Mariage homo et droit de vote des étrangers : la gauche divise les Français

Publié le 17 octobre 2012 - par - 1 719 vues
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Alors que la gauche accusait Nicolas Sarkozy et la droite de cliver les Français avec les thématiques de l’identité nationale et sur la laïcité, force est de constater que la gauche en fait autant avec le mariage et l’adoption des homosexuels et le vote des étrangers. Deux thématiques qui révèlent sa profonde incohérence idéologique.

Loin de faire l’unanimité, le mariage homosexuel que prépare le gouvernement actuel suscite de nombreuses défiances parmi la population y compris de nombreux maires, qui ont déclaré ne pas vouloir célébrer ces unions. La gauche d’ordinaire si permissive et laxiste déclare avec fermeté, à travers la voix de Najat Vallaud Belkacem : « La loi s’applique de la même façon pour tout le monde et cela concerne en particulier les élus qui doivent connaître la loi et l’appliquer. Ils n’auront juridiquement pas le choix ». Mais, si force est à la loi alors selon la loi du 30 juin 1881 confirmée par le décret-loi du 23 octobre 1935 qui prohibe toutes manifestations statiques cultuelles ou non sur la voie publique, les forces de l’ordre auraient donc le devoir de disperser les prières de rue des musulmans. D’autant plus, que cela contrevient à la notion d’espace public qui est un espace qui ne peut être confisqué au profit d’un groupe d’individus pour une utilisation privative exclusive (circulation et passants bloqués quand ils ne sont pas pris à parti pour non- respect de la prière). Qu’attend-on alors pour envoyer les CRS? De plus, la loi du 11 octobre 2010 interdit de fait le voile intégral (même si la loi avait pris soin de ne pas mentionner précisément l’aspect religieux pour ne pas stigmatiser les musulmans déclarant l’interdiction de circuler le visage dissimulé) alors les forces de l’ordre devraient impérativement l’ôter à toute femme arborant ce voile intégral en public. Si « la loi s’applique de la même façon pour tout le monde » pourquoi dans la pratique tant de dérogations quand il s’agit des musulmans?

Encore une fois la gauche est sélective. Elle est ferme seulement quand cela concerne un droit favorisant une culture ou pratique minoritaire dans sa perspective chère du droit à la différence. Or, le mariage et l’adoption par des couples homosexuels porté par la gauche renferme la profonde incohérence intrinsèque de la bonne pensée qui est de façon paradoxale : éloge et respect de l’altérité tout en défendant l’indifférenciation. Cette dernière notion renvoie au principe d’égalité (pas de différence entre l’homme et la femme, entre l’autochtone et l’immigré, entre l’hétérosexuel et l’homosexuel). L’idée maitresse est que les caractéristiques propres des individus doivent s’effacer pour se fondre dans un universel où chacun est semblable à l’autre pour favoriser la concorde. L’origine du mouvement homosexuel était un droit à être différent, à pouvoir vivre sa sexualité sans se conformer aux codes de la majorité. Maintenant, on est passé à la normalisation de la différence dans une logique de non-discrimination et ce schéma se répète avec toutes formes d’altérité. Bizarrement, on ne demande pas l’avis des musulmans sur le sujet eux qui ne brillent pas par leur tolérance en la matière (de nombreux pays musulmans criminalisent l’homosexualité même si celle-ci est assez répandue chez les musulmans). Certainement qu’ils espèrent profiter de l’aubaine pour demander la légalisation de la polygamie. Après tout, s’il faut respecter les différences culturelles et si on déroge au modèle type de la cellule familiale hétérosexuelle monogame, qu’est ce qui pourra légitiment s’opposer à de telles revendications?

Certes, si une majorité de français se déclare en faveur du mariage homosexuel il n’en va pas de même de l’adoption et encore moins du vote des étrangers. La gauche criait au populisme quand la droite parlait d’identité nationale ou de la laïcité (pour ne pas dire Islam) qui étaient pourtant des sujets prégnants et légitimes pour une majorité de français. A l’inverse, la gauche, elle, tend à imposer des modifications sociétales importantes mais sans l’assentiment majoritaire du peuple (ni même des étrangers concernés). Si on entend par peuple « populisme », il faut néanmoins rappeler que le peuple composé de citoyens participent à l’exercice de la souveraineté nationale. Le mépriser, c’est mépriser les fondements de légitimité de notre système politique. La différence de nature entre ces deux exemples, c’est que la gauche se pose comme l’éternelle défenseure des « minoritaires », positionnement qui ne peut être que positif et philanthropique. De fait, elle peut user contre ses détracteurs, inquiets des conséquences que ses changements pourraient occasionner, de l’arme de destruction intellectuelle massive ; à savoir l’accusation d’intolérance et/ou de racisme ; celui-ci devenant le nouvel anathème de notre siècle. Si bien, le racisme devient le crime suprême et la notion est appliquée à toute forme de combat.

En effet, la parité et le droit des femmes est un combat emblématique de la gauche. Un livre : « Osez le féminisme » avait dit en substance que le combat des femmes est un combat similaire à l’antiracisme. Si on retrouve des violences aux femmes dans toutes les cultures, j’ignorais que la polygamie, les mariages forcés, les mariages de jeunes filles, l’excision, les jets d’acide sur les femmes, les tournantes, les insultes gratuites aux femmes dans la rue ou dans les chansons de rap étaient des marques endogènes de la culture européenne. Cela est paradoxal, si la gauche qui se déclare tellement progressiste et moderne en matière de mœurs, alors elle devrait être en première ligne contre une religion aussi rétrograde que l’Islam qui dans ses fondements est aussi éloignée de ces valeurs. Or de cela, elle s’en défend au nom du respect de la diversité et de l’antiracisme idéologique. C’est certainement cette idéologie qui tend à devenir totalitaire qui semble expliquer ces incohérences. La dictature de la tolérance et des minorités légitime toutes ambivalences tant qu’elle reste conforme à cette idéologie sans même envisager qu’elle puisse peser sur le seuil de tolérance de la majorité qui se voit sans cesse méprisée par ce nouvel ordre moral.

David Rosario

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