Ma réponse au Pape sur le dialogue inter-religieux et le respect

Le Pape écrit : « Pour en venir maintenant au respect mutuel dans les relations interreligieuses, notamment entre chrétiens et musulmans, ce que nous sommes appelés à respecter c’est la religion de l’autre, ses enseignements, ses symboles et ses valeurs. C’est pour cela que l’on réservera un respect particulier aux chefs religieux et aux lieux de culte.

Quelles-sont douloureuses ces attaques perpétrées contre l’un ou l’autre de ceux-ci! Il est clair que, quand nous montrons du respect pour la religion de l’autre ou lorsque nous lui offrons nos vœux à l’occasion d’une fête religieuse, nous cherchons simplement à partager sa joie sans qu’il s’agisse pour autant de faire référence au contenu de ses convictions religieuses.

En ce qui concerne l’éducation des jeunes musulmans et chrétiens, nous devons encourager nos jeunes à penser et à parler de manière respectueuse des autres religions et de ceux qui les pratiquent en évitant de ridiculiser ou de dénigrer leurs convictions et leurs rites. » (http://www.vatican.va/holy_father/francesco/messages/pont-messages/2013/documents/papa-francesco_20130710_musulmani-ramadan_fr.html )

1 – Il se contredit en affirmant à la fois que le respect ne correspond pas à une « référence au contenu de ses conviction religieuses » et qu’il faut respecter les « enseignements, symboles et valeurs » soit le contenu et le sens, de « la religion de l’autre »,

2 – Il se soumet à la loi d’allah en prônant l’interdiction de « dénigrer des convictions et des rites » : si le fait de croire à telle ou telle vision ou représentation est un phénomène qui nous advient, donc dont on peut critiquer l’objet, mais pas le fait de la croyance, en lui-même, en revanche, d’une part les rites sont des actions qui doivent comme toute action être soumises à la critique  (les rites de l’islam sont tous orientés vers l’enrégimentement à la guerre), et d’autre part, sa phrase se prête à une confusion dont on voit mal comment il pourrait l’ignorer, entre la condamnation d’une caricature du fait de croire, et la condamnation de la critique des « enseignements et valeurs » qui sont l’attribut du dieu objet de cette croyance. Le risque de confusion est d’autant plus accentué que le Pape aurait pu écrire son opposition au dénigrement «  de la foi et des rites », mais il a utilisé le terme de « conviction » qui a plus de connotation comme signifiant « opinion » que comme signifiant « croyance » ou « foi ».

3 – Il est particulièrement grave que s’adressant aux jeunes il leur intime l’ordre de cesser de « penser » à propos des autres religions.

Le respect est de traiter autrui comme son égal, de prendre en considération sa situation, ses besoins et ses œuvres. Le respect appliqué aux personnes des autres religions c’est prendre la peine de s’informer sur le contenu de leur religion avant d’en parler, afin de comprendre dans quelle situation elles se trouvent, et ne pas être dans le mépris d’une forme de déni de l’existence de ce contenu. Le respect c’est de traiter les musulmans en nos égaux, autant capables que nous d’entendre des arguments, et à qui l’on peut parler franchement de notre opinion sur leurs textes, les musulmans ont droit à notre franchise, et non à un paternalisme condescendant les traitant en incapables ou en « déséquilibrés ».

Le dialogue inter-religieux ne peut avoir d’autre utilité que négative. Il n’y a pas de dialogue possible entre des fois dont le contenu est contradictoire. Soit la Torah est la loi que les juifs doivent suivre, soit la vraie religion est celle indiquée par le Coran. Soit il s’est produit l’événement d’un Jésus qui est le Christ crucifié, soit cet événement ne s’est pas produit car il ne l’est pas. Soit la réincarnation existe, soit non.

Le dialogue permet par contre de mieux connaitre les éléments des autres religions, de ne pas commettre d’erreurs sur les textes existants, sur leur existence ou non, et sur l’interprétation faite de ces textes par les adeptes des autres religions eux-mêmes. Ce dialogue n’est donc possible qu’avec les religions qui autorisent la diffusion de cette connaissance aux autres, et qui ne prônent pas le mensonge, ce qui n’est pas le cas de toutes les religions. L’islam prône le mensonge dans le cadre du jihad, ce qui réduit le dialogue inter-religieux entre les autres religions et lui, à l’appréciation de la qualité du thé à la menthe et des gâteaux à la fleur d’oranger…

Je suis tout  à fait prête à reconnaître la valeur des rites du ramadan, version cornes de gazelle, ou la valeur littéraire de passages de traité sur l’amabilité envers autrui, je n’ai aucune envie de ridiculiser ou dénigrer qui ou quoi que ce soit.

Mais je condamne comme non-assistance à personne en danger, le rejet de la « pensée » critique sur une religion où l’on trouve dans ces mêmes traités, l’apologie et l’ordre de se livrer au jihad, de tuer et d’être tué,  et « d’aller à sa femme comme à son champ », c’est-à-dire de lui imposer rapports sexuels et plus explicitement positions humiliantes. Quand des personnes sont menacées par une idéologie, de subir et de commettre des violences et avilissements en tout genre, critiquer cette idéologie, surtout quand elle est adossée à une foi, est indispensable.

Le Pape se trompe lourdement. Toute sa lettre, son style, ses arguments, faux, reflètent la tromperie, la confusion, doucereuse et insidieuse, qui lui a été insufflée. L’exact contraire de la générosité envers autrui que l’on peut aussi appeler charité, et qui consiste non à le flatter pour se donner soi-même à bon compte l’image flatteuse de quelqu’un qui « respecte » les autres, mais à chercher à le connaitre bien et à lui dire la vérité telle qu’on la voit.

Il y a des divergences parmi les gens qui ont conscience des problèmes posés par l’islam sur l’opportunité d’en parler franchement aux musulmans et aux non musulmans. Le débat ressemble un peu à celui du corps médical : certains médecins recommandant de dire la vérité au malade, et les autres de le traiter sans le lui dire. A propos de l’islam, la crainte de dire la vérité aux premiers tient à la peur de les froisser et de provoquer leur colère, et la crainte de dire la vérité aux seconds tient à la peur de les désespérer d’avoir la paix. Ces deux craintes partent de l’hypothèse que les musulmans seraient incapables de réagir rationnellement dans un débat et d’échapper à la violence. Elles partent aussi de l’idée que les musulmans seraient démunis sans l’islam comme si nous n’avions rien d’autre à leur proposer en remplacement. Tout ceci est faux. De plus, contrairement au médecin s’interrogeant sur la vérité, ni les musulmans ni les sociétés occidentales qui laissent libre cours aux musulmans militants, n’ont accepté à priori comme « médecins » les personnes ayant pris conscience des problèmes posés par l’islam. Il n’y pas donc pas d’autres moyens de parvenir à résoudre les problèmes de l’islam qu’en les exposant, tels que nous les comprenons, aux musulmans et aux sociétés qui les accueillent.

Elisseievna

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