voir précédcemment

Rosalie

Ah ! Je vous dois mon premier sourire du matin !

CURIEUSE

Merci Anne pour votre article. Je n’ai pas votre passion (très bien décrite) mais je la comprends. Seulement c’est quoi Le lock down que vous mettez dans vos bocaux?

patphil

vous avez réussi à mettre les deux dans un bocal ? hélas virtuellement

Peg

Joli article :)

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