Menaces islamistes à l’IUT de Saint-Denis : selon Salzmann, tout va très bien !

salzmannAllô allô Jean-Loup, (Jean Loup Salzmann, président de l’Université Paris XIII/Saint-Denis), quelles nouvelles ? Tout va très bien, M. le Recteur chancelier, tout va très bien, tout va très bien. Pourtant, il faut, il faut que l’on vous dise, on déplore un tout petit rien : un incident, une bêtise, Rachid Zouhhad, le chef du département « Techniques de commercialisation » est soupçonné d’emplois fictifs. Beaucoup des enseignants et vacataires qu’il avait recrutés ne faisaient pas tous leurs cours, facturaient trop d’heures, pour un montant de 200 000 euros. Mais à part ça, M. le Recteur, tout va très bien, tout va très bien.

Allô allô Jean-Loup, ce dysfonctionnement est regrettable, mais quelles nouvelles ? Cela n’est rien, M. le Recteur, cela n’est rien, tout va très bien. Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise, on déplore un tout petit rien : une association étudiante musulmane, l’Ouverture, vend, sans l’autorisation du Crous, des sandwiches halal dans le hall de l’IUT en toute franchise d’impôts et elle refuse d’obéir au directeur de l’IUT qui veut faire cesser ce petit commerce. Mais à part ça, M. le Recteur, tout va très bien, tout va très bien.

Allô allô Jean-Loup, vous pouvez en dire plus, mais quelles nouvelles ? Cela n’est rien, M. le Recteur, cela n’est rien, tout va très bien. Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise, on déplore un tout petit rien : les militants de cette association utilisent l’islam comme un argument électoral, apostrophant les étudiants musulmans afin d’obtenir des voix et des financements, lui permettant ainsi d’avoir déjà plusieurs élus au conseil de la vie étudiante, et un au conseil d’administration. Ils refusent de partager avec d’autres associations un local de l’université qui leur servait de salle de prière clandestine. Mais à part ça, M. le Recteur, tout va très bien, tout va très bien.

Allô allô Jean-Loup, je me garderai bien de faire en aucune sorte quelques amalgames, mais quelles nouvelles ? Cela n’est rien, M. le Recteur, cela n’est rien, tout va très bien. Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise, on déplore un tout petit rien : le 3 février 2013, alors que les représentants de l’Ouverture, étaient convoqués à l’IUT pour rendre les clefs, ils prévenaient par SMS qu’ils ne viendraient pas, tandis qu’une alerte à la bombe obligeait, au même moment, la police à intervenir. Mais à part ça, M. le Recteur, tout va très bien, tout va très bien.

Allô allô Jean-Loup, il serait hasardeux d’établir une concomitance qui ne prouverait évidemment pas le lien entre les deux faits, mais quelles nouvelles ? Cela n’est rien, M. le Recteur, cela n’est rien, tout va très bien. Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise, on déplore un tout petit rien : le directeur de l’IUT de Saint-Denis, M. Samuel Mayol, à l’origine de la volonté d’une gestion honnête et laïque de son établissement, a été victime, depuis plusieurs semaines, d’une campagne d’intimidation allant crescendo. Les pneus de son véhicule ont été dégonflés et crevés à plusieurs reprises. Mais à part ça, M. le Recteur, tout va très bien, tout va très bien.

Allô allô Jean-Loup, y aurait-il vraiment un rapport, mais quelles nouvelles ? Cela n’est rien, M. le Recteur, cela n’est rien, tout va très bien. Pourtant il faut, il faut que l’on vous dise, on déplore un tout petit rien : M. Samuel Mayol a finalement reçu à son bureau plusieurs menaces de mort ; enfin la dernière menace a été reçue à son domicile : « C’est bientôt la fin. Tu vas mourir, toi, ta femme et tes enfants. C’est une fatwa. On appelle tous les musulmans à la respecter. » Mais à part ça, M. le Recteur, tout va très bien, tout va très bien.

Allô allô Jean-Loup, ici Benoît Hamon, votre ministre, sur RTL, je suis obligé de marquer le coup, maintenant que beaucoup sont au courant, mais quelles nouvelles ? Cela n’est rien, M. le ministre, cela n’est rien, tout va très bien. Cela n’est rien, Messieurs les journalistes, cela n’est rien, tout va très bien.

Voilà comment Jean Loup Salzmann, président de l’Université Paris XIII/Saint-Denis, voit les choses. A l’image de James, le valet fidèle soucieux d’épargner Mme la marquise, il minimise, contre toute évidence, l’événement, dramatique pour son directeur d’IUT. Aussi fougueux pour défendre le bon fonctionnement de son université que l’était Gamelin, inapte à la prise de décision, à la tête de son état-major en 1940, il a la réponse tant rebattue, dénonçant des «amalgames».

Car pour ne pas entraver son avancement professionnel, il s’agit surtout de montrer un attachement à la doxa faussement antiraciste, en refusant de regarder la réalité. « Un malade qui s’amuse à faire le corbeau et se dit islamiste parce que c’est à la mode » ose-t-il avancer. « Ce n’est parce qu’il se dit islamiste qu’il l’est. Ce n’est parce qu’il y a un tapis de prière dans les locaux d’une association qu’il y a une mosquée clandestine derrière. Ce n’est pas parce qu’une association étudiante trouve malin de vendre des sandwichs halal qu’il y a une montée du communautarisme ! »

Pour Gamelin/Salzmann, concernant le communautarisme au sein de son université, c’est « ni plus, ni moins qu’ailleurs. » Une réponse absolument consternante, qui traduit la fuite devant la montée du communautarisme dans un endroit qui au contraire a vocation à rassembler. Voilà un monsieur, qui à l’image des responsables politiques, fuit ses responsabilités. Voilà, c’est ni plus ni moins qu’ailleurs, il n’y a donc pas de quoi s’inquiéter ! Lamentable.

Heureusement que face à des insignifiants Gamelin, on trouvait d’énergiques et courageux Leclerc et Koenig, soucieux de défendre leurs valeurs, comme le fait dans son IUT, son directeur, Samuel Mayol.

Jean Pavée

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/communautarisme-a-la-fac-de-saint-denis-ni-plus-ni-moins-qu-ailleurs-selon-son-president-5400/

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/en-saint-denis-enquete-sur-un-iut-a-la-derive-5416/

http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2014/05/20/menaces-de-mort-plaintes-et-soupcons-d-emplois-fictifs-que-se-passe-t-il-a-l-iut-de-saint-denis_4422219_3224.html

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/05/21/31003-20140521ARTFIG00091-communautarisme-dans-les-coulisses-des-universites-francaises-avec-malika-sorel.php

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