Mélenchon piège à…

Publié le 9 avril 2012 - par - 861 vues
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L’homme de lettres sans principes ou sans art, et l’empoisonneur sont identiques (…)

Le réel, c’est de trouver des épithètes homicides, des métaphores assommantes, des incidentes à couperet triangulaire.

Il faut inventer des catachrèses qui empalent, des métonymies qui grillent les pieds, des synecdoques qui arrachent la peau de la tête, des ironies qui labourent les sinuosités du râble, des litotes qui écorchent vif, des périphrases qui émasculent et des hyperboles de plomb fondu. Léon Bloy ; l’inquisition en littérature, « le Figaro » 6 avril 1884 in le mendiant ingrat, paris 1902.

Monsieur Mélenchon qui s’imagine être un tonitruant tribun, ferait bien de lire les véritables imprécateurs tel le grand Léon Bloy.

Il est vrai que celui-ci était un catholique que l’on intitulerait aujourd’hui intégriste alors que nul penseur catholique ne sut s’élever comme lui à un véritable amour du peuple. Les éructations de Monsieur Mélenchon apparaissent alors pour ce qu’elles sont ; de mauvaises tirades de théâtre de boulevard, ce théâtre de petits bourgeois qui plaît tant à Joseph Prud’homme et aux coiffeuses sur le retour.

Monsieur Mélenchon est une « fausse blonde » qui veut hyperboliser ses propos avinés de « café du commerce » tout en voulant tel un dindon se faire admirer de la basse-cour.

Mais regardons de prés ce produit typiquement trotskyste, qui comme ses amis Cambadélis, Julien Dray, François Rebsamen, rendrait sympathique Iagoda ou la camarade Grundman, première femme à être nommée « tchékiste émérite ».

De l’OCI, qui n’est pas l’Organisation de la Conférence Islamique mais l’Organisation Communiste Internationaliste, machine à transformer en sénateurs et satrapes socialistes de jeunes petits bourgeois à la recherche d’une sinécure ou comme Edwy Plenel  transformer un scribouillard de l’hebdomadaire de la LCR Rouge en directeur de la rédaction du « Monde ».

Et donc nos joyeux trotskystes se font payer leur droit d’entrée au PS par Mitterand qui connaissait le prix de la trahison.

Ainsi en fut-il du traité de Maastricht dont tous les trotskystes ânonnèrent les bienfaits.

Il faut se souvenir que Mitterrand, maître à penser de Mélenchon, que ce dernier appelle encore affectueusement « le Vieux » (alors que c’est ainsi que les vrais bolcheviques appelaient Lénine « starik), avait tout fait pour que les Français ne puissent se prononcer en connaissance de cause, déclarant l’organisation d’un référendum sur le sujet peu de temps avant les vacances d’été pour la rentrée scolaire de septembre de la même année 1992. La victoire du oui (51-49) tenait au fil de la corde, malgré le fait qu’à l’époque, il régnait une pensée unique pro-Maastricht assez violente dans tous les médias, surtout ceux du service public, remarquons qu’à l’époque les journalistes ne dérangeaient pas le moins du monde Monsieur Mélenchon. Avec quinze jours ou un mois de débat supplémentaire, le traité aurait capoté, car les sondages en faveur du non montaient régulièrement.

À vrai dire, le traité de Maastricht fait partie de cette mascarade trotsko-réformiste qui consiste à dévoyer la volonté de construire une société socialiste pour la remplacer par un objectif qui serait supérieur, celui de « faire l’Europe ». Cela rejoint les vieilles antiennes du trotskisme, à savoir la soi-disant impossibilité du socialisme dans un seul pays et son corollaire, la négation de la réalité nationale. C’est de cette fameuse Arlésienne, à savoir « l’Europe sociale », dont se sont emparés nos dirigeants nationaux ainsi que tous les partis qui se réclament de la gauche. D’ailleurs Mélenchon a usé ses fonds de culottes politiques sur les bancs de l’organisation trotskiste la plus ringarde, la plus militaire et la plus violemment anticommuniste, l’OCI, celle qui a aussi formé ses amis Jospin et Cambadélis. 

Depuis, Mélenchon aurait, dit-on, exprimé des regrets. Si cela était vrai, il serait logique qu’aujourd’hui avec la direction nationale du PCF, il combatte ouvertement l’Union Européenne. Mais on a bien compris que les uns et les autres étaient désormais bien intégrés au système, notamment par l’intermédiaire du PGE. En tous cas, les extraits de son intervention de 1992 au Sénat prouvent qu’un homme qui s’est trompé aussi gravement a encore beaucoup à apprendre des communistes, avant de pouvoir devenir leur candidat.

Ainsi dans la séance du 9 juin 1992 du sénat M. Jean-Luc Mélenchon intervient-il déjà, sur les  seules vertus du vote des étrangers.

(…) Le vote des étrangers aux élections locales, qui a occupé tant de place dans la presse, a pris parfois un tour dur, injuste, blessant, lorsque, le prétexte se révélant trop inconsistant, il a fallu ajouter derrière le Belge ou l’Italien, qui ne faisaient peur à personne, l’ombre de l’Africain et du Maghrébin, qui, paraît-il, sont ce qu’il y a de pire. Or, pour la majorité d’entre nous, Africains et Maghrébins sont des amis et nous espérons bien voir un jour le suffrage universel étendu à tous. (…)

(…) Demain, avec la monnaie unique, cette monnaie unique de premier vendeur, premier acheteur, premier producteur, représentant la première masse monétaire du monde, l’Europe sera aussi porteuse de civilisation, de culture, de réseaux de solidarité, comme aujourd’hui le dollar porte la violence dans les rapports simples et brutaux qu’entretiennent les États-Unis d’Amérique avec le reste du monde.(…)

(…) On a dessiné devant nous une identité de la France quasi métaphysique, dans laquelle la souveraineté nationale est confondue avec ses instruments, dont la pérennité tracerait la frontière entre la vie et la mort de la nation. Contresens ! La nation est un mot nouveau qui est né pendant la Révolution française, par opposition au morcellement féodal des peuples de France sous la monarchie. La nation est le lieu de la citoyenneté ; elle n’est ni ethnique, ni religieuse, ni linguistique. La citoyenneté est dans l’exercice collectif du pouvoir. Là où est le pouvoir réel, là doit s’exercer la citoyenneté. Là où est la citoyenneté là est la nation. (…)

(…) Tout se tient dans la tradition française entre la démocratie et la nation. Si le pouvoir réel de maîtriser notre destin ne peut prendre toute sa réalité économique et sociale qu’à l’échelle de l’Europe, alors, les vrais démocrates ne peuvent que vouloir l’avènement de la nation européenne et, avec elle, de la citoyenneté européenne. (…)

Homme de pouvoir, Monsieur Mélenchon a toujours voulu domestiquer la puissance sociale pour son propre compte et celui de ses maîtres socialistes, car il n’est qu’un fondé de pouvoir du capital, qui se pose comme ultime recours contre ce même capital.

Ce personnage égocentrique, dont le discours et les actes ne coïncident pas – à l’instar d’un politicien « radical » de la Troisième République comme Daladier –, pense surtout au poste de ministre qu’il pourrait avoir dans un gouvernement de François Hollande. On a déjà connu de telles sagas personnelles lamentables, comme celle de Chevènement. Il faut pour les révolutionnaires dénoncer sans relâche l’imposture du tribun et ses mensonges.

Il nous manque un Karl Marx critique de  l’idéologie petite bourgeoise, peureuse et inefficace pour dresser le portrait de ce Mélenchon, homme de toutes les roueries et les trahisons.

Monsieur Mélenchon ressemble de plus en plus à ces anarchistes et socialistes de la fin du XIXe siècle et du début du XXe qui commencèrent leur carrière à l’extrême gauche pour la finir soit en sénateur radical ventripotent, soit en antisémites militants, mais dans les deux cas en crachant sur la France et son peuple.

Mais finissons ce portrait par qui nous l’avons commencé, Léon Bloy, le Léon Bloy de Belluaires et porchers ; « Il (Ernest Renan) sait que les anecdotes ont la vie dure et il a quelque chose comme le pressentiment que celle-là ne pourra pas être facilement effacée, il s’efforce de la masquer sous la draperie d’un patriotisme loqueteux dont les mites elles-mêmes ne veulent plus, mais dont il espère que se contentera la postérité.

“J’ai toujours servi mon pays en bon patriote que je suis, dit-il, et je continuerai à le servir de même jusqu’à ma mort.” Si tout le monde avait servi la France comme lui, j’imagine que ce beau pays d’enthousiasme et de générosité serait Allemand jusqu’au fond de ses bottes, depuis une vingtaine d’années pour le moins, car il est difficile de nommer un individu qui ait autant fait que celui-là pour propager dans le monde latin le scepticisme de la servitude. »

Michel Ciardi

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