Marine Le Pen doit comprendre que la ligne de Chauprade correspond aux attentes populaires

Publié le 3 octobre 2014 - par - 1 858 vues
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marine-et-les-gauloisCette question n’est pas aussi iconoclaste qu’elle le paraît. Depuis quelques temps, s’inspirant sans doute plus d’Edgar Faure que de Machiavel, Marine Le Pen évolue entre deux lignes, celle incarnée par Philippot, celle que défend Aymeric Chauprade.

Ainsi dans un article du Monde du 27 septembre 2014, le journaliste Abel Mestre, bien informé de l’intérieur du front, écrit-il un article : » au Front national, des sensibilités opposées s’organisent en vue du congrès. »

« Le Front national serait le seul parti en France où les courants de pensée sont absents du débat interne. « Nous avons une force : nous sommes très unis, même idéologiquement, assure ainsi Florian Philippot, le numéro deux du parti. La force du FN est de ne pas être dans des querelles de chapelles. Il n’y a aucun avantage à aller dans la voie des motions, des courants. C’est le principe même des partis qui se cherchent. Ça ne mène à rien. »

Pourtant, la réalité semble plus complexe. Si la parole et l’autorité de Marine Le Pen, la présidente, ne sont pas discutées, des sensibilités différentes s’affirment dans son entourage. « Même si ce ne sont pas des courants structurés, nous voyons des tendances qui se mettent en place, qui sont destinées à s’affronter tôt où tard « Nationaux Républicains contre Libéral Conservateur ». Cette réduction journalistique ne rend pas compte des véritables questions idéologiques qui sous-tendent l’affrontement entre ces deux lignes.

Il semblerait que sur une base « national-républicaine » comme Mégret le polytechnicien, Philippot l’énarque qui se réclame de Chevènement et du général de Gaulle, se trouve avoir de nombreux supporters au FNJ et dans une partie de l’appareil du FN.
L’histoire nous dira quelle ligne, celle d’Aymeric Chauprade ou de Philippot l’emportera au FN et auprès de Marine Le Pen, mais, celle défendue par Aymeric Chauprade correspond aux attentes de notre peuple.

Dans son texte du mois d’août « manifeste sur les questions d’immigration et de politique internationale », où la question du « grand remplacement » tient une place importante il prend une direction qui n’a plus rien à voir avec ses idées passées et, ses idées sur le choc des civilisations et contre l’islamisation de notre pays sont de celles que nous soutenons.

La question du « grand remplacement de population » est une thèse, formulée par Renaud Camus (empruntée à Bertold Brecht qui écrivait après la révolte des ouvriers en Allemagne de l’Est alors communiste : si le gouvernement n’aime pas le peuple, alors qu’il en change !) : cette thèse est également portée par les Identitaires pour qui : « une substitution de population est à l’œuvre, une immigration de peuplement remplaçant progressivement la population française d’origine, avec la bénédiction d’un « pouvoir remplaciste ».

Cette thèse est la nôtre depuis toujours, et c’est pourquoi depuis quelques temps Riposte laïque est attaqué par le FN et surtout les amis de Philippot.
Ces gens nous considèrent comme des malades, des obsessionnels « islamophobes » craignant un pseudo-danger immigré qui viserait à mettre la civilisation française en danger.

Malheureusement pour la France et les vrais Français, nous ne rêvons pas. Chacun peut l’observer dans sa vie de tous les jours, les Français subissent les dégâts causés par une immigration galopante et de plus en plus distribuée sur l’ensemble du territoire national.
Je citerai un seul exemple, ce jour (1er octobre 2014) est annoncé un déficit de plus de 10 milliards d’euros de la sécurité sociale et donc les socialistes amis du peuple depuis toujours annoncent « mécaniquement » une baisse drastique des remboursements et par miracle ils trouvent 73 millions d’euros à réinjecter dans l’AME, c’est-à-dire la gratuité totale des soins pour les pseudo demandeurs d’asile, les immigrés clandestins et bien sûr la poursuite de la CMU et de la CMUC pour toute personne présente sur le territoire national.

Ce petit exemple répété qui fait que l’immigration revient à plus de 80 milliards d’euros par an à la France, non seulement remplit les prisons, mais vide les caisses de l’État et donc spolie les Français.

Voilà ce que dit au « bréviaire des patriotes » Aymeric Chauprade qui a sûrement lu, David Galula et von Clausewitz quand Marine Le Pen en était à la collection Harlequin.
« Il est incontestable que la dynamique d’immigration extra-européenne est en train de se traduire en France par le remplacement des populations de souche française et plus largement européenne par des populations non européennes. À noter que les Français de nos territoires d’outre-mer, bien que n’étant pas de souche européenne, sont des Français à part entière et que j’ai, à leur endroit, une affection toute particulière. Je tiens beaucoup à l’outre-mer français qui participe de l’identité française au même titre que la métropole et qui contribue à faire de la France une puissance de dimension mondiale. Ces Français sont eux-mêmes soumis dans leur zone géographique à une pression migratoire forte et subissent aussi les conséquences de la dérégulation migratoire. »

Nous sommes entièrement d’accord sur son analyse et dans le même article il poursuit : « Pour revenir au territoire européen de la France, les statistiques de l’Ined sont implacables quant à l’augmentation de la proportion d’origine extra-Européenne dans la part des nationaux. Le grand remplacement ethnique n’est donc pas une illusion, un fantasme comme veut le faire croire l’idéologue Hervé Le Bras, auquel il faut opposer les travaux de démographes sérieux comme Gérard-François Dumont, Philippe Bourcier de Carbon ou Michèle Tribalat. Ce grand remplacement, qui inquiète des penseurs aussi différents que Richard Millet, Renaud Camus ou Alain Finkielkraut, est une réalité mathématique. À cela s’ajoute un phénomène de multiculturalisme, car l’assimilation des populations extra-européennes ne se fait plus. Elle pouvait se faire à petite dose, elle ne saurait se faire à haute dose. C’est volontairement que je n’utilise pas le terme intégration, car il ne veut rien dire. Il n’y a en réalité que trois modèles possibles : le refus de l’immigration et la conservation de l’identité ethnique, modèle qui est celui de la plupart des pays du monde, du Japon, de la Chine, de la Russie, d’Israël, des pays arabes, jusqu’à la Côte d’Ivoire qui a explosé autour du concept d’ivoirité… ; l’assimilation, qui veut qu’un pays multi-ethnique peut être viable à la condition d’être mono-culturel, c’est-à-dire homogène culturellement ; le modèle multi-ethnique et multiculturel qui est en réalité celui vers lequel nous dérivons de manière tragique. »

« Ma position est pragmatique. Je pense qu’il faut s’efforcer de défendre le premier modèle, ce qui revient à créer les conditions du départ d’un grand nombre d’immigrés extra-européens n’ayant pas vocation à rester sur notre territoire, tout en assimilant la composante de l’immigration qui est assimilable, sur le critère premier du mérite, c’est-à-dire des efforts qui ont été faits par ces immigrés pour s’assimiler à la civilisation française (par exemple la maîtrise de la langue française, la francisation des noms, l’adhésion à la culture française…) et ce qu’ils apportent à notre peuple en terme de prospérité et d’innovation. »

Il est également reproché à Aymeric Chauprade, que ce soit au FN ou sur les sites de la droite dure une analyse différente sur Israël et par voie de conséquence sur les juifs :
« Quant à savoir si la question identitaire intérieure affecte notre position internationale, la réponse est sans conteste oui. D’abord parce que beaucoup de pays, en Asie en particulier, mais aussi en Amérique latine, ne croient pas à l’avenir d’un pays repeuplé par des populations venues d’Afrique et ne comprennent pas la faiblesse des Français face à la dynamique d’islamisation. Je peux en témoigner : j’évoque ce sujet avec des décideurs politiques et économiques de haut niveau en Corée du Sud, en Chine, en Argentine, en Russie… Et mes interlocuteurs ne comprennent pas le suicide identitaire de la France.

Deuxièmement parce qu’il est devenu évident que le poids de la communauté musulmane française, ses connexions avec certains pays du Golfe, sont devenu des paramètres pris en compte dans nos décisions de politique étrangère. L’exemple de l’axe Syrie/Iran, axe chiite auquel s’oppose un axe sunnite radical soutenu par les monarchies sunnites du Golfe est, à cet égard, très parlant. Il est évident qu’il est plus confortable du point de vue de notre “opinion publique” musulmane de soutenir des Arabes sunnites que des Perses chiites et des Arabes alaouites et chrétiens ! En même temps, nous nous retrouvons dans cette position schizophrénique où nos services extérieurs aident la rébellion islamiste sunnite en Syrie tandis que nos services intérieurs doivent suivre à la trace les Français de papier qui quittent notre sol pour aller faire le djihad en Syrie… Je pense que deux choses expliquent principalement les options de la politique étrangère de la France : d’une part la puissance de l’atlantisme au sein de nos élites gouvernantes, d’autre part la prise en compte croissante du poids des musulmans dans notre société, et donc aussi dans notre armée. »

http://fr.novopress.info/142732/aymeric-chauprade-grand-remplacement-ethnique-nest-donc-pas-illusion/

Sur Israël oui le ton et l’analyse ont changé et nous ne pouvons que nous en féliciter, car la défense d’Israël c’est la défense de notre civilisation au Moyen-Orient, c’est le lieu de Moïse et des tables de la loi, de Jésus et non celui du chamelier égorgeur le sus nommé Mahomet.

« Personne ne peut nier que Gaza est un enfer et que la population palestinienne paie au prix fort cette situation. Mais deux questions se posent. »
« Premièrement une question militaire. Depuis la Seconde Guerre mondiale, je ne vois aucune puissance occidentale qui puisse donner des leçons à Israël quant au nombre de victimes civiles. Tout le monde sait qu’il y a, dans tous les conflits du monde, au moins 2/3 de victimes civiles. Le cas israélo-palestinien n’est pas une exception. Intéressez-vous aux bombardements américains de Fallujah en Irak, aux bombardements occidentaux contre les Serbes ou les Libyens, aux bombardements des forces régulières syriennes contre les bastions islamistes syriens, aux bombardements russes en Tchétchénie… Revenez un temps sur ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire avec la chute de Gbagbo.
Partout les civils ont payé plus que les combattants. Interrogez les militaires français qui connaissent la réalité de la guerre et vous sortirez alors de cette fausse idée que les Israéliens tuent plus de civils que les autres armées. Il faut être soit très angélique, soit intoxiqué par la propagande médiatique pour croire à ce mensonge.

Deuxièmement, posons-nous la question de la responsabilité politique. À partir du moment où un mouvement, le Hamas, lequel, je le rappelle, a gagné les élections à Gaza, a pour objectif non pas la formation de l’État palestinien, mais la destruction d’Israël, alors il ne faut pas s’étonner que les Palestiniens connaissent le malheur. Ce n’est pas la Cisjordanie qui est bombardée, c’est Gaza. »

Il est bien de remettre les choses à leur place quoique concernant les habitants de Gaza, comme les habitants de Dresde, tous n’avaient peut-être pas voté Hitler, mais tous le soutenaient, à Gaza il en est de même avec le Hamas, à Dresde comme à Gaza ils n’ont eu que ce qu’ils méritaient.

http://www.lebreviairedespatriotes.fr/27/09/2014/entretiens/aymeric-chauprade-face-a-la-barbarie-de-lei-il-faut-rappeler-la-hierarchie-des-civilisations/

Je terminerai ce texte sur cette citation de Aymeric Chauprade, qui comme géopoliticien connaît le poids des frontières naturelles et des anciennes civilisations, l’histoire des guerres de conquête et celles des évolutions des peuples qui comme les Gaulois surent se fondre pour créer une civilisation gallo-romaine prenant le meilleur de Rome, de la civilisation judéo-chrétienne et également de la philosophie grecque.
(Voir : Aristote au mont Saint-Michel : Les racines grecques de l’Europe chrétienne. Sylvain Gouguenheim) éditions du seuil).

À la question « Concernant l’État islamique, est-il judicieux de préconiser une action commune avec des États qui ont enfanté ces extrémistes, à commencer par les États-Unis ? » Il répond :
« La réponse est oui. Quand une maison brûle, il est judicieux de commencer par essayer d’éteindre le feu plutôt que de s’engueuler en regardant la maison brûler. Il faut arrêter EI d’abord parce que, je le rappelle, les minorités chrétiennes de Syrie et d’Irak sont purement et simplement menacées d’extermination et de dispersion, et avec elles d’autres minorités auxquelles, en tant qu’amoureux du genre humain et de sa variété identitaire je tiens personnellement beaucoup, mais en plus parce que si nous laissons se propager cette nouvelle expérience califale alors nous prenons le risque qu’elle soit le noyau d’un réveil islamique généralisé. »
« L’islam est une religion du rapport de force. Si cette dynamique de l’EI est écrasée sous le feu de la puissance occidentale, c’est la hiérarchie des civilisations qui est rappelée à la masse immense des musulmans du monde. Faut-il rappeler ici que le point commun de toutes les idéologies du monde arabe, qu’il s’agisse de l’islam politique ou du nationalisme arabe est tendu vers l’objectif de restaurer la primauté du monde arabo-musulman sur l’Occident, primauté perdue au XVe siècle, notamment par le fait des Grandes Découvertes et du contournement du monde musulman par les Européens. »
« De la même façon que les Israéliens sont contraints régulièrement, pour vivre tranquillement, de rappeler leur suprématie militaire à leurs voisins arabes, les Occidentaux sont eux aussi contraints de le faire régulièrement lorsqu’un projet de domination islamique vient à renaître. À la différence de la quasi-totalité des politiques de ce pays, je me suis intéressé, moi, à l’islam et à son contenu. Je ne parle pas d’une culture sans m’être immergé dans son contenu. L’islam occupe plus de la moitié de mes bouquins de géopolitique. L’islam c’est la Mecque et Médine, la paix et la violence. C’est indissociable. »

Comme la politique, la guerre est la gestion au mieux du rapport de force en fonction des intérêts de son pays, de son peuple et surtout de savoir les discriminer par ordre de priorité.
C’est à mon avis ce à quoi s’attache Aymeric Chauprade.

Lazare Zylbergleitt

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