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Ma petite minute Mickey

Je viens d’écouter « Disneyland Paris fête ses 30 ans d’occupation mentale » sur TV libertés.

https://www.youtube.com/watch?v=0bCmEiVK_6U

Ces messieurs font une analyse très intéressante de cette macdonaldisation mais il reste des questions.

Que se passe-t-il dans la tête des gens qui vont à Disneyland ? ou qui y conduisent leurs enfants ?
Ne serait-il pas plus intéressant de regarder des DVD avec les films de Walt Disney, en famille, à la maison et ensuite d’en discuter ?

Encore mieux : lire, en famille, les contes originaux, non manipulés, qui inspirent ces films ?
Mais ces adultes qui conduisent leurs enfants à Disneyland connaissent-ils, eux-mêmes, les contes de Grimm, Perrault ou Andersen ? Savent-ils que Peter Pan a été créé en 1902, par qui et pour quoi ?
Évidemment non, sinon ils ne conduiraient pas leurs enfants à Disneyland…

« Louis XIV a laissé Versailles et Mitterrand a laissé Disneyland »: Arlette Laguiller
Oui mais, pour que Disneyland remporte un tel succès, il faut qu’il ait des clients, c’est-à-dire des gens à qui ça plaît…

Et là, il n’y a rien à faire, on retourne toujours au même problème : l’éducation. Si les parents n’enseignent pas la culture et ne transmettent pas la tradition à leurs enfants, ceux-ci ne pourront rien transmettre à leurs enfants et finiront à Disneyland. Mais si les parents n’en sont pas capables, au moins l’école devrait suppléer, mais si même les enseignants ne connaissent plus et l’école ne fait plus son boulot… et, si on interdit aux enseignants d’enseigner… c’est la cata inévitable !
Hélas, trois fois hélas, c’est du Brighelli 100 % :

https://www.youtube.com/watch?v=xpPuloQdY0Q

Disneyland est plus visité que le château de Chambord ? Mickey est plus important que Leonard de Vinci ?
M’enfin !
Bon, j’admets que je suis une privilégiée : mon père était cultivé et m’a transmis ses passions et j’ai eu des profs extraordinaires qui m’ont conduite au BAC latin-math d’avant 1965… c’est un bagage !
M’enfin ! Comment voulez-vous qu’une personne qui n’a pas de références s’intéresse, puisqu’elle ne comprend pas ? Cette personne entre dans un musée ou une église ou un château, si elle ne connaît pas l’histoire (sainte), ni les mythologies, ni « l’iconographie de l’art chrétien » de Louis Réau, que voulez-vous qu’elle comprenne de ce qui est représenté sur les tableaux ou même sur les vitraux ou même dans la structure de l’architecture ? On ne sait pas être intéressé si on ne comprend pas ! Si on ne connaît pas le langage des fleurs on ne comprend pas la signification d’un bouquet. Si on ne connaît pas les symboles et les étymologies… Comment choisit-on le prénom d’un enfant ?

Mais ça va beaucoup plus loin : demandez à un prêtre ce que signifient les couleurs de la liturgie… Il m’est arrivé de demander à notre curé comment on calcule la date de Pâques… Finalement j’ai trouvé la réponse avant lui…
Notre petit voisin a fait un apprentissage de maçon et ensuite les écoles supérieures et, maintenant, avec son diplôme d’ingénieur, il reprend l’entreprise de son père. C’est un jeune talentueux, travailleur, enthousiaste, comme on les aime, mais… S’il connaît à fond les arcanes de la résistance des matériaux, jusqu’à hier il n’avait jamais entendu parler des possibles effets nocifs sur la santé causés par les armatures métalliques qui servent à armer le béton. Rien non plus au sujet des courants et énergies telluriques qui étaient du B A BA des bâtisseurs de cathédrales… Question : nos ingénieurs (qui construisent des viaducs dont le béton armé s’effrite après 20 ans) sont-ils capables de construire un Pont du Gard qui résiste pendant 2000 ans ?

Comment voulez-vous que ce jeune homme, tout brillant qu’il soit, aille visiter une église ou un château et comprenne les questions de situation, orientation, d’énergies, etc.
Cas extrême : pourquoi la partie centrale d’une église s’appelle-t-elle « nef » et quelle différence y a-t-il entre le fait de célébrer la messe face au tabernacle ou bien face aux fidèles ?
Ah, mais vous êtes trop jeunes, vous n’avez pas connu la formidable revue « Zodiaque, cahiers de l’atelier du cœur meurtry » et l’abbaye Sainte-Marie-de-la Pierre-qui-Vire… et la série « La Belgique romane », « La Suisse Romane »… etc.

https://fr.shopping.rakuten.com/s/revue+cahiers+zodiaque

Abbaye Sainte-Marie-de-la-Pierre-qui-Vire (apqv.fr) www.apqv.fr
Les églises sont vides ? Mais si plus personne ne comprend ce qu’il y a à trouver dans une église ou dans un musée ou dans un château… eh bien, on va à Disneyland…
Ben oui, ça m’énerve…

Mais y a un truc !
D’un côté nous détestons et méprisons les américaneries genre Disneyland et d’un autre côté nous adorons les Eliott Ness ou Wyatt Earp…
Dans la série Yellowstone, Kevin Kostner tire des coups de fusil pour faire fuir un bus de touristes chinois en disant « Ici nous sommes en Amérique, nous ne partageons pas nos terres ! » Pourquoi cette série, qui est franchement violente, a-t-elle un si grand succès ? Dans « l’inspecteur Harry » Calahan, les policiers tirent sur les méchants et les tuent et ensuite on les félicite…

Nous sommes tellement frustrés, bâillonnés, oppressés par le politiquement correct que nous sommes au bord de l’explosion !
Question : allons-nous exploser et donner libre cours à toute la violence que nous avons réprimée depuis si longtemps ? À commencer par la violence verbale : tous ces mots qui sont interdits parce qu’ils pourraient offenser ou stigmatiser, allons-nous soudain les crier haut et fort en une immense catharsis semblable à la « messe des fous » qu’on célébrait à Noël ?
Allons-nous, comme Kevin Kostner, sortir dans la rue et hurler « foutez-moi la paix, ici je suis chez moi ! » ?

« L’anglais omniprésent » évoqué par monsieur François Bousquet… Ben oui : en Flandres, mes cousins ne connaissent plus le dialecte de notre village, par contre tout le monde parle anglais…

Monsieur Daoud Boughezala évoque « La musique country, qui a pénétré jusqu’au fond de nos campagnes ». Nous avons un festival country dans la vallée voisine et un festival blues dans l’autre et un festival jazz à Ascona. Pourquoi a-t-elle un tel succès ? La question ne se pose même pas quand on entend les miaulements des « chanteurs français » actuels… C’est clair : la musique country, c’est un style, de la dignité, des vêtements convenables, c’est propre et simple comme « La petite maison dans la prairie ».
Nous avons Heidi, mais elle est restée coincée dans les livres, tandis que le country est vivant, entraînant, actuel. Il est le contraire des bobos des boulevards parisiens. Il est la campagne comme nous la rêvons et regrettons. Voyez le film « L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux »…

Ce n’est pas tellement Disneyland qui a propagé le country, mais plutôt le cinéma, le film Western… Pourquoi aime-t-on les westerns ? Parce que ce sont des mecs auxquels on s’identifie : libres, à cheval dans des paysages grandioses, ils tirent bien, les bons gagnent et les méchants sont punis.
Il y a une phrase terrible dans Le Parrain : il répond à quelqu’un qui lui demande son aide « Pourquoi as-tu d’abord demandé justice à la police ? »…

Un moment exquis de la vidéo sur TVL : l’analyse des personnages des films de Walt Disney : « Blanche-Neige est une dinde, le prince charmant un bellâtre, Bambi un petit crétin, sa mère la biche une insupportable femelle américaine, son père le cerf un vieux cabot qui prend des poses plastiques devant les incendies de forets… »

Mais attention, il y a autre chose de vraiment perfide.
Le film Bambi date de 1942 et il en ressort que le chasseur est un méchant.
Dans le film « le livre de la jungle » de 1967, les loups sont les gentils.
Ces films ont été montrés à de nombreuses générations de petits enfants qui ont intégré l’idée du méchant chasseur et du gentil loup et aujourd’hui ils sont adultes écologistes-animalistes anti-chasseur et pro-loup.
Le chasseur est l’archétype du mâle humain qui, aujourd’hui, est l’homme à abattre, à détruire, à déconstruire pour pouvoir instaurer l’homme nouveau, augmenté avec des puces, transhumain si cher aux Klaus Schwab, Yuval Harari et autres Laurent Alexandre…

Le chasseur qui marche dans la montagne avec ses chiens, le berger qui conduit ses bêtes sur l’alpage où il produit du vrai fromage, le cow-boy qui chante du country, c’est l’opposé de l’homme déconstruit qui défile en barboteuse…
Le loup qui n’est plus le grand méchant loup, aujourd’hui, doit éliminer les animaux domestiques et ruiner l’agriculture de montagne pour dépeupler les vallées et permettre, grâce au rewilding, de créer un immense parc naturel le long de l’arc alpin, semblable au parc du Yellowstone.

Je n’invente pas : c’est le projet du rewilding:

https://rewildingeurope.com/callforawildereurope/fr/

Ici au Tessin, encore dans les années 1980, le canton donnait 20 FS pour chaque « nocif » (renard, fouine, etc.) tué. Soudain, en 1995, le professeur Boitani, le papa des loups, est venu nous faire une conférence et nous annoncer son arrivée et deux semaines plus tard le loup était arrivé. Cette année-ci cela a été le massacre sur nos alpages et on attend de voir ce qui va se passer dans nos villages cet hiver…
Mais bon, je vous ai déjà détaillé tout cela dans mes minutes précédentes…

Pour conclure : regardez la vidéo au sujet du Disneyland… mais surtout demandez-vous ce qu’il y a derrière et croyez-moi, tout ce que nous sommes en train de vivre, aussi absurde que cela paraisse, tout cela est lié, calculé, programmé et Disneyland n’en est qu’un symptôme.

Une petite dernière pour la route : dans « When McKinsey comes to town » Bogdanich et Forsythe racontent qu’en 1997 McKinsey commença à prendre en mains le Disneyland d’Orlando en réduisant le nombre d’employés, l’entretien, la sécurité, l’équipe d’intervention rapide pour la maintenance, etc. Et vous savez quoi ? Ben les accidents commencèrent et avec eux, les morts… Quand en 2003, le gros accident arriva, le PDG dudit Disneyland était parti ailleurs et McKinsey ne fut pas inquiété car il n’avait aucune responsabilité puisqu’il « donne des conseils, pas des ordres ».

Depuis McKinsey « conseille » la France… à bon entendeur…

Anne Lauwaert 15.XI.22