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Marine, Marion, Dupont-Aignan, Philippot : où va le camp patriotique ?

Où va le Rassemblement National ?

Pénalisé par le gel de sa subvention de 2 millions d’euros, décidé par la justice suite à l’affaire des “emplois fictifs” d’assistants parlementaires, le RN se retrouve dans le rouge.

L’appel aux dons a rapporté 500 000 euros, ce qui n’est pas négligeable mais reste encore très loin de ce qu’il faut pour tenir jusqu’en décembre, date du deuxième versement de la subvention de l’Etat, lequel ne sera pas gelé (la justice doit se prononcer aujourd’hui pour confirmer ou non le gel des 2 millions du premier versement).

Ajoutons à cela l’effondrement des adhésions et des rentrées de cotisations, qui plombent un peu plus les finances du parti.

Les adhésions représentent 15% des revenus du parti.

Mais de 83 000 adhérents au premier tour de la présidentielle, le nombre est tombé à 31 000 aujourd’hui. Pas brillant.

C’est dire combien la déception et le découragement ont gagné les militants après le naufrage de Marine lors du débat du deuxième tour.

Elle en paie encore le prix et ce suicide en direct restera comme une tache indélébile dans son parcours politique.

Certains pensent qu’elle est définitivement grillée et qu’elle tente de sauver les meubles. C’est évidemment l’avis des déçus qui pensaient qu’elle ferait 45% au deuxième tour et alignerait un bataillon de 100 députés dans la foulée des législatives.

Certains, qui militaient depuis 15 ou 30 ans, n’y croient plus.

Après avoir enflammé les foules, jusqu’à convaincre Nicolas Dupont Aignan de la rejoindre pour tenir le poste de Premier ministre en cas de victoire, Marine s’est littéralement effondrée devant son adversaire, ne maîtrisant aucun de ses dossiers.

D’autres pensent qu’elle est la seule à pouvoir maintenir la cohésion du RN et que ce parti pèse encore très lourd, puisqu’il reste le premier parti de l’opposition.

Les sondages donnent raison à ces derniers.

Celui de fin juin donne les résultats suivants pour les européennes de 2019.

LREM 23%
RN 19%
LR 15%
FI 11%
PS 6%
DLF 6%
Verts 6%
Hamon 3%
Patriotes de Philippot 1%

Il est clair que le RN reste le premier parti d’opposition en termes d’intentions de vote.

Et notons que l’effet Benalla, nocif pour la majorité, devrait modifier ces chiffres.
A suivre avec le sondage de juillet.

D’autres enfin, rêvent d’un retour de Marion dans l’arène politique, seule capable de reprendre les rênes du Rassemblement National pour unir toutes les formations patriotes, qui pour l’instant restent divisées.

Beau programme, mais qui reste conditionné au départ de Marine.

NDA, échaudé par l’échec de la présidentielle, joue perso et entretient son fonds de commerce qui lui assure réélection et revenus à vie. Ses 6% ne servent qu’à lui.

Comme beaucoup de politiques n’ayant aucune chance d’accéder aux affaires, il fait carrière dans la politique dans son seul intérêt, sans jamais être utile aux intérêts de la France.

C’est tout le problème du multipartisme. On entretient une multitude de partis qui se servent de la République sans jamais la servir faute d’accéder au pouvoir.

Quant à Philippot, il est en train de sombrer dans les bas-fonds.

Crédité de 1% aux européennes, le parti “Les Patriotes” est en perdition.

Sa garde rapprochée l’abandonne et les caisses sont vides, ce qui compromet la réélection de Philippot, pas certain de pouvoir présenter une liste et de financer la campagne.

Auquel cas cet énarque abandonnera la politique pour réintégrer la fonction publique.

Quel gâchis, quand on pense aux belles heures de la campagne présidentielle, quand Marine galvanisait les foules pendant ses meetings et Florian Philippot prêchait la bonne parole avec brio sur toutes les TV et radios.

Mais ça, c’était avant !

Jacques Guillemain