Macron-Trudeau, c’est la génération Selfie : l’un fait du théâtre, l’autre se déguise…

Quand on descend de l’avion à Islamabad la première chose qu’on se dit c’est “quelle chaleur !” La deuxième “je comprends pourquoi les indigènes s’habillent avec des vêtements légers et amples”, la troisième “ où en achète-t-on ?” Pour les hommes c’est assez classique, mais pour les femmes, c’est le paradis de l’élégance. Digitez sur google “shalwar kameez pakistani” et ensuite “images” pour vous en faire une idée.

En Inde c’est plus compliqué. Les touristes visitent le pays via les hôtels 5* (pour la clim et contre les moustiques) tout en passant par les ateliers où on essayera de leur faire acheter des tapis ou de superbes sarees.

Une catégorie à part c’est les “social worker” = les bénévoles…

Pour quelle raison va-t-on jouer au bénévole à Calcutta au lieu de commencer une psychanalyse chez soi ?… mais ça c’est une autre histoire : https://atelier-ca-della-fiola.blogspot.ch/p/en-inde-les-oiseaux-noirs-de-calcutta.html

Toujours est-il que les premières personnes qu’on y rencontre ce sont les responsables de “la mission” qui d’emblée vous invitent à vous habiller comme les autochtones… pour leur prouver votre empathie, pour être plus proche des gens, pour leur inspirer confiance, etc.

N.B. quand les étrangers arrivent en Europe on ne leur demande pas la réciproque.

Les hommes sont plus réticents car se promener en dhoti… souvenez-vous du déshabillé de Gandhi, pas vraiment glamour.

Par contre chez les femmes c’est tout de suite l’engouement ! Ah les sarees ! ils sont magnifiques et super glamour !  Ben oui, ce sont les voiles qui réveillent dans notre subconscient, les princesses des contes de fées de notre enfance.

Mais ce maudit saree n’est pas une mince affaire… il s’agit de 9m de tissu, qu’il faut enrouler autour de soi et qui… du moins pour moi, à l’improviste se déroule le long de vos jambes et vous laisse en petite culotte avec les chevilles ligotées par un boa constrictor en tissu. Pire encore quand il est en soie car elle glisse comme une savonnette..

Mon évolution ?  Les premiers jours : très Mère Teresa-compatible, puis, après la débâcle petite culotte,  arrive le  “Zut! ” et le retour au shalwar kameez… Mais !… c’est tout de suite les remontrances :  “ le shalwar est le vêtement porté pas des musulmanes… et nous sommes des chrétiens…” Ensuite c’est le raz l’bol total et alors on va en ville, chercher un coiffeur pour se faire couper les cheveux le plus court possible (“court” en Inde c’est pas vraiment court) et en même temps retour au jeans et T-shirt. C’en est fini de l’empathie… C’est le bon signe qui marque la fin de la psychothérapie : le bénévolat, ça plus jamais, les “bonnes œuvres” non plus… Retour chez moi avec des vers, bactéries et autres amibes, mais guérie à jamais du tiers-mondisme.

Alors, quand je vois la famille Trudeau déguisée… mais déguisée en quoi ? Fête religieuse ? Mariage ? Sikh ? Hindu ? Muslim ? Jain ? Communistes du Bengale ? Indépendantistes du Kashmir ? Naxalites maoïstes ?  et pourquoi pas en sâdhu, tout nu avec des cendres sur la tête ? Évidemment d’abord ce grotesque m’a fait rigoler, comme tout le monde… mais… qu’est-ce que cela signifie ?

Trudeau se déguise : il fait du théâtre, il joue un rôle… Dans un pays où tous ceux qui comptent ont fait leurs études en Angleterre ou aux States personne n’est dupe… eux aussi rigolent, mais ils n’en pensent pas moins, par exemple  personne n’a oublié le scandale de Bhopal. Quand même, au niveau d’un Premier ministre, n’y a-t-il vraiment personne pour le conseiller ?

Autre élément intéressant : l’aéroport de Calcutta qui s’appelait Dum Dum a été rebaptisée  « Subhas Chandra Bose, du nom d’un des principaux dirigeants indépendantistes indiens à l’époque de la colonisation britannique. Surnommé Netaji (chef respecté), il s’est allié, au nom de l’anti-colonialisme, à l’Allemagne nazie et à l’Empire du Japon contre l’Empire britannique durant la Seconde Guerre mondiale. » (wiki)

Combien de soldats canadiens sont morts pendant cette guerre 40-45 ? Et Trudeau va faire le mariole dans un pays qui honore un général qui s’est allié à l’ennemi japonais alors que même la Reine a porté l’uniforme ?

Et si en France on donnait le nom de Pétain à un des aéroports les plus importants du pays ?

Les Indiens ont le droit d’honorer « leurs » héros, qui pour nous sont des ennemis, mais cela implique de la retenue de la part de notre camp.

Ça fait rien : Trudeau joue… Trudeau est empathique avec les « autres » et fond en larmes comme une midinette qui écoute Berthe Sylva.

Est-ce la carrure d’un chef d’Etat capable de faire face aux coups durs ?

On n’en finit pas de polémiquer sur Chamberlain l’apaiseur mais là on en est à Trudeau le pleureur.

Ça nous regarde ? Ben oui, car il n’est pas le seul.

Il fait partie d’une génération d’acteurs de théâtre qui donnent dans le sentimental, le compassionnel et le spectacle tout à fait contraire au rationnel et à la réalité qui, elle,  est « telle entreprise ferme et laisse 500 personnes sur le carreau ».

Même théâtre de nounours, poèmes, fleurs, bougies et « vous n’aurez pas ma haine » qui est le contraire de la réalité des atrocités du Bataclan.

Et cætera, les exemples son nombreux : comme dit Zemmour, ils sont hors sol, ils flottent… C’est la génération Trudeau mais aussi Renzi ou Macron. Ils ont en commun le même style de look et de discours composés d’avalanches de grandiloquences vides parsemées d’expressions anglaise comme  le « C’est un unfair model, c’est évident » de Macron.  Clément Viktorovitch  explique qu’il s’agit de technique de manipulation mentale dont Macron lui-même avoue qu’il ne comprend pas « ce qu’on lui  a écrit ».