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Marine Le Pen saura-t-elle se passer de son ex-mentor Florian Philippot ?

Comme beaucoup de patriotes, je fais partie de ceux qui ne peuvent se satisfaire d’une scission de plus. Car le départ de Florian Philippot est, qu’on le veuille ou non, une scission.

Florian Phillipot n’est pas ma tasse de thé. Pour l’avoir croisé, on ne peut pas dire qu’il a pour vous, et en général, une sympathie particulière. C’est un bosseur et tous le reconnaissent. Fut-il pour autant l’homme de la situation, je ne le crois pas. Pourquoi ?

Il était persuadé que le Front National était en capacité à lui seul, de briser le plafond de verre, de se  passer d’alliances. Il ne croyait pas à des accords électoraux, à une plateforme commune, à un programme commun avec  des partis de la droite nationale comme le SIEL, ou celle d’une Union des Droites que Robert Ménard espère de tous ses vœux.

Il pensait qu’il pouvait passer outre, aux peurs et angoisses de la France profonde travaillée par 30 ans d’européisme béat, et qui pense encore que l’Union Européenne protège, finance, alors même que c’est avec leurs impôts. Ces Français ont tort, mais ils votent ! Le décalage vient de ce que Florian Philippot s’est pris pour le général de Gaulle partant à Londres. Seul contre tous, et unique porteur de la vérité. Possible qu’il ait raison in fine, mais l’Allemagne d’aujourd’hui, n’est pas l’Allemagne d’hier. Possible également, qu’il se plante totalement.

Il est clair qu’il n’est pas en phase avec la France profonde, celle des électeurs, celle des petits retraités, celle qui considère qu’il vaut mieux tenir que courir  et qui s’accroche hélas, à cette Europe qui déteste les nations. Cette France profonde qui regarde le doigt montrant la lune. 

Face au rouleau compresseur médiatique pro Union européenne, à la machine anti Front National par définition, aux anti-Le Pen frisant le racisme patriote, à la mauvaise foi récurrente des politiciens de gauche, à ces fossoyeurs des libertés publiques, face à la pseudo droite d’un Wauquiez, enfant caché de la Sarkozie, dont on sait depuis 2007, qu’il fît toujours le contraire de ce qu’il avait promis, que reste-t-il aux patriotes ? Sûrement pas cette scission supplémentaire.

Devant la multiplicité des droites nationales, des ego démesurés de leurs présidents respectifs, de leurs certitudes qu’ils ont raison envers et contre tous, y compris contre la réalité du terrain électoral, je nous vois engagé dans un long tunnel, et aucun Jean Moulin pour tenter de faire du lien. Et sûrement pas un Philippot au penchant socialisant.

Le Front national de madame Le Pen et de son alter ego monsieur Philippot, ont fait le vide autour d’eux. Ils ont racolé d’anciens électeurs communistes et socialistes déçus, au détriment de patriotes. Ces nouveaux électeurs resteront dans le giron de la gauche. Je me souviendrai toujours de cette chasse aux sorcières. De ces 36 présumés coupables convoqués devant un tribunal révolutionnaire pour répondre de leurs propos, y compris ceux qu’ils n’avaient jamais prononcés. Convoqués sur la foi de journalistes gauchistes, dont les dires avaient plus de poids que leurs paroles. Je me souviens d’un article antisémite qu’un Thomas Guénolé dans l’Express, m’avait attribué la paternité. Des titres assassins dans Libération, Rue 89, l’Humanité, etc. De ma convocation en début de campagne municipale devant le tribunal de madame Le Pen. Pas une demande préventive d’explication, pas une rencontre d’information pour expliquer la manipulation. Islamophobe que je suis, à visage découvert, il me fut ajouté à l’acte d’accusation, l’antisémitisme, l’homophobie, et le racisme !  Il aurait suffit de me lire, pour comprendre que je ne comprends rien au racisme, que je me moque de la sexualité de mes compatriotes, et que je soutiens Israël par mon engagement politique et mes écrits depuis plus de 20 ans.

Qu’importe, le FN de Le Pen-Philippot ou l’inverse, avait décidé de sacrifier au nom de la dédiabolisation, des militants et particulièrement ceux qui étaient les plus en avant dans la presse alternative. Pour moi, le départ de Florian Philippot, c’est peut-être la fin de la chasse aux sorcières, de l’intrusion dans l’appareil au plus haut niveau des jeunes loups aux dents longues. Pour autant, je ne souhaite pas le retour d’un Front national dont les propos firent tant de mal à la cause patriote et rendaient malades les militants sur les marchés. Le combat est d’abord civilisationnel !

Madame Le Pen dit-on, est fort désolée du départ de son mentor, monsieur Philippot. Cela ne me fait ni chaud ni froid. Je lui demande de revenir aux préoccupations et aux inquiétudes des Français : l’islamisation, l’immigration, la sécurité, la Police, la Justice, les forces armées, favoriser le retour de nos industries, mettre fin à la dilapidation de nos fleurons industriels pour la France. Au refus de la dictature de l’Union européenne liberticide, en sortant au minimum de la Cour de justice européenne, en dénonçant tout ou partie, les articles ou traités liberticides qui nous privent de notre pleine et entière souveraineté, etc. Ce que résume Eric Zemmour par sa répartie face à Florian Philippot lors d’un débat : Vous savez très bien que vous pouvez sortir de la CEDH, on peut même sortir de la convention des droits de l’enfant, et on peut même sortir de certains articles,  sans pour autant sortir de l’euro et sans sortir de l’UE.

Je demande aussi, de façon basique, à madame le Pen, d’être plus attentive à ses militants, de répondre aux courriers de ceux-ci. Si cela n’est pas toujours possible, d’au moins mettre en place un cabinet chargé de répondre clairement aux lettres. Pour ma part, j’ai envoyé deux lettres manuscrites dont j’attends encore une réponse depuis 2014. Les militants ne sont pas des veaux, des pignoufs justes bons à coller des affiches et distribuer des tracts au moment des élections. Toutes les qualités et capacités doivent être sollicitées. La politique d’installation des copains/copines à la tête des fédérations, de mettre des amis parachutés en têtes de listes, pour être sûr qu’ils seront élus, comme j’ai pu le vivre aux dernières régionales en Île de France, fut une entreprise de démolition de la base, une duperie des militants.

Pour retrouver son aura, il va lui falloir bien du courage. A peine 8 % d’audience lors de sa dernière émission politique.

Si madame Le Pen arrive à dépasser ses penchants de gauche, et comprend que les Patriotes ne sont pas des pions, qu’elle cherche une véritable et sincère ouverture en acceptant des partenaires comme Robert Ménard, Karim Ouchikh, Nicolas Dupont Aignan, Carl Lang et bien d’autres, en les traitant d’égal à égal, comme a su le faire Mitterrand avec les radicaux de gauche et les communistes, il y a sans nul doute une chance, pour que les patriotes de France, voient un jour, leurs idées nationales gagner des élections favorisant le bipartisme. Cela s’appelle l’union des droites, ce qu’a toujours méprisé Florian Philippot.

Il lui en faudra bien du courage disais-je à madame Le Pen pour le faire. Je lui en souhaite sincèrement ! Parce qu’au fond, je l’aime bien. Mais je n’ai pas envie de revivre en permanence, l’année 2017 et surtout pas en 2022. Je n’ai pas envie de voir son mépris envers des sites alternatifs comme Riposte-Laïque qui l’ont souvent soutenue. Je n’ai pas envie de lire son mépris des Identitaires, qu’elle n’est pas pour autant obligée d’embrasser sur la bouche. Je n’ai surtout pas envie de l’entendre de nouveau affirmer que l’islam est compatible, etc.

Sinon, elle peut toujours passer la main et préparer un successeur à la présidence en ouvrant cette alternance y compris discrètement. Sinon, elle peut envisager un retour au barreau, ou pourquoi pas, prendre sa retraite.

Gérard Brazon (Libre Expression)