Merci aux deux policiers qui, en me mettant une bonne raclée, m’ont remis dans le droit chemin

Publié le 11 juin 2012 - par - 3 003 vues

Quand j’étais gamin, j’étais un “hardos”. Blouson noir perfecto, veste en jean sans manches avec dossard Iron Maiden orné de badges Metallica, ACDC etc,  jean troué, bottes à bouts carrés, bagues de combat. De plus, je portais toujours à la ceinture un couteau à cran de sureté. Bref, la totale. Le parfait look du loubard même si c’était plus de l’affirmation de post ado qu’une volonté de nuire. Et bien, figurez-vous que je n’oubliais jamais de sortir sans mes FAF (“Feuilles A Fournir” à savoir mes papiers) pourquoi ? Dès que je croisais des flics, j’y avais droit : contrôle ! Et, parfois, sans ménagement. Etait-ce parce que je suis blanc ? Non, c’est juste que, comme on dit, j’avais “la gueule de l’emploi”. Passons.

Je me rappelle et, vraisemblablement pour toujours, de ce flic qui faisait grogner son doberman pendant que son collègue me foutait sur la gueule. Ceci étant, je n’ai jamais trouvé à me plaindre parce que, en fait, je l’avais bien cherché. Et oui, avec des aminches au look similaire au mien on avait tagué sévère ce soir là. Le truc, c’est que quand des flics ont montré le bout de leur nez, mes copains se sont barrés fissa et mézigue, j’ai voulu montrer que j’avais du poil au cul et j’ai ouvert ma grande gueule alors que j’avais encore les mains pleines de peinture. Mal m’en a pris.

Ce jour, je veux remercier ces deux fonctionnaires qui, en me punissant séance tenante m’ont rendu service. En effet, à cette époque, j’étais en total manque de repères, à la limite de l’échec scolaire et proche d’une délinquance aux conséquences désastreuses. Bref, en résumé, comme le braillait le regretté Coluche : “Géraaaaaaard ! Tu es sur une pente savonneuse !”, j’étais en train de sombrer et je faisais n’importe quoi. Après avoir subit la punition, j’ai réfléchi. J’ai compris qu’en avoir dans le pantalon, ce n’est pas faire des tags minables et se friter avec d’autres, encore moins de faire la chasse au skins dans les cata (en plus ils y vont pas ou, s’ils y vont pas, ceux qui nous y emmenaient pour les trouver savaient pas où ils étaient et en plus, dès qu’il y avait deux condés, tout le monde se débinait super). Grâce à eux, leurs baffes m’ayant remis l’esprit à l’endroit, j’ai compris que je ferais mieux de bosser à l’école et de réussir mes études. J’ai peu à peu lâché mes copains de l’époque et eux aussi m’ont peu à peu lâché. Et oui, selon eux, mon passage au service militaire m’avait changé (je ne sais même pas ce qu’ils sont devenus et en vérité, je m’en fous !). Mais, pour moi, l’Armée n’a fait que confirmer l’impact intellectuel qu’avait eu sur moi ces deux flics. Encore une fois, il m’a été OFFERT de comprendre que des règles existent et qu’on doit les respecter. Grâce à l’Armée, j’ai découvert qu’on peut avoir de l’Estime pour un Chef juste, compétent, équitable et sans concession quand il est dans le Vrai. J’y ai aussi découvert les saloperies de certains appelés sans grade (nous les appelions les “suceurs”) et de certains gradés qui n’avaient rien à faire dans le noble métier des armes (eux, nous les appelions les “salauds” voire pire….). J’y ai aussi découvert la Camaraderie (que certains appellent Fraternité et ils ont très surement raison). Tout ça ne m’a jamais quitté.

Aujourd’hui, j’écris ceci pour témoigner et démontrer que la Police et l’Armée en tant qu’institutions et autorités, pour peu qu’elles soient justes (et, en général elles le sont si elles ne sont pas dévoyées par les politiques) ont une fonction très importantes dans la constitution de notre corps social commun et donc, dans notre cohésion nationale. A mon sens, 100 flics qui foutent des baffes à ceux qui le méritent sont plus efficaces que des centaines de milliers de travailleurs sociaux. A mon sens, dans le cadre du service militaire, des appelés du contingent ou des militaires d’active qui ré-enseignent la lecture et l’écriture à des naufragés de l’éducation nationale sont plus efficaces qu’une armada d’associations de soutien scolaire.

Même si ça donne des joues toutes rouges à certains qui le méritent, j’affirme que j’ai bénéficié de l’efficacité de telles méthodes ! J’affirme également que d’autres aussi ont bénéficié sous l’Uniforme Français d’un recadrage utile et nécessaire à la Patrie. Je peux, de plus, affirmer que grâce au service militaire, certains d’entre nous ont pu obtenir tous les permis de conduire, ce qui leur a ouvert les portes de l’emploi.

Ainsi, chers Amis, aujourd’hui je vais crier haut et fort, bouchez-vous les oreilles :

VIVE LA POLICE ! VIVE L’ARMEE ! VIVE LA REPUBLIQUE !

VIVE LA FRANCE !

Francis Régnier

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