Macron a su décomplexer ceux qui défendent leurs intérêts au mépris de l’intérêt général

Éric Verhaeghe anime tous les jours un site remarquable, « Le Courrier des Stratèges ». L’occasion pour nous de faire mieux la connaissance d’un homme aux analyses souvent pertinentes…

Riposte Laïque : Vous êtes un Belge naturalisé Français. Vous avez donc un double regard intérieur et extérieur, ce qui vous donne une liberté de perception et d’analyse.
Comment comprenez-vous l’évolution psychologique collective des Français dans l’optique de l’archipélisation de Fourquet et de la France périphérique de Guilluy ? Quel ressort psychologique détectez-vous pour sortir de l’immobilisme collectif apparent actuel où aucune réforme ne semble possible et où l’effondrement apparaît comme seule solution de déblocage ?

Éric Verhaeghe : Petite précision : je suis devenu Français par le droit du sang, et non par naturalisation. Mais c’est une longue affaire sans grand intérêt pour cette interview ! Et je pense avoir un seul regard sur la France, celui d’un Liégeois, c’est-à-dire du ressortissant d’une principauté qui a toujours été francophile, mais qui a toujours pensé que la France était une part de son territoire et non l’inverse. J’ai grandi à une quarantaine de kilomètres de l’Allemagne, dans la dernière grande ville francophone avant le monde germanique, ville de naissance de Charlemagne. Les Liégeois se vivent volontiers comme la capitale d’un Empire florissant en son temps, dont ils gardent la nostalgie.

Dans la pratique, je ne partage pas beaucoup le point de vue des Français sur la France. Je les trouve trop pessimistes.

Par exemple, vous me parlez de l’archipélisation des Français, ou de la France périphérique. Ces expressions ne me parlent pas forcément. L’idée que la démocratie serait plus fragmentée aujourd’hui qu’hier, ce qui ferait le lit des populismes, est, de mon point de vue, une forgerie de la caste. Je note d’ailleurs que Fourquet, qui a inventé l’archipélisation (mot plus distingué que « fragmentation », mais synonyme sur le fond), est un proche de l’IFOP, l’un des poumons du lobbying mondialisé en France, de la fondation Jean-Jaurès et de la Fondation pour l’Innovation Politique. Je ne suis pas surpris que, d’un tel point de vue, son analyse nourrisse les convictions de la caste sur les dangers du populisme.

De mon point de vue, la démocratie ne souffre pas en France à cause du peuple et d’une prétendue exaltation de ses peurs par des leaders irresponsables, mais par le mauvais gouvernement d’une caste élitiste qui transgresse l’intérêt général chaque fois qu’elle le peut pour défendre ses intérêts particuliers. Il n’y a ni archipélisation, ni périphérie. Il y a simplement une sorte d’exaltation à la tête de la société, qui se déconnecte de la réalité.

Vous parlez de blocage. Je ne le vois pas, pour ma part. On réforme sans cesse. Et les gens sont dans la rue de façon constante depuis des années. Le premier mandat de Macron l’a montré : entre les Gilets jaunes, les grèves contre la réforme des retraites, les manifestations contre le passe sanitaire, la résistance très concrète qui s’est organisée contre celui-ci et qui a fait reculer le gouvernement, je ne vois pas où il y a blocage. En revanche raidissement de la caste, incontestablement. L’erreur serait de croire qu’un changement de régime s’opère dans l’amour et la joie. Saper un régime est un combat long, ingrat, douloureux.

Riposte Laïque : Vous avez dressé un bilan de l’opération Zemmour.

https://lecourrierdesstrateges.fr/2022/07/28/zemmour-la-droite-et-la-nostalgie-de-babel-par-eric-verhaeghe/
Merci d’indiquer quelles personnalités émergent dans le paysage politique ou dans le débat public actuel. Quels conseils donneriez-vous à Éric Zemmour s’il vous sollicitait ?

Éric Verhaeghe : Je ne suis pas sûr d’être le genre d’homme dont un Zemmour reçoit les conseils et je ne pense être ni assez intelligent ni assez clairvoyant pour aider un cerveau aussi bien fait et aussi bien entouré. Et pour l’instant, je crois que nous devons faire notre miel de la période de latence politique dans laquelle nous nous trouvons. Tant que la Ve République est et sera debout, son ancien personnel reste et restera aux manettes. Il n’y aura de renouvellement du monde politique que dans un autre régime, pour des raisons systémiques. L’omnipotence des partis constitue un filtre et un barrage pour toute figure alternative. Être investi aux élections suppose de faire allégeance à l’existant et à son ordre.

Autrement dit, même si de nouvelles personnalités émergeaient ou émergent, elles doivent forcément accepter les règles du jeu. C’est le propre d’un régime qui tourne en rond et ne se réforme jamais. Pour cette raison, j’ai la conviction que faire émerger de nouvelles figures pour changer le système est un leurre. Il faut d’abord changer le système puis laisser de nouvelles figures émerger. Ne mettons pas la charrue avant les bœufs.

Riposte Laïque : Vous êtes énarque, habitez à Paris et fréquentez beaucoup d’énarques ou CSP+ similaires. Vous avez été dans le système mais êtes devenu hors du système. Car vos combats avec Resterlibre.org et lecourrierdesstrateges.fr font de vous un ennemi déclaré du système ! L’ingénierie sociale et l’accélération de l’histoire ou disruption depuis début 2020 sont-ils selon vous des révélateurs de fracture ou de nouveau paradigme ? Comment comprenez-vous vos anciens collègues énarques qui sont macronistes et les gagnants de la mondialisation ?
https://www.cultureetracines.com/actualites/eric-verhaeghe-c32

Éric Verhaeghe : C’est une très vaste question. Je vais essayer d’y répondre de façon concise.

D’abord, je me méfie un peu du terme « système », qui est commode mais assez imprécis et même trompeur. Je préfère parler de caste. En France, il y a, par tradition, une caste au pouvoir, qui n’aime guère partager le pouvoir et qui, à travers le temps, reproduit des dysfonctionnements identiques. Sous l’Ancien Régime, c’était la noblesse, ensemble au demeurant complexe, mais qui s’est montré incapable de s’adapter aux réalités de son temps et surtout à ses évolutions. On voit bien que l’actuelle noblesse administrative en France reproduit les mêmes erreurs.

J’en repère schématiquement trois.

La première erreur est de ne pas intégrer de façon lucide les progrès techniques. Sous l’Ancien Régime, la noblesse cadenassait la communication, ce qui fit le bonheur des sociétés savantes et des loges maçonniques, qui devinrent autant de foyers de contestation. Le même cadenassage existe aujourd’hui avec le cartel des médias subventionnés, qui font le bonheur des réseaux sociaux. Il avait fallu embastiller Voltaire pour le faire taire. Il faut clôturer des comptes sur les réseaux sociaux aujourd’hui, et parfois infliger des condamnations pénales aux blogueurs récalcitrants. Mais tout ceci n’est qu’un placebo. La liberté de parole continue.

La deuxième erreur est d’oublier l’intérêt général et de le limiter à l’intérêt particulier de la caste au pouvoir. Un haut fonctionnaire qui a prospéré sous Sarkozy et a fait partie de l’entourage proche de Valérie Pécresse me disait un jour à un déjeuner informel : les Français ont l’habitude que leurs dirigeants se servent du pouvoir pour s’enrichir, et ils leur pardonnent. Je pense ce jour-là avoir entendu la meilleure expression de cette déconnexion profonde de la caste, qui ne comprend pas l’exigence d’intérêt général, et a banalisé dans ses rangs le mélange des genres. Cet oubli nourrit un rejet très violent de la caste.

La troisième erreur, c’est ce que le marketeur américain Cialdini appelle le principe de cohérence : la caste défend coûte que coûte son mode de fonctionnement parce qu’elle l’a choisi un jour et ne veut plus se dédire en assumant qu’il fonctionne mal et qu’il faut l’améliorer. On pourrait d’ailleurs énumérer les méthodes de manipulation psychique utilisées pour pousser chaque membre de la caste à devenir un défenseur farouche d’un système moribond. Les concours d’entrée dans les grandes écoles, par exemple, sont des rites initiatiques qui permettent de « fidéliser » les membres. Cette forme de solidarité continue est toxique pour le pays, à commencer par la caste elle-même, qui progressivement se sclérose et élimine de ses rangs tous ceux qui seraient capables de la régénérer.

La force d’Emmanuel Macron est d’avoir décomplexé tous ces gens dans la défense de leurs intérêts au mépris de l’intérêt général.

Riposte Laïque : Vous avez publié sur votre compte Telegram Le canal de la sécession

https://t.me/resterlibre

« La liberté ou la mort« , plusieurs courtes vidéos sur la franc-maçonnerie à laquelle vous avez appartenu. Comment percevez-vous son influence sur l’idéologie des Lumières (dont l’universalisme, le rousseauisme et l’égalitarisme), la religion des valeurs républicaines et le mondialisme ?

Éric Verhaeghe : Je n’ai, au passage, pas fini ma série sur la franc-maçonnerie… qui mériterait finalement un livre en soi. Je redis ici que je fais mon coming out sur mon appartenance à la maçonnerie, parce que je considère que cette transparence devrait être obligatoire sur toute forme d’appartenance à des sociétés discrètes dès lors que l’on fait partie du débat public ou que l’on exerce des responsabilités. Mais cette transparence ne devrait pas se limiter à la franc-maçonnerie, elle devrait inclure l’appartenance à des réseaux affinitaires, qu’ils soient raciaux ou ethniques, ou liés à l’orientation sexuelle.

Si vous avez suivi mes vidéos, vous avez noté que j’y évoque surtout la complexité de la maçonnerie et son absence d’homogénéité idéologique ou intellectuelle. Certains francs-maçons se reconnaissent dans des idéaux mondialistes, et d’autres pas. Je sais qu’une opinion très ancrée et répandue nie très volontiers cette diversité de la franc-maçonnerie, ce qui prouve que la bêtise n’est pas limitée au macronisme, et que les résistants eux-mêmes doivent en permanence, et avec humilité, balayer devant leur porte.

Dans la pratique, je me méfie des mots en « isme ». Par exemple, l’universalisme, je ne sais pas trop ce que cela signifie. Le mot catholique lui-même signifie universel. J’aurais les mêmes réserves sur les mots « rousseauisme » et « égalitarisme », dont la signification me paraissent bien vagues. Mais je ne veux pas donner le sentiment de me dérober à votre question. Sur le fond, la franc-maçonnerie s’est développée au XVIIIe siècle en France, très largement encadrée par la noblesse au pouvoir, même si le fait maçonnique ne s’est pas réduit à l’aristocratie et a « embarqué » avec lui de nombreux petits bourgeois de l’époque. Les francs-maçons ont toujours constitué une petite minorité dans le personnel révolutionnaire, mais cette minorité était influente et a largement porté les idéaux « républicains ». Certains en déduisent que la Révolution est le produit de la franc-maçonnerie, ce qui me semble un raccourci facile, paresseux, et inexact.

De mon point de vue, c’est surtout sous Bonaparte que la franc-maçonnerie a connu son âge d’or en termes politiques. Le poids de Cambacérès dans le régime impérial a consacré l’influence maçonnique, qui fut éclipsée jusqu’à la IIIe République. Sous celle-ci, le schisme entre le Grand Orient et la maçonnerie déiste s’est sédimenté. Le poids de la maçonnerie dans le combat contre l’Église catholique entre 1880 et 1914 est lié au poids du Grand Orient.

La maçonnerie d’aujourd’hui est-elle aussi puissante qu’en 1914 ? Je ne le crois pas, et je pense que, profondément, elle est beaucoup plus divisée qu’avant. Je sais que cet avis n’est pas partagé, et je constate des fantasmes parfois grotesques sur le sujet. C’est un problème que les obédiences doivent traiter si elles veulent survivre. La franc-maçonnerie telle qu’elle était pratiquée il y a cent ans a d’autant moins d’avenir qu’elle est vieillissante. Mais j’entends bien les passions tristes que ce sujet nourrit, notamment dans certains milieux catholiques qui font abstraction des sociétés discrètes ou secrètes propres à l’Église, comme l’Opus Dei ou les Légionnaires du Christ, pour ne retenir que le rôle prétendument satanique de la maçonnerie.

Riposte Laïque : Que pensez-vous de l’égalitarisme ? Du livre de Soral « Comprendre l’époque. Pourquoi l’égalité ? » ?

Éric Verhaeghe : Je n’ai pas lu l’ouvrage d’Alain Soral, que je trouve sympathique par ailleurs. Mais je dirais la démarche à laquelle je crois. Soral, comme tant d’autres, cherche un sens à l’histoire et un mot pour le résumer. Je fais partie de ceux qui ne croient pas que l’histoire ait un sens, et qu’aucun mot ne peut le décrire. De mon point de vue, l’histoire est un phénomène complexe, comme les sociétés humaines. C’est insatisfaisant pour l’esprit de ne pas pouvoir ordonner le paysage qu’il a sous les yeux. Mais l’intelligence humaine consiste pour moi à vivre dans cette insatisfaction, à se résoudre à ne pas comprendre d’un mot et à ne pas simplifier.

Au demeurant, la question de l’égalité n’est pas nouvelle. Elle a été de nombreuses fois analysée et théorisée par des esprits aussi différents que Thomas d’Aquin ou Tocqueville. Personnellement, je crois que nous traversons un important rapport de force aujourd’hui entre une élite dominée par ceux que l’arrivée d’Internet a temporairement mis en position de monopole et le reste du monde. Dans une large mesure, cette caste dominante a fondé sa domination sur les nouvelles technologies, mais sur les anciennes règles du jeu. Dans le même temps, les nouvelles technologies disséminent le pouvoir beaucoup plus qu’elles ne le ramassent. Tendanciellement, la disparition de la caste est inévitable. Elle fera place à une société très diverse et, à mon avis, beaucoup plus traditionnelle qu’on ne le craint aujourd’hui. Il y a simplement un combat à mener et une période difficile à traverser.

Riposte Laïque : Comment analysez-vous l’idéologie colonialiste franc-maçonne de la gauche socialiste à la Jules Ferry ? Quel bilan historique de la colonisation au vu des écrits de Jacques Marseille, Bernard Lugan et Daniel Lefeuvre, entre autres sur les 20 % du budget national que cela a coûté, de la repentance, de la dette morale éternelle, de l’immigration africaine en France ? Que pensez-vous du Grand Remplacement ?

Éric Verhaeghe : Là encore, le fait que des francs-maçons aient activement mené la colonisation n’autorise pas, selon moi, à dire que le colonialisme est une idéologie maçonnique. Beaucoup de francs-maçon prônaient à la même époque la « reprise » de l’Alsace-Moselle à l’Allemagne, faut-il en déduire que la Première Guerre mondiale est une guerre maçonnique ? Je ne pense que les francs-maçons, pas plus que les catholiques, agissent toute la journée par obéissance à leur affiliation spirituelle. Certains francs-maçons ont peut-être trouvé un prétexte maçonnique pour justifier leur volonté coloniale, mais c’est une interprétation parmi d’autres de la spiritualité en question.

J’en profite pour dire que j’ai entendu, dans des loges du Grand Orient, des critiques violentes, notamment venant de femmes maçonnes, contre l’islam et son machisme patriarcal.

Sur ces questions, j’ai des convictions totalement carrées et transparentes.

Premier point : nous avons aujourd’hui un déficit démographique, aggravé par l’éloge des loisirs propres à la gauche socialisante, qui déteste le travail. On ne pourra pas éternellement vouloir tout et son contraire. On ne pourra pas éternellement vouloir notre souveraineté, notre autonomie industrielle, économique, alimentaire, mais ne plus vouloir travailler aux champs ou à l’usine, ne plus vouloir travailler au-delà de 60 ans, ne plus vouloir travailler plus de 35 heures, et dire qu’on n’a pas besoin d’immigrés. Dès aujourd’hui, des entreprises qui paient des salaires élevés peinent à trouver des salariés. Jamais nous n’avons manqué autant de main-d’oeuvre, alors même que les salaires sont élevés et que le travail est très protégé. Le recours à l’immigration aujourd’hui obéit au principe de réalité.

Deuxième point : l’éloge de la paresse qui tue notre système économique est largement nourri, idéologiquement, culturellement, par ceux qui financent en sous-main les migrations irrégulières. Quand un George Soros inonde d’argent les mouvements décoloniaux comme les ONG qui favorisent la traite des Africains et les traversées illégales de la Méditerranée, il y a évidemment un projet mondialistes derrière tout cela, que le Grand Remplacement décrit assez bien. Soros a une dent contre l’Occident, et rêve de neutraliser les vieux réflexes traditionnels par un « Great Reset » des populations.

Troisième point : il nous appartient, à nous les « anciens », de réagir clairement. Nous devons remplir notre vide spirituel actuel par des valeurs qui ont du sens, et nous devons poser des règles claires pour les populations que nous accueillons, en particulier des règles d’intégration. J’ai toujours été favorable à un nouvel Édit de Nantes, et j’ai toujours été favorable à « l’intelligibilité » des règles : interdiction du voile dans l’espace public, sauf le vendredi, interdiction de la kippa dans l’espace public, sauf le samedi, engagement républicain pour le reste, et de fidélité à la France pour tous les binationaux, pas seulement ceux qui viennent d’Afrique du Nord. Pour le reste, il faut moraliser le financement de nombreux mouvements par des États étrangers, et en tirer les conséquences stratégiques. Devons-nous rester dans une Alliance atlantique qui menace notre identité ? Devons-nous maintenir une stratégie favorable aux États dirigés par des dynasties salafistes ?

J’en profite pour rendre un hommage posthume à Jacques Marseille, qui fut mon professeur à la Sorbonne.

Riposte Laïque : Vous sortez un livre « Sécession. Manuel d’auto-défense contre la caste » à paraître le 9 septembre 2022.
Accompagné d’un livret « Notre douleur n’effacera pas leur faute« .
Vous avez également prévu en septembre un banquet de la sécession à Paris et avez accompagné la création de sections locales de ResterLibre https://resterlibre.org/des-nouvelles-de-la-vie-des-sections-locales/
Pouvez-vous nous parler de ce livre, du livret et des sections locales ?

Éric Verhaeghe : Rester libre compte plus de 6 000 adhérents payants aujourd’hui. Les sections locales ont fleuri un peu partout en France. Je suis très heureux de voir cette mobilisation autour de thèmes libertariens. Rester libre permet à des gens qui souhaitent ne plus être les pions de la caste de se retrouver pour organiser des solidarités concrètes qui permettent d’améliorer leur autonomie. Le banquet du 10 septembre permettra de renforcer des liens réels. Il sera aussi l’occasion de parler de sécession. Et c’est vrai, dès le 24 août, mon livret « notre douleur n’effacera pas leur faute » sera mis en prévente. Il s’agit d’un texte personnel, pour ne pas dire intime, d’une trentaine de pages, qui explore le traumatisme causé par la gestion autoritaire de la crise du covid par la caste. Je pense que beaucoup retrouveront dans ces lignes que j’ai voulues décidément affectives et simples, les sentiments qu’ils ont traversés en 2021 et 2022.

Riposte Laïque : Vous êtes libertarien. Parlez-nous de votre vision du monde, de vos valeurs, des idéologues passés (dont Tocqueville et Bastiat ?) et présents de cette lecture du réel, de la responsabilité, de la liberté, de l’action sur le réel et de la gestion du groupe social. Vous publiez aussi Nicolas Bonnal sur lecourrierdesstrateges.fr. Quelles différences entre libéral et libertarien ?

Éric Verhaeghe : Là encore, j’évite de me perdre dans les concepts un peu creux. Nous mènerons une semaine libertarienne, à partir du 29 août, pour préciser nos idées. Vos lecteurs pourront s’y plonger pour mieux saisir l’idée du libertarisme à la française. Notre conviction est simple : la caste utilise aujourd’hui l’État pour dominer la société. L’intervention de l’État dans tous les champs de la vie sociale, y compris l’école, y compris la santé, sont autant d’occasions pour asseoir la domination de la caste. J’ai donc la conviction qu’il faut recentrer l’État sur les missions régaliennes qu’il a abandonnées, comme la diplomatie, la police, la justice, et qu’il faut laisser le reste (la santé, l’école) à l’initiative privée. Cette cure d’amaigrissement doit durer au moins dix ans. Elle permettra de renouveler rapidement les élites et de redonner de l’oxygène aux forces vives de la société, qui sont aujourd’hui totalement étouffées par la bureaucratie au service de la caste.

Merci beaucoup.

Propos recueillis par Claude Lefranc

Annexes

Éric Verhaeghe est un haut fonctionnaire, essayiste, journaliste économique et conférencier belge naturalisé français né le 9 décembre 1968 à Liège. Il a été président de l’Association pour l’emploi des cadres APEC de 2009 à 2011.
https://www.cultureetracines.com/content/4-a-propos-des-editions-culture-et-racines

Éric Verhaeghe, 52 ans, est ancien élève de l’ENA. Il a quitté l’administration en 2007 pour exercer diverses fonctions patronales. Il a créé plusieurs entreprises, dont Tripalio, spécialisée dans le droit des conventions collectives. Il assume ses prises de position libertariennes et anime « Le Courrier des Stratèges ». En octobre 2021, il lance l’association Rester Libre ! qui a pour but la lutte contre le contrôle social.
https://resterlibre.org/a-propos/ L’association Rester Libre ! a pour objet la défense des libertés publiques et des droits individuels de ses membres contre les mesures coercitives prises jusqu’à ce jour, ou de même nature qui pourraient l’être à l’avenir, par les différentes autorités de la planète pour lutter contre la pandémie du Covid-19 ou toute autre épidémie future. Nos priorités sont : de galvaniser les énergies de l’ordre libre et spontané de notre société, de fédérer et de créer du lien entre les citoyens victimes de la coercition sanitaire, de proposer des actions concrètes à la mesure de chacun pour atteindre ces objectifs.
C&R est une maison d’édition indépendante et non conformiste dont la vocation est de produire le négatif du discours dominant afin de construire de nouveaux paradigmes. Nous favorisons le travail d’auteurs largement ostracisés ou ignorés mais dont la pertinence des propos et l’indéniable qualité de travail se démarquent du commun.

Nos auteurs actuels sont : Piero San Giorgio, Modeste Schwartz, Cris Millennium, Vol West, Pierre-Antoine Plaquevent, Lucien Cerise, Philippe de Vulpillières, Pierre Hillard, Éric Verhaeghe, Jack Donovan, Frédéric Delavier, Francis Cousin, Dmitry Orlov, Antony C. Sutton, etc.
Thèmes de prédilections : Indigénisme Européen. Écologie. Anticipation. Histoire. Localisme. Autonomie. Religion. Métapolitique. Mondialisme. Féminisme. Situationnisme. Économie et Philosophie Politique. Géopolitique.
Cibles préférées : Le néolibéralisme mondialisé, l’immigration sauvage, l’uniformisation, le progressisme, l’argent, le matérialisme et la mondialisation.

https://www.cultureetracines.com/4-essais

https://www.cultureetracines.com/essais/42-le-great-reset-mythes-et-realites-suivi-du-dictionnaire-critique-du-great-reset.html

Le Great Reset, c’est l’appel officiel à utiliser la pandémie et les confinements pour changer les comportements sociaux et sociétaux, une occasion historique d’accélérer la quatrième révolution industrielle, celle de la digitalisation. C’est aussi un éloge de l’intervention de l’État pour imposer.8 a

Le Great Reset est l’idée à la mode des élites mondialisées qui gravitentautour du Forum de Davos. Mais que signifie-t-il au juste ?S’agit-il, comme on le lit parfois, du dernier projet néo-libéral destiné à balayer nos services publics ? Ou bien est-il le complot pour une domination du monde dont parlent certains ? Ce projet mérite d’être analysé et compris, car il risque d’avoir un vrai impact sur notre vie quotidienne dans les années à venir. Le Great Reset, c’est l’appel officiel à utiliser la pandémie et les confinements pour changer les comportements sociaux et sociétaux, une occasion historique d’accélérer la quatrième révolution industrielle, celle de la digitalisation. C’est aussi un éloge de l’intervention de l’État pour imposer la transition écologique et l’économie circulaire. C’est encore une justification à la surveillance de tous les individus grâce à Internet et à la reconnaissance faciale. Loin des fantasmes, cet opuscule propose une lecture littérale du livre de Klaus Schwab, fondateur du Forum de Davos, co-écrit avec Thierry Malleret (ancien conseiller de Michel Rocard), « COVID-19 : La grande réinitialisation » publié en juillet 2020 et en donne une interprétation conforme à sa lettre : ni complot, ni parole en l’air, le Great Reset formalise une aspiration profonde, à la fois étatiste et écologiste, qui structure la pensée dominante d’aujourd’hui.

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9 Commentaires

  1. Je n’ai pas tout lu, demain je prendrai le temps.
    Vous parlez de Liège, je fais donc un p’tit coucou à mes amis de Visé.
    Pour revenir à l' »intérêt » général, seuls ceux qui en ont les moyens peuvents’y « intéresser ». Les autres s' »intéressent » souvent aux assiettes de la famille d’abord.
    Je sais, ça manque de romantisme…
    Promis, demain matin je vous lis !!!

      • Pour les Français no future !
        Demain, tous convertis de force, dhimmis, morts ou exilés !
        Et, désolé de contrarier l’auteur, mais les franc macs y auront grandement contribué avec leurs illusions sur l’interchangeabilité des individus, des races et des cultures.

      • ah si elle avait la chevelure de la fille traoré ou portait une burqa, vous auraient eu droit à quelques jours sur toutes les télés

      • Vraiment hallucinant..et horrible
        Nos congeneres déshumanisés n’auront que ce qu ils meritent.Wait and see

  2. Le libertarisme n’est-il pas antinomique avec la notion d’intérêt général ?
    La liberté, principalement économique, n’a-t-elle pas démontré qu’elle se traduisait en liberté du renard dans le poulailler ?
    Objection classique, sans doute. Mais vous dites vous méfier des « ismes », à l’exception du libertarisme, ai-je cru comprendre.
    L’amour de sa patrie, de sa terre ancestrale, qui passe par une éducation et une culture qui la valorise, comme la Russie de Poutine l’a compris et Zemmour aussi, me paraît la valeur suprême pour rester une nation, comme du reste la famille repose sur l’amour des siens.

  3. Votre article me permit d’avoir réponse à tout un questionnement sur le personnage et l’orientation politique réelle d’Eric Verhaerghe

  4. La Gôche complexée ? Pas depuis les successeurs de Mite-Errant : démolition organisée de La France… (toujours sous faux drapeau, comme Chirac (issu des milieux gauchos-communistes espagnols, il s’appelait réellement Marin) mais le charisme, ça fait tomber les pigeons en pâmoison !

  5. Mr Macron est complexé et je lui donne peu de confiance sur l’avenir ! Il ne pourra pas finir son mandat ? Pourquoi ? Il a deux gros ennemis, le Pr Segatori qui l’analyse et Poutine qui peut lui clouer le gaz …On pourrait être autonome en gaz et autres mais c’est impossible puisque occupé ailleurs, donc même son départ ne changerait rien ! Trop tard !

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