Mauvaise nouvelle : Médias, le trimestriel de Robert Ménard, cesse de paraître

C’est toujours un déchirement quand un journal cesse de paraître, même quand on ne l’aime pas. C’est encore plus douloureux quand il fait partie des rares périodiques capables de tenir un langage aux antipodes de celui des médias dominants. C’était le cas du trimestriel animé depuis huit années par Robert Ménard et son épouse Emmanuelle Duverger, « Médias ».

http://www.revue-medias.com/

Son dernier coup d’éclat sera la publication de cette enquête montrant que 74 % de journalistes votent à gauche. Nous n’avons pas oublié que Robert Ménard, pourtant islamophile peu suspect de complaisance envers Riposte Laïque, avait permis à notre rédacteur en chef Pierre Cassen, dans son numéro 27, de s’exprimer dans ce qui demeure le texte le plus complet consacré à rédacteur de notre notre site dans un média.

http://www.revue-medias.com/pierre-cassen-les-medias-n-osent,686.html

Robert Ménard et Emmanuelle Duverger, toujours autant amoureux de la liberté d’expression, prenaient un malin plaisir à interviewer, dans leur revue, tous ceux que personne d’autre n’osait approcher, y compris des personnes comme Konk, l’ancien dessinateur du Monde, dont ils prenaient soin de se démarquer des thèses négationnistes, tout en lui permettant de les défendre.

Dans ce dernier numéro, ils donnent ainsi la parole à Alain de Benoist, Ivan Rioufol, Elisabeth Levy, Patrick Sébastien et à l’historien aux thèses contestées sur ce qu’il appelle le génocide vendéen, Reynald Secher.

Autant d’audace ne pouvait demeurer impunie. Les recettes publicitaires ont baissé de 80 % en deux ans. « On » a donc décidé qu’il était temps de siffler la fin de la récréation, et d’en finir avec un homme qui ose multiplier les livres provocants, faisant paraître un pamphlet « Vive l’Algérie française » après avoir écrit « Vive Le Pen ».

Il y a trente ans, dans une célèbre émission de Michel Polac, quand un collaborateur un peu aviné de Charlie Hebdo, à l’occasion de la mort de son journal, avait, dans une ambiance un peu déjantée, crié à un collaborateur de « Minute » : « c’est vous qui devriez crever » ! Espérons que ceux qui sont encore du monde, trente ans plus tard, ont conscience de la dégénérescence et de l’intolérance, aux antipodes de celle de Robert Ménard aujourd’hui, qui était la leur…

http://www.ubest1.com/?page=video/23295#null

Ce que nous constatons, c’est que « Médiapart » d’Edwy Plenel a bénéficié, pour son lancement de la bienveillance d’artistes, d’écrivains et de politiques, que Xavier Niel mit 100.000 euros dans le pot, ainsi que Maurice Levy, PDG de Publicis, tandis que les investisseurs d’Ecofinance et de Doxa Jean mettront, eux, la modique somme de 1 million d’euros. Quant à Rue 89, constitué d’anciens de Libé, il lèvera 740.000 euros la première année, et 1,1 million l’année suivante, grâce notamment à Matthieu Pigasse, autre banquier proche du PS, par ailleurspropriétaire du Monde. Malgré cette situation, le titre fut sauvé du dépôt de bilan par « Le Nouvel Observateur » du milliardaire de gôche Claude Perdriel qui vola à son secours.

Le système sait récompenser ses meilleurs domestiques, et châtier ceux qui le dérangent. Espérons que Médias renaisse sus une autre forme, pour ne pas laisser les faux rebelles de la médiocratie occuper seuls le devant de la scène, et permettre à Robert Ménard et Emmanuelle Duverger de continuer à donner la parole à ceux qui ne pensent pas comme il faut.

Martine Chapouton

image_pdf
0
0