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Manif parisienne : les policiers m’ont paru bien agressifs…

Mardi 17 décembre 2019 : journée de manifestations fourre-tout où, à côté de l’opposition à la réforme des retraites, on voyait fleurir les sempiternels défenseurs de migrants ; la farandole des non-genrés – dont certains tout de même très genrés financièrement, jouant avec des portables valant sans doute cinq fois le prix du mien – ; des antifas parisiens très éduqués – anti-système mais futurs rouages dudit système –, et j’en passe.

Il y avait aussi quelques figures professionnelles de la contestation, dont un Olivier Besancenot renfrogné, sans doute vexé que les Gilets jaunes lui aient grillé la politesse du courage, à lui et ses petits camarades syndicalistes. Il faut dire que le courage contre Macron est devenu une denrée très jaune depuis quelque temps. Des Gilets jaunes ne se sont d’ailleurs pas privés de renvoyer aux syndicats leur couardise à la face, tandis que ces derniers se chamaillaient comme des mômes pour savoir qui serait le premier dans le cortège. Vous voyez le niveau ! Quant à refuser la trêve de Noël, c’est tout à leur déshonneur, selon moi…

Plusieurs fois, un Black Bloc a bien tenté de se constituer mais les forces de police étant à ce point nombreuses, cela ne s’est pas fait. Est-ce cette déception qui a motivé des membres de la BAC et des CRS à cogner des lycéens à la carrure de crevettes, aux environs de la place de La Nation ? Ce qu’ils ne font pourtant JAMAIS dans les établissements incandescents des banlieues « chaudes » !

Est-ce cette frustration qui a donné libre cours au matraquage de pompiers pacifiques venus s’agenouiller devant un cordon de CRS en signe de paix ? Bilan : des blessés. Quel exemple, quand on sait que ces mêmes pompiers sont régulièrement agressés par des hordes sans foi ni loi ! Dieu merci, ce mardi, ils ont eu, de la part des manifestants, l’ovation qu’ils méritaient…

(https://www.youtube.com/watch?v=jmw6uqxa8Rg)

À la limite, j’aurais compris deux, trois coups de pied au cul pour ponctuer certains slogans ouvertement anti-flics, mais les grenades lacrymogènes jetées dans le dos, les matraques télescopiques – en métal – voltigeant sur les têtes, et sans raison apparente, c’était minable. Serait-ce encore et toujours la logique de la proie facile ? Car ce n’étaient en face que des petits morveux, souvent pétris de certitudes idéologiques, certes, arrogants à l’occasion, mais pas le moins du monde violents.

 

 

 

 

 

Le résultat, c’est que certains manifestants, témoins de ces scènes, finissent par basculer dans une violence revancharde. Parce que le pouvoir humilie avec délectation des hommes et des femmes déjà bien amochés par la vie, quand il ne les mutile pas purement et simplement, ceux-là se vengent. Comme disait Malraux, parfois « la répression organise le terrorisme ».
Au sujet des mutilations – qui hantent la plupart des manifestants, où qu’ils se trouvent – il serait bon d’expliquer que lorsque deux LBD visent en même temps la foule, sans justification aucune, ça peut effectivement créer des tensions. Tout comme s’amuser à fendre un cortège paisible. Non que je défende les sauterelles d’ultra-gauche qui dévastent tout sur leur passage, mais à force de réprimer gratuitement le moindre soupçon de révolte, on sème le vent des tempêtes à venir.

 

 

 

Fort heureusement, la Préfecture de Police de Paris ayant cyniquement autorisé le cortège à passer par là, et après que des maires d’arrondissements eurent manifesté leur mécontentement, le chantier de la place de La Bastille – rempli d’objets divers et variés permettant de réitérer l’exploit du 16 novembre dernier, place d’Italie – avait été tout de même sécurisé. Dommage, là non plus, pas de quoi faire mumuse avec les nervis du Black Bloc et cautionner les délires répressifs de Didier Lallement !

Parce que c’est le sentiment que j’ai eu tout au long du parcours : les uniformes n’étaient là que pour provoquer à la faute. Je me suis même payé le luxe de rappeler à ces messieurs-dames qu’ils servaient la France, pas les intérêts particuliers de l’ultralibéralisme apatride. Ah, comme j’aurais aimé les voir si prompts à réprimer la tyrannie des gangs de banlieues ou les prêches assassins qui ont conduit à des massacres sans nom dans notre pays ! Vœu pieux, je sais, puisque de pays il n’est plus que son ombre…

Charles Demassieux 

(Photos & vidéo : Charles Demassieux pour Riposte laïque)