Matteo Salvini et Boris Johnson, deux hommes à abattre

Publié le 5 septembre 2019 - par - 21 commentaires - 1 720 vues
Share

Un gouvernement d’émergence, M5S/PD, jaune-rouge.

Avec un serment officiel est né, le 5 septembre 2019, sous les dorures et les stucs du Quirinale, le Gouvernement Conti bis. S’est ainsi scellée, par une alliance jaune et rouge, M5S/PD, une crise aux enjeux incertains, ouverte le 8 août dernier, sur une plage de l’Adriatique et  sous un soleil d’été. Matteo Salvini y mettait un terme au pacte de gouvernement jaune et vert, conclu quatorze mois auparavant entre le M5S et la Lega.

Par une sorte de « libido dominandi », l’une et l’autre des deux formules politiques, parfaitement contradictoires et politiquement antitétiques, seront présidées par le même président du Conseil des ministres, coopté, ostracisé et enfin accepté par les deux derniers partenaires de gouvernement, Giuseppe Conte, moderne visage de Janus. À une crise sans véritable motivation fait suite un gouvernement « d’émergence », à la puissance explicative multiple, réelle et symbolique, résumée par l’idiome de « Ribaltone » (renversement radical). Il s’agirait, selon une série de commentateurs indépendants, d’un exécutif faible, conçu entre Paris, Berlin et Buxelles.

Or  le premier gouvernement Conti, qui s’était autoproclamé de changement, était issu des élections politiques de mars 2018, tandis que  celui d’aujourd’hui résulte de leur négation. On a invoqué la  manœuvre qui a conduit au gouvernement le plus à gauche de l’histoire de l’Italie,  par un complot du Palais et par un déni de démocratie, ignorant que dans une république parlementaire, les crises s’ouvrent et se concluent au sein du Parlement. Légalité ne rime pas toujours avec légitimité et l’histoire de France, d’Allemagne,de Grande-Bretagne et de Russie le prouvent abondamment.

Au constat d’impasse de Salvini sur les difficultés politiques de poursuivre le chantier des réformes programmées, a fait suite, au courant de l’été, une désorientation générale et une tempête de diatribes haineuses et exaspérées, qui renvoyaient aux deux échiquiers politiques, européen et nationaux, au sein desquels se croisent et se combattent  les idées et les déclarations des représentants  des divers  pays-membres.

La mobilisation générale et ses issues

Ont  été secouées et mobilisées dans cette crise, tous les appareils de pouvoir, tous les dispositifs intellectuels et toutes les grandes théories, classiques et contemporaines,, afin d’apporter un éclairage satisfaisant à la situation. En résumé,  la crise a été provisoirement résolue par l’adoption de trois lignes évidentes de politique générale : l’exclusion de Salvini et la marginalisation de la Lega de l’aire de gouvernement, la soumission de l’Italie aux séductions et chantages de l’Union européenne, accompagné par son retour dans les rangs et, en dernier, le coup de frein imprimé à la progression du souverainisme en Europe, par le sauvetage d’une social-démocratie agonisante, dépourvue d’un socle idéologique et en proie à des déchirements et à des divisions internes, particulièrement hargneuses. Ce coup de frein provoque cependant  une double mobilisation, sous forme.d’euroscepticisme et d’anti-intégrationnisme en Grande-Bretagne et sous espèce de souverainisme national-populaire  et d’indignation en Italie.

Il ne faut pas oublier la  contre-tendance massive, venant des structures de pouvoir de l’Union européenne , vis à vis du mouvement des opinions et des partis, nés d’une opposition critique au néo-libéralisme et a la globalisation déclinante. Comme toujours, le vieux et le nouveau se confondent inextricablement dans l’intimité déchirante de la vie et de la mort, avant que la nouveauté apparaisse et manifeste des signes de survie. Ainsi le phénomène général de la crise que nous vivons comporte des similitudes et des parallélismes de situation dans la gangue épaisse  des conflits et des ambitions humaines et de leur labour incandescent.

La balkanisation des partis politiques en est un exemple, ce qui pousse à des formes de bipolarisme inédites, rassemblant de loin aux anciennes oppositions de droite et et de gauche, du Nord et du Sud ; l’alternative de démocratie représentative et de démocratie directe, dont l’expression technologique est la plateforme participative privée « Rousseau » du M5S, mi-oracle de Delphe, mi-roulette russe et l’étude approfondie des alliances, entreprise au sein des think-tanks, pour contrer les formations politiques émergeantes et destabiliser les statu-quo antérieurs, sur l’exemple de l’AfD en Allemagne et  du cartel des droites en Italie.

David Hume et la « Balance of Power ». Parallélismes et digressions historiques. Les deux parcours de M. Salvini et Boris Johnson

Ici, a joué à fond une campagne  médiatique incessante contre Salvini, à propos du trafic international des migrants, du  « Grand Remplacement  » des populations et de la dégradation des conditions de sécurité dans le pays. Les manœuvres et les intrigues de palais ont concerné le phénomène bien connu de la politique de la « balance »et de la coalition des voisins menacés, qui se dressent contre le perturbateur. Essayons ensemble d’appliquer l’analyse de David Hume,  par goût des parallélismes personnels et  des similitudes de situation,  à la conjoncture commune et, paradoxalement semblable, de Salvini et de Boris Johnson, politiciens passionnés et souverainistes intransigeants de notre temps.
Le but du premier a été de vouloir dominer l’échiquier politique et de réclamer,imprudemment « les pleins pouvoirs », en appelant à de  nouvelles élections. Rupture de confiance, immédiatement  ruineuse et imprudente.

Boris Johnson, devenu soudainement Premier ministre, engage un bras de fer avec Westminster, pour le respect du référendum populaire et une sortie de la Grande-Bretagne de l’Union européenne,  tant honnie. Son style est fougueux, son objectif tranchant, sa tactique déterminée, son respect des règles peu discutable.

La démocratie, la souveraineté et la Nation

Au dessus de la démocratie il y a, pour Boris,  la Nation, car le régime démocratique s’exerce sous l’emprise d’une constitution non écrite et de la monarchie britannique et dans le cadre de sa souveraineté, à laquelle tout peut être sacrifié, quand l’honneur est en cause.

En Italie, la constitution républicaine divinise le régime démocratique et craint les tendances autoritaires. Ce type de régime pratique partout et sur tous les sujets, même vitaux, une politique de compromis et, vis à vis de l’Union, de subalternance inacceptable. Dans ce cadre Salvini est un révolté, un imprudent, un catilinaire exalté. Mais il a l’appui du peuple et contre lui  l’ostracisme du palais et le blâme du Vatican. C’est l’homme à abattre. Di Maio et le M5S sont entrées en politique par l’ouverture  d’une grande porte, l’illusion, l’inexpérience et l’absence de savoirs.

Le système des partis classiques, agonisant et en fin de cycle, lui a facilité le chemin, à l’aide d’un orphelinat intellectuel de taille, la désintégration de la gauche et de la social-démocratie européenne, partout  à l’agonie. Au Nord et au Sud, en France, en Allemagne, à l’Est et à l’Ouest une survivance des vieilles cathédrales du politique, les partis politiques, gérés par des bureaucraties peu innovantes et déconnectées de la réalité, régnaient avec superbe, imbus de l’autoritarisme de leurs fonctionnaires, dans la défense des derniers privilèges. Dans un monde pluraliste et dynamique le flambeau de l’action était à prendre. C’est ce que feront Boris Johnson et Salvini, avec furie et maladresse. C’était  le prix du changement.

Par rapport à des situations aussi périlleuses et au libre cours des ambitions humaines, David Hume avait donné une lecture percutante des événements du passé et décrit des expériences semblables.
Parcourons avec lui le chemin de ses digressions, avec un esprit de nouveauté et de découverte. On commencera donc par la crise italienne.

Une rude bataille pour le pouvoir a commencé, dès l’ouverture de la crise en été et, sous des formes diverses, elle n’a cessé un seul instant, car elle reste le seul ciment de la nouvelle « formule », jaune-verte, le rêve du changement originel exclus et le rêve défunt.
Le PD apporte à l’hôtel du mariage les vieilles recettes qui ont fait plusieurs fois faillite, et M5S l’illusoire complicité des déshérités et des perdants. Le tout recouvert d’une enveloppe de légitimité, un européisme de manière, comme soumission de citoyens pénitents et dévoyés, sans que l’espoir d’une réforme de l’Union et de ses principes soit abordé. Au nom d’un anti-salvinisme rancuneux, la nouvelle religion du pire se réaffirme comme l’interprétation du bien, en matière économique et fiscale, dans le domaine des investissements et de la relance budgétaire et dans une relation reconfirmée avec l’Europe.

La politique d’endiguement du souverainisme et Brexit sans accord.

Tous les acteurs aux prises, en deçà et au delà de la Manche, ont pris conscience du caractère polluant, pour l’Europe et pour la communauté occidentale, de deux politiques en devenir, la politique d’immigration et l’évolution des régimes politiques vers des formes autoritaires. Une évolution qui se manifeste par la peur du peuple et la négation du recours aux urnes, même dans le cadre d’un régime parlementaire et constitutionnel, comme en Grande-Bretagne et en Italie. On ajoutera un dernier aspect du parallélisme institutionnel entre l’Italie et la France, la décomposition des formations politiques de gauche, au profit de l’émergence de personnalités charismatiques, comme garantes de la stabilité politique, Macron à la place de Hollande et Conte à la place de  Salvini. Sans oublier le vieux précepte de l’antiquité, déjà connu par Hiéron, roi de Syracuse, selon lequel ne doivent pas être tenues en une seule main autant de forces (mêmes électorales), qui soient supérieures à toutes les autres réunies. Quant à l’entente de Salvini, Orban, Marine Le Pen, Douda, le front européen des souverainistes, tant décrié par les médias globalistes, une question s’impose. Seront-ils, ces acteurs alternatifs, les instruments inconscients de la grandeur de l’Union en forgeant – avec leur propres mains, leurs chaînes et leurs servitudes, tels Massinissa, Attall et Prussias, face à la gloire et à la grandeur de Rome ?

Qu’est ce que la démocratie ? Un mythe, une espérance humaine.

Lorsque, face à la résolution et à la volonté de Boris Johnson de respecter le résultat du référendum et de s’opposer à la fronde parlementaire « anti no-deal » préparant un texte de loi pour contraindre le Premier ministre à demander un nouveau report du Brexit au 31 janvier 2020, le Premier ministre a menacé la fermeture des travaux de Westminster, en renvoyant la classe politique au vote. Les accusations de « traîtres » et de « collaborateurs » de l’Union européenne ont fusé contre l’opposition qui l’accuse « d’outrage constitutionnel » et de « Coup d’État ».

La méthode n’a rien de surprenant, car la Grande-Bretagne superposerait une crise institutionnelle à une crise avec l’Union européenne en donnant le pouvoir « à la junte » rétrograde dirigée par Jeremy Corby, chef du Labour Party ? Le Parlement a failli trois fois avec Theresa May et a rajouté l’incompétence à la peur !

« Le gouvernement qui a peur du peuple, a peur de la démocratie ». Ce commentaire de l’ancien ministre conservateur, Lord Michael Heseltine, à propos de la suspension des travaux parlementaires de Westminster par Boris Johnson, s’applique parfaitement à la situation italienne, car il constitue une règle d’or du bon gouvernement. Ce commentaire est confirmée par l’indignation et la colère du peuple, qui se manifesteront lundi 9 septembre devant Montecitorio, le Parlement italien, lors du vote de confiance du gouvernement Conti bis.

En effet  une alliance de revers a été la résultante d’une opération de « Palais », politiquement inacceptable par la droite parlementaire majoritaire et par la plupart des Italiens.
La « piazza » est déjà en révolte contre le vol du suffrage, le  coup de force des appareils et des castes et l’affront de la souveraineté populaire.

Dans les moments décisifs, ce qui compte est de savoir où est le vrai pouvoir et qui le garde.
Or, dans une époque de démocratie, les peuples veulent garder le mythe qui les avait fait vivre dans une époque de dictature et qui porte le nom de leur rêve, le nom de la liberté, qu’ils ont l’impression d’avoir créé eux-mêmes, le nom merveilleux de l’espérance d’un monde meilleur.

Irnerio Seminatore

Print Friendly, PDF & Email
Share
Notifiez de
saurer

Merkel, la grosse truie de Berlin, n’est pas étrangère à l’éviction de Salvini ! …

.Dupond 1

https://www.youtube.com/watch?v=cevmAw-9iQc

Cette séquence s’est déroulée en janvier de cette année, quand la conversation entre le Président du Conseil des ministres italien et la chancelière allemande a été « interceptée » à Davos [NDLR : A l’occasion de la réunion annuelle du Forum économique mondial], parlant des difficultés du gouvernement M5s-Lega et de Matteo Salvini.

Marnie

« Euroscepticisme et anti-intégrationnisme ». Deux mots libérateurs … Que vaut une UE qui n’est absolument pas unie et qui impose des lois qui nous détruisent ? Et ce mot : intégration ? Ceux qui sont concernés y sont rétifs et même la refusent. Finalement il semble destiné aux français qui refusent une islamisation imposée par des gouvernants indignes qu’on est à juste titre obligés de traiter de traitres.

RODRIGUE

Et que nous allons exécuter plus rapidement qu’ils ne le pensent.
Ils se pensent intouchables, bouffent du caviar et du homard et boivent des bordeaux à 500 balles.
Nous, les bouseux, rien à foutre sauf que, leurs gardes du corps sont des bouseux qui ont des familles.
Quand tout va partir en vrille, ce seront eux qui nous les donneront pour jugement !

POLYEUCTE

Salvin ? Couru d’avance, dit ici aussitôt… C’est l’Europe qui commande !
Bojo, en difficulté, devra négocier. L’Europe cèdera une fois de plus !
« L’Europe est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres? »
Que dirait Churchill ?

gautier

Salvini va revenir en liberateur ?
J’aimerais y croire mais gare aux coups tordus de l’EU.
Quand on voit comment ils respectent le vote populaire ont peut legitimement avoir quelques doutes concernant la volonte respectee du peuple italien par ces affreux…

.Dupond 1

Leur systeme électoral est pire que le notre ….c’est peu dire . Mais la nouvelle alliance ne tiendra pas

jeannot

Qui les abat ? Les mêmes ! Ceux qui ont les moyens d’imprimer des wagons de fausse monnaie. Avec ça, ils peuvent abattre qui ils veulent, même une montagne

.Dupond 1

On risque de tout perdre a vouloir trop gagner ….les banquiers devraient se souvenir LHLPSDNH
https://lphinfo.com/en-1933-la-judee-juive-declare-la-guerre-a-lallemagne-nazie-et-les-arabes-sallient-a-hitler/

Monrose

Matteo Salvini me parait plus fiable que Boris Johnson. C’est un Latin, solide, prévisible, logique, son physique rassure. L’Anglais parait se réveiller d’une sieste agitée, ses voisins ont dû appeler la police récemment pour une dispute conjugale. Il était contre le Brexit, il y a quelques années; il veut un divorce avec l’Europe mais sans indemnités ni solution pour l’Irlande qui aurait un pied dedans au sud et en dehors au Nord. Il se moque du monde. Cet homme est imprévisible. Sa suspension du Parlement, impliquant la Reine, est une insulte au bon sens. Son frére lui même, (ministre !) le désavoue !

Marnie

Boris Johnson n’est pas crédible et a une réputation clownesque. Il a retourné sa veste et semble plus intéressé par une carrière que par des convictions profondes. L’Angleterre a toujours été un pays « pique-assiette » et il est bien normal qu’elle quitte l’UE dont elle n’a jamais vraiment fait partie.

Monrose

C’est Pompidou qui a fait entrer l’Angleterre dans l’UE. L’Angleterre n’a eu de cesse après 1918 de nous scier, une fois qu’elle a été indemnisée par l’Allemagne. En particulier, les traités navals de Washington, 1922, Londres 1930 puis 1935 avaient pour but de limiter la puissance navale française. Lisez :
forum.netmarine.net/viewtopic.php?t=2881

FleXo

Boris johnson? qui était son grand pere? la génétique ne trompe pas….

platipus

Ce que je sais c’est qu’en France, les députés ont TRAHIS leur mandat en 2005, le Peuple a voté NON!!! ils ont torpillé le vote du peuple; les manigances semblent continuer en Italie et en Angleterre. (En France:le Non est devenu un Oui! ,…un scandale, une révolution est légitime) – Le député représente le peuple en principe…..

platipus

erratum  » ont TRAHI… »

patphil

les manigances! étalées en pleine lumière;
j’espère que les électeurs italiens et britanniques n’auront pas comme les français la mémoire courte

ven85

tout cette mafia europeenne n’aime pas le peuple,car le peuple les priveraient de leurs privileges,en angleterre apres may,johnson essayent de faire,quitter l’europe,a l’angleterre,le peuple a voter et lui essaye de faire respecter la parole du peuple,mais comme ne france,le parlement aux ordres de l’europe fait tout pour rester dans l’europe,lui salvini a essayer de redonner le pouvoir au peuple,en revotant,ce que le president italien a refuser,sachant que salvini gagnerait a lui tout seul le parlement,les sondages le donnant gagnant et l’extreme gauche et la gauche socialiste ce sont associes entre eux pour reprendre le pouvoir,contre le peuple,vous voyez les traites et collabos sont toujours present contre le peuple,en italie cette association contre nature ne durera pas longtemps

petitjean

En effet c’est Sarkozy et Fillon, ne pas oublier ce dernier, qui ont mis à mort la démocratie en France, démocratie qui était déjà moribonde
mais le pire fut peut être la trahison des parlementaires, notamment les députés, qui élus par le peuple et représentants supposé du peuple adoptèrent le traité qui venait d’être rejeté par référendum
il est clair que le parlement ne réprésente plus le peuple
Alors, la révolution c’est pour quand ??
on peut déja aller demander des comptes à ses parlementaires*
Qui le fait au lieu de faire des phrases sur ce site et bien d’autres ??!!……………….
*mais aussi les maires qui élisent les sénateurs !

Marcusorix

Les héros de la Constituante italienne n’avaient certainement pas recommandé qu’on évite à tout prix de demander au peuple son avis. Un gouvernement né et concocté par un personnage comme Conte ne fera que des mécontents. Cette fois, l’arrogance a dépassé toutes le bornes. Ça se sent partout. Et surtout, ils vont rouvrir grand les ports, leur lutte est idéologique, elle est anti-italienne, ça ne va pas marcher. Et tant mieux.

.Dupond 1

Marcusorix
+100000000000000000000000000000000000000000
Le pays va se bloquer et Salvini reviendra en libérateur !!!

wika

Si on le laisse revenir…