Mantes-la-Jolie : les miliciens grands frères escortent les médecins en zone musulmane

De toutes les nouvelles (et il y en eut!) qui nous sont parvenues cette semaine du monde en folie, la plus ahurissante est née chez nous, en France, précisément dans la bonne ville de Mantes-la-Jolie, petit paradis multi-culturel que les médecins, las de s’y faire insulter, agresser ou vandaliser leur voiture, fuient désormais à toutes jambes.

Des « grands frères » ont proposé à mes confrères de les accompagner, en escorte, lors de leurs possibles visites chez des patients. Au début, j’ai cru à une de ces vannes véhiculées sur la Toile par des facétieux, à l’un de ces traits d’humour que nos amuseurs publics se dispensent avec précaution, sous peine de quelque fatwa, de lâcher contre l’air du temps. Mais non ! L’affaire est sérieuse et l’information, vérifiée.

Ainsi la cité des Yvelines ennoblie par une pure merveille gothique se livre-t-elle, comme dans un cauchemar éveillé, à la mode libanaise des factions, des milices, des postes de contrôle et des traversées de secteurs sous l’oeil des guetteurs et, demain, des tireurs d’élite. Ainsi une ville française officialise-t-elle, dans un subit mouvement vers les profondeurs de ses propres entrailles, à des intermédiaires dont le souci principal est, clairement, d’en soustraire des quartiers entiers pour en faire des zones échappant une fois pour toutes aux lois de la République. Ainsi dois-je revivre, dans mon propre pays, ce que j’ai vécu chez les autres, et qui se nomme, dans la sourde rumeur des glas, guerre civile.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit. Un territoire naît, confisqué à la communauté nationale, géré et administré par des gens auto-proclamés protecteurs de la civilité, en fait liquidateurs dûment appointés de la règle commune. Fossoyeurs rigolards, pleins de cette force que donne la faiblesse du camp d’en face, passerelles ambiguës entre les mondes, il viennent, insolents, occuper les espaces que leur abandonne l’État. Tout désir de négociation aboli, ils prétendent imposer leur vision des choses, en vérité les barrages qu’il conviendra désormais de franchir avec leur permission pour simplement faire son métier.

Mantes-la-Jolie, laboratoire d’idées neuves, inaugure la grand bâtiment au fond duquel gît la République. Et ce sont les édiles en principe chargées de garder le monument qui ouvrent en grand la porte. Mairie et Conseil Général se déclarent intéressés par le projet. Intéressés par le projet! Il faut le répéter cent fois dans sa tête pour finir par se persuader que c’est possible en France, une telle désertion, une aussi incroyable capacité à baisser son pantalon pour mieux recevoir l’hommage, une trahison semblable à celles qui, à quelques reprises, annoncèrent la livraison de la France, clés en main, à l’étranger.

Alors, que dire? Une adresse au Ministre de l’Intérieur. Monsieur Valls, le temps vous est compté pour remettre les choses en ordre dans le pays que son peuple vous a confié. Escorter des médecins pour les conduire chez les gens ! Prenez-vous conscience de ce qui vous est proposé là ? Réalisez-vous dans quels abîmes nous jettent les convulsions souterraines dont les « grands frères » de Mantes-la-Jolie ne sont en fait que les ondes transmises, l’écume de la vague? Vous qui, du fait de votre âge, n’avez pas la totale mémoire des grandes tragédies d’avant la chute du Mur, apercevez-vous leur filiation aujourd’hui en action dans la patrie de Clémenceau, de Gambetta, de Jean Moulin? Comprenez-vous la manoeuvre amorcée dans une lointaine banlieue de Paris, demain généralisée à la France toute entière? Voyez-vous, oui ou non, avancer, derrière le fraternel sourire des agents d’influence, la libanisation accélérée de la France?

Si vous vous sentez innocent de tout cela, dites-le. Les choses seront au moins claires vous concernant. Si non, agissez, sans tarder. Rétablissez la République là où l’on s’essuie les pieds dessus, parez le coup qui lui est porté au travers de cette seule, invraisemblable et pourtant bien réelle proposition, imposez-là avant qu’elle ne soit plus qu’un jeu de piste mortellement dangereux, arbitré par les milices. C’est un témoin de barbaries encore fraîches de leur sang versé qui vous le demande.

L’Histoire passe devant vous, Monsieur Valls. Embarquez avec elle pour en changer le cours, c’est là le hasard heureux des hommes d’action placés au bon endroit, au bon moment. Si d’aventure vous restiez sur le quai, sachez que ce serait parce que la locomotive, les wagons et les passagers vous seraient passés sur le corps. À vous de choisir, sans délai.

Alain Dubos

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