Madame Belkacem, le voile islamique ne vous dérange pas ?

Publié le 9 août 2013 - par - 4 049 vues
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leilaLETTRE OUVERTE A MADAME NAJAT VALLAUD-BELKACEM,

Ministre des Droits des Femmes

 Madame le Ministre,

J’ai l’honneur de porter à votre attention  la question du port du voile islamique  en France.

Comme vous le savez, la mission Laïcité du Haut Conseil à l’intégration vient de remettre son rapport sur l’expression religieuse et la laïcité dans les établissements publics de l’enseignement supérieur. Ce rapport exprime l’extrême inquiétude de voir se développer dans certains établissements des pratiques religieuses et revendications communautaristes dont le voile ne constitue, hélas,  qu’un des aspects les plus voyants :

http://ripostelaique.com/wp-content/uploads/2013/08/RapportHCI2.pdf

Je me permets d’énumérer les principales atteintes au principe même de laïcité dont ont à souffrir tant les personnels que les étudiant(e)s qui y sont attachés :

– demandes de dérogation pour justifier une absence

–  port de signes d’appartenance religieuse

–  actes de prosélytisme

–  récusation de la mixité tant au niveau des étudiants que des enseignants

–  exigence de respect des interdits alimentaires

–  octroi de lieux de culte ou de locaux de réunion à usage communautaire…

La liste, loin d’être exhaustive, « s’enrichit même de revendications nouvelles » et « les situations évoquées plus haut ne remontent pas toutes à la connaissance des présidents d’universités, ET QUAND BIEN MEME C’EST LE CAS , IL ARRIVE QU’ELLES NE SOIENT PAS PRISES EN COMPTE A LA MESURE DE CE QU’ELLES SIGNIFIENT. »

Je m’attacherai, pour ma part, à  une seule de ces atteintes à la laïcité, et pas des moindres puisqu’elle constitue également une violation du principe d’égalité entre hommes et femmes : je veux parler du voile islamique.

Le voile, loin de constituer un banal signe culturel, est un marqueur religieux qui rappelle, entre autres,  les préceptes coraniques suivants :

– obligation pour les femmes de se voiler (les versets dits ‘médinois’ ayant abrogé les versets ‘mecquois’ qui n’exigeaient des femmes que de rabattre leurs voiles sur leur poitrine)

–  interdiction d’épouser un non-musulman, ce qui constitue un véritable barrage à l’intégration par mariage.

Je vous épargnerai  les nombreux préceptes du coran  qui font de la femme un être inférieur, sous tutelle à vie du père, du mari, d’un oncle, d’un frère, ce qui est encore le cas dans beaucoup des 57 pays que compte l’Organisation de la Coopération islamique.

Certes, il s’agit de préceptes remontant au 7ème siècle de notre ère. On pourrait donc penser qu’ils sont sujets à interprétation, voire à révision. Or, le coran, nous disent les musulmans,  n’est pas révisable, étant considéré comme un livre incréé.

C’est bien ce verrouillage des textes coraniques qui pose problème puisqu’il permet aux musulmans les plus exigeants, pour ne pas dire radicaux,  de se conformer à la lettre aux préceptes édictés et de s’en prévaloir pour imposer, en France et ailleurs dans le monde occidental, des us et coutumes ETRANGERS à une civilisation d’essence judéo-chrétienne imprégnée des Lumières de la philosophie grecque,  qui a su faire évoluer ses textes sacrés au gré des progrès de la modernité.

Il n’est pas acceptable qu’une religion qui véhicule autant de messages contraires aux libertés d’une moitié de l’Humanité et à l’égalité entre tous,   trouve à s’afficher PARTOUT par le port du voile – dans la rue, les transports en commun, sur les plages…

Une fois encore, le Haut Commissariat à l’intégration a fait montre d’une regrettable frilosité – lâcheté peut-être –  car ce ne sont pas les seules universités publiques qui sont menacées,  mais bien la France tout entière.

Ne serait-il pas temps de prendre en compte les récents sondages d’opinion qui indiquent que 86 pour cent des Français sont opposés au voile ?

Il est regrettable que la parole du peuple de France soit confisquée en l’absence d’une démocratie participative qui lui reconnaisse de pouvoir s’exprimer par vote référendaire. Nous savons, hélas, le peu de cas que nos élus – de gauche comme de droite – ont fait de l’opinion des Français en ratifiant, contre leur volonté,  le Traité de Lisbonne.

Madame le Ministre, le port du voile est le cheval de Troie d’un islam qui ne cesse de se radicaliser et qui grignote nos institutions démocratiques au nom d’incessants accommodements (dé)raisonnables  qui sont autant de mauvais signaux envoyés aux partisans – de plus en plus nombreux – d’un islam politique dont le but avoué est de saper les fondements des démocraties occidentales pour, à terme, instaurer la charia.  Déjà, dans certains pays de l’Union européenne,  de nouveaux élus musulmans tiennent des propos qui ne laissent aucun doute à cet égard.

C’est pourquoi je vous serais très obligée – et mes compatriotes non-musulmans, hommes et femmes confondus, sont nombreux à s’associer à ma demande – de bien vouloir,  AU NOM DU PRINCIPE D’EGALITE ENTRE HOMMES ET FEMMES et au nom du respect de chacun dans une France laïque, examiner avec la plus grande attention cette question du voile islamique dont le port de plus en plus répandu est  ressenti par une majorité de nos concitoyens comme une atteinte prosélyte à leur liberté individuelle, et par de nombreuses femmes comme un signal qui contrevient aux libertés qu’elles ont si chèrement acquises.

A titre personnel, je suis extrêmement agacée de devoir être confrontée à cet accessoire vestimentaire hautement symbolique qu’est le voile islamique, ayant eu à me battre il y a quarante ans pour des libertés élémentaires qui m’étaient refusées et dont certaines, aujourd’hui, peuvent paraître futiles.  Sur le plan vestimentaire qui nous intéresse,  précisément, comment oublier qu’il était interdit aux filles de porter le pantalon dans les écoles et lycées de la République ?

Les Français voient dans le port du voile un acte délibéré de prosélytisme, une inutile provocation qui ne fait qu’alimenter un climat délétère,  et l’affirmation de valeurs qui ne sont pas les leurs, dont ils se méfient – l’actualité se charge de  leur donner raison – et qu’ils refusent de partager contre leur gré.

Je vous prie d’agréer, Madame le Ministre, l’assurance de ma haute considération.

Eve Sauvagère    

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