Maintenant, Marine doit tendre la main aux Républicains patriotes


Le premier tour est passé, avec des résultats qui réhabilitent un peu les instituts de sondage, qui prennent une revanche sur ceux qui scrutent et décryptent les réseaux sociaux.

Je ne peux me défendre d’une certaine compassion vis-à-vis de Benoît Hamon. Je ne partage pas ses idées mais il n’a pas fait une si mauvaise campagne et il ne méritait pas une telle claque, qui laisse le PS exsangue avec, probablement, un seul nouveau patron possible dans l‘immédiat, Manuel Valls. Hamon s’est fait siphonner ses voix par Mélenchon, prototype du tribun au programme délirant. Même s’il n’est  pas sur le podium, c’est le triomphe du marchand d’illusions, la main sur le cœur et la parole tour à tour gouailleuse et ravageuse. Quelle mouche a bien pu piquer les 20% de Français, pourtant réputés globalement cartésiens, qui ont voté pour lui ?

Je me réjouis bien sûr de la qualification de Marine Le Pen pour le deuxième tour, même si je regrette qu’elle n’ait pas viré en tête au premier. Mais force est de reconnaître que sa victoire le 7 mai est peu plausible. Il lui sera difficile de mobiliser assez de réserves de voix dans les 13 jours à venir. Par contre, la possibilité, pour Emmanuel Macron, d’avoir une majorité cohérente à l’Assemblée nationale en juin me paraît au moins aussi improbable. La France n’est pas de gauche, même si Macron a beaucoup gommé son image de gauche, comme le FN a d’ailleurs gommé son image de droite. Et si le parrainage d’un président nouvellement élu joue toujours un rôle, la magie de Macron, et du couple singulier mais glamour qu’il forme avec son épouse, jouera moins dans 577 élections locales, où la plupart des candidats qui seraient estampillés « majorité présidentielle » n’auront guère d’implantation ni de notoriété. Le « dégagisme » a ses limites dans la France profonde. Mais surtout, il souffrira de l’incohérence de ses soutiens de la Présidentielle, qui vont de l’ultralibéral Madelin à l’ultra dirigiste Nathalie Arthaud, qui veut tout simplement interdire aux entreprises de licencier, ce qui revient à les dissuader d’embaucher, le tout en passant par Juppé, de Villepin, l’UDI, le MODEM, la gauche sociale-libérale et même l‘insubmersible Robert Hue. Comment imaginer que les candidats de composantes aussi disparates se ménagent avant le premier tour des législatives puis se reportent correctement pour le mieux placé au deuxième ? Tout comme les Français se sont ressaisis dans l’isoloir en n’envoyant pas Mélenchon au deuxième tour de la Présidentielle, ils peuvent se ressaisir en boudant les candidats de celui qu’une formidable propagande du système médiatique et financier aura voulu leur imposer, alors que c’est le plus immigrationniste, le plus mondialiste et le plus européiste des 11 candidats du premier tour de la Présidentielle.

Mais il me semble que la victoire d’une coalition qui place d’emblée Macron en cohabitation implique une condition sine qua non : un accord électoral entre le FN et les « bons » Républicains, que j’appelle les Républicains patriotes. Il y en a ! Je pense à ceux de la composante Droite Forte, de Guillaume Peltier, mais aussi à des Jacques Myard, Thierry Mariani, etc. Et à tous ceux à qui s’y disent favorables en privé mais ne l’avouent pas en public à cause de la chape de plomb qu’impose la politique du cordon sanitaire. Sans compter la base électorale des Républicains, qui y est majoritairement favorable et depuis longtemps. Mais Fillon ne peut pas conduire ce rapprochement. D’une part parce qu’il y est opposé et que son entourage proche (ses riches amis de la société civile et certains de ses soutiens politiques, comme le Président du Sénat, Gérard Larcher, à Paris, le sénateur Bas et le député Gosselin dans la Manche par exemple) choisit le vote PS dans les duels PS / FN de deuxième tour. D’autre part parce que sa défaite d’hier le disqualifie. Sans compter qu’il a lui-même annoncé qu’il quitterait la politique s’il ne gagnait pas la Présidentielle. Il faut donc que LR soit dirigé, si possible très prochainement, par un homme un peu nouveau et qui cesse de mettre en avant à tout bout de champ l’unité du parti, par un réflexe d’apparatchik qui n’a plus lieu d’être. Mais, dans le contexte d’une grave défaite de leur champion, Les Républicains ne peuvent espérer remporter les législatives seuls, même avec l’appui évasif des Centristes, quelles que soient les rodomontades de Gérard Larcher. Et le FN ne peut pas y parvenir non plus. Je pense donc qu’il appartient à Marine Le Pen de prendre une initiative, car c’est à elle, qui s’est qualifiée pour le second tour, d’avoir un geste magnanime en tendant la main aux Républicains patriotes. C’est-à-dire en leur proposant un accord de désistement pour le mieux placé au second tour des législatives. Et d’une façon large, pas en ayant l’air de s’adresser à des individualités. Jusqu’à ce jour, lundi 24 avril, une offre de coopération semble n’avoir été faite qu’en direction de Dupont-Aignan, qui demande apparemment à réfléchir. Mais les petits 5% de Dupont-Aignan ne suffiront pas à faire gagner Marine le 7 mai, ce qui reste toujours possible, ni à amener à l’Assemblée une majorité patriote, ce que l’accord que je préconise aurait pourtant toutes les chances de faire.

Un dernier mot, en guise de conclusion, sur le calendrier. Un grand classique de l’enfumage médiatique consiste à dire, comme je l’entends chez certains commentateurs : « Cette fois, vous ne pouvez pas gagner, mais on sait que vous jouez le coup d’après, et là, vous gagnerez ». Façon élégante de démobiliser quelqu’un à qui on ne veut pas de bien. Seulement, la prochaine fois, c’est dans cinq ans. Avec Macron et une Assemblée qui le soutiendra, le « grand remplacement » et le corps électoral auront encore progressé de plusieurs millions d’électeurs d‘origine immigrée, évidemment macronistes. Et je pense que la situation sera devenue irréversible. Alors, si Marine ne gagne pas le 7 mai, et peut-être même si elle gagne, je pense que les législatives de juin seront, pour la France, l’élection de la dernière chance.

Eric Lhullier

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11 Commentaires

  1. c’est le débat de mercredi 3 qui déterminera le score final
    telle que « moi président » avait bâtit sa victoire de 2012 dans le débat du 2ème tour
    et MARINE a du « biscuit » pour écraser macron…
    rien n’est perdu
    car macron a des casseroles bien pire que fillon…
    c’est probablement pour cela que le siège du FRONT NATIONAL a été perquisitionné
    MAIS à l’inverse de macron MARINE ELLE ELLE A DES COUILLES…

  2. Où est passé mon premier commentaire ? Le 2ème où je parle de Couteaux et Ménard faisait suite à ce 1er commentaire qui a disparu et qui n’avait rien de répréhensible. ???

  3. Dans la fausse droite LR il y a forcément des patriotes sincères, comme dans la gauche. Mais Baroin veut exclure ceux qui vont rejoindre MLP. Espérons que l’amour de la France prévaudra sur les diktats de ce parti qui est coupable d’avoir amoindri et détruit en parti notre pays au même titre que le PS. C’est grave de constater cette haine contre une partie importante d’autres français qui sont plus patriotes qu’eux. Ils viennent d’être sanctionnés lourdement mais ils s’acharnent encore. LR sont pratiquement les seuls responsables de la fracture qui existe en France et sont un facteur de division permanente encore plus que la gauche. Gageons que MLP ralliera de plus en plus de français à sa noble cause. Le FN doit changer de nom c’est urgent.

  4. Suite à mon post ci-dessous, j’aimerais ajouter que PM Couteaux ou R Ménard, qui conseillent à MLP de se définir comme ‘franchement à droite’ ne comprennent pas que les milieux modestes associent ‘droite’ avec ceux qui veulent les plumer davantage. Pourquoi les médias utilisent-ils autant le terme extrême-droite? Parce que extrême-droite sous-entend: pire que la droite. Sils ne le faisaient pas, les milieux modestes écouteraient davantage MLP et elle ferait quasiment l’unanimité.

  5. Dans l’article vous parlez d’image de ‘droite’ que Marine Le Pen aurait réussi à gommer, de ‘gauche’ pour E Macron.
    Il me semble qu’à aucun moment on ne se pose la question de ce que les termes gauche et droite représentent pour le public.
    Je crois que pour la classe ouvrière (j’en suis issue donc je pense pouvoir en parler), la droite= ceux qui veulent favoriser encore plus les ‘nantis’, ceux qui veulent précariser encore plus les milieux modestes, qui veulent se débarrasser des services publics et des acquis sociaux qui protègent encore un peu les Français ‘d’en bas’. Au sens où l’entendent les milieux modestes, Macron serait défini comme une droite dure, Le Pen une gauche modérée.
    D’où les énormes méprises quand ces termes sont utilisés.

    • Lucie
      Un simple constat…La gauche a toujours plus appauvri les pauvres que les gens de droite !!
      Quant a Macron c’est un pur jus extrait de la gauche,et la gauche est plus dur que la droite !!!
      Bonne journée à vous

      • Boud, je ne dis pas que la gauche est mieux que la droite mais que les milieux modestes ONT L’ILLUSION que la gauche va défendre leurs intérêts.

  6. Il ne faut pas inverser les choses, ce sont les patriotes qui doivent rejoindre Marine en ce moment et non l’inverse.
    Par ailleurs certains noms que vous citez sont aberrants: Guillaume Peltier est un ennemi déclaré du FN. Je ne vois pas non plus Myard ou Mariani bouger maintenant.

    • Il n’y a rien à attendre des UMPutes. Les électeurs qui ont voté FN et Debout-La-France l’ont bien compris.

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