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Marine Le Pen : Zemmour, un candidat pour rien

 

Le scoop (mais en est-ce un ?…) qui ressort de cette interview de Marine Le Pen par la chaîne Livre Noir : la présidente du Rassemblement National ne se retirera devant quelque candidat « de droite » que ce soit, Zemmour compris bien entendu. C’est la même Marine Le Pen qui, en septembre 2017, déclarait :

« Si demain quelqu’un est mieux placé que moi pour 2022, je lui céderai la place »

Mais 2022 n’est plus 2017… La patronne du Rassemblement National semble avoir enfin compris que la politique est un vrai métier, et non une occupation de dilettante fille à papa

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Quelques extraits :

« Je n’adapte ni ma campagne ni mon discours sur Éric Zemmour, ne lui en déplaise, puisqu’il a le sentiment que tout se fait autour de lui »

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« Je pense qu’Éric Zemmour est misogyne. Je pense qu’il a une forme de mépris pour les femmes. Ça ne veut pas dire qu’il ne les aime pas, mais il ne les aime pas partout, il ne les aime pas dans tous les espaces, il ne leur accorde pas la légitimité naturelle qu’elles doivent avoir dans l’ensemble des espaces, puisqu’il conteste l’idée qu’elles puissent accéder à des postes de pouvoir. Je suis dérangée par la vision qu’il a que la femme est un attribut de l’homme. On le ressent un peu partout dans ce qu’il dit, quand il dit que la femme est un but et un butin de l’homme doué qui veut s’élever dans la société. On ressent que cette pensée est profonde puisqu’à chaque fois qu’un homme est en difficulté du fait de ses propres agissements, il vient le défendre : ça a été le cas quand il a défendu Strauss-Kahn, quand il a défendu Tariq Ramadan »

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« Le peuple français est probablement l’un des moins misogynes qui soit. C’est normal : [ce peuple] est le fruit de son histoire. Éric Zemmour ne pense pas que je puisse accéder au pouvoir parce que je suis une femme. Il pense que je ne peux pas accéder au pouvoir parce que je m’appelle Le Pen. Et d’ailleurs, il pense la même chose de Marion : il l’a déjà dit. Il a déjà dit : « De toute façon, ça, c’est des Le Pen, et les Le Pen ne peuvent pas arriver au pouvoir ». Donc il profite d’un argument qui est développé par nos adversaires politiques, et qui est la conséquence d’une diabolisation qu’il sait pourtant être injuste, pour justifier mon incapacité à arriver au pouvoir. »

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« Or je pense que je suis la mieux placée pour arriver au pouvoir et gagner face à Emmanuel Macron. Précisément parce que je tente d’éviter l’ensemble des provocations que je trouve inutiles, et qui sont autant de mobilisations de nos adversaires politiques dans le cadre d’un second tour »

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« Il y a mille raisons pour lesquelles je ne me retirerai pas. Je n’ai AUCUNE raison de me retirer. D’abord, c’est techniquement infaisable : il faut comprendre que la présidentielle, ce n’est pas une municipale. Donc on ne décide pas en février, en fin de campagne, alors qu’une énorme machine a été mise en route. »

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« Avant même cette considération technique, moi, j’ai des gens à défendre, j’ai des millions de Français qui me font confiance. J’ai 33% des Français qui ont voté pour moi au second tour de la dernière élection présidentielle. J’ai beaucoup de gens qu’Éric Zemmour considère comme un « ghetto » de chômeurs et d’ouvriers, d’après ce qu’il a dit. Mais j’ai beaucoup d’autres [soutiens] que ces chômeurs et ces ouvriers, qui déjà, se suffiraient à eux seuls qu’on les défende, parce que si je ne les défends pas, qui va les défendre ? La gauche a totalement abandonné les classes populaires, les classes moyennes sont elles-mêmes en voie de paupérisation : les commerçants, les artisans, les indépendants, tous ces gens-là, je crois, ont besoin que je porte un discours pour eux ».

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« Ce que ne comprend pas Éric Zemmour, c’est qu’il n’y a pas de cohésion nationale sans cohésion sociale. On ne peut pas faire la cohésion nationale en méprisant ou en laissant de côté des gens qui, de surcroît, sont les plus en difficulté, et donc qui ont le plus besoin, en réalité, que l’Etat régule, pour qu’ils ne soient pas les victimes perpétuelles de la politique menée ».

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« Rien ne me donnait la possibilité de retenir Marion : elle ne souhaitait plus faire de politique, elle souhaitait avoir une carrière privée – peut-être d’ailleurs pour revenir en politique plus tard… – Elle a été députée très jeune (elle était encore étudiante), et donc, elle voulait avoir une expérience dans le privé. Je trouve ça parfaitement honorable de sa part. Je n’aurais pas pu, de toute façon, la retenir »

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« Je crois qu’Éric Zemmour profite en réalité du fait que nous sommes sur le point d’arriver au pouvoir, et parce que nous sommes sur le point d’arriver au pouvoir, nous sommes devenus un parti de gouvernement. Et donc nous avons abandonné le « trash » [« déchets » en anglais], le « buzz, les déclarations tonitruantes qui, évidemment, créent une forme d’ivresse, que j’appelle l’ivresse de la radicalité : c’est « fun » d’entendre des propos extrêmement raides comme ça, mais ça ne fait pas un président de la République. Parce que pour être président de la République, je l’ai dit et je le répète, il faut être président de tous les Français. Et donc, les propos qui blessent, les propos qui divisent inutilement – parce que le moins que l’on puisse dire est que le discours que je tiens est un discours extrêmement ferme : le référendum que je propose, je crois qu’on ne peut pas aller plus loin dans les mesures pour régler le problème de l’immigration. Ça ne sert à rien d’y ajouter des choses qui sont des divisions inutiles.

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« Le pays a été divisé pendant cinq ans par Emmanuel Macron, il a fracturé le pays comme jamais. Et on continue ? On en rajoute ? Ou [au contraire], on essaie de réparer ce qui peut l’être pour donner un projet commun à l’ensemble des Français… ».

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« Je crois qu’Éric Zemmour n’a pas envie [que je lui propose une alliance]. Clairement, il veut être président de la République pour rien

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« Son engagement politique est extrêmement récent. Je ne suis pas du tout sûre que son engagement politique survive à cette élection présidentielle. Ce qui me permet de vous dire qu’il y a une forme d’aventure personnelle de sa part. S’il n’était pas au second tour, je ne le vois pas constituer un parti politique, une force politique pour pouvoir peser, combattre, partout dans l’ensemble des élections qui sont offertes aux Français pour s’exprimer. Je ne le crois pas. C’est « one shot » en réalité »

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Sur Jordan Bardella : « Bien sûr, [je l’imagine un jour candidat à la présidence de la République]. Mais ce n’est pas moi qui l’ai hissé [dans le « premier cercle » du Rassemblement National] : ce sont les adhérents du Rassemblement National qui l’ont hissé, puisqu’ils l’ont élu en première position du Conseil national [du parti]. J’ai joué un rôle [dans son ascension] quand je l’ai choisi pour être tête de liste aux Européennes, mais après, c’est lui qui a travaillé, c’est lui qui a convaincu. Il aurait pu ne pas convaincre, après tout. C’est lui qui a démontré les capacités qui étaient les siennes, le talent qui est le sien. Donc je pense qu’il a le talent pour envisager, évidemment, un jour, d’être candidat à la Présidentielle ».

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« Je ne me suis jamais positionnée dans [le choix entre Marion et Jordan]. Dans un mouvement politique, il y a des élections internes. Les adhérents choisissent une ligne politique. Ils ont choisi la mienne, une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, et manifestement, personne n’a souhaité leur faire une proposition d’une autre ligne dans les élections internes. Marion a une autre sensibilité que la mienne. Je crois que c’est une sensibilité qui n’est pas exactement celle qui a été choisie par les adhérents du RN quand ils m’ont élue à chaque fois. Jordan, oui ».

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« J’appelle Marion à se positionner comme citoyenne, parce que je pense que quand on a eu la chance comme elle d’être élue députée, et de porter les espérances de millions d’électeurs pendant cinq ans, c’est assez difficile de dire du jour au lendemain : « Bon, ben tout ça ne m’intéresse plus ». Surtout qu’elle intervient régulièrement, en réalité, dans la vie politique. Donc soit elle n’intervient plus du tout et je comprends que même en tant que citoyenne elle n’ait pas envie de donner son avis, mais à partir du moment où elle intervient régulièrement, je pense que ce n’est pas inconsidéré que d’espérer – d’ailleurs elle l’a dit elle même – qu’elle se positionne à un moment donné ».

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Sur la rencontre d’Éric Zemmour et de Marion Maréchal à Budapest : « Je n’ai eu aucun ressenti, parce qu’en l’occurrence, ce n’était pas une rencontre politique : c’était une rencontre d’intellectuels, autour d’un colloque sur la famille. Qu’elle participe à des colloques ne me choque pas du tout, et qu’Eric Zemmour le fasse également ne m’apparaît pas extraordinaire de la part d’un écrivain comme lui. Je n’en ai pas tiré de leçon particulière ».

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Sur la culture du réseautage, et ses relations conflictuelles avec l’hebdomadaire Valeurs Actuelles : « Peut-être que je n’ai pas cette culture [du réseautage]. Est-ce que j’apprécie Geoffroy Lejeune ? Ce serait difficile de l’apprécier compte tenu de l’hostilité qu’il exprime de manière récurrente à mon égard. Ce sont d’autres considérations qui le poussent à être extrêmement agressif et hostile à mon égard. J’ai rencontré Valeurs Actuelles, comme je rencontre l’ensemble des rédactions de la presse française. Quand un journal, qui est censé être positionné relativement proche de nous sur le plan des idées, vous traite plus mal que Libération, vous vous dites qu’il y a probablement autre chose… »

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Sur l’éventualité de se rapprocher d’Éric Zemmour si celui-ci était élu président : « Arrêtez la politique fiction ! Je ne crois pas du tout qu’Éric Zemmour ait la possibilité d’être élu. Déjà, je ne pense pas qu’il ait la possibilité d’arriver au second tour, et encore moins d’être élu ! Le positionnement qu’il choisit, la volonté qu’il exprime de ne pas rassembler, les agressions verbales à l’égard d’à peu près tout le monde, font qu’à mon avis il n’est pas assez rassembleur pour  gagner une élection présidentielle. Une élection présidentielle à deux tours, c’est une spécificité française, et ça a  été voulu comme ça. Donc je ne crois pas du tout qu’il ait cette possibilité ».

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« Si je ne suis pas élue présidente, bien sûr que je continuerai à faire de la politique. Autrement. Il y a cent manières de faire de la politique. Je ne suis pas sûre que [j’adopterais une position de conseillère], sauf si on vient me le demander.  Ce qui est sûr, c’est que je n’abandonnerai pas les Français au motif que leurs voix me m’auraient pas [permis d’accéder à la Présidence] ».

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Comment Marine Le Pen se voit dans vingt ans : « Je n’en sais strictement rien. Je ne me pose pas cette question. Je combats depuis longtemps maintenant (…). Toute jeune, j’ai combattu pour mes idées. J’ai combattu pour faire élire Jean-Marie Le Pen, pendant longtemps. J’ai combattu pour accéder au pouvoir, parce que je pense que c’est ce dont la France a besoin ».

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« Il y quelques mois, Jean-Marie Le Pen m’a dit : « Je vais appeler Éric Zemmour pour lui dire qu’il n’a aucune chance d’être élu », etc., etc. Je ne lui avais pas demandé de le faire, d’ailleurs ».

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Qui sera son futur Premier ministre ? : « Je pense que [le choix du] Premier ministre, c’est la chose qu’on choisit presqu’en dernier, et en secret en réalité. Mon problème, c’est de choisir qui sera mon Premier ministre, ce n’est pas de le trouverHors de question que je m’avance sur ce genre de question. D’autant que je me permets de vous rappeler que ça dépend aussi des élections, des gens qui vous rallient, et en règle générale, [ça dépend des tractations] entre les deux tours. Ce qui est sûr, c’est que j’ai en tête un certain nombre de ministres. Mais moi, je défends mon projet. Éric Zemmour dit : « Moi, je veux être président de la République, je ne veux pas être premier ministre ». On a envie de lui dire : « Bon, est-ce que vous pourriez nous présenter votre Premier ministre pour qu’il puisse répondre précisément aux questions sur le pouvoir d’achat, sur les retraites, sur le plan économique, etc ? ». Moi, j’assume et je porte, en tant que présidente, l’intégralité de mon projet, que  j’ai réfléchi, pesé, maturé, affiné, confronté aux Français depuis maintenant presque dix ans ».

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Crainte de débattre avec Éric Zemmour ? « Non, pas du tout. Je trouve qu’il ne devrait pas trop aller sur ce terrain-là, d’ailleurs, qui est un terrain qui n’est pas très… [Marine Le Pen ne termine pas sa phrase]. Non, c’est pas bien de faire ça : je n’ai aucune, mais aucune, inquiétude à débattre avec Éric Zemmour [pas plus] qu’avec Emmanuel Macron. C’est pas parce que vous ratez un match que vous êtes bonne à mettre à la casse. Zemmour a débattu avec Mélenchon : j’ai trouvé le débat plutôt équilibré… Personne n’a écrasé l’autre ».

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Sur le débat « raté » de 2017 : « Ce n’est pas ce débat qui a déterminé le résultat de l’élection. Il faut arrêter de croire ça. Un débat, ça peut faire bouger de quelques points, mais ça n’aurait manifestement pas permis [de passer de] 33% [à] 50% et des poussières, ce qui aurait permis de gagner ».

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La victoire d’Emmanuel Macron : il y a eu « ce fantasme de la nouveauté, dans lequel certains sont en train de retomber. Emmanuel Macron, c’était nouveau ! Une  espèce de zapping politique… Mais tout ce qui est nouveau n’est pas nécessairement ce que les gens attendent. Et pour Emmanuel Macron, beaucoup  s’en sont rendu compte. C’était nouveau, il y avait plein de couvertures de presse, il y avait beaucoup de plateaux, il y avait manifestement une poussée médiatique et je crois que beaucoup de Français sont déçus, en réalité ».

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Sur sa « pudeur » : « Je n’ai rien à dire en particulier. C’est vrai que je suis quelqu’un de pudique. Je l’ai dit et je le redis, j’ai une ligne rouge : ce sont mes enfants, que je n’ai jamais montrés. Pourtant, on m’ a beaucoup demandé de le faire (Paris-Match, etc.) Et je n’ai jamais voulu céder à ça, parce que j’ai voulu qu’ils aient une vie normale. Voilà. Et je pense qu’ils ont une vie normale. C’est honnêtement une des choses dont je suis le plus fière, je crois : comme femme, comme maman, c’est d’avoir réussi à leur préserver la liberté d’être ce qu’ils veulent être, car moi, je n’ai pas eu cette liberté là, ni moi ni mes sœurs. On ne s’est pas posé la question de savoir ce qu’on  voulait faire. On s’est posé la question de savoir ce qu’ « on » nous laisserait faire. Ce n’est pas exactement la même façon d’entrer dans la vie (…). Donc eux [mes enfants], ils ont cette liberté-là, je maintiendrai cette liberté : je ne les montrerai jamais, sauf si un jour, ils ont envie de le faire ».

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« Pour le reste, j’essaie d’ouvrir un peu chez moi. J’ai l’impression qu’il y a tellement de fantasmes sur moi. Les gens ont l’impression que je vis dans une espèce de château, que je dois recevoir à la bougie, parée d’une robe de crinoline, etc. Alors que je suis locataire d’une petite maison mitoyenne en banlieue parisienne. Je voudrais que [les gens] me voient telle que je suis. Et beaucoup ont vraiment une fausse image de moi ».

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« Il y a une partie des Français qui m’aiment, oui, je le crois. Et qui ont confiance en moi, bien sûr. Mais je comprends [que certains Français me trouvent froide, autoritaire]. Je comprends et j’entends ça. Le problème, c’est que les gens me voient dans une circonstance un peu de conflit, de débats, d’interviews où, c’est vrai, on se bat pour faire avancer ses idées. Et souvent, ils prennent la combativité pour une forme d’agressivité ou de froideur. Mais c’est qu’on se protège, aussi. Vous savez, c’est pas facile de défendre les idées que nous défendons. Il y a des centaines de militants qui ont payé de leur boulot, de leur tranquillité… C’est des années et des années d’une forme  de sacrifice pour des militants, des cadres, des élus qui l’ont fait en pensant au bien-être des Français et non à leur propre bien-être. Et on a été beaucoup attaqué pour ça. Donc on se défend, et quand on se défend, on dit : « Ah ! Il y a quand même une forme de froideur ». Non, c’est aussi une manière de se protéger ».

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« Ce qui est sûr, c’est qu’Éric Zemmour défend la France. Ou la vision qu’il a de la France, c’est à dire une vision que je crois un peu fantasmée, une vision historique… Mais j’ai le sentiment qu’il ne défend pas les Français. Et moi, je défends les Français, parce que je pense que sans les Français, il n’y a pas la France ».

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Les 18% d’Éric Zemmour dans les sondages : « Je pense que les Français sont excédés. Mais je ne le crois pas à ce niveau-là dans les sondages. Je pense qu’il doit être autour de 10-12%. Je pense que les gens sont excédés. Excédés par l’immigration, par l’insécurité. Et donc, ils se reconnaissent dans un propos qui est un propos violent, dont ils savent probablement qu’il est outrancier. Mais c’est une sorte de soupape pour eux, d’entendre dire des choses brutales sur le sujet. Mais ça ne fait pas un second tour. Ça n’est pas mon rôle : moi, je veux être présidente de la République. Moi, je veux rassembler les Français. Je suis désolée de le dire : mon rôle, encore une fois, ce n’est pas de jouer aux allumettes à côté d’une station d’essence. C’est pas mon rôle. Au contraire : mon rôle, c’est de régler les problèmes. Mais d’essayer de les régler dans l’apaisement. Voilà. De les régler avec fermeté et, je l’ai dit, sans excès et sans faiblesse. Je ne crois pas que ce soit le fait que je suis une femme. C’est parce que je suis responsable. Voilà. Et quand on est responsable et qu’on voit l’état de fracturation du pays, on ne cherche pas à créer des divisions supplémentaires, parce qu’elles sont inutiles. Moi, c’est ça que je reproche à Éric Zemmour. C’est qu’en réalité, nous, on s’est battus depuis 20 ans pour faire admettre aux Français que l’immigration était un problème majeur. Je vous assure qu’on n’était pas majoritaires, pendant très longtemps. Et quand Éric votait Mitterrand, nous, on se battait déjà contre l’immigration. D’accord ? En 2002, quand on était au second tour, je n’ai pas entendu Éric Zemmour appeler à voter Le Pen.  Maintenant, il y a une unanimité sur le sujet de l’immigration. Maintenant, il y a 85% des gens qui pensent qu’il faut arrêter. Quel est l’intérêt alors de recréer des divisions ? C’est quoi, l’intérêt de faire des provocations supplémentaires alors que, justement, les Français sont unis sur ce sujet ? ».

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« Bien sûr, je compte rassembler tout le monde. Bien sûr, je vais proposer quelque chose à Éric Zemmour. Mais je vous ai répondu : je crois que ça ne l’intéresse pas. Il l’a dit : « Ça ne m’intéresse pas ». Donc, je vais lui proposer de faire gagner ses idées, en appelant à voter pour moi au second tour : voilà ce que je lui proposerai ».

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« Je crois au plus profond de moi que je serai présidente de la République. Je suis quelqu’un de modeste, donc je ne m’y vois pas avant d’y être. C’est mon côté bon sens populaire : on ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Je fais tout pour gagner, mais pas pour moi. Pas pour mon confort personnel : je suis là pour servir les Français, pour servir la France. Mais j’ai tellement envie de voir la France à nouveau heureuse, à nouveau forte, fière, grande, qui parle au monde, que je me prends à espérer que ce moment arrive le plus vite possible ».

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Les reproches qu’on a pu lui faire sur son défaut de compétences : « Il faut être compétent [pour être président de la République ], mais on ne peut pas être compétent dans tous les domaines. On ne peut pas avoir toutes les spécialités. J’ai un DEA de droit pénal, je pense être une bonne juriste, et c’est important d’être une bonne juriste, parce que ça crée des réflexes. J’ai surtout un solide bon sens. Je ne suis pas aussi mauvaise que ça en économie, croyez-moi : pour ceux qui ont discuté un peu avec moi, ils s’en rendent compte. Ce n’est pas parce qu’on commet une erreur et qu’on vous a fait cette réputation-là que cette réputation est réelle. Et puis surtout, je n’ai pas de leçons de compétences à recevoir des types qui sont quand même des champions du monde de la dette, du déficit, du chômage, des prélèvements fiscaux, de l’insécurité, du déficit du commerce extérieur… Je n’ai pas de leçons de compétence à recevoir de ces gens-là ».

(…)

« Il m’arrive de pleurer, d’avoir les larmes aux yeux sur les Français, à la suite de témoignages qui me bouleversent. Témoignages de victimes du Bataclan, de gens qui n’arrivent pas à terminer les fins de mois, de mères qui sont de véritables héroïnes du quotidien, et qui expliquent, sans se plaindre, comment elles essaient de rendre la vie de leurs enfants la plus joyeuse possible, alors que tout le monde trinque, en réalité. Oui, j’ai parfois les larmes aux yeux pour les Français de manière générale, mais j’ai aussi beaucoup de force : encore une fois, je suis une combattante. J’ai tout subi, j’ai presque tout vécu, depuis l’attentat quand j’avais huit ans – nous étions dans cet appartement qui a sauté –  jusqu’à aujourd’hui. Honnêtement, la vie politique n’a pas été une succession de douceurs, c’est le moins qu’on puisse dire, ni de confort. Mais vous savez ce que disait Henri IV : « L’immense amour que je porte à la France a toujours tout rendu facile ».

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En ce début de campagne, « Je suis combative, plus encore que je ne le serais si je n’étais pas gênée par une « concurrence » sur notre espace politique. Donc, du coup, moi et – je pense – l’ensemble de mes militants, nous sommes plus combattifs que jamais ».

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Transcription (partielle) de la vidéo Livre noir par

Henri Dubost

In girum imus nocte ecce et consumimur igni