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Macron a promu Benalla, archétype du casse-couilles violent que subissent les Français

Durant les vacances, nous avons appris la réédition du livre de Christian Combaz, « Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos ». L’occasion de discuter avec l’auteur, de son livre et d’autres sujets…

Riposte Laïque : Votre livre « Portrait de Marianne avec un poignard dans le dos » vient de sortir chez Retour aux sources. Je crois savoir que c’est une réédition, et que la première publication a été un peu « compliquée ». Vous pouvez nous expliquer cela ?

Christian Combaz : La complication dont vous parlez s’appelle une censure et je suis presque fier d’en avoir été l’objet. Résumons : au printemps 2017 le manuscrit suscite l’enthousiasme d’un éditeur qui a l’imprudence de m’exprimer par lettre sa satisfaction et qui de surcroît me consent un à-valoir. Le livre est composé, il reçoit une couverture, et le jour du déjeuner avec l’attaché de presse, coup de fil, déjeuner annulé. « Je vous explique par mail ». En fait le mail assez glacé dit « Je ne suis pas en mesure de vous publier ». En gros ça s’appelle des pressions. Nous sommes à un mois de l’élection de Macron. On se demande de qui seraient venues les pressions. En fait quand on examine le contenu du livre on s’en doute un peu. Le résultat c’est une autoédition hâtive chez Amazon et c’est un mois de meilleure vente Amazon tous livres confondus. Ensuite un jeune éditeur me dit je vais le reprendre, ajoutez ce que vous voulez. C’est fait. Il y a un résumé en trois minutes  sur Youtube ici

https://www.youtube.com/watch?v=Nuc_SanIqsY

Riposte Laïque : Donc, quoi de neuf, dans ce livre, depuis sa première sortie ?

Christian Combaz : Eh bien justement. J’avais déjà traité le symptôme Macron candidat avec une vigueur qui m’a valu une trahison de mon propre éditeur. J’y ai rajouté une  analyse en cinq chapitres de ce qui s’est passé depuis l’élection et un large détour par la Hongrie que je connais bien, et à propos de laquelle j’ai écrit un livre en 1993 qui annonçait exactement ce qui s’est passé. J’y disais à un ami hongrois « vous n’avez aucun respect à attendre de l’Europe des supermarchés, elle voudra bientôt contrôler jusqu’à la manière dont vous parlez de votre siècle d’occupation islamique ». Nous en sommes là . Il me déplaît que le président français soit précisément le chef de ceux qui veulent réécrire l’histoire de notre continent pour coller à l’inculture américaine. Il n’y a pas un américain sur dix qui sache que la Hongrie a connu au 17e la destruction des églises et la multiplication des écoles coraniques et Macron ne l’a visiblement appris que récemment, en même temps que le fait que la Guyane n’est pas une île par exemple.

Riposte Laïque : Vous évoquez, dans cette interview, le changement d’humour qui est apparu, en France, avec les années Mitterrand. Vous pouvez nous développer cela ?

Christian Combaz : Pour résumer, jusqu’au milieu du règne Giscard, l’humour en France était une affaire de famille, on se moquait de tout le monde, les riches, les pauvres, les intellectuels, les ignorants mais sans aller jusqu’au trait qui fait mal, qui humilie l’autre. Du coup la plupart des films comiques à grand succès, L’aile ou la cuisse, Rabbi Jacob et jusqu’au premier Taxi, s’achevaient dans une atmosphère de retrouvailles et d’unanimité, parfois même de manière symbolique dans la cour de l’Elysée ou des Invalides. Dans Taxi le héros épouse la fille d’un général, dans Rabbi Jacob le rebelle arabe libéral qui va devenir président embrasse la fille d’une sommité française dans la cour des Invalides, et tout le monde fait partie du jeu. Avec les Bronzés, le Splendid, les films de Bertrand Blier, les humoristes Canal Plus, les ringards sortent du jeu. Ils deviennent des sous-citoyens, des Deschiens, des Grolandais, des personnages du Père Noël est une ordure. L’aboutissement de cette évolution c’est la mention des Sans Dents par Hollande. C’est l’aveu suprême, c’est le signe qu’une caste de prétentieux a saisi tous les leviers.

https://www.youtube.com/watch?v=OWrKEioaZOA

Riposte Laïque : Vous animez, pour TV-Libertés, une émission appelée « La France de Campagnol » où vous parlez surtout de la France profonde, celle des campagnes. Qu’est-ce qui vous a poussé à faire cette émission ?

Christian Combaz : Précisément, le fait d’avoir fait partie toute ma vie, et jusqu’à ma retraite, de ceux qui gagnent deux mille euros par mois, tout en appartenant incontestablement au monde intellectuel, voir Wikipedia. Sauf que je fais partie du monde intellectuel qui a les mains dans le cambouis. Je répare ma voiture moi-même, je fais attention depuis toujours, j’ai les mêmes inquiétudes que ceux qui m’entourent, les paysans et les charpentiers. Alors résumons : à 20 ans François Hollande était mon voisin de bibliothèque à Sciences Po. J’habitais dans cinq mètres carrés, lui à Neuilly et il avait une lingère. A 25 ans, je l’entends dire à la télévision qu’il gagne sa vie comme un prince et que ce sera le cas toute sa vie même s’il ne va pas au bureau.

https://www.youtube.com/watch?v=-_1paKdrS_4

A 60 je le retrouve au bar du Lutétia le matin même où Strauss Kahn se fait coincer, il sait qu’il va être président, je sais que c’est une période funeste pour la France qui va s’ouvrir. Aujourd’hui ma retraite est le vingtième de la sienne, je vis à la campagne, j’ai longtemps vécu en Italie, en Espagne, en Hongrie, aux Etats Unis, je connais la France de base et je sais ce qu’on en dit hors frontières. Depuis dix ans, il n’y avait plus que Taddéi qui me tendait le micro, il vient d’être viré. Le Figaro me publiait jusqu’en 2016 trois fois par semaine, j’étais détenteur du record de « clics uniques » en 2015, un coup de fil bien placé a mis fin à ma collaboration en une heure.

Riposte Laïque : Avez-vous été surpris par les mésaventures survenues à TV-Libertés, exclu sans préavis par youtube du jour au lendemain, sans le moindre avertissement ?

Christian Combaz : Ben non justement, en fonction de ce qui précède. Il faut savoir que le directeur de Google France, de Youtube, etc., n’ignore rien des préférences du Pouvoir en France. Il les devance. Il montre de l’empressement en faveur de qui détient les clés de la prospérité de son business. Si cela doit passer par l’éviction des gens qui organisent la critique du régime, il va leur trouver une infraction quelconque. Je suis passé entre les gouttes puisque ma propre chaîne Campagnol TVL reste sur le pont, mais il suffirait d’un rien, d’une plainte artificiellement déposée pour non conformité aux règles, je dirais même il suffirait que les règles changent pendant la nuit, qu’on décrète d’un coup que les sujets de chronique où il est question d’immigration, d’intégration, etc. sont interdits, pour que ma chaîne disparaisse.

Riposte Laïque : Vous êtes connu pour votre opposition virulente à Macron. Qu’avez-vous pensé de l’affaire Benalla ?

Christian Combaz : Je vais vous citer la seule chose que j’en pense et qui n’ait pas été dite : la principale influence de cette affaire sur l’image de Macron est qu’il a promu, absout, chouchouté, armé, un type qui a exactement la tête du type qui vous fait une queue de poisson au feu rouge pour vous invectiver à la portière en vous disant que vous lui manquez de respect. La France profonde subit ce genre de type en permanence, le portrait robot est dans toutes les mémoires, et de voir que cet archétype du casse-couilles violent, dressé sur les ergots de l’antiracisme, est désormais niché au cœur du pouvoir avec un port d’armes et un passeport diplomatique est un cauchemar pour les Français de base. La réinscription sur les listes électorales va battre son plein très vite.

Riposte Laïque : Croyez-vous à une forte mobilisation, à la rentrée septembre, contre la présence du rappeur Médine au Bataclan, les 19 et 20 octobre ?

Christian Combaz : Oui mais Macron pour le coup va essayer de retrouver un peu de popularité en tranchant en faveur du non, comme pour Notre Dame des Landes. S’il ne le fait pas, l’affaire est tellement grosse que c’est comme s’il avouait son appartenance au camp du Diable. Les soupçons sont déjà très lourds, après le happening de l’Elysée le soir de la fête de la Musique on devine qu’il a son couvert chez le « Prince de ce monde », c’était comme un film de Fellini. Médine au Bataclan, c’est comme un film de Fellini sataniste. On ne peut pas aller plus loin.

Riposte Laïque : Souhaitez-vous ajouter quelque chose, Christian ?

Christian Combaz : Bonnes vacances.

Propos recueillis par Pierre Cassen