Malien, je vis à Bamako, j’ai la jambe cassée, et j’exige un charter pour me faire soigner gratuitement en France

Publié le 23 juillet 2012 - par - 2 100 vues
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Je suis Malien, je viens de me fracturer le tibia et en plus j’ai une toux persistante qui m’inquiète. Il faut que je consulte un bon médecin français dans un bon hôpital et comme je ne peux pas me déplacer en ce moment, il faut que l’AME prenne en charge mes frais de transport. Pour être honnête je ne suis pas choqué si je dois payer 30 € pour bénéficier de ces soins indispensables. C’est une somme importante que j’accepte de payer, mais je ne peux pas être plus Républicain que votre  président et j’accepte bien sincèrement ce cadeau que vous me faites en me dispensant de ce « droit d’entrée ». Etant donné le caractère d’urgence et de gravité de ma situation, je pense que vous, citoyens et contribuables français, serez d’accord pour m’accorder l’AME. Si vous n’êtes pas d’accord, tant pis et c’est bien dommage mais votre nouveau gouvernement se veut encore plus attentif à ma situation, plus généreux et plus humanitaire que votre précédent gouvernement. Comme je ne connais pas encore bien votre pays, je pense que pendant les soins je pourrai être hébergé dans un de vos hôtels affrété par vos Préfectures et, si les soins doivent durer trop longtemps, je pourrai bénéficier de l’ATA (et libérer l’hôtel où on est un peu à l’étroit) pour un logement HLM grâce au DALO ou  SIAO et aussi du RSA et autres diverses allocations. Ma femme pourra évidemment m’accompagner ; pour ma seconde épouse on verra plus tard.

J’attends donc l’avion sanitaire pour me rendre en France où je ne suis jamais allé parce que j’habite Bamako.

– Quoi ? Vous me refusez l’AME et le transport médical parce que je ne suis pas présentement et physiquement dans votre pays ? Je ne vois pas pourquoi j’aurais droit à tout ça si j’étais venu illégalement chez vous alors que je suis ici resté chez moi de façon très honnête, et pourquoi que je n’y aurais pas droit ainsi que mes autres concitoyens  restés ici parce qu’ils n’ont pas les moyens de subvenir aux besoins d’un passeur ? Est-ce qu’en France vous donnez en plus une prime aux délinquants que vous appelez « sans papiers » alors qu’ils ont bien des vrais papiers de leur pays d’origine ?

Votre ex-ministre Pasqua affrétait des charters pour un retour au pays d’origine. Je propose avec votre changement de majorité l’affrètement de charters dans l’autre sens, c’est à dire vers la France. Pourquoi faut-il risquer son argent et sa vie dans un voyage incertain vers votre beau pays? N’est-ce pas malhonnête que de nous imposer cela au lieu de reconnaître nos droits « ici et maintenant » ?

 Alain Vérache

Pcc Adou M’voila

 

 

 

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