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Marine est épuisée, victime d’une coalition inédite sous la Ve République

On ne va pas se mentir, Marine Le Pen n’a pas été à la hauteur dans ce débat télévisé de l’entre-deux tours. Cela dit en tempérant l’ardeur « désintéressée » des médias français qui, sondages douteux à l’appui, ont proclamé Emmanuel Macron vainqueur, tandis qu’il n’a été, au mieux, qu’un bon élève récitant sa leçon sans y croire, au pire – et c’est plutôt mon avis – un calculateur froid, égocentrique comme toujours, et surtout : le regard aussi rassurant qu’un prédateur affamé.

Non, notre candidate – la mienne en tout cas ! – n’a pas su creuser les sujets, tombant dans le piège de l’attaque de surface et répétant ce qu’elle avait déjà déclaré maintes fois ailleurs, au risque de paraître fébrile et peu sûre d’elle, étalant devant elle ses dossiers comme s’il s’agissait de passer un oral du bac !

Précisément, fébrile elle l’était. Et pourquoi son adversaire ne l’était-il pas ? Allez écumer les récentes unes de journaux, repassez-vous les émissions politiques de ces derniers mois et vous comprendrez : depuis qu’elle s’est déclarée candidate à la Présidentielle, et qu’il était évident qu’elle serait au second tour, Marine Le Pen a dû essuyer toutes les attaques et l’autre coin-coin a été traité comme les Beatles au temps de leur gloire !

Se battre sur plusieurs fronts, ça vous épuise, c’est un fait. En 1814, la Campagne de France a fini par avoir raison de Napoléon, lequel n’avait plus de répit. Et son retour éphémère, l’année suivante, s’est achevé à Waterloo. Quand on a le monde contre soi, c’est dur de résister.

J’en suis convaincu, c’est l’épuisement qui a conduit Marine Le Pen à commettre des bourdes de débutante, dont celle de laisser nommer Jean-François Jalkh à la présidence de son parti pour pouvoir se consacrer pleinement à sa campagne. Bourde presque immédiatement corrigée avec la nomination de Steeve Briois. Mais le mal était fait. Et peu importait que le candidat des antisémites – il a le vote musulman dans la poche, il me semble ! – fût Emmanuel Macron, la meute, bien dressée, savait où et comment mordre.

La candidate patriote est fatiguée non par la nécessaire énergie que demande une campagne présidentielle, mais par l’opprobre dont elle est victime, ce venin distillé jusque chez ces cancrelats du show-biz, dont il faudra, ici-même, nous occuper en exhortant, pour commencer, les Français de conscience à ne plus les enrichir en les boycottant purement et simplement. Imitons ces électeurs d’Emmanuel Macron qui agissent de la sorte avec les produits israéliens, via cette association ultra gauchiste, le BDS (Boycott, désinvestissement, sanctions). Dis-moi qui vote pour toi, je te dirai qui tu es, n’est-ce pas, monsieur Macron ?

Par ses petits arrangements avec le pire – immigration et ultralibéralisme –, votre adversaire et sa suite, Madame, nient le droit du peuple français à disposer de son avenir, insultant en cela un penseur qu’ils ont souvent l’outrecuidance de s’approprier et qui disait pourtant : « Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle » (J.-J. Rousseau, Du contrat social).

L’hystérique chouchou des midinettes est peut-être un pantin inconsistant, mais il est encadré par une équipe dont la perversité a fait ses preuves et qui tient le Quatrième pouvoir dans ses mains. Vous êtes seule, ou presque, puisque même ceux qui devraient vous défendre avec acharnement le font avec une timidité de vierge effarouchée : Philippe de Villiers où êtes-vous ? Vicomte, votre silence assourdissant me déçoit au plus haut point !

Dans ces conditions, c’est même admirable que vous ayez tenu bon, et je trouve que certains de notre camp vous accablent un peu hâtivement. Mea culpa, moi aussi j’ai grogné comme un roquet dans son panier, à l’issue du fiasco d’hier soir. Cependant, il reste cette clameur, laquelle a fait trembler bien des empires : le peuple. Alors, Madame, relevez la tête, soyez comme ces soldats de Verdun qui, contre toute attente, ont résisté et fait plier l’ennemi.

Ce qui se joue, ce n’est pas une victoire, c’est tout simplement la France et son passé, Madame la Présidente.

Charles Demassieux