Marine sera élue si elle promet du sang et des larmes… et pas la retraite à 60 ans !

Ri7Marine MarianneA la liste des raisons que dresse Sylvain Darras (RL du 4 déc.) pour expliquer que Marine Le Pen ne pourra être élue en 2017, il en est une encore plus grave : la peur. Il n’est que d’imaginer les manifestations, les exactions de casseurs antifas, les effets négatifs sur l’euro, les mises en garde de Bruxelles entre les deux tours, pour comprendre que les lâchetés, les incertitudes, les craintes et la peur conduiront les électeurs qui auraient pu voter pour Marine Le Pen à se réfugier sur le nom de n’importe qui. Il s’en trouverait même pour revoter pour Hollande en espérant pouvoir… l’influencer.

D’ailleurs, Marine croit-elle pouvoir être élue en 2017 ? Si tel était le cas, elle se garderait bien de plaider encore pour la proportionnelle aux législatives. Une proportionnelle donnant un pays ingouvernable. Car si elle était élue, elle aurait toutes chances de disposer d’une majorité réelle grâce au système électoral actuel. Il me semble plutôt qu’elle espère un retour à la proportionnelle suivi de législatives lui donnant des députés nombreux dont les choix en Assemblée pourraient lui donner une crédibilité politique… pour l’élection présidentielle suivante.

J’ai tendance à croire que le prochain personnage accédant à la présidence sera n’importe qui si l’élection a lieu en 2017 avec une situation politique et économique identique à celle d’aujourd’hui.

Pour que Marine soit élue à la présidence, il faut, hypothèse ô combien difficile à imaginer, qu’elle soit élue dès le premier tour ! Or, pour que quelqu’un soit élu dès le premier tour, il faut que l’ensemble des partis et des multiples candidats aient encore abaissé leur étiage et perdu toute crédibilité. L’élu avec plus de 50% des voix ne peut l’être que s’il est ressenti comme un sauveur possible, un homme providentiel qui sera capable de redresser une situation devenue catastrophique avec grèves diverses et multiples, troubles dans les rues, blocages en tous genres. Qui ? Le mou de l’Elysée ? L’agité du bocal dont on s’est défait en 2012 ? Le matamore bordelais qui ne « matamore » pas mais fait des souriettes aux maures ? Fillon qui a filé droit pendant cinq ans ? La peur qui, en temps quasi-normal, empêchera Marine d’être élue en 2017 peut au contraire être l’élément décisif si la situation est devenue assez grave pour que les craintes quant à son élection soient devenues secondaires.

Ce ne sont là que des idées en l’air, mais les possibilités d’aggravation de la situation en France sont latentes et multiples. Le pourrissement continu du bilan de la dette, la fragilité de l’euro, la situation au Moyen-Orient avec le rapprochement d’Obama avec Téhéran alors qu’il est engagé dans l’accord pétrolier des USA avec l’Arabie Saoudite, ennemi de l’Iran, la fragilisation du dollar dans les échanges internationaux notamment pétroliers. Les risques sont multiples, et il en est d’autres, de grave déstabilisation dans le monde et singulièrement chez nous. D’autant que tout ce que note Sylvain Darras comme motifs de non-vote en faveur de Marine, le fond principal est l’extraordinaire inconscience dans laquelle se trouvent et sont entretenus les Français. Si la France ne meurt pas lentement et sans s’en apercevoir comme la grenouille dans son bocal lentement chauffé, si elle se réveille un jour à la faveur d’une crise gravissime, Marine pourra être élue si elle ne promet que du sang et des larmes et aussi de l’espérance. Et non pas la retraite à 60 ans !

Roger Champart

 

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