Macron, et si nous parlions de la « Brigade Azov »…

« … Ce conflit est  le fruit d’un esprit de vengeance, nourrie d’une lecture révisionniste de l’histoire de l’Europe… »​.                                                                       (Emmanuel Macron, le 2 mars 2022)

« Monsieur le président / Je vous fais une lettre,

Que vous lirez peut-être /Si vous avez le temps… » (Boris Vian : « le déserteur »)

Citer « le déserteur » de Boris Vian ne doit rien au hasard car, avec un « chef des Armées » tel qu’Emmanuel Macron, je choisirais de déserter si nous entrions dans une guerre qui ne devrait pas nous concerner, et… si j’étais encore mobilisable, ce qui n’est plus le cas, vu mon grand âge !

La Russie a déclaré la guerre à l’Ukraine, c’est hautement condamnable, mais je crains que les gesticulations, rodomontades, surenchères et propos de va-t-en-guerre autour de ce conflit ne finissent par allumer l’étincelle qui mettrait le feu aux poudres et justifierait – que dis-je, légitimerait – l’entrée en guerre des forces de l’OTAN contre l’ogre russe. Ceci au nom du « monde libre » contre la tyrannie ; des démocraties contre les dictatures ; du « camp du bien » contre le mal absolu…

Dans son prêche aux accents churchilliens du 2 mars, Macron, l’air grave, le regard froid et figé, a désigné Poutine comme seul responsable de cette guerre. Personne ne conteste, en effet, qu’il soit l’agresseur mais, que cela plaise ou non, l’OTAN et les USA ont leur part de responsabilités dans la montée des périls. Macron accuse également Poutine de mensonges, c’est certainement vrai.

Mais les circonstances, aussi graves soient-elles, ne l’autorisent pas à nier des évidences, à prétendre qu’il n’y a pas de nazis en Ukraine et à taxer de révisionnisme ceux qui disent le contraire.

À ce propos, on mesure l’impact des lois mémorielles françaises sur la liberté d’expression : celui qui sort de la doxa officielle est taxé de révisionnisme (et peut être condamné pour cela).

Eh bien, je prends ce risque et j’affirme qu’il y  a des nazis en Ukraine : la « Brigade Azov ».

Au départ il s’agissait d’un régiment, mais dès septembre 2014, il devenait le « Bataillon Azov ».

Également connue  sous le nom des « Hommes en noir »,  c’est une unité néo-nazie intégrée ensuite à la Garde nationale ukrainienne. Elle est placée sous le commandement du ministère de l’Intérieur  et intégrée aux « forces de défense » par l’état-major ukrainien.

Chargé de lutter contre l’insurrection pro-russe à l’Est, le régiment a été formé le 5 mai 2014, d’abord à Marioupol pour garder les bâtiments administratifs, ensuite à Berdiansk. Il doit son nom à la mer d’Azov. Il comptait  800 volontaires fin 2014, mais ses effectifs ont rapidement augmenté : il embrigadait plus de 4 000 hommes dès la fin de l’année 2016.

Ce n’était donc plus, à proprement parler, un bataillon mais une brigade.

Alors que l’État ukrainien était proche de la faillite, que de nombreux soldats de l’armée régulière avaient déserté, et pour pallier une armée désorganisée et peu motivée, le 13 avril 2014, au lendemain des référendums de Lougansk et de Donetsk, le ministre de l’Intérieur ukrainien décidait de former des milices armées pour lutter contre l’insurrection séparatiste à l’Est.

Le « Régiment Azov » est formé le 5 mai à l’initiative du député Oleh Liachko qui le finance en partie, soutenu par des organisateurs des manifestations de l’Euromaïdan de Kiev. Andriy Biletsky, leader d’organisations ultra-nationalistes d’Ukraine, en prend le commandement.

Le régiment, devenu « Bataillon Azov », est enrôlé dans l’armée régulière dès septembre 2014. Le mécénat de  Liachko a permis la création du « Bataillon Azov », mais le principal financement est assuré par l’oligarque Ihor Kolomoïsky. Ce dernier offre des récompenses à ceux qui remettent des armes aux autorités : 1 500 dollars pour un AK-47(1), l’arrestation d’un rebelle pro-russe vaut 10 000 dollars et la prise d’un bâtiment occupé par les séparatistes, 200 000 dollars. Kolomoïsky offre même un million de dollars à celui qui assassinera le député pro-russe (et ancien candidat à la présidentielle ukrainienne) Oleg Tsarev.

Dès septembre 2014, date à laquelle le « Bataillon Azov » intègre la Garde nationale, son financement et son armement sont assurés directement par le ministère de l’Intérieur, et ses combattants touchent une solde payée par l’État. Ces gens n’agissent donc pas en électrons libres.

Nous apprenons par le ministre de l’Intérieur lui-même, Arsen Avakov, qu’à partir du 20 avril 2015 les États-Unis envoient 290 parachutistes en Ukraine pour entraîner les hommes d’« Azov ».

En revanche, le Canada, qui envoie  lui aussi des troupes pour entraîner l’armée ukrainienne, refuse de former les hommes du bataillon en raison de leurs sympathies néo-nazies.

Le bataillon sent le souffre et, le 12 juin 2015, le Congrès américain vote un amendement qui interdit son financement. Selon les élus américains, le « Bataillon Azov » est une « troisième force  dans la guerre du Donbass, non soumis à l’autorité et ignorant les accords de Minsk ». John Conyers, représentant démocrate déclare qu’il est satisfait  « car nos militaires ne formeront pas cet odieux et méprisable bataillon nazi ». Puis, en 2016, suite à des pressions du Pentagone, l’amendement qui bannissait le financement de groupes néo-nazis est annulé. Ben voyons ! Comme dirait Zemmour.

Le bataillon a mis en place, dès l’été 2015, un camp dans les environs de Kiev  qui accueille les « Azovets » : les enfants (à partir de 6 ans) de miliciens, pour qu’ils apprennent  le maniement des armes, des techniques de combats, ainsi que des compétences d’auto-défense et de survie.

Un remake de la  « Hitlerjugend » (2) mais avec des enfants encore plus jeunes.

Jusqu’en octobre 2014, le commandant du « Bataillon Azov » était Andri Biletsky, dirigeant de l’« Assemblée sociale-nationale » et des « Patriotes d’Ukraine », qui déclarait entre autres que :

« La mission historique de notre nation est d’amener les races blanches du monde dans une croisade finale pour leur survie… Une croisade contre les sous-hommes menés par les sémites ».

Le 26 octobre 2014, à la suite de l’élection au Parlement d’Andri Biletsky, c’est Igor Tcherkass qui reprend le commandement du bataillon.

Le 31 octobre 2014, le commandant adjoint, Vadim Troyan était nommé par le ministre de l’Intérieur Arsen Avakov, chef de la police de l’Oblast de Kiev. Cette nomination fit bondir le grand rabbin Yaakov Bleich qui déclara « Si le ministre de l’Intérieur continue de nommer des personnes à la réputation douteuse et à l’idéologie entaché de fascisme, le ministre doit être remplacé ».

Beaucoup de combattants d’ « Azov » viennent  des « Patriotes d’Ukraine », un groupe qui appelle à une croisade contre les Juifs et toutes les minorités qu’ils considèrent comme des « sous-hommes ». L’un d’eux a même déclaré à la presse : « Poutine n’est même pas un Russe. Poutine est un Juif ». Un noyau dur vient des ultras du Dynamo Kiev, ceux-là mêmes qui agitaient  un drapeau nazi pendant le match Angleterre-Ukraine, au Donbass, lors de l’Euro 2012. À part ça, il n’y a pas de nazis en Ukraine. Même quand ils agitent un drapeau, on ne les voit pas !

Le 5 septembre 2014, le journaliste polonais Wojciech Bojanowski révèle que la porte-parole du parti d’extrême droite UNA-UNSO, Tetiana Tchornovol, combat au sein du « Bataillon Azov » à Marioupol. En mars 2015, dans un article d’« USA Today », un sous-officier du bataillon (dénommé Alex) reconnaît qu’il est nazi  comme… 50 % de ses compagnons d’armes.

Beaucoup de combattants, qualifiés d’ultranationalistes, viennent de France, de Suède, d’Italie, et même de Russie. L’unité « Azov » compte aussi des néonazis suisses de la « Misanthropic Division »  dont l’un, âgé de 38 ans, se dit « grand fan d’Hitler ».

L’unité aurait intégré des combattants étrangers de 19 nationalités différentes dont deux Américains. Le contingent scandinave était constitué en grande partie de Suédois, dont le plus connu est Mikael Skillt, membre du parti « Svenskarnas ». Lors d’une interview, il a déclaré « Mon but est une Ukraine blanche… je suis nationaliste et je veux être avec des Européens blancs en Europe ».

Les accords de Minsk II en vigueur depuis février 2015, qui supposaient « le retrait de tous les groupes armés étrangers, des équipements militaires et des mercenaires du territoire ukrainien » n’ont jamais été  totalement appliqués en raison de la présence de combattants étrangers au statut irrégulier, toujours actifs après l’entrée en vigueur théorique des accords.

Les soldats d’ « Azov » portent fièrement des symboles nazis sur leur uniforme. Une chaîne  de télévision allemande a diffusé des images de combattants  arborant la croix gammée et « les runes SS de l’infâme corps d’élite en uniforme noir de Hitler ».

Selon « The Daily Beast », le bataillon est composé de « néo-nazis, suprémacistes blancs et antisémites revendiqués » et il ajoute « les nombreux tatouages de croix gammées, ainsi que les croix gammées ou insignes SS dessinés sur leurs casques, rendent difficile pour les autres membres du groupe de se dédire de façon crédible d’une quelconque affiliation néo-nazie ».            

Le journaliste Lev Golinkin écrit dans « The Nation » que « l’Ukraine est la seule nation au monde à comporter une formation néonazie dans ses forces armées »

L’emblème de la  « Brigade Azov » reprend les couleurs bleue et jaune de l’Ukraine ainsi que la « Wolfsangel » inversée. La « Wolfsangel » fut l’emblème, entre autres, de la  2e division SS « Das Reich », celle à qui l’on doit… les pendus de Tulle et la destruction d’Oradour-sur-Glane.

En 2018, une pétition réunit près de 40 militants israéliens pour les Droits de l’Homme qui réclament la fin des ventes d’armes à l’Ukraine. Les signataires affirment que leur gouvernement vend des armes « susceptibles de tomber aux mains de la milice néonazie Azov ».

Je pourrais continuer longtemps. Je vous fais grâce des nombreuses plaintes d’ « Amnesty International » (3) contre la « Brigade Azov » qui parlent d’exactions, de violences et de tortures.

Un rapport de l’ONU dénonce « des détentions arbitraires et des actes de torture, commises par des forces paramilitaires attachées auprès du ministère de l’Intérieur comme le bataillon Azov ».

Le secrétaire général d’ « Amnesty International », Salil Shetty, a exhorté le gouvernement ukrainien à « mettre fin aux crimes de guerre commis par les bataillons d’engagés volontaires agissant aux côtés des forces armées ukrainiennes régulières ». Un autre rapport  affirme que « les paramilitaires pro-européens, dont ceux du bataillon Azov, commettent des crimes de guerres en exécutant des otages et des prisonniers pro-russes en les décapitant ».

On dit que les forces qui luttent contre les séparatistes pro-russes du Donbass auraient fait 13 000 victimes depuis 2014. Je n’ai aucun élément pour confirmer ou infirmer ce chiffre.

Mais, n’en déplaise à Emmanuel Macron, il y a bien, en Ukraine, des néo-nazis qui ont été payés par le gouvernement ukrainien et entraînés par les Américains.

Vous me direz – et vous aurez raison – que les hommes du « bataillon Azov » ne sont pas plus barbares que les Russes du « Groupe Wagner ». Depuis toujours, les combattants slaves ne sont ni des enfants de chœur, ni des tendres ; ils font la guerre sans états d’âme, farouchement, souvent salement. Les armées napoléoniennes en ont fait les frais. Mais existe-t-il des guerres propres ?

Je me souviens avoir lu, quand j’étais encore très jeune, un récit de guerre qui racontait comment les femmes-soldats  de la vaillante Armée rouge, bourrées à la vodka, découpaient des prisonniers allemands à la scie circulaire, dans le sens de la longueur, en commençant par l’entre-jambe. Je me garderais bien de laisser croire que seules les troupes soviétiques étaient barbares. J’ai décrit dans un de mes livres (4) ce que les FTP communistes ont fait subir, à la Libération, au comte Christian de Lorgeril, parent d’Honoré d’Estienne d’Orves, à qui on reprochait son château et ses idées monarchistes. Il est arrêté le 22 août 1944 : « Complètement nu, le malheureux dut s’asseoir sur une baïonnette. Puis il eut les espaces métacarpiens sectionnés, les pieds et les mains broyés. Les bourreaux lui transpercèrent le thorax et le dos avec une baïonnette rougie au feu. Le martyr fut ensuite plongé dans une baignoire pleine d’essence à laquelle les sadiques mirent le feu. Leur victime s’étant évanouie, ils le ranimèrent pour répandre ensuite sur ses plaies du pétrole enflammé. Le malheureux vivait encore. Il devait mourir  55 jours plus tard, dans les souffrances d’un damné… ». Ce récit, d’un sadisme écœurant, est paru dans le quotidien « L’Aube » en novembre 1950 (5).

Pourquoi raconter cela, me direz-vous ? Parce qu’on n’en parle pas assez. C’était une époque où tous nos intellectuels étaient pro-communistes, ou l’Occident ignorait Soljenitsyne, et où il était interdit de critiquer « le parti des 70 000 fusillés » (6). Après la guerre, les progressistes, les gauches, idéalisaient le « paradis des Soviets » et les gens de droite lorgnaient sur l’ « Américan way of life ».

Depuis la chute du mur de Berlin toutes les cartes ont été rebattues : la gauche-caviar et les sociaux-démocrates en général sont devenus pro-américains ; ils ont applaudi l’effondrement de l’ex-URSS ; ils ont humilié la Russie de Vladimir Poutine, et ils jouent les vierges effarouchées quand l’ogre russe montre les dents. Quant à Macron, il ne comprend rien et ne voit rien, pas même des nazis en Ukraine, mais il sera sans doute triomphalement réélu…

L’histoire est parfois putassière !

Eric de Verdelhan   

1) AK 47, kalachnikov pour les non initiés. L’arme légère la plus utilisée dans le monde.

2) Les « Jeunesses Hitlériennes » enrôlaient des jeunes de 14 à 18 ans.

3) Que je qualifie souvent « d’amnésie internationale » car ses indignations sont presque toujours à géométrie variable ou plus exactement, presque toujours dans le même sens.

4) « Mythes et légendes du Maquis » ; éditions Muller ; 2019.

5) Récit fait d’après les déclarations des tortionnaires.

6) Alors que le procès de Nuremberg imputait, sur notre sol, 20 000 fusillés aux Allemands et que tous n’étaient pas communistes, loin de là. Mais « au diable l’avarice ! »   

 

 

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24 Commentaires

  1. Entre le groupe Wagner et Azov il ya tout de même une différence de taille.

    Wagner sont des mercenaires , ne sont pas incorporés à l’armée régulière russe et ne sont pas des nostalgiques du 3ème Reich.

    • Wagner est l’émanation du pouvoir russe, c’est un peu plus que de simples mercenaires indépendants.

  2. Ce n’était pas macron qui fit un discours le 2/03 mais Robocop ! Il n’est pas humain ce taré !

  3. Sauf erreur l’armée régulière ukrainienne a tiré avant-hier, au nord de Marioupol, un missile balistique SS-21 sur la milice Azov qui tient en otage la population de la ville et exécute sommairement les civils qui tentent d’en sortir. Son pair le bataillon Aïdar est aussi connu, dans les pays sans censure, pour les charniers où ils tuèrent, avant de se retirer fin septembre 2014, les centaines de jeunes filles enlevées dans les villages et violées pendant des mois.

  4. étonnante vidéo de 4 minutes seulement sur la collusion usa/ukraine sur le sujet nazi

  5. Azov sont des pronazis financés par le gouvernement dont Zelensky juif est à la tête ? Ça pue et étant pacifique vu l’état de richesse de l’Ukraine on ne fait pas la guerre quand on a aucun moyen ! Des tchétchènes sont rentrés en action dans le camp de Poutine, si on ne trouve pas de solution ça va être une boucherie totale ! Bravo au fuillard Zelensky ! 😇

  6. Quand les peuples s’éveilleront, les USA et leurs larbins trembleront.
    Regardez les actions des américains ces 100 dernières années, ils étaient partout où il y avait une guerre. Maintenant ils incitent à la guerre, mais ne veulent plus apparaître en 1ère ligne.

  7. Les nazis sont toujours là ! Et dire que l’on a fait croire au peuple qu’après la mort d’Hitler, les nazis seraient éliminés ! Erreur, ils se regroupent et influencent des chefs d’Etat….comme celui de l’Ukraine, par exemple !…

  8. Arrêter avec votre propagande Nazis il y en a dans tous les pays France et Pologne là beaucoup si la guerre civile éclate vous allez les voire en France, les Russes vendent leur armes au ukrainien comme en Afghanistan, la Russie est envahie par les musulmans seulement là, ils ne bronchent pas !! Et après, c’est qui la Pologne ?? Le président chinois lâche poutine ça va mal finir pour lui !!!

    • Comparez ce qui est comparable, les seulsnazis en France sont les islamistes, en Ukraine il sont dans l’armée et c’est officiel, nuance.

  9. Macron le président bouffon et imposteur soutient
    Zelensky le président clown et usurparteur Nazi UK-Ultra
    et donc de facto Macron est un Nazi MK-Ultra de président

  10. Macron & Zelensky deux présidents bouffons pédérastes et cocaïnomanes
    et c’est en sorte pour ça qu’ils s’entendent bien ces deux salopes là !

  11. et ce Macron qui n’est pas fichu de protéger les Français chez-eux
    dans leur propre pays en France et qui se moule dans sa combinaison
    de super-héros protecteur et défenseur des Ukrainiens en Ukraine
    mais quelle fumisterie et quelle escroquerie que ce pseudo-président
    fantoche et fantôme qui méprise, déteste et hait les Français et la France

  12. Pour sortir du relativisme rien de tel que la pénurie … je crois bien que c’est le plan de Poutine pour l’UE.

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