Macron, le candidat de la post France

Hé bien donc, une majorité d’électeurs aura voté au premier tour –  le tour où l’on choisit dit-on – pour le candidat  de la post-France.

La France ? Un pays, selon ce candidat,  qui n’a pas de culture mais des cultures,  pas de peuple mais des peuples. Pas d’art de vivre dans cette pauvre  terre en déshérence en bout de continent. 

Sa gastronomie, ses terroirs, sa douceur de vivre ? Il ne connaît pas. Pour lui, la France était une vallée de larmes, avant l’union européenne.

Pour lutter contre les attentats ? Une task force, globish oblige.  Daesh en tremble.

La France, enfin, coupable jusqu’à la fin des temps  d’un imprescriptible crime contre l’humanité.

Macron, qui se voit déjà en Président rassembleur, se réapproprie à la dernière minute sa version hype du  patriotisme  pour l’opposer au nationalisme. Sa définition en est simple et orwellienne : le patriotisme c’est les gentils, les nationalistes c’est les méchants.

Ce n’est donc pas un président pour la France que la majorité des électeurs a placé en tête hier mais le sémillant PDG de la post France, une non nation, une non patrie, sans passé dont nous serions issus et redevables, un territoire dont le tracé sur les cartes de géographie n’est que la trace immatérielle d’un nationalisme moisi.

Du passé faisons table rase. Les communistes en rêvaient,  Macron s’apprête à le faire. Rien n’est à garder dans la France d’avant, tout est à jeter.  Au lieu de se retourner contre lui, sa jeunesse et son inexpérience jouent en sa faveur. Macron incarne l’a-culture,  le mépris des vieilles lunes,  le rejet du passé, qui hélas, caractérisent bien souvent les Français d’oublieuse mémoire, pour reprendre les mots d’un poète. Ce n’est pas d’où l’on vient, disent tous ses soutiens, Collomb le maire socialiste de Lyon en tête, c’est où l’on va.

Tellement sûr de sa victoire, Macron qui s’y voit déjà,  fait le show à l’américaine, main dans la main sur scène avec sa femme, clins d’œil complices. J’aime ma femme, dit-il, surfant sur le côté fleur bleue des Français, faute de lui offrir un projet clair.

Escorté par une escouade de policiers en motos et de cameras, le candidat, qui fait  déjà l’objet  d’un traitement présidentiel, s’empresse de  fêter sa victoire avec des Attali et des Cohn Bendit, que la seule idée de nation fait vomir.

Triste suite logique de la précédente élection où, sur la place de la Bastille, les drapeaux français étaient absents.

Peu rancunier, Fillon appelle à voter pour son rival. Nombre de figures de LR – si ce terme recouvre encore une quelconque réalité – s’empressent de faire allégeance au candidat de la post France mondialisée. Better red than dead disaient les uns pendant la guerre froide. Plutôt mort que voter la bête immonde répondent les autres aujourd’hui.

Et pendant ce temps, dans la France en état d’urgence, avaient lieu des manifestations improvisées anti FN, avec ses  habituels dommages collatéraux de policiers agressés, dans la plus parfaite indifférence des préfets et du ministère de l’intérieur.

Le pessimisme de ce billet, imputable à l’amertume des lendemains de demi-victoire, ne doit pas nous empêcher de rester mobilisés pour le second tour et les législatives. Controns le plus possible le candidat de la mondialisation sans limites, ne lui laissons pas remporter une victoire  aux allures de plébiscite. On annonce déjà pour Macron un score de plus de 60%. Faisons-le mentir.

Florence Labbé

 

 

 

image_pdf
0
0

5 Commentaires

  1. bon quinquenat a tous et a toutes et rdv dans 5 ans pour un autre tour d’espoir….vain

  2. Maximum de voix pour Marine pour que lemacreux a trognon ait la majorité la plus réduite possible.

  3. De toute façon, même s’il est élu, Macron ne sera pas le président de la République. Il ne sera que le fondé de pouvoir de la société France ou, si l’on préfère, le vice-chancelier de Mme Merkel. Comme l’ont été avant lui Flanby ou Sarko. Pro-européen, il s’empressera une fois élu d’aller faire allégeance à sa suzeraine berlinoise.

  4. Les futurs 14 juillet auront de l’allure, nous n’en seront plus au stade du président bedonnant avec une cravate de travers, un pantalon tout plissé, un regard de dégénéré …. nous allons passé au trou du cul, hautain, méprisant, outrageant, avec sa femmemère à ses cotés, et le comble, avec arrogance il fixera dans les yeux, les grands généraux Français, qui pourraient être son père.
    Spectacle assuré pour la fête nationale Messieurs les Français macronistes.

  5. L’Association de Soutien à l’Armée Française (ASAF) avait demandé aux candidats aux candidats à l’élection présidentielle de lui répondre à 8 questions relatives à la Défense. Seuls ont répondu : Dupont-Aignan; Fillon; Hamon; Le Pen; Mellenchon. Les autres dont Macron n’ont fait à ce jour parvenir aucune réponse. Cela dénote bien que le prédateur Macron n’a cure de la défense des Français, de leurs biens et de leur territoire, lui même s’apprêtant à les remplacer après les avoir spolier de leurs biens immobiliers, puis à vendre à la découpe le patrimoine national. Pourquoi donc s’encombrer d’une armée sur laquelle on fera encore plus d’économie, voire en la supprimant et en la remplaçant si nécessaire par des Sociétés Militaires Professionnelles (SMP), forme moderne de mercenariat.

Les commentaires sont fermés.