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Macron et le Pape : marions-les !

Qu’attendre de la visite d’un président de la République au Vatican ? Tant les oppose ! Et tant les unit.

Opposition quant à l’économie sociale : président des riches et pas des retraités ; Pape qui affiche un souci prioritaire pour les plus pauvres. Opposition quant à la norme des familles : président de la PMA pour tous ; Pape de la famille traditionnelle. Oui ! Mais l’Eglise et la CEF iront-ils jusqu’à fulminer quelque excommunication ou refuser la communion aux députés qui auront voté les lois qui s’annoncent ? Qui tient le pari ?

Consensus sur l’Europe et le mondialisme – inutile de développer.

Mais surtout fausse dissemblance sur la question des migrants et celle du développement de chaque Nation. Il est (il serait ?) de bon ton de voir un certain durcissement de la position française. Quelle farce ! Accueillir la moitié des passagers de l’Aquarius peut-il être vu ainsi ? Quant au St Père, inutile de revenir sur ses positions tant elles sont nombreuses et si peu partagées par les missalisants de France. Il n’est que de se référer au livre de Laurent Dandrieu sur le sujet.

Non, le Voyage de Jupiter qui va devenir Chanoine d’honneur ne servira à rien.

La force d’une nation exige qu’elle croie en elle-même, comme St Jean-Paul II nous y invitait. L’un ne croit qu’en un nouvel ordre mondial, l’autre ne croit qu’en lui-même, voire en une future fédération de nations ravalées au rang de régions sans identité.

Le souci des pauvres commence d’abord par se préoccuper des siens, non pas de les appauvrir davantage. Il consiste ensuite à favoriser le développement et non à procéder à une simple redistribution de richesses qui sont pour grande part un endettement, et donc un poids sur les générations à venir. Ainsi l’on peut sur ce point éprouver comme une gêne sur le discours de l’un comme de l’autre.

Par une invasion lente mais ininterrompue, apportant pour partie des mœurs et des croyances largement étrangères aux habitants et à ses lois, pour l’autre-part rien sinon violence – eux qui sans croire se comportent encore plus largement comme gens sans foi ni loi -, nous passerons bientôt aux yeux du monde comme archaïsants, et bientôt caduques. Et les richesses spirituelles ou matérielles de l’Europe seront dissoutes ou occises.

Alors à quoi bon ce voyage ? Il sera celui d’une rencontre entre deux hors-sols. Deux personnes à qui nous devons respect – il y tient, voir le ‘Manu…’ – et obéissance – il y tient aussi -, mais cela sans qu’aucunement ils ne soient compris ni n’obtiennent adhésion citoyenne ou lépreuse à leurs projets. Lors, quand les visées des chefs ne sont ni partagées ni souhaitées par ceux qui le devraient… Quand ceux-ci n’approuvent ni ne valorisent les destinées nouvelles auxquelles on les veut soumettre… Le décalage s’intensifie ! D’évidence ces intentions – apostolique et politiques – ne sont pas plus partagées par les nouveaux arrivants que par nous.

Triste fin. Tristes fins… On se serrera les paluches, on se donnera du ‘Très Saint-Père’ et du ‘Monsieur le Président’, on s’autocongratulera faussement dans le seul commun qui les lie, la destruction des nations historiques qui firent et la Chrétienté européenne et l’Europe politique. Cet entre-soi ne vaudra ni à l’un ni à l’autre nouvel élan vers un Eldorado ou nouvelle évangélisation.

Nouvel Eldorado ou Nouvelle Evangélisation qu’ils disent vouloir pourtant. Peut-on se tromper à ce point ?

Bertrand du Boullay