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Ma petite minute espiègle : les sanctions contre la Russie…

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Dans notre village nous n’avons pas les philosophes, ni les pythies comme au novaxbar de Campagnol, mais quand même… nous avons nos discussions-apéro à la terrasse de chez Elena.

Il y a quelque mois un de nos entrepreneurs nous disait qu’avant il fallait 3 semaines pour faire arriver des châssis de fenêtres et que maintenant il en faut 12…

Pendant quelques semaines ceux qui se chauffent aux pellets ont été inquiets car il y avait pénurie: on les vendait au compte goutte.

Cette semaine je demande au même entrepreneur quand est-ce qu’il va se décider à réparer les bouches d’égouts qui sont brinquebalantes et qui font un boucan infernal à chaque voiture qui passe.

«Impossible: il n’y a plus de fonte… et s’il n’y a plus de fonte, il n’y a plus de couvercles pour les bouches d’égouts…»

Charles Gave et Charles Sannat nous ont déjà expliqué comment les sanctions contre la Russie ne dérangent pas la Russie qui avait prévu le coup et s’était déjà arrangé avec Inde, Iran, Chine et probablement aussi le Pakistan… mais que ces «sanctions» détruisent l’économie européenne et causent donc aussi la pénurie de couvercles d’égouts…

Lors d’un précédent épisode de «sanctions» contre la Russie, les Italiens avaient expliqué que pour eux c’était une catastrophe économique car leur marché avec la Russie est énorme: jambon de Parme, Parmigiano Reggiano, vins, fromages, mode, tourisme, produits de luxe, etc.

Lors de la visite de Macron à Moscou tout le monde a pu admirer la magnifique maxi-table qui avait été fabriquée en Italie et par la même occasion nous avons appris l’importance du commerce du meuble italien en Russie.

Ces jours-ci notre gazette nous a dit que malgré les «sanctions», les fabricants de chaussures iront quand même au salon de Moscou…

Sfida alle sanzioni, calzaturieri a Mosca con i fondi della Regione. Il vicepresidente Carloni: «Condanniamo la guerra, ma non lasciamo sole le aziende» (corriereadriatico.it)

Le voyage sera un peu plus long en passant par Serbie, Turquie et Dubai, mais ce n’est pas parce que l’OTAN et l’UE veulent faire la guerre à la Russie que les «chaussuriers» italiens doivent faire faillite.

Il «triangolo» delle aziende per aggirare le sanzioni – La Verità (laverita.info)

Episode suivant: la triangulation… Simple: si on ne peut pas faire Milan Moscou direct, on fait Milan – Turquie – Kazakstan – Moscou… avec les textiles, les chaussures, les meubles et tout le reste…

Même des généraux italiens disent non aux USA, OTAN & Co et leur guerre!

Chaque jour apporte de nouvelles péripéties parmi lesquelles celles de la banque Gazprom en Suisse auprès de laquelle tout le monde vient acheter du gaz russe en roubles…

Chaque jour porte aussi ses balles tirées dans les pieds parmi lesquelles la visite du président actuel de la Confédération Helvétique, Ignazio Cassis, non pas à Moscou ce qui serait judicieux, mais à Londres.

Il parle même de “Britzerland” c’est à dire une étroite coopération avec l’Angleterre en dehors de l’UE… mais soumis aux anglo-saxons… Sauf que là non plus le peuple n’a pas été consulté.

Il faut dire que depuis que les politiciens suisses se sont rangés du côté des sanctionneurs, le peuple n’est pas content et réclame le retour à la neutralité! Ben oui… quand on pense que les pourparlers de paix ne se déroulent plus à Genève mais à Ankara… Quel camouflet!

Bof, ça fait rien: au Tessin l’hôtellerie avait déjà réclamé à cause des restrictions covid, maintenant ce sont les petites et moyennes entreprises qui sont au bord de la faillite à cause des pénuries… et il y a de la grogne dans l’air.

La question devient donc: vont-elles se laisser détruire ou bien vont-elles demander conseil aux entreprises italiennes qui pratiquent la triangulation?

Le dicton italien du jour: «Fatta la legge, trovato l’inganno» ce qui signifie que à peine la loi est-elle faite, que son contournement est trouvé.

Et ça, ça m’amuse!

Anne Lauwaert

30.IV.22