Matzneff, livré à la meute pour l’exemple ?

Publié le 8 janvier 2020 - par - 16 commentaires - 1 132 vues

Fait rare dans le traitement médiatique d’un événement, les intellectuels semblent unanimes pour s’associer à la campagne de haine suscitée par la parution du livre de Vanessa Springora, ex-amante de Gabriel Matzneff,  « Le consentement » aux Éditions Grasset. Les uns pour se faire pardonner un passé complaisant à l’égard des relations intergénérationnelles, les autres pour réaffirmer leur attachement inconditionnel à la morale ambiante.

Ainsi voit-on un Philippe Sollers « ne plus se rappeler » qu’il avait signé la pétition en faveur de la dépénalisation de la pédophilie, et un Bernard Pivot regrettant publiquement d’avoir invité Matzneff à un plateau de télévision en 1990. Mais ce n’est pas tout, on vient d’apprendre que le parquet ordonne l’ouverture d’une enquête pour viol sur mineure, que Riester, ministre de la Culture, souhaite priver Matzneff d’une subvention du ministère de la Culture, que Le Point envisage de rayer l’auteur maudit de la liste de ses chroniqueurs et enfin que les Éditions Gallimard retirent de la vente le journal de Matzneff, soit quatorze titres. La disgrâce totale !

https://actu.orange.fr/societe/videos/les-declarations-de-gabriel-matzneff-sur-son-amour-des-mineur-e-s-CNT000001mzAbJ.html

L’homme à abattre, qui vient de fêter ses 83 ans et qui a refusé de lire le brûlot de son ex-compagne, a déclaré : « Apprendre que le livre que Vanessa a décidé d’écrire de mon vivant n’est nullement le récit de nos lumineuses et brûlantes amours, mais un ouvrage hostile, méchant, dénigrant, destiné à me nuire, un triste mixte de réquisitoire de procureur et de diagnostic concocté dans le cabinet d’un psychanalyste, provoque en moi une tristesse qui me suffoque. »

Mais revenons au cas de Vanessa Springora qui semble bien piégée par la culture victimaire, devenue hélas si banale dans notre société. Trente-cinq ans après les faits, et non sans une certaine dose de perversité, elle décide de régler ses comptes avec son ex-amant par un outing littéraire dont elle ne pouvait ignorer qu’il provoquerait la mort sociale de son compagnon. C’est chose faite ! Le procédé n’est pas nouveau : Valérie Trierweiler, avec son livre « Merci pour ce moment », l’a même utilisé contre un président de la République en exercice, faisant fi de la raison d’État, et ramassant au passage un pactole considérable : pas de quoi être fière !

On parle de criminalité, mais rappelons qu’en France, la majorité sexuelle était fixée à 11 ans jusqu’en 1832, puis 13 ans pour être repoussée à 15 ans par l’ordonnance de 1945 (mais 21 ans pour les relations homosexuelles, jusqu’en 1982) et que dans la plupart des pays d’Europe, cet âge est fixé à 14 ans. Pour l’Espagne, la majorité sexuelle était fixée à 12 ans jusqu’en 1995, avant de passer à 13 ans en 1999 puis 16 ans en 2015. C’est dire que le consensus sur la question de « l’âge du consentement » reste manifestement fluctuant dans le temps et dans l’espace !

Autres temps, autres mœurs ! Il n’est pas si loin le temps où Le Monde et Libération prêtaient leurs colonnes à une pétition qui militait pour la dépénalisation des relations sexuelles entre adultes et enfants. Il est frappant de constater qu’elle avait recueilli soixante-sept signatures et non des moindres : Roland Barthes, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Louis Aragon, Gilles Deleuze, Jack Lang, Bernard Kouchner pour ne citer qu’eux. Par contre, Marguerite Duras et Michel Foucault refusèrent de s’y associer. Inutile de dire qu’aujourd’hui, ces deux quotidiens sont plutôt dans l’embarras pour ce texte, publié le 26 janvier 1977 (pour Le Monde) et le 27 janvier 1977 (pour Libération).

Difficile d’assumer de telles prises de position pour l’ultra-gauche reconvertie aujourd’hui dans la police de la pensée et le politiquement correct.

Mais à sa décharge, cette génération n’a pu oublier la fameuse affaire Gabrielle Russier, ce professeur agrégée de lettres, qui s’est suicidée suite aux persécutions de la société dont elle fut l’objet, à cause de sa relation amoureuse avec un jeune élève de 17 ans, Christian Rossi, rencontré sur les barricades de Mai 68. Elle fut condamnée à un an de prison avec sursis, et le jeune amant fut interné d’office en hôpital psychiatrique plusieurs années, ce qui n’a pas été étranger à la naissance de «  l’antipsychiatrie ». L’affaire avait défrayé la chronique et surtout inspiré le film culte d’André Cayatte dans les années 70, « Mourir d’aimer » avec Annie Girardot : presque six millions d’entrées ! Même Georges Pompidou s’était publiquement ému de ce fait divers. Un succès confirmé par le fait que cinquante ans après, une tribune libre de Libération titrait, à propos de l’idylle entre le jeune Emmanuel Macron élève et sa professeur de français Brigitte Trogneux  : « La revanche de Gabrielle » !

L’amour, le recul des tabous, à une époque où l’on s’arrachait les écrits de Wilhelm Reich, avaient eu raison de la “pensée réactionnaire “. Aujourd’hui, ceux qui présentent la GPA (gestation pour autrui) comme une avancée sociétale, sont aussi ceux qui vont reprocher à Matzneff d’aborder la question du tourisme sexuel dans ses écrits littéraires. Il ne fut pourtant ni le premier ni le dernier à le faire ! Michel Houellebecq s’y est aussi risqué dans « Plateforme » (paru en 2001 chez Flammarion), ce qui lui a valu l’accusation de « faire la promotion du tourisme sexuel ». Sera-t-il le prochain sur la liste ?

Il faut se rendre à l’évidence : on a fait de Gabriel Matzneff un bouc émissaire. Qui songerait aujourd’hui à faire le procès en révision post mortem d’André Gide, prix Nobel de littérature en 1948 ? Ou encore celui d’Henri de Montherlant dont Matzneff fut, avec Jean-Claude Barat, l’exécuteur testamentaire ? Ce grand écrivain patriote, très engagé pendant la Grande Guerre n’avait jamais caché ses amours pour les jeunes garçons.

Que le journal Le Monde se complaise à tirer aujourd’hui sur un patriote qui se fait inviter par Alain de Benoît ou par Radio Courtoisie, c’est de bonne guerre. Mais il est difficile de ne pas croire qu’en arrière-plan, on reproche à Gabriel Matzneff ses sympathies pour l’imaginaire « fachosphère ». Il est vrai que les opposants à l’idéologie libérale-libertaire ne se sont jamais gênés pour descendre Cohn-Bendit du fait de ses appétits pédophiles assumés.

https://blogs.mediapart.fr/lancetre/blog/030120/gabriel-matzneff-laristocrate-qui-chassait-les-enfants

Ne sombrons pas dans l’écueil d’un Almodovar qui, sous couvert de dénonciation de la pédérastie, règle ses comptes de manière très partisane avec l’Église catholique dans ce mauvais film « La mauvaise éducation », ni dans cette cabale contre le cardinal Philippe Barbarin, qui n’a fait que revendiquer le droit au secret de la confession, ni dans la cabale contre Polanski pour discréditer ses films…

Ce n’est pas à la presse de se faire juge des inclinations les plus intimes de l’être humain. Il y a pour cela des lois et des tribunaux.  Gardons un minimum de dignité !

Hector Poupon

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Notifiez de
emilie

Le mec se targue de sodomiser des garçons de 12 ans. C’est quand même à la société de protéger les plus faibles. Cela rien n’avoir avec la victimisation des féministes et des racisés.

Une femme si elle est victime d’un prédateur sexuel à moins d’être limité intellectuellement a une grande part de responsabilité. La on parle de fillette de 12 ans oi de 14 ans.

Vous parlez sans arrêt de la déliquescence de la France. Mais que peut devenir une société avec des jeunes qui sont sodomisés par des vicieux de 50 ans?

A moins bien entendu qu’il y ait les jeunes que leur famille protège et la lié de la société qu’on peut exploiter.

peplum

Au passage, parlant de Reich, encore un psystolet bizarre quoique distrayant, qui avec son “accumulateurs d’orgones”, n’aurait pas plu aux zététiciens, mais avec son “Écoute petit homme” si, car bouquin plat.

amandinelonchamp

François de Souche du 9/1/2020 ; Françoise Dolto (mère du gros chanteur Carlos) , défendait la pédophilie ” consentante” .

Carole :

Je n’aime pas la mentalité de ces femmes mais je ne comparerais pas Valérie Trierweiler à cette Springora. Valérie Trierweiler a été humiliée publiquement, sa riposte a été à la hauteur de l’affront qui lui a été fait, et elle a été immédiate, spontanée. L’autre semble avoir ressassé son venin pendant des années et elle sort son bouquin de façon calculée, avant tout pour se faire du fric, il est dans l’air du temps de la haine anti-hommes portée par une douteuse vague néo-féministe, sans la moindre compassion pour un homme âgé qui dit l’avoir aimée. Je pense que c’est une femme foncièrement méchante et avide, comme beaucoup de ces femmes-là.

Carole :

Combien parmi toutes ces belles âmes réunies en meute contre Matzreff mériteraient le même sort ? Il est ce qu’on appelle leur bouc émissaire qu’ils chargent de tous leurs péchés.
Pour le principe, je ne lirais pas ce bouquin, je suis réfractaire à toutes ces vengeances à retardement qui ne sentent pas bon et me semblent toujours suspectes..

POLYEUCTE

Marre de ce sujet !
Que les impies fassent mea culpa et la Justice son travail !

Marcorix

D’ailleurs le code pénal suffirait. Mais maintenant ce sont les médias qui décident de condamner ou non et de détruire ou non. Femmes et hommes, tous réunis dans cette curée indigne et hypocrite. Ces soi-disant élites me fatiguent à l’envi.

Daniel

Il y a des lois et des tribunaux, bien sûr, mais à la condition qu’ils agissent en toute indépendance et intégrité !

Pierre ESCLAFIT

Quand Jack Lang, Cohn Bendit, au tribunal ?

R2D25

Le tripoteur de braguette cohn-bendit devrait être interdit de plateaux télés.
Quant à lang ce type est répugnant.

Sophie Durand

@Hector Poupon
Vous vous trompez, Michel Foucault a bien refusé de signer la première fois, mais il a accepté la seconde fois. Il est donc tout aussi coupable de soutien à la pédophilie.

Respectvaleurs

La dignité des pédo-criminels m’importe peu, fussent-ils des vieillards. Il faut se réjouir de cette “mise à nu”. Ce que j’espère, c’est que cela ne s’arrêtera pas à Matzneff et que les écuries d’Augias seront nettoyées. L’esprit soixante-huitard qui sous couvert de plus de liberté a en fait bénéficié aux plus forts doit être liquidé.

Spipou

Enfin un article un peu censé sur cette affaire !

Spipou

Sauf un bémol : Cohn-Bendit n’a JAMAIS eu des “appétits pédophiles assumés”.

Ou alors, je n’ai pas compris ce qu’il a écrit à plusieurs reprises.

Pamela

Mais oui , mais c’est bien sûr : “orthodoxe” , blanc et de droite , tout faux !
Quand t’as des vices , faut être maçon, d’une “minorité” opprimée et anciennement colonisée par les grands méchants blancs et adepte du chamelier pédophile bien sûr , là coco l’impunité t’es sûr de l’avoir .

Hyperburnes

Vous avez tout compris Pamela !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

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