Macron souverainiste ? Une posture pour sauver sa peau !

Confinement J38.

J’ai commencé la journée avec une vidéo envoyée par un ami.

Puis lecture sur Marianne.fr d’un texte de Critique de la raison européenne (CRE), association d’étudiants de Sciences Po. Ces membres militent pour le retour d’une souveraineté française. Leur  réflexion suscite une question que beaucoup d’entre nous se posent : qui pour incarner le souverainisme après la crise du virus chinois ?

Jusqu’à la pandémie, le souverainisme était perçu par la majorité des politicards et des médias comme un archaïsme face à la modernité de la mondialisation néolibérale.

Mais la décrépitude brutale du système, la réalité visible du tiers-mondisme sanitaire auquel a abouti la mondialisation en ce qui concerne la France, la Belgique, l’Italie, l’Espagne a permis une remise à jour du logiciel.

Milliers de morts, manque de lits de réanimation, de masques, de gants, de respirateurs… la vision uniquement gestionnaire et à court terme a montré que dans une situation d’urgence, elle est d’une insupportable idiotie.

Les citoyens étaient avertis de cet état des choses, mais la fabrique du consentement (autre nom de la propagande médiatique) avait jusque-là parfaitement réussi à formater leur esprit.

Ce formatage, véritable verrou intellectuel, se retrouve dans d’autres domaines : l’euro, l’immigration, le nucléaire, l’islam…

L’intrusion du virus chinois a fait voler en éclats le sans-frontiérisme, fait tomber du fronton « In varietate concordia », la devise de l’Union européenne, rétabli la primauté de l’État-Nation face au totalitarisme mou du droit européen.

Mais ce changement est-il pour autant acté ? N’allons-nous pas revenir à la situation d’avant dès que le virus de Wuhan fera moins parler de lui ?

Nous sommes à l’instant où les idées souverainistes devraient s’imposer. Tous les politicards, de Xavier Bertrand à Raphaël Glucksmann, l’ont compris. Mais le plus réactif est Macron. Ce « grand liquidateur de notre tissu industriel lors de son passage au ministère de l’Économie, en vient lui aussi à jurer, la main sur le cœur, que la souveraineté est ce qu’il y a de plus essentiel ». Le cynisme est une de ses grandes « qualités ».

S’il fait désormais des concessions au souverainisme, ce n’est pas parce qu’il a changé mais parce qu’il sait que c’est sur ce thème que se jouera l’élection présidentielle de 2022. Ses concessions au souverainisme – même s’il ajoute souvent « européen » – ont tout d’un surréalisme idéologique. Comment un esprit sain peut-il croire que l’homme chantre (chancre ?) de l’ultralibéralisme, de l’ultramondialisme, pourrait muter à ce point ? Macron tend un nouveau piège à la société française.

Dans un article de Valeurs actuelles, Fin de l’ultralibéralisme, retour de l’État stratège : Macron, le converti de la dernière heure, Raphaël Stainville écrit qu’un sbire du Président avoue en off que le pensionnaire de l’Élysée se fait de la politique une représentation théâtrale. Et son adhésion à la souveraineté n’est qu’une scénette de plus chez ce lycéen qui n’est jamais sorti des jupes de son professeur de français, ce garçon qui mime l’autorité et la solitude du pouvoir en rêvant de corps d’éphèbes et de transsexuels en bas résilles.

Macron parle. Et s’écoute parler. Michel Onfray taxe la gouvernance du successeur de Hollande de « République des mots ». Des mots creux et oiseux, vidés de leur substance. Et celui de « souveraineté » dans sa bouche n’a pas plus de valeur que dans celle d’un bonimenteur.

Macron n’est certainement pas l’homme politique le plus intelligent que nous ayons eu à la tête du pays mais il a l’habileté d’un lapin agile, capable de changer très vite de direction pour échapper au chasseur. Personnage balzacien sans transcendance, sans vision, sans éthique, il parle de « souveraineté » aujourd’hui pour sauver sa peau, sa présidence, son avenir. Ne cherchons pas la moindre consistance derrière le mot, il n’y en a pas.

Mais Macron est grandement aidé dans sa manœuvre par l’impossibilité maladive des souverainistes à s’imposer. Aucun d’entre eux n’est en mesure d’incarner notre avenir dans une souveraineté retrouvée.

À gauche, La France Insoumise est une sorte de char de carnaval internationaliste qui s’est débarrassé de ses figurants souverainistes ; à droite Dupont-Aignant ne parvient pas à concrétiser et Marine Le Pen stagne à 25 %.

Pourtant la situation n’a jamais semblé aussi favorable aux forces souverainistes.

Les auteurs de la publication de Critique de la raison européenne (CRE) posent les premières pierres d’un souverainisme auquel pourrait adhérer la majorité des Français.

Un souverainisme qui rendrait au peuple les moyens d’exercer sa souveraineté.

Un souverainisme qui tiendrait la dérégulation et la loi du seul marché pour une folie, qui restaurerait des bassins économiques, des services publics de qualité et des solidarités locales.

Un souverainisme qui « ne sacrifierait pas ses idées sur l’autel de la croissance et de la stabilité budgétaire ».

Un souverainisme qui « refuserait que l’on traite les Français qui disent ne plus se sentir chez eux avec condescendance ».

Un souverainisme qui « appellerait à une réflexion apaisée, loin des mythes de l’effacement des frontières et de l’interchangeabilité ».

Un souverainisme refusant de choisir la nature contre l’humain et préférant le pragmatisme à l’idéologie écologique.

Un souverainisme qui renouerait avec la tradition séculaire d’indépendance de notre pays. « Cela implique de se libérer des institutions qui sapent notre souveraineté, à commencer par l’Union européenne, de réduire le pouvoir des juges et de bâtir une politique étrangère équilibrée et soucieuse de nos intérêts vitaux. »

« Nous, souverainistes, devons cesser de nous complaire dans la posture de perdants héroïques dont notre camp se contente depuis trop longtemps. Comme le rappelait Philippe Séguin, c’est debout qu’on écrit l’Histoire. Plus que jamais, celle-ci nous tend les bras », concluent les étudiants de Sciences Po.

Demeure l’interrogation première :

Qui ?

Qui pourrait être l’homme ou la femme de la situation ?

Marcus Graven

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10 Commentaires

  1. Le problème est que la plupart raisonne encore en « partis » et en « élections », sans comprendre que le ménage doit être fait de manière infiniment plus générale et en amont ! Nos partis traditionnels sont tellement pourris qu’ils ont même falsifié les mots ! Ce n’est pas d’un nouveau parti dont on a bespoin mais d’un nouveau REGIME !!
    J’ai bien peur que la seule solution soit un REMEDE DE CHEVAL à la manière Thatcher !

  2. Le souverainisme est un mot récent inventé par les québécois avant leur échec de libération. En France il est employé pour éviter l’emploi du mot nationalisme stupidement jugé connoté. Nous avons aujourd’hui plus besoin d’un nationalisme du type américain, brésilien, hongrois, autrichien, que d’un souverainisme du type reine d’Angleterre, roi des Belges, d’Espagne, de Suède, etc.

  3. Depuis De Gaulle je n’ai jamais connu de souverainiste!.
    « Le souverainisme, ce mot que nous avons dû batailler pour que nos amis l’adoptent, s’adresse à plusieurs familles politiques françaises – de droite comme de gauche. Il ne peut se penser qu’en globalité, en tenant pour indissociables ses deux composantes, la souveraineté nationale et la souveraineté populaire. Défendre la souveraineté nationale en perdant de vue le souci social, c’est-à-dire sans défendre en même temps la souveraineté populaire,
    Pensez vous Vraiment que les traitres qui ont donné notre patrie la France à Bruxelles. soient de vrais républicains et de vrais souverainistes?.
    Tout ce petit monde 5 mètres de chanvre.

  4. Le socialisme, l’homosexualité, l’immigration non désirée portent la responsabilité totale et entière de la dégénérescence de notre patrie, la France.
    Tout pendant que ces calamités n’auront pas été éradiquées,Il ne faut pas se faire d’illusion, croire dans un renouveau d’une France Héléno-Judéo-Chrétienne restera une chimère.
    Sous les fallacieux prétextes de politiques progressistes, depuis Pompidou en passant par Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande puis Macron, la France est allée de Charybde en Scylla.
    Il est clair que depuis De Gaulle, la France n’a jamais eu les responsables qu’elle était en droit d’attendre pour la diriger.

  5. dernière trouvaille, un gouvernement dunion nationale, mais s’il demande à mélanchon d’en faire partie, ce sera une union sacrée

    • de toutes façons n’importe qui ferait mieuxque ce micro-onde
      qui remplit toutes les ondes de la FRANCE sitot que nous le voyons apparaître nous éteignons nos télés rien que sa gueule nous fait gerber

    • Modeste avec çà. Mais il est impossible de trouver pire que Micron.

      • Modeste, je ne sais pas vraiment, je suis seulement quelqu’un de réaliste. C’est bien pour ça que je ne veux en aucun cas occuper le trône présidentiel. J’en ai un chez moi !

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