Médias : s'il n'y avait que le service public, ce serait Radio Moscou

Patrick-Cohen-France-InterQui assure ces temps-ci et pleinement le droit d’être informé, conseillé dans la réflexion (afin de cristalliser une opinion, thème de mon cours sur les médias) qui donc porte ce service public par excellence, sinon les radios privés ces temps-ci (et les blogs) ? Certes, quelques informations, laconiques, sont tout de même concédées par ces syndicats qui veulent la peau paraît-il de leur PDG. Mais imaginez un monde avec uniquement France Culture France Inter France Musique France Info, ce serait Radio Moscou de la belle époque sans la BBC pour compenser ; imaginez qu’elles disparaissent ? Qui s’en apercevrait ?…(La BBC, elle, continue…).
On pourrait bien sûr regretter quelques émissions (France Info, France Culture) prises en otages d’ailleurs par les mêmes forcenés qui forcent chaque émission à être produite par trois à quatre personnes alors qu’une seule suffirait amplement (ce qui se vérifie sur place quand j’avais été invité une fois à France Culture puisque le temps de l’émission les deux à trois autres sont au café ou ailleurs).
Et ces gens parlent haut, pensez ! ils se prétendent membres de la classe supérieure, la « gôche », cette race supérieure, « race » au sens métaphysique, celle des affranchis, des adoubés, cooptés (« L’Amitié » : amis/ennemis) qui haïront tous ceux qui ne sont pas eux, et que l’on pourra alors taxer « stigmatiser » (on a le droit maintenant selon un certain Premier Ministre) de « libéral, extrême droite, sioniste », ce qui permet de masquer son propre totalitarisme qui prétend non seulement penser à la place du peuple, mais être celui-ci, dans sa quintessence même. Savoir, mieux que lui, ce qui est bon bien beau.
Cette classe de nouveaux prêtres est devenue ainsi un nouvel Ordre au sens non seulement moral, mais politique sociologique à l’instar des Ordres de l’Ancien Régime.
Et cette nouvelle classe de puissants se comporte donc comme des Inquisiteurs qui vont non seulement indiquer comment être, faire (l’amour aussi), penser, fumer, ils vont installer, matricer, une sorte de corset mental avec son bracelet clignotant, alarmes sur toute pensée « libérale, d’extrême droite, sioniste » lorsqu’elle s’immisce à notre insu surtout quand le Réel ne semble pas réagir à leurs injonctions, protectrices, toujours.
Au lieu de nous laisser agir choisir apprécier la protection qui nous sied. Et pour une directive censée dix autres insensées. Qu’il faille par exemple inciter les adultes à ne pas fumer en voiture en présence d’enfants (ce qui est rare aujourd’hui) certes, mais pourquoi forcer à rendre anonymes les paquets de cigarettes sinon à empiéter encore une fois sur une vie de moins en moins « privée » ? Le coût qui en résulte peut parfaitement d’ailleurs être privatisé au sens de laisser chaque contractant et son assurance en décider. Les soins lourds pouvant être mutualisés par l’ensemble du secteur assuranciel, quitte à ce que la Puissance Publique via une Haute Autorité se mette en veille a posteriori.
Au fond, il est dit souvent, « diminuez les dépenses publiques, vous aurez moins d’infirmières, d’enseignants… » mais pas du tout, ils seront libres,  « privés », oui, sans pour autant nous nuire automatiquement (pourquoi dans ce cas ne pas tout nationaliser jusqu’à son boulanger) et ils seront bien mieux payés parce qu’ils mutualiseront s’ils le veulent leurs frais de gestion, ils payeront bien moins de cotisations et se consacreront uniquement à leur métier.
Le renard libre dans le poulailler libre est une invention des nouveaux nantis de « droiche » et de « gaute » bien à l’abri derrière les impôts taxes charges alors que les citoyens ne sont plus des poules depuis longtemps, de moins en moins en tout cas… Et le renard, ne fait-il pas partie de la biodiversité après tout? Surtout si quelques poules préfèrent se faire avoir plutôt qu’être libres, justement…
Au fond, le débat en France est devenu si médiocre qu’il devient presque indécent de le commenter, je vous prie de m’en excuser… Il ne sera en tout cas pas auditionné sur le service public radiophonique, certainement pas, « cachez cette vérité que je ne saurais écouter… »
Lucien Samir Oulahbib

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