Marie-Neige Sardin : Je repasse au tribunal, pour avoir dit « Arrêtez de faire la bamboula » !

Riposte Laïque : Peux-tu nous dire où en sont tes ennuis judiciaires ?

Marie-Neige Sardin : Le 9 juin 2011, j’ai été condamnée à 500 euros d’amende pour « injure envers un particulier en fonction de sa race, de sa religion ou de son origine, » en utilisant le mot bamboula dans l’expression « arrêter de faire la bamboula  » et refus de me soumettre à la demande de prise d’empreintes digitales dans le cadre de ma garde à vue de 24 heures.. Une minute après la tombée du verdict je fis donc appel dans l’espoir d’avoir un autre procès. Ce dernier a lieu le mercredi 11 janvier 2012 à la cour d’appel de Paris, 6 boulevard du palais, escalier K, 7ème chambre, pôle 2ème section, à partir de 13h30.

Riposte Laïque : Comment as-tu vécu le premier procès ?

Marie-Neige Sardin : Ce premier procès, qui s’est déroulé au tribunal de Bobigny, est sans doute l’une des blessures de mon être qui ne cicatrisera jamais.

Il est le viol de mon honneur, comme si celui de mon corps n’avait pas suffi.

Je l’assimile à un lynchage en règle, commis par les institutions au nom de la justice, au nom de la loi.

Je l’ai vécu comme une lapidation où les mots prononcés étaient les pierres chargées de me tuer chaque seconde un peu plus.

Je l’ ai ressenti comme un déni total, comme un vomissement de ce que je représentais, comme une injustice relevant d’un crime contre toutes les victimes.

Riposte Laïque : Penses-tu que la sortie de ton livre, et les quelques émissions télévisées et articles dans des quotidiens nationaux, peuvent changer la situation ?

Marie-Neige Sardin : Je n’ai pas la prétention de faire changer la situation à moi seule. Je ne suis, avec mon livre (1), que ce petit grain de sable qui a réussi à se glisser dans les rouages des machines politiques et institutionnelles. Il est si petit que nul ne peut l’atteindre, nul ne peut le broyer, nul ne peut le saisir, mais chacun doit pourtant le prendre en considération tant le tout s’enraye face au peuple.

Le livre est là comme un simple témoignage de ce qui se passe concrètement dans ma ville, dans mon département. Il a la volonté de déranger, d’alarmer, d’informer le peuple de ce qui se trame en silence. Il fallait que quelqu’un dise non à ce qui prend des allures d’un génocide de nos valeurs .

Riposte Laïque : Imagines-tu aller jusqu’à la retraite, dans la même librairie, ou t’arrive-t-il de réfléchir à aller vivre ailleurs ?

Marie-Neige Sardin : La retraite, je ne l’envisage même pas. Il faut d’abord que l’échoppe se maintienne à flot, ensuite poursuivre le redressement de la barre et enfin naviguer en eau plus sereine.

Tout un programme! Renoncer à mon coin de France où il fait bon s’instruire et échanger ne fait pas partie de mes projets. Je n’envisage pas d’aller vivre ailleurs, espérant à tort ou à raison que le bon sens populaire l’emportera un jour. Le Bourget a une renommée internationale : Au lendemain de la première guerre mondiale, l’aviation civile a bénéficié sur l’aéroport du Bourget d’installation et de matériel qui en font rapidement l’aéroport parisien de référence. Les premières lignes régulières desserviront bientôt Londres, Bruxelles et Amsterdam puis, bientôt, toute l’Europe. Le Bourget devient aussi un lieu de promenade où l’on vient admirer ces machines qui vont bientôt relier les quatre coins du monde. C’est un lieu de départs et d’arrivées de grands raids aériens. Le 8 mai 1927, l’ Oiseau Blanc décolle du Bourget, les pilotes Charles Nungesser et François Colis espèrent atteindre New-York sans escale, malheureusement l’avion disparait. C’est finalement Charles Lindbergh qui réalise la première traversée aérienne de l’Atlantique Nord entre New-York et Paris, le21 mai 1927. On vient applaudir l’aviateur, « vainqueur » de l’Atlantique Nord sur son Spirit of Saint Louis 

L’on ne déserte pas d’une telle ville, l’on maintient la présence du petit prince et de Saint Exupéry envers et contre tout, comme un devoir que l’on s’impose au nom des sacrifices consentis par nos pères pour que vive La France.

Propos recueillis par Pierre Cassen

(1) Celle qui a dit non, de Marie-Neige Sardin, L’œuvre Éditions, 19 euros

image_pdf
0
0