Mémorial Charles Martel (3) : ils ont repris les thèses de la nazie Sigrid Hunke

Publié le 27 mai 2015 - par - 727 vues
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Nous pensions ne consacrer que deux articles au Mémorial de Charles Martel, situé à Moussais-la-Bataille (à quelques kilomètres au nord de Poitiers) :

Poitiers : le mémorial Charles Martel rend hommage… aux arabo-musulmans

Poitiers : ce mémorial est une insulte à Charles Martel (2)

Et puis, chemin faisant, nous découvrons que le dossier est si énorme qu’il mérite plusieurs articles complémentaires.

Nous commencerons, avec ce troisième volet, par examiner les sources « scientifiques » de ceux qui ont réalisé ces planches pleines de mensonges, de provocations et d’erreurs (sur lesquelles nous reviendrons pour un quatrième volet, avant de nous consacrer aux responsables dans un cinquième  article).

En effet, nombre de nos lecteurs (merci à tous pour leurs précieux apports à cet article) se sont inquiétés de voir dans une des planches photographiées (voir ci-dessus) la mention :

“Description réalisée d’après l’ouvrage de Sigrid Hunke, Le Soleil d’Allah brille sur l’Occident, 1963.”

(Même là, les réalisateurs du site n’ont pas été fichus de donner la bonne date, c’est en 1960 que le livre est paru…)

Qui est Sigrid Hunke ? Nazie convaincue, ayant fini sa vie en Egypte, à l’abri des poursuites… Amie d’Himmler, adepte des théories raciales et grande admiratrice de Hitler dont elle aurait dit : « C’est le meilleur modèle que l’histoire ait pu offrir à l’Allemagne ». Quand on connaît l’admiration de Hitler pour l’islam – Hitler qui regrettait, comme Mélenchon, que Charles Martel ait gagné à Poitiers (“Si Charles Martel avait été battu, le monde aurait changé de face”, disait Hitler) – on ne s’étonne pas qu’elle ait consacré un ouvrage à essayer de montrer les supposés apports de l’islam à la civilisation occidentale…

Sigrid Hunke aime l’islam, c’est indéniable, c’est son droit. Mais il y a trois soucis : le premier c’est que nous, qui, depuis des années, étudions l’islam, ses textes sacrés, ses œuvres et ses pompes dans tous les pays musulmans, nous savons que l’islam est le danger majeur et que l’Occident ne lui doit qu’enlèvements, pillages, morts violentes et viols à répétition depuis l’Hégire. Cela ne nous rend  pas vraiment réceptifs à la propagande de l’admiratrice de Hitler, c’est vrai. Le deuxième, c’est qu’elle utilise son amour de l’islam pour réécrire l’histoire, pour faire du révisionnisme en faveur des Mahométans. Le troisième, c’est que de pseudo-historiens utilisent l’oeuvre de propagande idéologique  de cette Allemande nazie pour conchier notre histoire et notre civilisation.

D’autant que, si l’on approfondit le sujet, on trouve de drôles de choses sur Sigrid Hunke, et notamment les témoignages de ses amis et admirateurs (dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es), qui appartiennent soit à l’extrême gauche, aux partis écologistes, soit à des mouvances d’une extrême droite véritablement nauséabonde et islamiste !

Ici on trouve le témoignage de l’imam de la mosquée de Sevran :

Que prêche Abderahim Braihim aux Musulmans sevranais ? Un court extrait d’une de ses conférences en gras italique ci-dessous, (traduite par un Fidèle en français) :

« Une chercheuse allemande (Sigrid Hunke) née en 1913, a écrit un livre, que le cheikh nous recommande de lire, « Le soleil d’Allah illumine l’Occident », cette chercheuse, doctoresse, qui a étudié l’Islam, qui est partie vivre au Maroc pendant la Seconde Guerre mondiale, que dit-elle dans son livre ? La première des choses, c’est qu’elle remercie les musulmans, alors qu’elle n’est pas musulmane, elle dit que sans les musulmans, l’Occident serait toujours resté à un stade sous-développé.

Vous savez au Moyen-Age, les Occidentaux étaient sous-développés, les pays d’Europe étaient dans une situation de sous-développés, alors que les musulmans et les pays musulmans étaient dans une situation avancée et développée. Elle dit que grâce aux musulmans et grâce à l’islam, les mathématiques, la médecine, l’astronomie, les différentes sciences ont été avancées et ont permis que les Occidentaux puissent les étudier, grâce à ces musulmans. »

[06:35] sermon de l’imam Abderahim Braihim le 16 mai 2014 à la Mosquée de Sevran – « nulle contrainte en religion ! » (hard-copy)

L’imam Abderahim Braihim brandit le livre de propagande pro-islamiste écrit en 1960 par Sigrid Hunke, « Le soleil d’Allah brille sur l’Occident », une nationaliste allemande néopaganiste et anti-chrétienne, inscrite au parti nazi le 1er mai 1937.

 c’est le témoignage d’un certain Bernard Bühler, « unitariste allemand » et adorateur de Hunke,

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Sources : http://www.archiveseroe.eu/hunke-a113448680

A cette même adresse, curieusement, on trouve aussi  un remarquable article de Sylvain Goughenheim  qui dit tout du livre de Hunke et de son « oeuvre » :

L’amie d’Himmler et le “soleil d’Allah”

L’héritage de Sigrid Hunke

L’orientaliste allemande Sigrid Hunke (1913-1999) s’est rendue célèbre par un ouvrage paru en France en 1960, Le soleil d’Allah illumine l’Occident, où elle avance la thèse d’un monde occidental corrompu par le judéo-christianisme et qui ne doit sa science, sa civilisation et son art de vivre qu’au monde arabo-musulman. En particulier, rien du Moyen-Âge chrétien ne trouvait grâce à ses yeux, s’il n’avait une origine arabe ou musulmane, réelle ou — le plus souvent — supposée par elle. Sigrid Hunke avait d’ailleurs tendance à fondre les élément arabes et les éléments musulmans, et à attribuer ainsi à l’islam ce qui venait des arabes chrétiens, des sabéens ou des juifs. Ce livre touffu, rempli d’exemples mais avare en références précises défend la thèse d’un islam civilisateur, pionnier, au génie exceptionnel, auquel l’Occident devrait tout : philosophie, mathématiques, science expérimentale, tolérance religieuse, etc.

L’ouvrage mériterait d’être étudié page par page tant il déforme les faits, ment par omission, extrapole sans justification et recourt au besoin à la tradition ésotérique. Mais il a été, et continue de l’être, comme le montre une rapide enquête menée sur Internet, un livre de référence qui façonne l’air du temps. Cet ouvrage, qui exalte la supériorité de l’islam sur le christianisme, est dû à une intellectuelle nazie.

À son origine se trouvent en effet les engagements politiques de Sigrid Hunke, qui adhéra au NSDAP le 1er mai 1937 et fut membre active de la section berlinoise de l’association national-socialiste des étudiants dès 1938. Elle suivit à la Humboldt-Université de Berlin les cours de Ludwig Ferdinand Clauss, théoricien racialiste influent et soutint une thèse sous sa direction en 1941, consacrée à l’influence de « modèles étrangers » sur l’homme allemand. À partir de 1940-1941, sa sœur Waltraud et elle participèrent activement aux activités de la Germanitischen Wissenschafteinsatz de la SS et Sigrid Hunke obtint une bourse de l’Institut Ahnenerbe (Héritage des ancêtres), fondé le 1er juillet 1935 par Heinrich Himmler et Walther Darré, et placé sous le patronage des SS et du ministère de l’Agriculture. Bientôt membre de cet institut et collaboratrice de la revue Germanien, elle entretint d’amicale relation avec H. Himmler qui la mit en contact avec le grand mufti de Jérusalem, Al-Husseini, admirateur des nazis. L’Ahnenerbe se voulait un institut scientifique voué, entre autres, à la perpétuation de l’Allemagne éternelle, celle que concevait l’idéologie national-socialiste.

En matière de science historique, où comptent les faits et les sources, les opinions politiques ont un poids plus important qu’en philosophie : si Heidegger peut être à la fois un grand philosophe et proche des nazis, Sigrid Hunke ne pouvait être une bonne historienne. Animée par une violente hostilité envers le judéo-christianisme, qu’elle accusait d’avoir empoisonné l’Occident, elle a vu dans l’Islam son antithèse absolue, alliant énergie martiale et raffinement civilisationnel. Dès lors, son livre devenait un ouvrage politique et non plus scientifique.

Après la guerre, Sigrid Hunke vécut à Bonn et se fit mondialement connaître par son œuvre au titre éclatant. Elle fut alors admise au Conseil supérieur des affaires islamiques au Caire. Tout au long de sa vie, S. Hunke rejeta l’influence du christianisme, jugé artfremd (étranger à l’espèce allemande) et oriental. Dans la ligne de la pensée national-socialiste, elle prônait le retour aux valeurs de la Germanie païenne et à une identité européenne, à laquelle elle associait l’islam. Cette amie d’Himmler demeure, par ses écrits, une figure de proue d’une certaine extrême-gauche.

► Sylvain Gougenheim, annexe à : Aristote au Mont-Saint-Michel : Les racines grecques de l’Europe chrétienne, Seuil, 2008.

Nous utiliserons d’ailleurs, dans un autre article à venir, la suite du texte de Sylvain Goughenheim, qui montre le rôle actif de l’Union Européenne dans le révisionnisme historique que nous subissons, et ce n’est pas triste !

En attendant, c’est peu de dire que la caution scientifique de l’ensemble du mémorial de Poitiers est entachée de partialité, de parti pris et d’un point de vue raciste…

Christine Tasin

http://resistancerepublicaine.eu/2015/memorial-charles-martel-3-la-nazie-sigrid-hunkie-est-leur-source-dinspiration/

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