Mélancolie d’un 1er novembre

Publié le 1 novembre 2018 - par - 10 commentaires - 803 vues
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La mélancolie n’est pas la nostalgie, elle est le sentiment de ce qui fut, qui pourrait avoir été contre ce qui est.

Elle est la sourde douleur que la pluie engendre, un jour de Toussaint, quand le soleil d’été brillait si fort il y a peu.

Elle est l’âpre saveur que la peau d’une femme qu’on aime réveille quand, l’âge venu fait qu’on n’est plus celui qu’on fut.

Elle est aussi l’épine du regret quand renaît l’enfance dans un corps fatigué qui ne peut plus l’héberger quand cœur et esprit l’appellent.

Ce n’est pas la douleur du temps passé mais celle de celui qu’on fut et qu’on demeure dans une chair flétrie ; c’est l’être qui persiste sous la dure loi du temps qui passe ; c’est le divorce du corps et de l’âme, du corps et du cœur, de soi d’avec soi.

Et bien, ce matin de brume et de crachin, cette matinée de chagrin qui suinte entre des arbres mornes, cette journée sans bruit et sans couleur du 1er novembre me fait souvenir d’un premier novembre ancien, soixante quatre ans plus tôt, où le petit garçon de 10 ans que j’étais regardait sa montagne tutélaire en sentant ses parents et grands-parents préoccupés.

Cette pâleur méditerranéenne ne payait pas de mine, mais elle était la lame qui défaisait l’Histoire, qui révélait l’affaissement de la France et notre futur exil.

Aujourd’hui, l’homme âgé contemple la pluie qui ne lave pas l’infamie des peuples qui se cachent derrière le « Bien » pour ne pas combattre le Mal.

Ô Dieu qui nous fit ! Comment nommer le péché  de ceux qui doivent vous servir et qui s’abritent derrière des bribes de mots tirés des Évangiles pour abandonner leurs enfants au Mal ?

Il y a soixante ans, au moins nous sommes-nous battus ! Il y a pire qu’une défaite : le refus du combat.

Le châtiment rôde pour une France pécheresse. Ce châtiment ne lui sera pas épargné, mais elle peut retrouver l’honneur en nommant ses anciennes lâchetés.

Après, advienne que pourra !

Georges Clément

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Notifiez de
Nicolas Boury

Georges Clément a entièrement raison, si les Français croient s’en sortir comme ça, ils n’échapperont pas à la mort de leur civilisation et à leur humiliation. J’aime bien Georges Clément, j’apprécie ces passages sur TV Libertés, c’est toujours intéressant et sans déni de réalité, il faudrait plus de gens comme lui pour sauver la France, si il y a encore quelque chose à sauver …….

Hector

Merci infiniment

DUFAITREZ

La Mélancolie touche le temps présent, la Nostalgie, l’ancien…
L’une se guérit, l’autre Non ! Car on ne refait pas le Passé.
Ainsi du « Monde ancien » rejeté par Macron… Et pourtant !

jan le Connaissant

Apprenez la Connaissance !
plutôt que de chérir l ‘ Ignorance !

marcojol

Magnifique!
comme j’aurais aimé avoir écrit cela, d’autant plus que nous avons, l’auteur et moi, le même passé

a.hourquetted'are

Merci, c’est beau et tellement vrai.
Article archivé pour la génération qui suit.

France.org

Beau texte qui sonne les prémices d’un futur « enchanteur »

Allonzimollo

Les seules batailles perdues sont celles que l’on n’a pas livrées…
Les patriotes doivent s’apprêter à livrer la mère de toutes les batailles, celle où les choix sont simples : il s’agit de vaincre ou de mourir dans l’honneur pour sauver sa patrie.
Les français peuvent aussi choisir de mourir sans combattre, à petit feu, dans la honte et le remord, sous la botte de l’occupant et de ses complices, ou peut-être devrais-je dire « la babouche »…

barracuda58

C’est beau…

DA 85

Magnifique article. j’ai l’age de l’auteur je n’en ai pas le talent, mais je partage toute sa mélancolie pour toutes les raisons exposées que j’aurais pu exposer moi même.