Ma petite minute horrifiée : la guerre en Océanie

Un ami m’a envoyé un drôle de bouquin… «Guerres indigènes en Océanie Tome 1 – guerres et décolonisation – politique et démocratie.» de Maurice Droin – édition Dictus Publishing.

Jamais il ne me serait venu à l’idée de l’acheter. «Océanie» c’est où déjà?

Prenez votre meilleure loupe et votre super lampe torche et examinez votre planisphère National Geographic… Vous êtes parti pour quelques heures de rêve rien qu’en lisant les noms. Après vous allez encore vous demander «oui mais c’est où»?

Grosso modo c’est en bas à droite: vous trouvez l’Australie? OK.

Ça concerne le quart entre le nord et l’est de l’Australie… le quart midi-15h… un fouillis de petites îles paradisiaques…

Bon, on repart depuis l’Australie. Vous marchez toujours vers le Nord-est et vous passerez par Papouasie – Nouvelle-Guinée, Nouvelle-Calédonie, Vanuatu, Fidji, Iles Salomon, Tuvalu et Kiribati (mes préférées à cause de leur musicalité), Tonga, Samoa, Polynésie française avec Tahiti, ses femmes et leurs hibiscus, (très au nord il y a Hawaï avec Ukulélé) – les îles Marquises, avec Jacques Brel et Gauguin – les Galápagos et l’Amérique.

Si vous passez au-dessus de l’Amérique, vous arrivez dans l’Océan Atlantique et là vous avez Sainte-Hélène et Napoléon. Ensuite vous arrivez en Afrique et au-delà c’est l’Océan Indien avec Madagascar, l’Ile Maurice avec Paul et Virginie, les Seychelles et les Maldives au Nord. Si vous continuez encore vous arrivez de nouveau en Australie.

Donc, grosso modo l’Océanie c’est entre l’Australie et l’Amérique du Sud.

L’auteur du livre:

L’histoire commence en février 1940 avec la naissance du petit Maurice à Le Portel (Pas de Calais). A 18 ans, il quitte sa province et se met à sillonner la planète. Il deviendra une espèce de fonctionnaire un peu farfelu, un peu freelance et ira s’établir de 1976 à 1999 en Nouvelle-Calédonie. Il y reviendra régulièrement, après et en 2014 il publie le livre en question.

Accrochez-vous c’est maintenant que ça va tanguer… Evidemment je ne vais pas vous recopier le bouquin, les titres des chapitres suffisent pour vous intriguer…

1 : «Le tabou sur les guerres en Océanie» (des guerres? dans ces îles paradisiaques? Pas possible !)

2 : «Des conceptions différentes de la guerre»

«Jusqu’au milieu du XIX° les vaincus étaient tués pour être mangés. (…) vers 1830 on estimait le nombre des esclaves européens des chefferies maories à 2000 environ: marins, équipages de baleiniers, évadés des bagnes…»

3 : «Stratégies guerrières maritimes pré-européennes» d’île en île avec de grandes pirogues.

4 : «Stratégies guerrières terrestres pré-européennes»

«Partout en Océanie, les stratégies guerrières privilégiaient la surprise dans l’attaque. Assaillir à l’improviste un petit groupe isolé et de préférence sans défense, attaquer une tribu pendant son sommeil, trahir, mentir, ruser étaient, à l’opposé de nos règles chevaleresques, les méthodes habituelles de la guerre.»

5 : «La fin de la guerre et le sort des vaincus.» «la guerre était l’unique passe-temps que le Maori affectionnât vraiment du fond du cœur (…) il y avait assez de morts pour le repas de la victoire, inutile de gâcher la marchandise, elle était donc gardée en vie pour être tuée plus tard.»

6 : «Les femmes océaniennes et la guerre.» «la terre et les femmes sont les racines de la guerre.»

7 : «La guerre pour la terre.» «Et contrairement aussi à l’opinion généralement répandue chez les écologistes qui parlent de populations respectueuses de la nature et vivant en harmonie avec elle, Négritos, Mélanésiens, Polynésiens et Maoris ont exterminé en les chassant ou en consommant leurs œufs de nombreuses espèces d’oiseaux et de reptiles.»

8 : «La guerre pour les dieux.» «Les esprits tiennent de façon particulière à ce que les vivants conservent les manières et coutumes de l’ancien temps.»

9 : «Cannibalisme et guerre.» «L’homme qui n’est pas du groupe est considéré comme une provision de bouche potentielle (…) la quasi-totalité des tribus africaines, surtout dans la région du Congo, mangeaient les prisonniers et achetaient très ordinairement des esclaves aux marchands arabes ou aux tribus voisines pour les manger (…)Vous les Blancs vous ne pouvez pas comprendre que c’est vraiment beau (sic) de manger l’homme que l’on hait. (…) Manger l’ennemi était, dans toute l’Océanie, un titre de gloire. (…) C’est la colonisation religieuse, militaire et administrative qui a arrêté le cannibalisme.»

J’arrête là les citations, cela suffit pour vous avoir complètement dégouté ou bien pour au contraire vous faire comprendre que c’est un bouquin tout à fait hors du commun et une source abondante d’informations. Bien sûr il y a beaucoup d’autres sujets dans ces 421 pages, mais c’est ceci qui m’a le plus choquée étant donné que j’en étais restée à la version Jean-Claude Darnal…

 10 : «La guerre et la constitution d’Etats en Océanie.»

11 : «Les guerres de la libération du colonialisme indonésien.»

12 : «Les guerres post-coloniales en Mélanésie.»

13 : «Colonialismes comparés allemand, américain, belge et espagnol.»

14 : «Colonialismes comparés japonais, australien et néo-zélandais.»

Annexes

1 : «Les Négritos découvreurs de l’Océanie.»

2 : «Les armes usuelles des Marquisiens.»

3 : «Préparation de têtes chez les Maoris.»

4 : «Défense du cannibalisme par Georges Clémenceau.»

5 : «Une tannerie française de peaux humaines en 1793.»

6 : «La vie de Joe, métis papou Ganiga.»

7 : «Dans la tribu, qui commande?»

8 : «Courte mais véritable histoire de la décolonisation.»

9 : «James Cook, les chiens et le cannibalisme.»

Eh bien voilà: un tableau différent de celui rêvé par Jean-Claude Darnal:

«Dans une vieille caisse en bois qui vient de Samoa je vais faire un trois mats après quoi je trouverai une fille à aimer qui partout me suivra…»

https://www.youtube.com/watch?v=o6b4cuvU1eQ

Les black lives matter, surtout depuis que les missionnaires blancs sont allés leur expliquer que se manger entre eux ce n’est pas BCBG.

Anne Lauwaert

16.IX.21

Autres sources: Cannibalisme — Wikipédia (wikipedia.org)  Anthropophagie — Wikipédia (wikipedia.org)  – https://www.franceculture.fr/sociologie/manger-son-prochain-pourquoi-le-cannibalisme-nous-fascine

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12 Commentaires

  1. La guerre n’est jamais juste et équitable mais elle peut respecter certaines règles Ma femme avait dit à propos des lance flammes utilisés par les américains contre les japonais dans le pacifique  »on ne traiterait pas des animaux comme cela!  »

  2. Et oui ! le monde a ses réalités que la bien pensance vise à cacher à une humanité infantilisée et endoctrinée . On ne l’a pas choisie cette réalité mais il faut savoir la regarder en face pour trouver de vrais remèdes aux problèmes. Le cannibalisme remonte aux origines même de l’humanité . Beurk

  3. Ces bons sauvages rousseauistes vous dirons qu’ils n’y plus de cannibales chez eux car ils ont mangé le dernier…Mais le cannibalisme des bon sauvages va revenir grâce à la « révolution » neo-fasciste & raciste anti-blancs du Woke et de la cancel culture en Occident. C’est chouette le progressisme mondialisé!

  4. Le livre « Yanoama » par E. Biocca, Editions Terre Humaine 1968 raconte la vie d’une brésilienne blanche capturée à 11 ans en 1936 par des indiens d’Amazonie. Les tribus se font des guerres incessantes. Cannibalisme et chamanisme sont au rendez-vous.

  5. Vous avez oublié les territoires français Wallis et Futuna où j’ai reçu un accueil mémorable.

  6. Et ce n’est pas bon, sinon, la viande humaine ?

    Parce qu’on parle, on parle, mais on ne sait pas, en fait.

  7. C’est un livre qui me parait formidable, bien plus interessant qu’une these quelconque d’un « doctorant ».

  8. Trahir, mentir, ruser, il semble que c’était la règle dans les guerres préhistoriques, partout. « L’art militaire, c’est dix contre un et par surprise, le reste c’est littérature ». Je ne me souviens pas qui a dit ça mais je ne pense pas que c’était un Maori ou un Papou. Il semble d’après des historiens spécialisés que le cannibalisme était très fréquent aussi chez les Aztèques. En Australie, les aborigènes ont également exterminé la mégafaune et entre tribus ils ne se faisaient pas de cadeaux.

  9. Il y eut la guerre des îles sous le vent dont l’EN interdisait d’évoquer le souvenir.
    Une guerre de 9 ans à la fin du XIXème, quand l’armée française vaincue à terre se vengeait en rasant les villages au canon de marine,
    Puis, ayant obtenu la reddition des aïtos, déporta les familles sur Eiao un îlot désert, caillouteux et stérile des Marquises où un génocide silencieux aurait eu lieu sans l’intervention de Paul Gauguin qui fit interpeller le gouvernement à la chambre tandis que le roi Terahupoo et ses proches finirent au bagne politique de NC
    Pourtant, à la différence des nègres aigres et des arabes haineux, les Ma’ohi ne détestent pas les Français, ils se contentent de demander des compensations pour les irradiés de Mururoa et Fangataufa.

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