Mélenchon : 30 ans que les socialos et leur aile gauche nous font le même cinéma !

Publié le 6 mai 2013 - par - 850 vues
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pujadas mélucheScrogneugneu, on va voir ce qu’on va voir ! C’est qu’il était en colère, notre Méluche national ! Et il en a sorti des vertes et des pas mûres contre le Parti socialiste, coupable de ne pas tenir ses promesses, et contre le Président Hollande, à qui il a fait savoir, martial, que la période d’essai était terminée. Quitte à jouer les grognons, il paraît utile de faire quelques rappels à ceux qui croient encore qu’on peut changer le Parti socialiste de l’intérieur (ce que Mélenchon a essayé de faire durant 31 ans) ou de l’extérieur. Généralement, cela se passe en six étapes étapes.

Première étape

Pour ganger les élections, les socialistes n’hésitent à tenir des grands discours gauche de chez gauche. Personne n’a oublié qu’avant 1981, Mitterrand disait, la main sur le coeur, que celui qui ne veut pas rompre avec le capitalisme n’a pas sa place au Parti Socialiste. En 1997, Jospin nous racontait que s’il arrivait au pouvoir, il poserait quatre conditions à l’Union européenne, pour y rester. Et Hollande, en 2012, nous a raconté qu’il avait un ennemi, la finance. Entendant ces belles paroles, que les socialistes réussissent à prononcer sans éclater de rire, l’aile gauche du PS, constituée d’anciens trotskistes, et le PCF, la main sur le coeur et la larme à l’oeil, se félicitent de ce discours nouveau, “qui va dans le bons sens”.

Deuxième étape

Sauf qu’une fois au pouvoir, cela ne se passe pas tout-à-fait comme cela. En 1983, Delors a bloqué nos salaires, imposé la rigueur, et cassé nombre de nos industries. En 1997, Jospin, à peine élu, a ratifié Amsterdam. En 2012, Hollande a fait, en une année, tout le contraire de ce que “Moi Président” avait annoncé, notamment au niveau de sa soumission à Merkel. Devant l’ampleur des trahisons, l’aile gauche est obligée de sortir du bois, et de se dire le meilleur soutien de ce gouvernement, tout en le critiquant. Cette partition est indispensable pour éviter que le mécontentement populaire ne se déplace trop vers le seul véritable adversaire du système, les partis patriotiques, et notamment le Front national. Donc, parfois ils restent au gouvernement, et prétendent lutter de l’intérieur pour changer les choses (PCF de 1981 à 1984, PCF de 1997 à 2002, Mélenchon de 2000 à 2002), parfois, ils soutiennent le PS, sans participer au gouvernement. Bref, il faut faire croire au bon peuple qu’il y a une alternative à la gauche du Parti socialiste. Dans ce registre, un homme est inimitable, c’est l’inspecteur du Travail socialiste, issu du trotskisme, Gérard Filoche. Depuis trente ans, il nous raconte la même histoire, et depuis trente ans, il constate, en larmes, que lui et les siens ont été trahis, ce qui ne l’empêche pas de continuer à parler de son gouvernement, son président, et à le soutenir !

https://ripostelaique.com/en-larmes-linspecteur-du-travail-socialiste-filoche-decouvre-quil-milite-dans-un-parti-de-pourris.html

Troisième étape

Une fois qu’on a bien critiqué le PS, place au business, il faut discuter les postes avec les camarades socialistes, pour les européennes, les législatives, les municipales. Et là, par miracle, pendant cette période, les critiques baissent d’un ton, car ce sont les élus, et leur nombre, qui font bouillir la marmite écolo, communiste ou mélenchonienne. Priorité est donc donnée à la sauvegarde de l’appareil, et à trouver une planque (entendez un mandat) aux petits copains, au fiston et à la maitresse. Donc, on mange dans la main du PS, et on baisse d’un ton.

Quatrième étape

Les élections sont passées, la gauche et la “gauche de la gauche” votent ensemble, à l’Assemblée, au Sénat, à Bruxelles, dans les conseils régionaux, dans les conseils généraux, dans les communautés de communes, agglomérations ou conseils municipaux toutes les grandes décisions, tout en faisant semblant de se chamailler de temps en temps, pour justifier l’existence des différentes boutiques.

Cinquième étape

La campagne présidentielle suivante reprend, et chacun va à la bataille en ordre dispersé au premier tour. On se balance quelques pignes amicales, style “capitaine de pédalo”. Puis au deuxième tour, le 22 avril, à 20 h 01, Mélenchon appelle à voter Hollande sans condition, comme il appellera à voter PS, malgré le fait qu’il les ait qualifiés de tricheurs et de voyous, à Hénin Beaumont.

Sixième étape

5 mai 2013, Mélenchon continue à se foutre du peuple de France, et rappelle à Hollande, qu’il connait depuis 31 ans, qu’il doit faire une autre politique, alors que la politique du Parti socialiste est d’en finir avec les Etats-Nations, et accélérer la mondialisation libérale et l’Europe fédérale, que Mélenchon ne conteste pas, par ailleurs.

Mélenchon annonce 180.000 manifestants, et les médias ne contestent pas le chiffre. Plutôt Méluche que Marine !

Paul Le Poulpe

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