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Merci aux féministes socialistes de Toulouse, grâce à elles, le débat avec Anne Zelensky a quand même eu lieu !

La commission droits des femmes du PS de la Haute Garonne avait invité Anne Zélensky dans le cadre de la journée des femmes. Au siège du PS le mercredi 9 mars le film « la journée de la jupe » devait se poursuivre par un débat ouvert entre Anne, les militantes socialistes et les invités. C’était sans compter sur la censure que tentent d’imposer le NPA et les anarchistes très actifs sur la ville. Ils avaient déjà accueilli en avril 2010 les auditeurs d’un débat sur la laïcité aux cris de fascistes, racistes etc.… Devant la menace d’une manifestation, devant le siège du PS, contre la présence d’Anne Zélensky, la direction Fédérale a demandé, au dernier moment, à la Commission d’annuler sa venue. La commission droits des femmes a décidé du coup, de tout annuler à la fédération : projection du film et débat. Triste décision d’un grand parti cédant aux pressions d’intimidations du NPA, mais nos sympathiques organisatrices ont fait face et les débats ont eu lieu quand même. La discussion est toujours possible entre femmes, sont-elles plus courageuses que les hommes ? Elles ont trouvé un lieu de repli.
Deux soirées de suite (8 et 9 mars) des femmes se sont donc retrouvées pour faire le point de l’état du féminisme, pourquoi les appellations MLF ou féministe font-elles toujours sourire aujourd’hui ? Anne rappelle brièvement son passé engagé pour la loi pour le droit à l’avortement, pour que soient sanctionnées les violences contre les femmes. On a avancé à cette époque sur le viol, l’inceste, les violences conjugales. Elle signale qu’elle fut à l’origine de la création de la première maison pour femmes battues, et qu’elle s’est aussi préoccupée du problème des hommes violents. Mais « Plus que l’égalité, dit-elle, en 70, nous voulions la liberté, notamment la liberté de notre corps ». Ce combat qui fut comme une explosion dans les années 70, est retombé comme un soufflé alors qu’il est loin d’être terminé.
Des jeunes femmes viennent dire que dans le cadre professionnel, il faut se battre et qu’aujourd’hui encore il est dur pour elles de se faire une place dans l’entreprise, les militantes du PS font part de la difficulté d’être reconnues en politique, on les envoie souvent dans des secteurs ou leur défaite est programmée, les hommes se réservant les postes clés et les élections assurées. Anne dit qu’ il faut une relève, elle insiste sur l’urgence de la redéfinition des objectifs qui n’ont pas été atteints ou ceux oubliés ou ceux en régression. Elle martèle plusieurs fois: « Restez combatives, même et surtout s’il vous en coûte ! », elle-même est victime d’ostracisme aujourd’hui et revendique haut et fort sa liberté de penser et d’agir. On parle aussi de la liberté des femmes par rapport au contexte religieux, des menaces sur les manques de moyens pour le planning familial, ou du manque de médecins pour les interventions d’IVG. Anne insiste pour que les hommes soient aux côtés des femmes dans le cheminement féministe à poursuivre car tout ce qui peut apporter un mieux-être aux femmes est un mieux-être pour l’ensemble de la société.
Des questions posées et débattues quelquefois avec âpreté :
-le combat féministe d’aujourd’hui doit-il ou peut-il se situer dans ou hors d’un cadre politique ?
-les droits des femmes ont-ils plusieurs visages suivant les cultures ou y a-t-il un universalisme ?
-Doit-on d’abord lutter dans notre pays et ouvrir la voie, ou regarder ce qui se passe ailleurs ? Doit-on lutter à la place d’autres femmes ?
Finalement les femmes socialistes en faisant preuve de fermeté, par rapport à la censure qu’on voulait leur imposer, ont montré leur ouverture d’esprit. Ce n’est que par la discussion et la solidarité que les choses avanceront pour les femmes. Que ces féministes soient remerciées pour leur détermination et leur efficace réactivité. ELLES ont ainsi grandi l’image des femmes socialistes de Toulouse.
Chantal Crabère