Merci Raphaël Enthoven ! Merci de nous avoir autant donné raison !

Car si le débat peut conduire à réfléchir et amender ses convictions ou en créer de nouvelles, il faut bien dire que votre brillante intervention durant la Convention de la Droite nous confirma, ô combien ! dans celles que vous ne partagez. Vous l’avez fait avec le brio et la fougue d’un jeune diplômé qui tiendrait son premier discours à l’université du NPA. On trouva en vous ce jour là des accents de sincérité dignes de quelques héraut soviétiques ou du national-socialisme des années 30 ! Pas moins.

Bien sûr vos maîtres philosophes ont dû se dire « Quand même ! Il exagère un peu, là. Ne se souvient-il pas du discours de la raison ? N’a-t-il rien retenu des cours de rhétorique ? » Mais enfin on vous pardonne de vous être envolé, tant vous démontriez la bêtise de la pensée (pardon pour ce mot) de la Gauche. Sa non-pensée à vrai dire… Cela nous le savions déjà. La Gauche a pour seule pensée d’être contre l’autre, contre tous les autres ; et contre elle-même parfois. Et pour seul moteur la haine. Eh bien, nous vous confirmons, cher Raphaël, que vous n’aurez pas la nôtre. Vous n’êtes pas assez vivant, assez existant pour que nous puissions haïr ce qui n’existe pas.

Vous nous dites dans une charité propre à cette Gauche qui veut tant de bien à son prochain : « Ne changez pas ! Car vous avez tort. » Votre clairvoyance nous attache à la Droite, vous apprendrez un jour qu’être de Droite c’est penser juste, penser avec droiture et justice. C’est penser en ayant souci de son prochain, la Droite sociale empreinte de christianisme. Et c’est loin de vouloir une société fermée au monde comme vous l’affirmez. Bref, être de Droite, c’est penser, et donc tout le contraire de ce que vous démontrez par la suite, comme on va le voir. Grâces vous soient rendues de cette invitation à maintenir nos convictions. Vraiment.

Nous n’aurions pas vocation à devenir majoritaires, nous expliquez-vous. On tremble de votre propos. On y sent du Saint-Just. Que feriez-vous si nous le devenions malgré tout. « Vous n’avez pas VOCATION… » Ainsi le DROIT de l’être nous est refusé au nom de votre conception de la liberté, et de la démocratie. Pas de liberté pour etc. Ha ha ha ! Sachez que l’on ne vous mettra pas en prison pour cela.

Qu’on juge de votre non-pensée au travers de quelques extraits choisis :

« Vous revendiquez d’être de souche, mais qui peut se féliciter d’être un arbre sans tête ? » Ce qui est certain est qu’une tête ne pousse que sur ses racines, non ? Sauf les enfants sans père et bientôt sans mère que vos amis réclament.

« La souche n’est qu’un tas de feuilles mortes ! » nous dites-vous aussi. Bah… Cela fera toujours un bon engrais pour que de jeunes poussent germent des racines dont vous niez qu’elles soient. Et d’ailleurs est-il conceptualisable d’affirmer que la souche n’existe pas ? La souche a une histoire, elle fut. Dès lors la nier revient à nier le réel, l’Histoire. Cette étonnante faculté propre à la Gauche de nier le réel, fût-il passé, ne laisse pas de me surprendre quoiqu’elle soit si souvent répétée. Que voulez-vous ! Je conserve et j’espère le faire longuement encore cette faculté de l’innocent étonnement de l’enfant.

« Vous défendez la famille traditionnelle mais la nature s’en fout. » Là je ne sais pas bien si vous faisiez référence à l’arbre et sa souche, mais je puis vous assurez que bien de vos amis écolos vous diraient que la nature ne saurait se passer de ses racines. Quant à dire qu’elle se fout de la famille traditionnelle… Eh bien nous différons certes sur ce point. Mais peut-être avons-nous tort ? Voudriez-vous aller confronter votre vision de la chose auprès de la société israélienne ou de quelques penseurs musulmans ? Je suivrais avec une délectable attention les réponses que l’on vous ferait.

« On n’empêchera jamais les femmes d’avorter en France, on n’empêchera jamais les hommes de se marier ensemble. On ne revient jamais sur une liberté acquise, PMA, GPA, IVG, … » Intéressante formule à tiroir. Une liberté acquise ? Bah… Vos amis reviennent bien sur celles du droit d’un enfant de connaître son père et sa mère (Convention de l’Onu). De même on obtint par l’Église – quel gros mot ! – celui de ne pas travailler le dimanche et de s’occuper davantage de ses fins dernières et de ceux que nous chérissons. Ce droit demeure-t-il encore ? Quant au droit que deux hommes se marient… Mon Dieu ! Vous croyez au mariage, vous ? Le mariage, ça fait un peu société traditionnelle, non ? Ce concept honni de l’union pour le meilleur et pour le pire. Mais puisque vous le faites vôtre, là encore je vous invite à vous tourner pas très loin, vers les sociétés musulmanes de certaines banlieues ex-françaises.

« La défense de la Vie ne rassemble que des craintifs, qui sont de moins en moins nombreux et qui vieillissent. » Ben oui… Un changement de lunettes semble s’imposer, mon bon ami, car que sont ces foules de LMPT ou des pèlerinages cathos. Moyenne d’âge 30 ans ? 25 ?? Quant à leur nombre, la nature à laquelle nous obéissons garantit un nombre croissant d’âmes dans notre volonté d’être et durer. Le montre déjà l’accroissement des voix qu’obtient continuement le RN. Mais on vous pardonne ces erreurs. Difficile d’être à la fois philosophe et observateur scientifique…

« Les autres modes de vie ne produisent pas plus de vices que le vôtre. » Il serait intéressant de savoir votre définition du vice. Sans doute est-elle moins large que la nôtre. Mais tout de même ! Quel comptage (encore une fois) vous permet de l’affirmer tout de go ? Le vice engobe bien pour nous les pratiques que vos ancêtres fuirent, femme de Loth exceptée.

Vous allez plus loin dans vos idées que vous dites progressistes, vous affirmez que l’on ne reviendrait jamais sur l’euthanasie dont vous souhaiteriez qu’elle soit autorisée ! M’autoriseriez-vous à dire que cette idée n’eut cours que dans les plus totalitaires des sociétés, bien plus que dans celle de liberté à laquelle nous aspirons ? M’autoriseriez-vous de même à craindre pour vous que cela ne vous apporte aucun électeur ? Et vous dire enfin que si elle était prise, cette mesure serait sitôt abolie afin que les méchants aient une chance de s’amender. Bizarre condamnation à mort des vieillards, des malades et des handicapés que vous prônez là, après vous être réjoui que celle-ci ait été abolie sous Mitterrand…

« La société est incurablement libérale. » Quelle curieuse formule venant d’un philosophe. Serait-ce qu’un lapsus vous vint et que vous verriez comme un soin notre volonté de la changer ? Merci de cet aveu, mon prince.

Vous invitez également à ne rien oublier des fautes de l’Histoire, que ne vous intéressez-vous à celles contre la Vendée ? Ah oui, j’oubliais, celles-là étaient justifiées par un « Pas de liberté pour… »

Vous terminez en nous citant Romain Gary. Eh bien oui, notre patriotisme est l’amour des nôtres. Et si nous partageons avec vous que la France soit perçue comme une ambition, nous avouons notre perplexité quand vous dites que l’idée d’identité n’a aucun sens. Une ambition se peut-elle sans objectif venant de convictions formant comme une identité, un désir d’être ? Quelle est donc cette ambition que vous prêtez à la France ? Celle d’échapper aux communautarismes des Noirs, des Juifs et des musulmans que vous dénoncez ? Merci de renforcer en ces mots notre propre ambition.

Oui, vraiment, un immense merci de nous avoir si bien renforcés dans nos convictions et notre espérance de redressement de la France et de sa société, de par l’inanité de vos slogans. Pauvre école philosophique française…

Bertrand du Boullay

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13 Commentaires

  1. A la France revient le devoir d’autopsier l’islam et cela passe par la souffrance de le voir d’abord se répandre partout.Mais c’est quand le loup sort du bois qu’on peut le descendre et la visibilité actuelle de l’islam est je l’espère pour que son maléfice soit rendu patent.Alors la France se réveillera et balayera les Tartuffes donneurs de leçons qui se prennent pour de belles âmes.Il n’y a plus de mots pour qualifier vos pensées,Raphaël,un si joli prénom dans un esprit perdu.

  2. À ethoven : « Vous défendez la famille traditionnelle mais la nature s’en fout. » Si la Nature se foutait de la famille elle n’aurait pas créé originellement un homme et une femme pour perpétuer une descendance formant un groupe social soudé appelé famille.
    Si la Nature s’en foutait, nous nous serions créés par générations spontanés, sans l’aide d’éprouvette ni celle de sexes opposés et néanmoins complémentaires !

    Ce qui a été acquis reste acquis dites-vous. Alors pourquoi vouloir revenir sur ce qui est acquis depuis que le monde est monde : la procréation naturelle de l’homme par l’homme et de toutes les espèces vivantes dur Terre telle que l’a décidé la Nature ?

  3. Merci Monsieur votre article est un doux bonheur.
    Il nous assure de notre belle et bonne Santé Mentale.
    Merci Monsieur…

  4. il est réconfortant de constater que R.E. ait été invité, liberté de parole oblige.
    pas étonnant de savoir qu’il est parti comme un voleur sitot son discours débité (mépris habituel des intellos envers les gueux)
    et article très logique ci dessus

  5. Philosophe….? Enthoven….?
    Son discours prouve le contraire…..
    Je crois plutôt qu’il cour derrière les modes …

  6. Philosophe …? Mais, s’il est philosophe, donc instruit, pourquoi refuse t’il d’entendre simplement la vérité ?

  7. « On ne revient jamais sur une liberté acquise » dit-il.
    Ah bon ? Pourtant nous avions acquis la liberté d’expression, la liberté de penser et d’agir.
    Ces trois libertés sont en singulière régression. Je dirais même que la liberté de pensée et d’expression ont disparu. Il suffit pour cela de regarder ce qui arrive à Zemmour

  8. Dans toute Manif, il faut bien un « Idiot utile »…
    Celui là fut inutile…

  9. Bravo Bertrand du Boullay c’est par la dérision qu’il faut commencer à mettre en lumière le retour du communisme pas la porte arrière, les gens pour lesquels le groupe prime sur l’individu (suivez mon regard) et ceux qui voient la société comme des parachutés vivant côte à côte dans lien entre eux.

  10. Nos philos républicains devant leur page blanche..le nez dans le ruisseau.
    Sauf…Onfray ! Courage ils fuient !!! Ou sont donc nos philosophes d’antan faces aux Monarchies et aux Empires ???

  11. Ce qui serait souhaitable: un face à face télévisé
    entre Christine Tasin(ou Pierre Cassen) et Raphaël Enthoven.Encore faudrait-il que le système actuel accepte pareil débat et qu’Enthoven prenne le risque de se voir contredit avec précision.
    Il est bien évident que depuis des lustres, les débats trop chauds sont esquivés par les pouvoirs et leurs complices qui préfèrent toujours le storytelling aux vérités démontrées.

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