Maître, sauvez notre fille, elle est journaliste sur BFM TV !

– Boss, c’est maintenant que vous rentrez ? j’ai cru que vous aviez oublié votre rendez-vous…

La Margot depuis notre dernière affaire où on a gagné un petit magot et qui nous a fait de la pub est devenue un tyranneau. Elle est partie dans les goûts somptuaires, elle ne fréquente pas le Manège à Bijoux d’Édouard Leclerc, c’est plutôt la Place Vendôme son centre commercial… Elle connaît les adresses, sa carte bancaire aussi. Elle est dans l’euphorie des dépenses et moi je dois ramener du chiffre pour casquer son salaire.

Elle me surcharge, or je lui ai bien expliqué ! Désormais on fait dans la sélection : les demi-sels, les suceurs de merguez, les pétasses plaquées par Hocine parti à Sidi Bel Abbès avec les mouflets, c’est bon, on a donné ! Je veux du classieux qui casque ! Un ministre escroc embourbé dans une affaire de corruption, c’est pas compliqué et ça rapporte. Voilà ! je veux des affaires qui amènent les biftons sans se fatiguer. Surtout que j’ai plus l’âge des fantaisies… La galipette andalouse, ça ne me dit plus rien, je veux vivre tranquille. Non ; elle me harasse, elle prend n’importe qui et ça continue, ça continue…

  • Je suis bien obligé de rentrer au bercail, les caboulots sont fermés, on peut plus se taper un simple hareng pomme à l’huile avec un verre de blanc. Et, en plus, dans les rues crasseuses tu croises tous ces cons avec leurs masques qui te dévisagent, suspicieux : c’est un truc à rendre un expansif neurasthénique ! Ce confinement, c’est un laxatif de la joie de vivre…
  • Verre de blanc contenance 75 cl minimum, ha ha… Vous avez des kebabs à emporter sinon…

C’est qu’elle nous la fait dans l’insolence, en plus !

  • Le kebab, c’est pour les rats qui pullulent, j’en ai encore croisé une escouade et les élus gauchistes pouilleux de la ville de Paris, merci du conseil… Bon, qui sont ces pantes ?
  • Vous verrez, ils ont un problème avec leur fille d’après ce qu’ils m’ont dit, je crois que c’est un dossier intéressant.

Je sentais venir l’embrouille, c’est confirmé et je vois venir aussi l’assistance judiciaire. Encore des crevards, « notre fille a sucé Cissokoh clando Porte de la Chapelle, il est si gentil, si serviable et ils ont eu un enfant, il est menacé d’expulsion, il faut nous aider ». Si c’est ça, ils se sont trompés de boutique, le recyclage de Mamadou, c’est pas le style de la maison.

  • Je me suis permis de les introduire dans votre bureau.
  • Il y a longtemps que j’ai compris que vous avez instauré le socialisme autogestionnaire ici. Ils sont déjà là ? En plus des ponctuels !

Ceux-là sont les pires, des casse-couilles de première ! Ils veulent un résultat sans sortir un flèche ! Ma journée est foutue avec cette margoterie. Bon, on va y aller…

J’entre dans mon bureau, bientôt il va falloir que je demande l’autorisation à Miss Margot, et je vois un couple assis.

À ma vue, ils se lèvent. On sent la vieille France sur le retour, le style châtelains obligés de vendre les terres pour refaire la toiture de la masure, histoire d’entretenir l’illusion d’un passé glorieux. La soixantaine bien tassée, lui grisonnant, un peu voûté, qui respire l’ambianceur et elle c’est la rombière sur le retour. Ils sont contrits, on a l’impression qu’ils viennent de se prendre un PV pour défaut de port du masque. Je précise, ce dernier est interdit dans mon cabinet ! Là-dessus au moins, Margot a appliqué mes consignes. J’ai la sensation d’être le curaillon qui vient pour l’extrême onction ! L’ambiance est au festif !

  • Maître, merci de nous recevoir, c’est votre secrétaire qui nous a autorisés à nous installer dans votre bureau
  • Je sais, je lui permets de prendre des initiatives et elle a vu que vous êtes des personnes de confiance.

Répondis-je avec un sourire fourbe de circonstance… Des fois, dans ce métier, il faut en raconter, des conneries… En fait, il faut faire que ça. J’espère que la plaisanterie ne va pas durer, ce dossier va me gonfler. Très urbain, je demande :

  • Que me vaut votre venue ? Je vous écoute.

Le mari un peu trémulant :

  • je préfère que Laurence vous explique, c’est mon épouse
  • Je ne sais pourquoi, en effet je l’avais subodoré…
  • Désolé, Maître nous ne nous sommes pas présentés…
  • C’est pas grave, vous êtes soucieux, je comprends.

Par contre, je sens qui est l’homme dans la maison, pas celui qu’on imagine. Il doit être le parent 2 ou 3, va savoir, c’est de notre époque. Les pères sont devenus aussi des tantes. La rombière, larmoyante m’explique le problème.

  • Maître, c’est terrible, nous avons perdu notre fille
  • Ah ! C’est terrible en effet ! Pour enlever toute équivoque, vous avez vu la plaque à l’entrée, il y a marqué quoi, dessus ?
  • Heuuu, avocat au barreau
  • Avocat, pas pompes funèbres ou objets trouvés.

On ne sait jamais, ces cons ont peut-être pris le mauvais train.

  • Excusez-nous, nous nous sommes mal exprimés…
  • Perdue, elle est morte ?

Je m’imagine, le coup du meurtre à la disqueuse par le mari, l’amant jaloux. Ça peut faire un beau procès.

  • Non, elle est toujours vivante

La déception… La plaidoirie, je l’avais déjà en tête. On repart sur le dossier foireux…

  • Elle a fait une fugue ? À mon avis, elle est majeure, vu vos âges… Désolé, faut être réaliste. Où est le souci ? Elle a le droit de faire sa vie. Sauf si vous avez adopté une petite Sénégalaise sur le tard et vous faites dans la mineure…
  • Non, elle a 30 ans et nous sommes de bons catholiques.

Justement, les pires !

  • Elle a disparu, ne donne plus signe de vie ?
  • J’arrive plus à suivre… Il se passe quoi, alors ? Je ne vois pas trop le but de votre visite
  • C’est terrible ce qui arrive, il faut la sortir de là. Pourtant nous lui avons donné une bonne éducation, elle n’a manqué de rien
  • Je n’en doute pas, mais sortir de quoi ? Elle est camée ?
  • Non, un peu de coke comme tous les jeunes de son milieu
  • Oui, comme tout le monde ! Pas camée, OK. Alors, elle est plutôt dans le broutage de gazon ? Elle s’appelait Valérie et maintenant c’est Édouard ? Elle a été embrigadée par un groupe LGBTQXTW ?
  • Non, non, nous sommes catholiques mais très ouverts, très tolérants.

C’est bien ce que je pensais…

  • Elle s’est convertie à l’islam et est partie faire jihadi-jihado avec les 4 gniards que Rachid lui a légués ?
  • Si c’était ça seulement, nous serions si heureux d’avoir des petits-enfants issus de la diversité.

Je me retiens pour pas les lourder ! Visiblement, ils n’ont pas compris qu’ici ce n’est pas la Caf, que je ne suis pas assistante sociale, encore moins Boris Cyrulnik…

  • Elle se prostitue ? Est la reine du gang-bang, du tourniquet japonais ? Elle est soumise à un proxo albanais ?
  • Non, pire…
  • Pire, je vois pas trop dans le scabreux…
  • Si, il y a pire… !

Et, là, les deux zigues se mettent à chialer. Des fontaines, c’est limite s’ils ne vont pas me faire un dégât des eaux, ces cons !

  • Dis-lui Marcel, j’ai pas la force…

Je vois Cecel qui se tord les doigts et qui met un certain temps pour prononcer une phrase. Finalement, elle arrive à sa bouche de gravos.

  • Maître, on ne veut pas que ça s’ébruite…
  • Ne vous inquiétez pas, nous sommes tenus au secret de la confession, pardon professionnel
  • Voilà, notre fille, c’est terrible à dire, j’ai du mal…

Et le voilà qui part en sanglots… Ils vont me niquer la journée, ces cons. Margot, je vais la tuer !

  • C’est pire que tout, elle est… j’y arrive pas, chérie, je peux pas… dis-lui, chérie…

Je sens le feuilleton à épisodes. C’est Bonemine avec ses bagouzes et son rouge à lèvres de chez Lidl qui prend le relais et m’annonce la nouvelle.

  • Elle est journaliste sur BFM !!!

C’est l’effondrement des deux, je suis obligé d’appeler à la rescousse Margot pour le Sopalin. Je l’avoue, ça me secoue aussi. Pire que ça, pour des parents, on peut pas imaginer, c’est cataclysmique.

  • Sortez-la de là, Maître… Nous n’avons plus que vous…
  • En effet, c’est un dossier très très délicat. Il faut être réaliste, je vais le prendre quand même. Il m’intéresse mais je ne garantis rien…

Faut toujours raconter des bobards au client, sinon on ferme boutique.

  • Hôôô Maître, merci, merci, peu importe le montant de vos honoraires, sortez-la de cet enfer !
  • Le dossier est entre de bonnes mains désormais ! Pour les honoraires, voyez avec ma secrétaire.

Après les salamalecs d’usage, le couple de blaireaux se tire. J’en profite pour me verser un sky des familles, histoire de me remettre de mes émotions. Et voilà la Margot qui rapplique.

  • Alors Boss, vous avez vu le chèque ?

En effet, elle a bien négocié : la Margot est redoutable en affaires, c’est pour ça que je la garde. Ça va payer les charges du mois avec un gros supplément.

  • Vous allez régler leur problème ?
  • Oui, sans aucun doute
  • Vous voyez : un dossier vite fait comme vous les aimez. Et qui rapporte et après vous me critiquez
  • Surtout aux suceurs du gouvernement et à tous les vautours qu’il va rapporter
  • Toujours votre côté réac… Sinon, vous allez faire quelque chose ?
  • Oui, j’en ai une, de solution : retrouvez le numéro de mon pote médecin
  • Le un peu spécial ?
  • Spécial, spécial… il est corrompu comme les autres… Je lui ai obtenu des non-lieux dans ses affaires de prescription du Médiator et ses implants mammaires qui explosaient. Il me doit bien ça. En plus, il passe à la télé pour donner des conseils sur le virus, le vaccin. Je lui ai refait son hymen
  • Oui, j’ai vu, impressionnant. Vous allez lui demander quoi ?
  • Qu’il me fournisse en Rivotril et vaccin justement
  • Vous allez faire quoi avec ça, ça n’a rien à voir avec le droit !
  • Les parents viennent me voir pour que je sorte leur fille d’un merdier, j’essaie de trouver la bonne solution en évitant un procès
  • Rivotril + vaccin. Vous, heu… vous voulez euthanasier les parents, c’est horrible…
  • Non, leur fille ! À son stade avancé, on ne peut plus rien faire… Elle aurait été sur France Inter, il y avait encore un minime espoir, très minime… BFM, là, c’est foutu, c’est le cancer en phase terminale, le cerveau est niqué, c’est irréversible !… En plus, ils nous remercieront et nous feront de la pub. À la réflexion, avec votre plan de prendre comme clients des parents d’employés de BFM, on peut se faire de l’oseille
  • C’est quand même horrible ce que vous dites
  • Allons, remettez-vous, je vous paierai un super resto…
  • C’est sûr ; ils sont tous fermés…
  • C’est ce qu’il y a de bien avec ce virus, on a une bonne excuse pour pas tenir ses promesses…

Paul Le Poulpe

https://www.bfmtv.com/sante/la-vitamine-d-peut-elle-contrer-le-covid-19_VN-202101030097.html

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13 Commentaires

  1. Rien compris !
    Je ne regarde sans doute pas assez BFM !
    Je vous la laisse !

  2. Un article bien trop lourd pour juste confirmer que BFM est tout sauf du journalisme…

  3. Succulant mon Paulo, avec les 13 de la photo, on a de quoi faire un golf à….39 trous, mouhahaha.
    Sinon, soyons plus sérieux, je te propose un bon business mon Paulo. On ouvre un claque, on à déjà 13 pensionnaires.

  4. Sur la page d’accueil, l’article est libellé « humour et dérision ».
    Vous devriez commencer la lecture par là.
    On sinon, lisez la rubrique nécrologique du Monde.

  5. Merci, j’ai bien rigolé.
    Avec la photo, au moins on sait que la rouquine (5ème en partant de la droite) porte un string noir.
    Doit pas s’ennuyer le personnel de BFM.

  6. Nous sommes « Charlie’s Angels »……Ca devient de la bande dessinee de mauvais gout….. Doit rigoler ou sombrer de desespoir collectif ?…. Nous imitons ( Monkey see, Monkey do ) les ricains dans leurs plus mauvaises expressions mediatiques dans tous les domaines. Et encore, c’est d’une atrocite sans limite. Vue l’utilisation des expressions en Anglais mal prononcees sur des fonds de chansons chantees en Anglais aussi, que la vaste majorite des suceurs d’ecrans se font subjecter, la culture et l’identite du Francais est effacee du registre des cultures influencielles comme politiques.

  7. Ne dites pas à ma mère que je suis journaliste, elle croit que je fais le trottoir !

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