Madame Hidalgo, êtes-vous au courant de l’incompétence de l’équipe Brossat ?

Publié le 7 septembre 2018 - par - 36 commentaires - 2 069 vues
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Victime d’une escroquerie par une squatteuse, une lectrice de Riposte Laïque, Sylvie Mauriès, avait expliqué, dans un texte envoyé à notre site, que non seulement la mairie de Paris, dans un secteur placé sous la responsabilité de Ian Brossat, ne l’avait jamais soutenue, mais qu’en outre, elle avait osé lui demander la somme exorbitante de 50 000 euros sur des bases totalement mensongères. Furieuse, notre lectrice a donc décidé de dire les choses au maire de Paris, Anne Hidalgo en personne.

https://ripostelaique.com/hidalgo-et-brossat-veulent-mextorquer-50-000-euros-alors-que-mon-studio-est-squatte.html

Madame,

Le 17 août 2017, la SELAS M. et associés m’a fait signifier une assignation en votre nom (madame le maire de Paris, madame Anne Hidalgo) devant le TGI de Paris.

Cette assignation est non seulement profondément injuste, mais elle est aussi le fruit d’un laxisme et d’une incompétence sans bornes de l’équipe de monsieur Brossat en charge du logement.
Je vais par conséquent vous assigner à mon tour pour poursuites abusives et préjudice moral dans les prochains jours. Beaucoup plus grave, votre assignation est fondée sur un mensonge flagrant de la part de votre contrôleur assermenté, relayé par votre cabinet d’avocats, à dessein ou par négligence, ce qui restera à déterminer, tout comme les conséquences qui en découleront.

Vous n’êtes sans doute pas au courant des détails de l’affaire mais cela ne vous a pas empêchée de formuler, avec beaucoup de légèreté à mon sens, ladite requête en assignation. Votre responsabilité est donc engagée et je puis vous assurer que je rendrai coup pour coup. Conformément à ce que j’ai dit à messieurs Cochard et Leroi dans mon dernier courriel, je vais par ailleurs envoyer des centaines de courriers à de multiples destinataires en France et surtout à l’étranger pour les informer de la manière dont on traite des administrés de bonne foi à Paris et dont on règle les problèmes liés à Airbnb. C’est pour le moins édifiant. Vous trouverez ci-joint, à titre d’exemple, le courrier que j’ai adressé à monsieur Michael Müller, maire de Berlin, pour lui expliquer comment ses collègues parisiens gèrent les dossiers. J’ai envoyé des courriers similaires au maire de Vienne, au magazine « Der Spiegel », au journal « Die Welt », et j’en passe. Au rythme d’une bonne trentaine de courriers par jour, cela finira bien par laisser des traces et la Ville de Paris n’en sortira pas grandie. Une chose est sûre, on vous prendra moins au sérieux.

S’il est en effet une chose que j’ai découverte au cours de ces 14 derniers mois, tandis que je lutte corps et âme pour me débarrasser d’une squatteuse, c’est que c’est un sujet éminemment sensible pour les gens. J’ai même été surprise de leurs réactions, souvent épidermiques, à mon histoire. Il est très facile pour eux de se mettre à ma place et l’idée leur est le plus souvent insupportable. Autant vous dire que d’apprendre qu’en plus d’être victime d’une squatteuse, la Ville de Paris, qui a été d’une inefficacité navrante dans cette affaire, ne trouve à présent rien de mieux à faire que de me réclamer plus de 50 000 euros fait littéralement bondir les gens. Dans cette affaire, vous n’aurez jamais le beau rôle, quoi que vous fassiez. Je ne suis pas certaine que ce soit l’idée la plus judicieuse qui soit à la veille d’élections municipales dont il se dit qu’elles sont loin d’être gagnées pour vous ! Mettez-vous un instant la place des millions de propriétaires que compte votre ville et que la simple idée d’être traités de la sorte par vos services ferait frémir. Que d’électeurs potentiels susceptibles de changer de camp…

Il est certain que ce n’est plus le problème de monsieur Brossat dont la petite équipe est sans doute déjà focalisée à fond sur les élections européennes, sachant qu’elle quittera bientôt le navire. Ceci explique très certainement leur totale désinvolture et je ne parle même pas de leur manque évident de compétences, car leur gestion du dossier est pour le moins désastreuse.

Au cas où vous ne connaîtriez pas encore tous les tenants et aboutissants de cette affaire, je vais vous en donner un petit résumé :

À l’été 2017, j’ai mis mon studio en vente sur le site PAP, j’ai été contactée par une femme, madame Chantal M., qui se disait intéressée et souhaitait le visiter. Ce studio atypique dans un bel immeuble Art déco, possède deux grandes terrasses et se situe à proximité de la Tour Eiffel. Cette description est importante pour la suite de l’histoire…

Après réflexion, Chantal M. m’a dit qu’elle pouvait me le louer car elle comptait créer une société dans le but de proposer des locations haut de gamme à des touristes chinois, en relation avec un correspondant à Shanghai. Elle me proposait 2 000 euros par mois. N’ayant pas de demande sérieuse d’achat, j’ai accepté.
Elle était charmante, j’ai appris à mes dépens que c’est le propre des bons escrocs.
Elle a insisté pour avoir les clefs, arguant de petits travaux d’aménagement afin d’être prête pour commencer en septembre et se proposant gentiment de déménager mes affaires dans ma maison de la région parisienne, ce que j’ai accepté, puisque je vivais alors dans le Sud de la France.

Elle m’avait communiqué des salaires de plus de 4 000 euros et devait, pour établir un bail commercial, me fournir sa feuille d’imposition et sa taxe d’habitation car je devais changer l’affectation de mon studio et établir un bail commercial avec l’aide de mon avocat.
Les choses se sont très vite gâtées, je n’arrivais pas à avoir les documents en question et, devant mon insistance à les obtenir, elle m’a insultée en me disant que je pouvais aller me faire… et qu’elle était non imposable.

Elle considérait, dès lors, que mon studio était à elle. Ayant peur que je vienne à Paris pour la mettre dehors, elle s’est empressée de changer la serrure, m’interdisant l’accès à mon bien. J’ai déposé plainte lorsque ma fille (qui habite Paris) m’a prévenue que sa clef n’entrait plus dans la serrure. C’était le 9 août 2017.
Une faute d’orthographe sur ses feuilles de salaire m’a fait tiquer. J’ai contacté son employeur présumé et découvert que le document était un faux.
L’affaire devait être jugée en mars 2018 mais a été reportée à septembre car les tribunaux déménageaient. À ce propos, si l’audience s’était tenue comme prévu, nous n’en serions pas là aujourd’hui puisque madame M. aurait déjà été expulsée. Faut-il pour autant poursuivre le tribunal ? Eu égard aux méthodes employées par la Ville de Paris, vous devriez sérieusement l’envisager.

Entre-temps, et avec l’aide d’un détective privé, j’ai réussi à déterminer que madame M. avait déjà un passé judiciaire (faux et usage de faux, fraude à l’assurance, destruction de biens d’autrui). Dans les documents transmis par son avocat, j’ai constaté qu’elle percevait une allocation aux adultes handicapés (handicap de 80 %).
Je me suis par ailleurs demandé ce qu’elle pouvait faire de mon studio, si elle avait tout de même créé sa société, alors même que j’avais engagé une procédure pour la faire expulser ? En février 2018, j’ai fait des recherches longues et fastidieuses et j’ai trouvé mon studio sur Airbnb. L’hôte était bien Chantal et la photo était la sienne.

J’ai découvert, en créant un faux profil, qu’elle louait mon appartement sur Airbnb à un tarif compris entre 90 et 120 euros la nuit. Elle proposait même des transferts d’aéroport avec une société de limousines. Grâce à ce profil, j’ai pu déterminer qu’elle louait mon studio pratiquement non-stop, ce qui lui rapporte la coquette somme de 2 700 à 3 600 euros par mois, qu’elle ne déclare évidemment pas. Elle ne s’est pas non plus inscrite comme loueur professionnel auprès la Ville de Paris et ne paye évidemment pas la TVA. À lire son annonce sur Airbnb, on constate en revanche que Chantal est tout sauf handicapée. Elle passe d’ailleurs une bonne partie de ses journées au Club Med Gym, comme a pu l’établir le détective. Parallèlement, elle habite un bel appartement près du Père-Lachaise, loué auprès de la Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP). Elle y vit prétendument avec quatre autres personnes, son fils, sa mère et deux septuagénaires grecs. Après avoir contacté une bonne cinquantaine d’établissements pour personnes âgées en région parisienne, j’ai réussi à déterminer que sa mère vivait en maison de retraite dans le 94. Quant aux deux Grecs, ils ne vivent de toute évidence pas sur place. Les conditions d’attribution de ce logement ne sont donc à l’évidence pas respectées. Il y a mensonge sur les occupants effectifs, mais aussi sur les revenus donnant droit à un logement social (cf. les revenus précités). J’ai adressé un dossier complet en courrier recommandé à madame Joëlle Peyrot de la Direction territoriale Nord de la RIVP le 6 mars 2018, mais je suis à peu près certaine que rien n’a été entrepris pour, au minimum, vérifier les conditions d’occupation de cet appartement. Encore un bel exemple de laxisme à la Ville de Paris.

En attendant le procès contre madame M., j’ai demandé à Airbnb de retirer l’annonce au motif que madame M. n’était ni locataire ni propriétaire, en vain. Je leur ai pourtant envoyé de nombreux courriels et je leur ai fourni toutes les preuves nécessaires, mais cela n’a pas suffi. Airbnb se moque de toute évidence de la loi et de la légalité. Le site a quand même fini par s’exécuter en juin, après avoir reçu mon assignation en justice.

J’ai également communiqué le dossier de madame M. au Parquet de Paris (aux dernières nouvelles, elle devrait être poursuivie pour faux et usage de faux) et à la BRDA, à la CAF (une instruction est en cours et donnera certainement lieu à des poursuites), au fisc, à la RIVP et bien sûr à la Ville de Paris que j’ai abreuvée de courriels et d’informations, espérant qu’elle prenne les choses en main. On connaît votre prétendue détermination à lutter contre Airbnb. J’ai ainsi envoyé 16 courriels au service du logement (madame K. et monsieur P.), soit pour leur fournir des informations et des documents qui pourraient leur être utiles, soit pour les relancer afin qu’ils traitent sérieusement ce dossier. J’ai également envoyé huit courriels à messieurs Brossat, Leroi et Cochard dans la même optique, mais ils avaient visiblement plus important à faire : préparer une élection européenne, twitter à tout-va ou faire la promo d’un livre détaillant le bras de fer de Ian Brossat contre le « bulldozer » Airbnb (dixit Libération). À en croire l’article de Libé, c’est David contre Goliath… Pour ma part, je verrais plutôt Pipo (pour ne pas dire pipeau) contre Mario. En effet, alors que j’étais sur le point de lancer une assignation contre Airbnb, monsieur Cochard, le conseiller de monsieur Brossat, m’a mollement répondu, dans un courriel du 23 mars 2018, que si je le souhaitais, on pouvait « faire suivre à notre contact à Airbnb, à charge pour eux de traiter la situation. » Quel engagement, quelle détermination ! Pour moi, une attitude aussi conciliante à l’égard de l’ennemi juré est plus proche de la collusion que du sang et des larmes ! Mais ce n’est évidemment qu’un avis personnel.

Quoi qu’il en soit, mes relations avec la Ville de Paris m’ont d’emblée fait douter de votre capacité (volonté ? compétence ? talent ?) à lutter contre Airbnb. Après qu’une lettre eut été envoyée à madame M. par la Ville de Paris, le 14 mars 2018, pour lui demander de se tenir à la disposition du contrôleur assermenté de la Ville de Paris, celle-ci a décroché son téléphone pour appeler le service du logement et affirmer que, n’étant ni propriétaire ni locataire, elle ne pouvait pas être poursuivie. Le service du logement a pris acte et m’a ensuite indiqué que des poursuites seraient, en effet, impossibles (une belle prime à l’escroquerie !). J’ai lourdement insisté et on m’a alors répondu que monsieur Brossat consultait son service juridique pour voir s’il n’y aurait pas tout de même un angle d’attaque. Heureusement que je suis là pour les motiver !

Par la suite, voyant tout l’entrain de votre équipe à gérer et à suivre ce dossier, je lui ai apporté toute l’aide dont j’étais capable. Je lui ai fourni toutes les informations en ma possession : les coordonnées Internet de l’annonce, les tarifs affichés, les plannings et notamment le fait qu’en mars-avril les réservations étaient complètes jusqu’en octobre, le revenu moyen calculé sur la base du tarif et des réservations, etc.

J’ai également averti la Ville de Paris du fait que l’appartement n’était pas aux normes avec, notamment, un circuit électrique non relié à la terre et que le fait d’y laisser défiler ainsi les touristes, souvent peu précautionneux, représentait un sérieux risque pour leur sécurité et celle des autres habitants de l’immeuble (vieil immeuble parisien de huit étages). Mais il faut croire que la perspective de voir flamber un immeuble n’émeut personne à l’Hôtel de Ville. Il faut dire que le studio est situé dans le XVIe, un quartier de droite !

Quelle n’a donc pas été ma surprise de recevoir, la semaine dernière, une assignation de la Ville de Paris à votre requête me réclamant, entre autres, 50 000 euros, solidairement avec la squatteuse dont je suis la victime et que vous qualifiez d’ailleurs de « locataire », alors qu’elle vous a textuellement affirmé qu’elle ne l’était pas. Comme quoi, on prend quelques libertés avec la réalité des faits à la Ville de Paris.

Votre assignation se fonde en grande partie sur le travail de votre contrôleur assermenté. Celui-ci semble accorder un grand crédit aux déclarations de madame M. Dans sa déclaration sur l’honneur, celle-ci a, par exemple, reconnu que le bien litigieux ne constituait pas sa résidence principale. Il se trouve que, par la voix de son avocat, elle avait aussi déclaré, le 7 février 2018 (assurément sur l’honneur), dans les conclusions adressées au tribunal, qu’elle avait un « préjudice moral lié au traumatisme de subir une procédure d’expulsion stressante, puisqu’elle n’a pas actuellement d’autre possibilité de relogement ». Or, dans votre assignation, vous précisez bien, et je vous en remercie, que madame M. a conclu un bail le 5 juillet 1995 portant sur un bien d’habitation situé dans le 20e à Paris. Vous êtes bien placée pour le savoir, puisque le bien est loué auprès de la Ville de Paris !

Je tiens par ailleurs à rectifier une petite erreur, certainement « involontaire », dans votre assignation. Vous dites m’avoir informée de la location de courte durée par un courrier du 27 février 2018. Vous ajoutez ensuite : « Parallèlement à ce signalement, le 20 février 2018, madame Sylvie Mauriès a laissé un message sur le site Paris.fr afin de se plaindre de locations de courte durée qui seraient effectuées par madame Chantal M. dans ledit local. » Le 20 février, ce n’est pas parallèlement au 27 février 2018, c’est antérieurement, et la nuance est de taille !

Mais revenons-en à votre contrôleur. Ainsi, « à la suite des recherches effectuées par [lui], celui-ci a constaté que ce local d’habitation figurait parmi les annonces du site Airbnb proposant des locations de courte durée ». Cette affirmation n’est ni plus ni moins qu’un mensonge et c’est extrêmement grave de la part d’un agent assermenté. C’est d’autant plus grave que toute votre assignation repose, au fond, sur les constatations de ce monsieur. Attaquer quelqu’un en justice dont on sait parfaitement qu’il est innocent (je l’ai suffisamment démontré par mes courriers, courriels et toute mon action infatigable), qui plus est en se servant de déclarations mensongères de la part d’un agent assermenté, est un acte extrêmement grave. Dans cette affaire, la Ville de Paris recourt à des méthodes qu’on pourrait qualifier de mafieuses.

Je vais à présent vous expliquer pourquoi il s’agit d’un mensonge. Ce contrôleur assermenté prétend avoir constaté la présence du local d’habitation parmi les annonces du site Airbnb proposant des locations de courte durée. À moins d’être le fils de madame Irma, je ne vois pas comment il aurait pu y parvenir, a fortiori dans un laps de temps aussi bref. Pour mémoire, je vous rappellerai que le site Airbnb compte des milliers d’annonces pour des studios dans Paris, sans pour autant en donner les adresses. Qui plus est, ce bon monsieur n’a jamais vu le bien. Il ne sait donc absolument pas à quoi il ressemble. Or, le seul moyen de l’identifier, ce sont les photos publiées sur le site. À moi-même, qui en suis la propriétaire, il a fallu plusieurs jours pour le retrouver et l’identifier et j’ai d’abord eu quelques hésitations. Il va donc falloir qu’il m’explique comment il a pu, comme par magie, constater sa présence. Il ne le peut pas tout simplement. C’est donc un menteur qui profite en plus de son assermentation pour tromper le tribunal. Je pense que vous pouvez faire une croix sur la crédibilité de son témoignage. J’espère juste que votre cabinet d’avocats a manqué de diligence sur ce coup-là, car s’il a transmis cette fausse information en connaissance de cause, j’imagine qu’il risque la radiation.

Voici à présent la vérité : j’ai moi-même transmis le lien conduisant au bien en question à madame K. dans un courriel du 2 mars 2018.

Votre contrôleur prétend ensuite avoir réalisé des simulations de réservation et constaté que les réservations étaient possibles jusqu’en octobre 2018, bizarrement autant d’informations que j’avais transmises à madame K. dans mes courriels des 5 et 19 mars 2018.
Il a ensuite constaté les travaux engagés dans l’appartement ! On croit rêver. Un coup de peinture verte hideuse sur les murs d’une salle d’eau de 2 m² et un peu de papier peint posé sur un mur de la pièce principale par des ouvriers cap-verdiens payés une misère au noir (on les voit très bien sur les photos transmises au tribunal par son avocat !). Un chauffe-eau et quelques misérables planches en bois, ni poncées ni vernies, posées sur la terrasse. De qui se moque-t-on ici ? D’autant que la plupart de ces maigres travaux ont été réalisés alors que j’avais déjà rompu toute relation avec madame M. Il lui arrive d’avoir un minimum de sens critique, à votre contrôleur assermenté ? Je vous rappelle que nous sommes en présence d’un escroc qui va être poursuivi par le Parquet pour faux et usage de faux, par la CAF pour fraude à l’assurance et sans doute par les impôts pour fraude fiscale !

Par ailleurs, je remarque que votre action à mon encontre porte sur le changement d’affectation du bien. Je vous signale que cela fait 14 mois que je me bats précisément contre ce changement d’affectation et que j’ai notamment assigné Airbnb. Je ne vais pas signaler un changement d’affectation auquel je n’ai pas consenti ! Le 14 mars 2018, madame K. m’a adressé un courriel qui disait notamment ceci : « Je voulais vous annoncer également que c’est la première fois que Airbnb a été condamné pour mise à disposition illicite sur son site Internet d’un bien immobilier n’ayant fait l’objet d’aucune déclaration, ni d’autorisation préalable (en l’espèce d’autorisation du propriétaire de sous-location, d’une part et de changement d’usage, d’autre part). »

Pour finir, concernant ledit changement d’affectation, je vous signale que si votre contrôleur assermenté avait bien voulu faire son travail (grassement payé, puisque je pense que les 1 500 euros que vous me réclamez en plus doivent servir à rémunérer sa prestation, je ne vois pas à quoi ils pourraient servir d’autre), il aurait constaté que l’annonce n’était plus en ligne depuis le mois de juin, non pas grâce aux efforts de la Ville de Paris qui aurait pourtant eu les moyens de la faire retirer (cf. le fameux correspondant précité), mais aux miens puisque Airbnb l’a retirée suite à mon assignation et à mes courriels. Il se trouve d’ailleurs que c’est la seule information (le retrait de l’annonce) que je n’avais pas transmise à vos services et, comme par hasard, votre contrôleur n’était pas au courant… Quelle surprise ! La même critique vaut au demeurant pour la SELAS M. et associés qui se permet d’engager une procédure en référé et, par conséquent, de mobiliser un tribunal pour faire cesser de toute urgence quelque chose qui a déjà cessé depuis deux mois (retrait de l’annonce = arrêt du changement d’affectation, puisque le bien ne sert plus à la location de courte durée). La moindre des choses aurait été de vérifier avant et de faire preuve d’un minimum de professionnalisme, car déposer un référé pour une infraction qui n’est plus constituée est tout simplement grotesque. J’espère que vous ne les payez pas trop cher avec l’argent des contribuables, et donc le mien !

Car pour ma part, dans cette histoire, je n’ai eu que des frais : avocat, détective privé, obligation de continuer à payer les charges de l’appartement et donc l’eau consommée par tous ces touristes, si je ne veux pas être poursuivie par le syndic, idem pour les taxes d’habitation et d’ordures ménagères. Sans compter la dépréciation du bien avec tout ce passage. Et maintenant ces nouvelles poursuites… Le sentiment de honte, est-ce quelque chose de totalement étranger aux gens qui travaillent à la mairie de Paris ? Poursuivre un innocent en justice, alors qu’il a largement démontré par son action qu’il était le premier intéressé à faire cesser une infraction, n’est-ce pas très stalinien dans la démarche ? Pour un élu PCF, je peux comprendre, mais vous ? Sachez en tout cas que je n’abandonnerai pas si vous persévérez et que je n’hésiterai pas une seconde, dans le cas totalement invraisemblable où vous obtiendriez gain de cause, à faire appel et à poursuivre jusque devant la Cour européenne de Justice et la Cour européenne des droits de l’homme, s’il le faut. Autant vous dire que cette affaire pourrait encore vous poursuivre personnellement bien après que vous aurez quitté vos fonctions de maire et alors que vous aspirerez peut-être à passer à autre chose dans votre vie. En attendant, et jusqu’à ce que cesse cette situation intolérable, je continuerai à diffuser l’information partout et auprès de tous ceux qui voudront bien l’entendre. Il est hors de question que je subisse sans sourciller un traitement digne d’une république bananière, a fortiori de la part de gens qui se drapent dans de grands principes humanistes alors qu’ils ne sont même pas capables d’un semblant d’empathie et d’équité à l’égard de leurs administrés.

Je crois que pour monsieur Brossat, tout ce qui compte c’est de faire du chiffre à la veille de la parution de son bouquin, histoire de donner plus de poids à son fabuleux bras de fer contre le bulldozer Airbnb, comme le titrait si joliment Libération le 1er septembre. Je ne résiste pas à la tentation de citer l’article en question : « Le livre est autant un réquisitoire contre Airbnb qu’un plaidoyer pro domo pour « une mandature décisive dans la lutte contre l’ubérisation de la ville lumière ». Et un appel à un sursaut citoyen face à la tendance des géants du numérique à se substituer aux États. Alors que le chiffre d’affaires des GAFA (Google, Amazon, Facebook, Apple) dépasse le PIB d’États comme le Portugal, Ian Brossat en est convaincu : l’Union européenne est l’échelon qui peut répondre aux géants du numérique. » Accessoirement, je viens de constater que le livre de monsieur Brossat était déjà proposé à la vente sur Amazon. Ses indignations sont donc visiblement à géométrie variable. Quand cela peut rapporter du pognon, Amazon ce n’est finalement pas si mal. Bien loin du bras de fer évoqué, je n’y vois qu’une guignolade de plus de sa part. Et celle-ci risque de vous coûter cher.

Veuillez recevoir, Madame, mes salutations les meilleures.

Sylvie Mauriès

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Notifiez de
papate

je peux essayer de vous aider (techniquement) si vous voulez… j’ai eu des problèmes similaires avec des locataires escrocs par le passé (je prépare une relation de l’histoire que j’enverrai certainement à ce site pour publication)… Il faut que la location de cet appartement devienne impossible pour d’éventuels locataires …

Mauriès

oui avec plaisir – vous pouvez demander à la rédaction mon email perso

papate

Suite : ensuite, vous allez bien vous amuser : vous allez couper l’eau à votre convenance, (et je vous conseille de mettre de votre coté d’autres copropriétaires et habitants de l’immeuble qui pourront faire ce simple geste plusieurs fois par jour à votre place …vous pouvez même essayer de trouver un truc pour bloquer le robinet d’arrêt d’eau en position fermée, je suis sure que c’est possible … les occupants en auront vite marre … il faut les harceler …

Mauriès

j’ai demandé de l’aide au syndic mais il s’en fiche malheureusement car il n’y a pas de nuisance sonore de la part des touristes qui passent dans mon studio via Chantal M

papate

Pour couper l’eau : dépêcher un plombier qui mettra un robinet d’arrêt dans les parties communes en amont de votre appartement (c’est à dire à l’endroit où commence votre canalisation privative , mais à l’extérieur de l’appartement, puisque vous ne pouvez pas entrer dedans … (ça se fait en coupant l’eau de l’immeuble, ou bien un robinet d’arrêt secondaire à l’étage) … vous avez le droit d’intervenir sur vos canalisations privatives, puisque vous êtes copropriétaire . suite + loin

CLV

Tout mon soutien à vous Mme.Mauriès. Il est temps d’expédier ce ramassis de bobos gauchos mafioso de la mairie de Paris et sa reine dans les fonds de poubelle avec les ordures. Seule place qu’ils méritent. Et dire que ces odieux personnages font des leçons de morale et de respect à la France, qu’elle bouffonnerie.

Yves ESSYLU

Elle ne peut pas l’ignorer car entre marxistes, donc entre incompétents et traitres, on se soutient

wika

Très belle lettre, Madame Mauriès : c’est clair, précis, on comprend tout.
On comprend aussi que vous êtes du mauvais côté de la barrière. Si vous aviez été « migrante » et protégée par une association mafieuse, là évidemment ..
Quand vous dites du contrôleur « j’imagine qu’il risque la radiation », je pense que vous vous faites hélas des illusions. Il n’y a qu’à voir comment l’affaire des contraventions abusives dressées par les agents non assermentés d’une société privée a été bien vite étouffée

ts du foot

2) suite , Avec un gouvernement qui n’a rien à faire des français et qui eux même ne respectent pas les lois, comment une femme qui a déjà fraudé peut -elle ne pas être ciblée pour éviter qu’elle ne recommence, parce que effectivement il y’a un gros laisser-aller ou vous avez raison une très grosse incompétence , ne prenez pas de gants et agissez, il y’a bien quelques gros bras pour vous aider!

Mauriès

oui je suis fatiguée de me battre – c’est hallucinant – j’ai des fois l’impression de vivre un cauchemar éveillée…

ts du foot

1)Sylvie , il eut été plus simple d’envoyer une lettre recommandée à cette Chantal pour récupérer votre bien sur changement d’avis et remise en vente en priant cette personne de se chercher autre chose, où bien même le récupérer ou pour vous ou votre fille avec un délai. de 6 mois; après lequel il n’était pas difficile de changer la serrure, de mettre le mobilier dans un garde-meubles ou sur le trottoir !

Mauriès

mon avocat me dit qu’il faut attendre le jugement de cette semaine + 3 semaines environ pour connaître la décision du tribunal puis environ 3 mois pour que la préfecture dépêche un commissaire – un huissier et un serrurier…

Vashky Peace

Bon courage Sylvie pour décrocher de vos semelles cette chantal-voleuse d’appart

Mauries

Elle s accroche si vous saviez…

papate

Suite : parce que la mairie de Paris demande à ce qu’on lui indique exactement les références de l’annonce de location et le site (il y en a plusieurs) de locations de courte durée..;et comme il est dit si bien dans l’article, les annonceurs n’indiquent pas les adresses, et il faut chercher parmi des milliers d’annonces. Fuck la direction de laville de Paris, et son maire, son adjoint Brossat et toutes les nullités satellites .espérons qu’ils vont disparaitre rapidement, à la prochaine élection.

Mauriès

oui c’est un vrai gag mais pas drôle du tout

papate

Bonjour, on est de tout coeur avec vous.
En ce qui me concerne, voulant faire un signalement pour des locations de trés courte durée dans mon immeuble (contre un copropriétaire qui a pour habitude de faire payer ses interventions de plomberie privatives par la copropriété, et après avoir eu le plus grand mal à trouver les coordonnées du service s’en occupant à la mairie de Paris, j’ai dû renoncer parce que la mairie ne prend pas les plaintes en compte si on ne lui indique pas (suite + loin)

butterworth

pfff j avais donne la solution un pied de biche quelques membres des triades il fallait le faire des le debut COMPTER SUR LA LOI EST STUPIDE

De Profundis Macronibus

Elle est maire de Paris, bien sûr qu’elle est au courant des manigances de ce s@lopard…

ADLER

La FRANCE est devenue un vrai merdier. Cela « grâce » à nos politicards arrivistes, incompétents, et beaucoup, escrocs. Les coupables, les criminels, les auteurs d’escroqueries, sont systématiquement des victimes. Et les vraies victimes sont mises au pilori. Quant à la ville de PARIS…..Dirigée par HIDALGO, une vraie catastrophe. Aux prochaines élections, il faut espérer que les parisiens, vont l’éjecter. Elle à fait de PARIS, un bouge, une déchetterie, un coupe-gorges.

nce en 2022

brossat,un vrai homo sapiens

la rebelle

homo sapin fût mieux . il est bien « planté sur un pied « donc pour la solidité…… »

wika

La photo de l’article est bien choisie : beau corps, mais visage qui résume bien tout ce qui est écrit dans la lettre.

Hervé Martienne

Quand un état n’est plus capable de défendre les honnêtes citoyens il devient illégitime.

Marie d'Aragon

Une grande vérité, merci !

Nestor

SI (et seulement si) j ai bien compris : l appartement a été loué à une femme pour la somme de 2000€. Paie t elle son loyer ? Soit c est oui soit c est non et ça se poursuit. Comme elle loue sous loue en RbnB l appart, nulle clause du bail ne semble le permette. Est ce bien le cas. Si non ça se poursuit aussi en justice. Mais que vient faire la mairie_m de Paris comme tiers dans ce dossier ? Cordialement

Mauriès

elle ne paye aucun loyer – elle a cassé ma serrure et elle loue l’appartement – elle passait par AIRBNB mais comme je les ai assignés -ils ont fini par enlever l’annonce mais vraiment parce qu’ils n’avaient plus le choix…
elle continue d’ailleurs à le louer j’ai vu qu’elle avait un site perso sur lequel elle dit être dispo 24h sur 24 h… quelle handicapée
je paye même l’eau des touristes car je ne peux pas la couper vu que je n’ai pas d’accès à mon studio…

sarah croche

si le contrat edf est à votre nom faites couper l’electricité

Mauriès

c’est fait par contre pour l’eau je paye depuis l’été 2017 car aucun accès au studio…

Stephanie

Votre situation est tout simplement ahurissante. On se demande même comment on peut en arriver à de telles abérrations en France en 2018.
De tout cœur avec vous madame, ne lâchez rien surtout, même si ce que vous vivez à l’heure actuelle doit s’apparenter à un bel enfer.
Je souhaite sincèrement que vous réussissiez à récupérer votre logement très rapidement.

BERNARD

Madame Mauries, je compatis et vous souhaite bien du courage.
Cependant, je ne puis ‘approuver cette lettre qui décrit une situation complexe et qui pourrait, (sait on jamais avec la justice du syndicat de la sinistrature) se retourner contre vous.D’après ce que j’ai compris en vous lisant, vous avez la chance d’avoir les moyens qu’il faut (ce qui est loin d’être le cas pour tous) de prendre un avocat compétent qui vous fera rendre justice, dommages moraux et matériels et intérêts.

jeannot

Tant d’injustice est proprement révoltant. Les responsables ont du souci à se faire

raskasse

Bravo et courage!!!

Mauriès

merci de votre soutien !

CHANTAL SENDILLON-NERI

vous avez la chance de pouvoir poursuivre avec les moyens déjà engagés c’est bien continuez ! vous vengerez les trop petits qui faute de moyens doivent subir ! ! de tout coeur avec vous ;cette équipe incompétente mérite d’étre connue de tous ,bravo pour le travail que cela requiert

wika

Moi j’ai bien aimé quand vous parlez de système stalinien, puis plus loin de république bananière.
Il fallait bien qu’ils se l’entendent dire au moins une fois !