Manifester contre Sarkozy, oui ! Agresser Marine Le Pen ou Dupont-Aignan, non !

Publié le 7 mars 2012 - par - 1 358 vues
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Ces dernières semaines, Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan et Nicolas Sarkozy ont été, à des degrés divers, conspués, bousculés voire insultés par des manifestants vindicatifs. Mais les perturbations rencontrées par la présidente du Front National et le candidat de Debout la République peuvent-elles être comparées au récent désarroi du président sortant ?

Nicolas Sarkozy est lié aux puissances de l’argent et représente le pouvoir coercitif de l’Etat. C’est un homme puissant. Quoiqu’on puisse désapprouver les manifestations d’hostilité à son égard, celles-ci ne manquent toutefois pas d’audace. Manifester contre le chef de l’Etat peut être un acte risqué lorsqu’on sait de quelle façon ont été traitées certaines personnes qui ont eu l’outrecuidance de brandir des pancartes ironiques contre le président de la République. N’omettons pas que Nicolas Sarkozy est au pouvoir depuis 2002 (ministre de l’intérieur de 2002 à 2004 puis de 2005 à 2007, brièvement ministre de l’économie et des finances en 2004 et président de la République depuis 2007). Durant cette bien longue période, il n’a eu de cesse de multiplier les provocations et les mensonges. Cette courte vidéo étaye nos dires : http://www.dailymotion.com/video/xp0c80_les-promesses-n-engagent-que-ceux-qui-les-croient_news

Aujourd’hui, Sarkozy fait enfin face à la dure réalité : derrière les centaines de CRS qu’il mobilise à chaque fois, bloquant les routes et les quartiers des villes dans lesquelles il se déplace, derrière les habituels villages Potemkine de l’UMP, composés de vieilles acariâtres – véritables caricatures d’une certaine bourgeoisie dédaigneuse –  et de quelques « fils à papa » – qui pensent encore bêtement que Canal + est une chaîne « gauchiste », que les chômeurs sont des fainéants alcooliques ou que François Hollande est un marxiste-léniniste -, plus grand monde ne le soutient. Force est de constater que le candidat autoproclamé du peuple peine à duper une nouvelle fois ses concitoyens. Il n’y a aucun suspense : s’il n’y a pas de crise internationale majeure (une attaque israélo-américaine contre l’Iran par exemple) – qui pourrait profiter au président sortant -, François Hollande sera élu président de la République. Le second tour de l’élection présidentielle opposera probablement le candidat du Parti socialiste au candidat de l’UMP. Nous assisterons alors à un vote de rejet, et non d’adhésion, qui s’exprimera dans les urnes contre Nicolas Sarkozy.

En revanche, les manifestations  – parfois agressives – qu’ont subies, dernièrement, Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan, sont symptomatiques de la veulerie d’une poignée de nervis gauchistes. Il n’est pas courageux de s’attaquer à des personnalités politiques (ainsi qu’à leurs sympathisants) qui ne peuvent compter que sur elles-mêmes pour se défendre. Il n’y a aucun mérite à déverser son fiel contre ces mêmes personnalités politiques qui sont constamment méprisées et décrédibilisées par le discours médiatique et politique ambiant.  Au nom d’un antifascisme de pacotille (http://ripostelaique.com/le-front-national-est-il-reellement-fasciste.html) qui n’a, à l’encontre du Front national et de Nicolas Dupont-Aignan – scandaleusement qualifié de « facho » par des gauchistes haineux -, aucune justification politique, ces histrions pleutres, prétendument de gauche, révèlent leur méconnaissance crasse de l’Histoire et leur haine de la liberté démocratique. Notre propos ne vise pas à défendre le Front national – dont les idées sont critiquables et contestables – mais à faire respecter la liberté d’expression politique d’un parti légal, et de combattre les raccourcis et amalgames politico-historiques éructés par des cuistres sectaires. « Nous contre Eux », telle est l’obsession manichéenne de ces révolutionnaires frustrés, soutenus par des groupes de pression institutionnalisés qui déversent quotidiennement leurs inepties bien-pensantes. Cette paranoïa idéologique, révélatrice du mal-être existentiel de petites gens en quête d’héroïsme fumeux, prétend défendre une idée – abstraite – du Bien, des droits de l’Homme, de l’amour de l’humanité. Un amour abstrait qui se traduit, hélas, par une haine – concrète – des personnes désignées formellement comme idéologiquement néfastes.

Nous n’avions aucun doute quant au caractère antirépublicain de ces groupuscules. Nous savons désormais qu’ils sont aussi des adversaires acharnés de la démocratie.

Stanislas Geyler

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