Même à la campagne, des intrus squattent les piscines

cochonpiscine1On n’a pas fini d’avoir chaud ni d’avoir des surprises, non plus.
Tout ce mois de juillet, sur les réseaux sociaux, ont fleuri des corridas aquatiques organisées par des « djeunes » des cités ou des quartiers qui n’ont pas hésité à casser des bouches d’incendie pour se créer des plages paradisiaques.
Sauf que… En guise de sable doré, pour s’y étendre, ils avaient les autobus, les voitures, les passants excédés. Pas vraiment le top, non !
Cherchant toujours plus de confort, les mêmes, un peu partout, ont pris d’assaut les piscines privées et publiques. Là, même les media en ont parlé. Les forces de l’ordre, quelque peu débordées – normal quand on joue dans l’eau ! – n’ont pas pu faire grand-chose. La chaleur aidant, tous excités, ça finissait en pugilat. Et même à l’hôpital.
C’est l’inconvénient du vivre en ville comme dirait le Rat de La Fontaine.
Ouf ! Et c’est là qu’on apprécie d’habiter la campagne, n’est-ce pas ?
Pas de voitures, pas d’autobus, pas de bouches d’incendie. Même les cigales se taisaient, écrasées qu’elles étaient par la chaleur… Le top, quoi !
Loin de toute cette agitation, les « ruraux » étaient contents d’avoir un petit point d’eau, suffisant pour les rafraîchir. On fait pas de chichis à la campagne. Et puis, on se bouscule pas au portillon pour faire trempette. Même le GPS ignore l’itinéraire.
Mais c’est compter sans les rats des champs et leurs semblables !
Après une chaude nuit de cette fin juillet, profitant de l’aube naissante et rafraichissante, un couple de retraités prend son petit déjeuner sur la terrasse, l’esprit encore endormi… Comme tout le monde, le matin !
Leur chien est nerveux. Il n’arrête pas d’aller et venir du bassin à la terrasse. « Qu’est-ce qu’il a celui-là ? » Bof ! Encore un chat qui doit trainer par là.
Sans plus se soucier de lui, ils finissent de se réveiller, assis dans la fraîcheur du petit matin, devant leurs tasses de café.
Le chien, encore !
Mais qu’est-ce qu’il fait ? Maintenant, il est à l’arrêt comme devant un lièvre ! Il geint, il jappe, il tremble, il regarde son maître et puis le bassin… C’est un appel en langage chien. « Oh ! Tu viens voir ? »
Son maitre jette un coup d’œil distrait dans sa direction. « Mais y a rien ! Qu’est-ce qu’il lui prend ? » C’est la chaleur qui l’aura dérangé. Après tout, les animaux sont tellement semblables aux humains.
Il ne croyait pas si bien dire.
Cochonpiscine2Surpris, néanmoins, par son attitude, les yeux du maître reviennent sur le bassin… Merde alors ! L’eau bouge !
« Il y a quelqu’un qui se baigne ! Ah non ! Pas chez nous quand même ! Ils sont gonflés ! »
En trois enjambées, furieux, il se précipite et… Rien ! A peine trois ronds dans l’eau. C’est pas Dieu possible. Le mec a plongé en apnée. Quel culot !
« Faudra bien que tu émerges pour respirer, mon coco. Et là, la musique ne sera pas la même, tu peux me croire ! »
Et il est sorti. La tête, seulement. Tout son corps immergé, on aurait dit une statue posée sur l’eau. Il ne bougeait pas d’un poil. Il les regardait effrontément sans ciller, sans un souffle.
Et la surprise a paralysé notre brave retraité.
L’intrus qui a osé squatter son bassin est… un cochon !
Un intrus dans le bassin
Un cochon sauvage, comme on appelle les sangliers dans le sud.
« Ben ! Nous manquait plus que ça », qu’il dit ! Voilà-t-y pas qu’ils prennent l’exemple des ceusses de la ville ! »
Nos deux amis sont complètement réveillés. L’intrus les fixe sans broncher, eux le regardent sans vraiment y croire.
Notre retraité est un bon fusil. Mais la chasse est un sport noble.
À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire…
Cochonpiscine3Et là où il est, le cochon, dans l’eau, il est carrément vulnérable.
« Allez ! Il faut le sortir de là sinon il va se noyer. »
Mais la bête n’est pas commode. Elle doit bien faire dans les 50 kilos. Elle grogne. Elle montre les dents, elle les fait claquer ! Et elles ont une belle taille, déjà ! De colère, elle mord la margelle. Ça fait un bruit effrayant.
Cochonpiscine4Notre retraité ne se départit pas de son calme et plaisante :
« Ah bon ! Ils ont fait la corrida dans la ville, les autres ? Et bien, nous, on va se faire un rodéo campagnard ! »
Il prépare une corde solide avec une manille à un bout et fait un nœud coulant. Le cochon s’énerve et essaie vainement de grimper sur la margelle pour charger son sauveur qui, d’un lancer expert, lui passe la corde autour du cou.
Se sentant prise au piège, la bête replonge entièrement dans l’eau. Le bassin est profond d’environ deux mètres.
Notre ami attend patiemment qu’il remonte à la surface. Le cochon ressort en soufflant. Il pose sa tête sur la margelle. Il est fatigué.
Et le rodéo commence. Le nœud coulant est assez large pour ne pas blesser la bête. Re grognements. Re mordre la margelle. Re montre les dents. Il n’est pas content du tout le cochon. Normal ! Il se demande s’il ne va pas finir en méchoui.
Pendant une heure, notre ami, respectant des plages de repos pour le cochon (et pour lui, aussi) va tenter d’extraire la bête de son piège aquatique. Tous les deux sont épuisés.
Mais, contrairement à certains humains, ce sauvage animal est moins bête qu’eux. Puisqu’on lui demande de sortir de là, il va aller dans ce sens au lieu de résister.
Ils vont unir leurs forces et, dans un ultime effort commun, le sanglier réussit à s’agripper à la margelle avec ses sabots antérieurs.
C’est bon ! Là, il est dehors !
Cochonpiscine5Alors, il va falloir faire vite ! Notre retraité avait anticipé la réaction naturelle du sanglier, une fois libéré.
Dès que le cochon touche la terre ferme, il fonce dans les jambes de son sauveur qui s’est déjà jeté dans la piscine pour échapper à la charge.
Et le cochon s’en va, trainant la corde derrière lui.
Croyez-le ou pas : la corde a réapparu une semaine plus tard près du bassin.
Et le mystère reste entier.
Qui, du cochon ou de la corde, a retrouvé le chemin du bassin ?
Nous ne le saurons jamais !
Danièle Lopez

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13 Commentaires

  1. Peut être 1 idée à explorer pour les propriétaires de piscines en ville squattées par une autre sorte de bestioles nettement moins sympathique et sans doute guère plus propre..?

  2. Moi je dis que c’est le cochon venu remercier le maitre ! Qu’ils sont intelligents ces petits animaux quand même plus intelligents que ceux qui ne les mange pas et ne les touchent pas ! Malins ces animaux

    • Les végétariens au même niveau d’intelligence que les musulmans, c’est aussi fort que l’extrême gauche qui traite certains protecteurs des animaux d’extrémistes de droite ! Ne pas manger de cadavres sans motif communautaire,ne pas être de gauche et combattre tous les obscurantismes, c’est la certitude d »être attaqué de toutes parts… peut-être par la catégorie la plus répandue des moins intelligents ?

  3. Les histoires (vraies) d’animaux étonnent beaucoup d’humains parce qu’ils ne les connaissent pas. Les cochons et leurs cousins sont des plus intelligents, dommage qu’ils soient impurs pour les uns et produits de consommation pour les autres, cette réduction est si pratique pour les cerveaux anthropocentriques. Ce joli conte sera encore plus beau si le chasseur range définitivement son fusil au placard (sachant qu’en réserver l’usage aux vrais prédateurs, même en tirant au plafond, peut coûter plusieurs années de prison et une vie de revenus, par la grâce conjuguée de la madone des criminels et des accros du mur des cons…)

    • Sauf à avoir une bonne pelle et un ou deux sacs de chaux vive, selon la taille de l’animal….

  4. Et si ce cochon était un extraterrestre déguisé ? va savoir rien n’est impossible
    de nos jours !

  5. mais peut-être que c’est ça la vie a la française. Merci pour cette belle histoire

  6. Belle histoire. Elle laisse songeur avec ce retour de la corde. Une manière de dire merci de la part du cochon? Peut-être!

    • C’est ce que pense notre ami, le sauveur de cochon. Il est persuadé que le cochon a ramené la corde. Mais, j’ai quand même des doutes. Et pourtant, elle n’est pas arrivée là par l’opération du Saint Esprit.
      Ce sera un mystère non élucidé.

  7. Géniale cette nouvelle, digne des meilleurs conteurs du Midi !
    Ca nous change des horreurs quotidiennes, mille merci comme disent les Italiens.
    Au début, j’ai vraiment cru, d’après le titre, qu’un charmant village de chez nous et sa charmante petite piscine étaient envahis par les barbares.
    Encore bravo et une pensée amicale pour cet aimable divertissement bien français de notre campagne.
    Pierre dans le 17

    • C’est aussi ce qu’a pensé notre retraité figure-toi ! Avec tout ce qu’on avait vu et lu de leurs exploits, il s’est dit que c’était un alien des villes qui squattait.
      Mais c’est une histoire qui, sans les photos pour prouver qu’elle est réelle, aurait pu être prise pour une « galéjade » provençale !
      merci et Vive la Campagne Française !

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